Famille Molé

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Famille Molé
Image illustrative de l’article Famille Molé
Armes de la famille Molé

Blasonnement De gueules, à un croissant d'argent, accompagné en chef de deux étoiles d'or
Devise Stat mole immotus
Période XIIIe siècleXIXe siècle
Pays ou province d’origine Champagne
Allégeance France
Fiefs tenus Villy
Jusanvigny
Champlâtreux
Méry
Demeures Champlâtreux
Charges Garde des Sceaux
Président à mortier
Préfet
Ministre
Fonctions ecclésiastiques Évêque
Récompenses civiles Légion d'honneur

La famille Molé est l'une des plus célèbres maison française de la noblesse parlementaire ; elle est originaire de la région de Troyes. L'ascension sociale de cette famille commence probablement à la fin du XIIIe siècle, et son histoire se termine au milieu du XIXe siècle, avec la mort de son dernier représentant mâle, Mathieu Molé. Héritière d'un prospère commerce de draps depuis le milieu du XVe siècle, la famille est agrégée à la noblesse par charges parlementaires dès 1537[réf. nécessaire]. Plusieurs de ses membres accèdent aux magistratures les plus éminentes : les Molé donnent notamment à la France un garde des Sceaux, plusieurs présidents à mortier et un ministre.

Une partie de la famille se fixe à Aurillac avant le XVe siècle ; mais c'est surtout la branche aînée, installée à Paris au XVIe siècle, qui est la plus connue.

Histoire[modifier | modifier le code]

La famille apparaît dans l'histoire avec Jacquin Molé, habitant de Savières cité pour la première fois en 1294. Le fils de ce dernier, Garnier Molé, occupe un poste de censitaire toujours à Savières en 1304. En 1401, un certain Nicolas Molé (probablement né vers 1350) est cité comme sergent et mesureur du chapitre de Saint-Pierre à Troyes. Son fils, Jean Molé (né vers 1370), est connu comme bourgeois de Troyes et épouse Denise de Marcheville. Ils ont notamment Guillaume Molé (1405-1459), riche drapier qui achète la seigneurie de Villy et laisse deux fils et une fille : Nicolas, Jean et Jacquette.

C'est à cette époque que les Molé adoptent pour armoiries de gueules, à deux étoiles d'or en chef et au croissant d'argent en pointe. C'est le blason initial des Molé, notamment visible sur le portrait de Jean II Molé datant de 1485. Pour ce dernier, la bordure engrêlée indique que c'est le fils cadet de Guillaume Molé. Le nom de Molé pourrait venir du toponyme Mole, désignant en Champagne un tas ou une meule. Toutefois, les armoiries de la famille questionnent, avec la présence conjointe du croissant lunaire et de deux étoiles, deux symboles qui semblent évoquer l'islam. Il pourrait s'agir de l'héritage de la période de commerce drapier de la famille dans les grandes foires de Champagne. Tout comme les Cambefort, marchands qui étaient représentés à Troyes, Aurillac et au Puy en Velay, mais aussi à Montpellier, les Molé ont-ils commercé avec le monde musulman de l'époque ? Certains auteurs avancent une étymologie du nom de famille issue du mot "mollah" désignant un érudit musulman dans les pays où le langage a une influence perse.

Le fils cadet de Guillaume Molé, Jean (1435-1493) est lui aussi qualifié de marchand et bourgeois de Troyes. Il rend hommage au comte de Nevers pour son fief de Villy le . C'est lui qui est représenté dans un livre illustré d'enluminures daté de 1485 (les Heures de Jean Molé). Il épouse Jeanne de Mesgrigny, dame de Saint-Remy. Le couple laisse trois garçons et quatre filles, dont six resteront établis en Champagne. L'aîné, Claude Molé succède à son père et rend hommage pour Villy le  ; il est le fondateur de la branche aîné qui s'éteint en 1678 à la mort du dernier seigneur de Villy, Pierre Molé.

Le cadet de Jean Molé, Nicolas, est connu comme seigneur de Jusanvigny. Il devient surintendant de Champagne et s'établit ensuite à Paris, devenant conseiller à la cour des aides, puis conseiller au parlement de Paris en 1517. Il écartèle ses armes de celles des Mesrigny ou Mesgrigny (famille de sa mère). Il est marié trois fois : d'abord à Jeanne Hennequin, puis à Jeanne Charmille et enfin à Marie de La Grange-Trianon. Il décède en 1542. De son premier mariage il laisse Nicolas (1536-1586), conseiller du roi et intendant général des finances ; il fonde la branche des seigneurs de Jusanvigny, qui s'éteint par les mâles en 1658 avec Jean Molé. De son troisième mariage, il laisse Édouard (1540-1614), fondateur du rameau de Champlâtreux, qui s'éteint en 1872, avec la mort de Clotilde Molé, fille de Mathieu Molé, ministre de Louis-Philippe.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Membres notables[modifier | modifier le code]

Principales alliances[modifier | modifier le code]

La famille Molé s'est notamment alliée aux Origny, Hennequin, Marisy, Mauroy, Mesgrigny, Bernard, La Live, Noailles, Nicolaï, Lamoignon, Cossé-Brissac et s'est éteinte dans la famille de Noailles.

Biens[modifier | modifier le code]

Armories[modifier | modifier le code]

Écu Information
Blason famille Molé (primitif).svg Armes de la famille Molé :
De gueules, à un croissant d'argent, accompagné en chef de deux étoiles d'or.
Blason Jean Molé.svg Armes de Jean II Molé :
De gueules, à un croissant d'argent, accompagné en chef de deux étoiles d'or ; à la bordure engrêlée d'or.
Blason famille Molé (Mesgrigny).svg Armes de la branche de Jusanvigny :
Écartelé, aux 1 et 4, de gueules, à un croissant d'argent, accompagné en chef de deux étoiles d'or (Molé) ; aux 2 et 3 d'argent à un lion de sable armé et lampassé d'or (Mesgrigny).
Blason famille Molé (Champlâtreux).svg Armes du rameau de Champlâtreux :
Écartelé, aux 1 et 4, de gueules au chevron d'or, accompagné en chef de deux étoiles aussi d'or et en pointe d'un croissant d'argent (Molé) ; aux 2 et 3 d'argent à un lion de sable armé et lampassé d'or (Mesgrigny).
Blason famille Molé (Empire).svg Armes de Mathieu Molé sous l'Empire :
Écartelé au premier et quatrième de gueules au chevron d'or, accompagné en chef de deux étoiles d'or et en pointe d'un croissant de même ; et au second et troisième d'argent au lion de sable armé et lampassé d'or ; le franc-quartier des comtes conseillers d'État brochant sur le premier au neuvième de l'écu.