Jean de Bourgogne (1415-1491)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jean de Bourgogne et Jean de Nevers.
Jean de Bourgogne
Jean de Bourgogne.
Jean de Bourgogne.
Titre
Comte de Nevers

(27 ans et 4 mois)
Prédécesseur Charles de Bourgogne
Successeur Engilbert de Clèves
Comte de Rethel

(27 ans et 4 mois)
Prédécesseur Charles de Bourgogne
Successeur Charlotte de Rethel
Comte d'Eu
Prédécesseur Charles d'Artois
Successeur Charles le Téméraire
Biographie
Dynastie Maison capétienne de Valois
Date de naissance
Lieu de naissance Clamecy
Date de décès (à 75 ans)
Lieu de décès Nevers
Père Philippe de Bourgogne
Mère Bonne d'Artois
Conjoint Jacqueline d'Ailly
Pauline de Brosse
Françoise d'Albret

Jean de Bourgogne, né à Clamecy, peu avant le 20 octobre 1415, mort à Nevers le 25 septembre 1491, de Nevers, de Rethel (1464-1491) et d'Eu (1472-1477), fils de Philippe de Bourgogne, comte de Nevers et de Rethel, et de Bonne d'Artois.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean naît à Clamecy en octobre 1415, quelques jours avant la mort de son père à la bataille d'Azincourt, le 25 octobre. Bien que de nombreux généalogistes fixent la naissance de Jean au 25 octobre 1415, soit le jour de la mort du comte de Nevers, les sources comptables bourguignonnes prouvent qu'il était déjà né le 21 octobre, date où Jean sans Peur, son oncle et parrain, séjourne à Clamecy pour son baptême[1]. En outre, un autre document d'archive précise que le duc quitte Argilly le 20 octobre « pour aller à Clamecy, au baptisement du filz de Monseigneur le conte de Nevers nouvellement né »[2].

Étant fils cadet, il ne peut pas prétendre à recevoir un gros héritage, et son arrière-grand-père Jean Ier de Berry lui lègue le comté d'Étampes. Ce dernier meurt en 1416, mais le Conseil du roi de France conteste le legs qui annulé par un procès. Après être retourné au domaine royal, le comté est donné en 1421 à Richard de Bretagne.

Jean combat dans l'armée de son cousin Philippe III le Bon, duc de Bourgogne et opère en Picardie (1434), à Calais (1436), au Luxembourg (1443) et en Flandre (1453), mais il se brouille mortellement avec le fils héritier, Charles le Téméraire et se rallie à Louis XI.

À la mort de son frère Charles de Bourgogne, en 1464, il hérite des comtés de Nevers et de Rethel.

En 1465, il est un partisan et un soutien de Louis XI contre la Ligue du Bien public. Le 10 août, lors du siège de Paris, Louis XI le nomme lieutenant général pour la durée de son séjour en Normandie afin de lever des troupes. Il remplace à ce poste le suspect Charles de Melun, dont le roi craint la duplicité avec certains princes rebelles. Par leur attitude énergique, le comte Jean et le prévôt des marchands Henri de Livres parviennent à éviter que certains notables ne livrent la ville aux ligueurs.

Le roi l'incite à prétendre au duché de Brabant[3] et à se soulever contre la branche aînée de la Maison de Bourgogne, celle des ducs, qui avaient récupéré le Brabant à la mort de Philippe en 1430. Profitant de la mort de son cousin Philippe le Bon en juin 1467, Jean est intronisé le 12 juillet 1467 duc de Brabant à Louvain, aux dépens du Téméraire, mais ce n'est qu'un succès éphémère, il ne parviendra pas à se maintenir. Cependant, il se pare jusqu'à la fin de ce titre, et sa veuve après lui comme duchesse titulaire douairière.

En 1472, il hérite le comté d'Eu de son oncle maternel Charles, comté qu'il vend en 1477 à Charles le Téméraire.

Mort à Nevers le 25 septembre 1491, il est inhumé, conformément à ses dernières volontés dans la cathédrale Saint-Cyr de cette même ville, nécropole familiale des comtes de Nevers de la maison de Bourgogne où reposaient déjà son frère Charles († 1464 ; comte de Nevers et de Rethel), l'épouse de celui-ci Marie d'Albret (fille de Charles II et tante de Françoise et Jean d'Albret d'Orval ci-dessous), ainsi que la seconde des épouses de Jean, Pauline (ou Paule) de Brosse[4].

Mariages et enfants[modifier | modifier le code]

Il épousa en premières noces à Amiens en 1435 Jacqueline d'Ailly († 1470) fille de Raoul d'Ailly, vidame d'Amiens. De ce premier mariage, il eut :

  • Élisabeth, mariée à Bruges le 22 avril 1455 à Jean Ier (1419 † 1481), comte de Clèves. Jean la désigna comme héritière de Nevers, mais elle mourut avant lui. Ce fut donc son fils Engilbert de Clèves qui devint comte de Nevers en 1491.
  • Philippe, né en décembre 1446, mort à Bruxelles le 7 mai 1452.

Veuf, il se remarie au château de Boussac le 30 août 1471 avec Pauline de Brosse (1450 † 1479), fille de Jean II de Brosse, comte de Penthièvre, et de Nicole de Châtillon. Ils eurent :

  • Charlotte (1472 † 1500), comtesse de Rethel, mariée en 1486 avec Jean d'Albret († 1524), seigneur d'Orval (voir ci-dessous) : d'où la suite des comtes de Rethel.

En troisièmes noces, il épousa à Châlus-Chabrol le 11 mars 1480 Françoise d'Albret (1454 † 1521), fille d'Arnaud Amanieu seigneur d'Orval (frère de Marie d'Albret ci-dessus) et d'Isabelle de la Tour d'Auvergne, et sœur de Jean d'Albret d'Orval (ci-dessus ; donc gendre puis beau-frère du comte Jean de Nevers !), comte de Rethel par son mariage avec Charlotte.

Il eut plusieurs fils illégitimes :

  • Jean, qui fut moine à Nevers
  • Gérard, vivant en 1476

Il en légitima deux autres nés de Marguerite de Ghistelles :

  • Pierre de Nevers
  • Philippe de Nevers († 1522), seigneur de Rosoy, marié en 1480 à Marie de Roye († 1488), et père de Françoise, dame de Rosoy, (1480 † 1527), mariée à Philippe de Halewyn, seigneur de Piennes († 1517)

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « souper et gister à Clamecy, pour le baptesme du filz du conte de Nevers novellement né », Ernest Petit, Itinéraires de Philippe le Hardi et de Jean Sans Peur, ducs de Bourgogne (1363-1419), d'après les comptes de dépenses de leur hôtel, Collection de documents inédits sur l'histoire de France, vol. 36, Paris, Imprimerie nationale, 1888, p. 421 [lire en ligne].
  2. Cité par Patrick Van Kerrebrouck, Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, vol. 3: Les Valois, Villeneuve d'Ascq, 1990, p. 406, note 2.
  3. « p. 279 sq, notamment p. 281 », sur Histoire des ducs de Bourgogne de la Maison de Valois, t. V, par Prosper de Barante, notes par M. Gachard, 1845
  4. Murielle Gaude-Ferragu, D'or et de cendres: la mort et les funérailles des princes dans le royaume de France au bas Moyen Age, Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, (ISBN 2859398783 et 9782859398781), p. 78.