Adrienne Rich

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Adrienne Rich
Audre Lorde, Meridel Lesueur, Adrienne Rich 1980.jpg

Adrienne Rich, tout à droite, avec l'écrivaine Audre Lorde à gauche et Meridel Le Sueur au milieu, à Austin, au Texas en 1980.

Biographie
Naissance

Baltimore (États-Unis)
Décès
(à 82 ans)
Santa Cruz (États-Unis)
Nom de naissance
Adrienne Cecile Rich
Nationalité
Américaine (États-Unis)
Domiciles
Formation
Radcliffe College : Bachelor of Arts en 1951.
Activité
Poète, essayiste, professeur d'université
Père
Arnold Rich, médecin légiste professeur à l'université de médecine John Hopkins
Mère
Helen Elizabeth Rich, compositrice et pianiste
Conjoint

Alfred Conrad, de 1953 à 1970,

Michelle Cliff, de 1976 à 2012
Enfant

David en 1955, Paul en 1957

Jacob en 1959
Autres informations
Organisation
Chancelière de l'Academy of American Poets : 1999 / 2001,
A travaillé pour

Université de Columbia de New York, City College de New York, Brandeis University, Scripps College de la San Jose State University,

Université de Stanford.
Membre de
Academy of American Poets
Mouvement
LGBT
Maître

Mary Wollstonecraft, James Baldwin,

Simone de Beauvoir
Influencée par
Distinctions

National Book Award

Bourse de la Fondation Guggenheim
Œuvres réputées

The School Among the Ruins: Poems, 2000-2004 Midnight Salvage : Poems, 1995-1998,

Compulsory heterosexuality and lesbian existence,

Adrienne Cecile Rich[1], [2] née le à Baltimore dans le Maryland et morte le à Santa Cruz des suites d'une polyarthrite rhumatoïde[3] est une poète, essayiste, professeur d'université et théoricienne féministe des États-Unis de la fin du XXe siècle. Elle a été élue Chancelière de l'Academy of American Poets en 1999, charge qu'elle exercera jusqu'en 2001[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Adrienne Rich est née le 16 mai 1929, à Baltimore, dans l'état du Maryland, d'une famille mixte sa mère Helen Elizabeth Rich, compositrice et pianiste était une protestante du sud et son père Arnold Rich, médecin légiste professeur à l'université de médecine John Hopkins, était juif d'origine austro-hongroise[5], [6].

Son père, un lettré, a encouragé, soutenu Adrienne dans sa vocation d'écrivain.

Après ses études secondaires au Roland Park School Country[7], [8]de Baltimore, elle est entrée au Radcliffe College[9] en 1947, où elle a obtenu son Bachelor of Arts en 1951.

La même année, elle publie son premier recueil de poèmes, A Change of World, qui reçoit le "Yale Younger Poets Prize".

En 1953, elle reçoit une bourse de la fondation Guggenheim pour étudier à Oxford en Grande Bretagne pendant un an. Après des vacances de Pâques passées à Florence elle décida de ne pas revenir à Oxford et de continuer à découvrir la culture italienne et de se vouer à l'écriture poétique. C'est pendant cette année que se déclareront les premiers symptômes de la polyarthrite rhumatoïde[10].

Fin 1953, de retour au Massachusetts, elle épouse un économiste, Alfred Conrad[11]. Ils auront trois enfants (David en 1955, Paul en 1957 et Jacob en 1959).

Après la publication de The Diamond Cutters, and Other Poems,en 1953 elle va rester huit ans sans publier, elle traverse une crise personnelle, de doute, de questionnements, elle découvre Mary Wollstonecraft, James Baldwin et Simone de Beauvoir et décide après son dernier accouchement en 1959 de reprendre le contrôle de sa vie et de son corps..

En 1966, son mari est embauché au City College de New York, Adrienne Rich de son côté enseigne la poésie à l'Université de Columbia de New York, elle y rencontre les idées radicales inondant le campus, en particulier le mouvement anti-Vietnam et celui de la libération des femmes. En 1968, elle obtient également un poste d'enseignant au City College dans le cadre du programme Seek[12] qui a tenté de tendre la main aux étudiants défavorisés. Dans son travail, les idées radicales commencent à faire surface dans son recueil de poésie Leaflets paru en 1969 et de façon plus décisive dans ses articles qui avaient maintenant commencé à apparaître dans des revues féministes. Son engagement politique créa une crise au sein du couple, en 1970, le couple se sépare, son mari ne supportant pas l'épreuve se suicide la même année.

En 1971, elle découvre sa bisexualité et édite son poème The Will to Change, marqué par son évolution personnelle, qu'elle étayera en 1973 avec la parution de Diving into the Wreck.

Avec Twenty-one Love Poems, (1976) elle révèle ses premiers amours lesbiens.

Elle commence sa vie de couple avec Michelle Cliff, poéte et romancière d'origine jamaïcaine[13], en 1976. Avec sa compagne, elle deviendra la rédactrice en chef de la revue lesbienne "Sinister Wisdom". En 1984, le couple emménage dans la ville de Santa Cruz dans l’état de Californie. Dans la dernière partie de sa vie, les oeuvres notables de Adrienne Rich seront surtout des essais comme Compulsory Heterosexuality and Lesbian Existence ou On Lies, Secrets and Silence.

Elle s'éteindra rongée par la polyarthrite rhumatoïde.

Ses articles abordent divers thèmes : le féminisme, la maternité, les droits civils, le pacifisme, la violence faite au femmes dans les prisons, la maltraitance envers les femmes, l’homosexualité

De 1976 à son décès, elle vivra avec la poète Michelle Cliff (en)[14] dans la ville de Santa Cruz[15].

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Féminisme ou libération des femmes ?[modifier | modifier le code]

'Adrienne Rich se méfie du terme de "féminisme" et de son utilisation, elle préfère utiliser le terme "libération des femmes". Pour elle, ce dernier terme est plus susceptible de transmettre les enjeux de la lutte des femmes pour leur émancipation à la génération suivante. D'autre part, en utilisant le terme de "libération des femmes" cela signifie que les femmes sont dans des processus de libération des facteurs sociaux, économiques, culturels qui peuvent être considérés comme oppressifs envers à leurs droits.

Elle dit dans Of Woman Born: Motherhood as Experience and Institution que "nous avons besoin de comprendre le pouvoir et l'impuissance incarnée par la maternité dans la culture patriarcale."

Adrienne Rich parle aussi de la nécessité pour les femmes de s'unir dans son livre On Lies, Secrets, and Silence. Dans ce livre, elle a écrit : " Nous les femmes avons souvent eu le sentiment malsain d'un clivage profond de quant à la vérité de notre expérience. Notre avenir dépend de la santé mentale de chacune d'entre nous, et par delà les aspects subjectifs, personnels nous avons le projet de décrire notre réalité pleinement, clairement autant que nous le pouvons les unes aux autres."

Compte tenu de la condition des la femme dans les années 1950-70, on peut dire que les œuvres de Rich sur le féminisme sont avant-gardistes. Ses vues sur l'égalité des droits et la nécessité pour les femmes de maximiser leur potentiel, de développer des processus d'autonomisation peuvent être considérées comme progressistes pour l'époque.

Pour Adrienne Rich, la société dans son ensemble est fondé sur le patriarcat et en tant que telle, elle limite les droits des femmes. Pour l'égalité des droits à atteindre entre les sexes, les notions existantes devront être réajustées pour inclure la perspective féminine[17].

La « contrainte à l'hétérosexualité » et le « continuum lesbien ».[modifier | modifier le code]

L'un de ses essais les plus célèbres, Compulsory Heterosexuality and Lesbian Existence[18] (1980), expose sa théorie du « continuum lesbien" contre hétérosexisme. essai qui a eu un fort retentissement social et théorique au sein de la pensée féministe[19]. Dans cet essai, souvent comparé à La Pensée Straight de Monique Wittig, Adrienne Rich entend problématiser l'hétérosexualité pour la dénaturaliserː ce n'est plus l'homosexualité qui est un problème mais le modèle hégémonique de l'hétérosexualité. D'après Rich, les femmes vivant sous les injonctions du régime hétérosexuel parviennent toujours à tisser des liens intimes et sentimentaux entre elles, en évoluant dans ce qu'elle nomme un « continuum lesbien » où s'exprime « un large registre d’expériences (…) impliquant une identification aux femmes »[20]. Cette notion de continuum lesbien permet de penser les liens entre féminisme et lesbianisme, tout en explorant les divers formes de solidarités féminines élaborées au sein des sociétés patriarcales.

Publications[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Later Poems: Selected and New : 1971-2012, éd. W.W. Norton, 2012[21],
  • Tonight No Poetry Will Serve : Poems 2007-2010, éd. W.W. Norton, 2012,
  • Telephone Ringing in the Labyrinth : Poems 2004–2006, éd. W. W. Norton, 2009,
  • The School Among the Ruins: Poems, 2000-2004, éd. W.W. Norton, 2004,
  • Fox: Poems 1998-2000, éd. W.W. Norton, 2001,
  • Midnight Salvage : Poems, 1995-1998, éd. W.W. Norton, 1999,
  • Dark Fields of the Republic : Poems, 1991-1995, éd. W.W. Norton, 1995,
  • Your Native Land, Your Life, éd. W. W. Norton, 1993,
  • Collected Early Poems, 1950-1970, W. W. Norton, 1993,
  • An Atlas of the Difficult World: Poems 1988-1991, éd. W. W. Norton, 1991,
  • Time’s Power: Poems, 1985-1988, éd. W. W. Norton, 1989,
  • Your Native Land, Your Life: Poems, éd. W. W. Norton, 1986,
  • The Fact of a Doorframe: Poems Selected and New, 1950-1984, éd. W. W. Norton, 1984,
  • Sources, éd. Heyeck Press, 1983,
  • A Wild Patience Has Taken Me this Far: Poems 1978-1981, éd. W. W. Norton, 1982,
  • The Dream of a Common Language: Poems 1974-1977, éd. W. W. Norton & Company, 1978,
  • Twenty-one Love Poems, éd. Effie's Press, 1976,
  • Poems: Selected and New, 1950-1974, éd. W.W. Norton, 1975,
  • Diving into the Wreck, éd. W.W. Norton, 1973,
  • The Will to Change: Poems 1968-1970, éd. W.W.Norton, 1971,
  • Leaflets. éd. W.W. Norton, 1969,
  • Selected Poems, éd. Chatto & Hogarth P Windus, 1967,
  • Necessities of life: poems, 1962-1965, éd. W.W. Norton, 1966,
  • Snapshots of a daughter-in-law: poems, 1954-1962, éd. Harper & Row., 1963,
  • The Diamond Cutters, and Other Poems, éd. Harper, 1955,
  • A Change of World, éd Yale University Press, 1953.

Essais et prose[modifier | modifier le code]

  • A Human Eye: Essays on Art in Society, 1997-2008, éd. W. W. Norton, 2010,
  • Poetry and Commitment, éd. W. W. Norton, 2007,
  • What Is Found There : Notebooks on Poetry and Politics, éd. W. W. Norton, 2003,
  • Arts of the Possible : Essays and Conversations, éd. W. W. Norton, 2001,
  • Blood, Bread, and Poetry: Selected Prose 1979-1985, éd. W. W. Norton, 1994,
  • What Is Found There: Notebooks on Poetry and Politics, éd. W. W. Norton, 1993,
  • Compulsory heterosexuality and lesbian existence, éd. Antelope Publications, 1980,
  • On Lies, Secrets, and Silence : Selected Prose 1966-1978, éd. W. W. Norton, 1979,
  • The meaning of our love for women is what we have constantly to expand, éd. Out & Out Books, 1977,
  • Of Woman Born: Motherhood as Experience and Institution, éd. W. W. Norton, 1976.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Études, articles et interviews autour d'Adrienne Rich[modifier | modifier le code]

  • Adrienne Rich’s feminist awakening, par Michelle Dean pour New Republic, 2016[24],
  • Adrienne Rich's poetic transformation, par Claudia Rankine pour le New Yorker, 2016[25]
  • Contribution of Adrienne Rich to the Feminist Literary Movement, par Tuhina Mukherjee pour le "International Journal of English Language, Literature in Humanities", 2015[17],
  • Honouring Adrienne Rich, key ‘second-wave’ feminist writer and poet (1926-2012), par Andrea Peto pour le "Gender and Education[26]" du GEA - Gender and Education Association, 2013[27],
  • Adrienne Rich, poet, essayist, feminist, provocateur, par Matt Schudel pour le Baltimore Sun, 2012[28],
  • Représenter l’intersection, par Alexandre Jaunait et Sébastien Chauvin pour la Revue française de science politique, 2012[29]
  • Revue Europe, dossier Adrienne Rich, numéro 996, avril 2012,
  • Too Much Will to Change, par Jill M. Neziri pour la revue Jacket2, 2008[30]
  • De l'usage épistémologique et politique des catégories de « sexe » et de « race » dans les études sur le genre, par Elsa Dorlin pour les "Cahiers du Genre", 2005[31],
  • Poet and pioneer, par John O'Mahoney pour le Guardian, 2002[6],
  • Jocaste délivrée, Maternité et représentation des rôles sexuels, par Francine Comte, éd. La Découverte, 1991[32]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Adrienne Rich | American poet, scholar, and critic », Encyclopedia Britannica,‎ (lire en ligne)
  2. Encyclopædia Universalis, « ADRIENNE RICH », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 24 août 2017)
  3. a, b, c, d, e et f Jacket Copy, « Poet Adrienne Rich, 82, has died », Los Angeles Times,
  4. (en) aapone, « chancellors », sur chancellors, (consulté le 24 août 2017)
  5. (en) « Bibliographies | The Feminist Sexual Ethics Project | Brandeis University », sur www.brandeis.edu (consulté le 24 août 2017)
  6. a et b (en) John O'Mahoney, « Poet and pioneer », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne)
  7. (en) « Roland Park Country School | A Private Girls Day School in Baltimore, MD », sur www.rpcs.org (consulté le 25 août 2017)
  8. « Adrienne Rich Remembered », sur patrickmurfin.blogspot.fr (consulté le 25 août 2017)
  9. (en) « Video | Radcliffe Institute for Advanced Study at Harvard University », sur www.radcliffe.harvard.edu (consulté le 24 août 2017)
  10. « American Literature Web Resources: Adrienne Rich », sur faculty.millikin.edu (consulté le 24 août 2017)
  11. « Adrienne Rich », sur www.nndb.com (consulté le 24 août 2017)
  12. (en) Website Admin, « SEEK Program - Search for Education, Elevation and Knowledge », sur www.ccny.cuny.edu, (consulté le 25 août 2017)
  13. (en) « Michelle Cliff », sur Poetry Foundation, (consulté le 24 août 2017)
  14. (en) « Michelle Cliff, Activist and Writer (1946–2016) by Harriet Staff », sur Poetry Foundation, (consulté le 24 août 2017)
  15. (en) « Adrienne Cecile Rich | Jewish Women's Archive », sur jwa.org (consulté le 24 août 2017)
  16. (en) « Creative Writing | English Department | Brandeis University », sur www.brandeis.edu (consulté le 24 août 2017)
  17. a et b « Contribution of Adrienne Rich to the Feminist Literary Movement », sur www.ijellh.com (consulté le 25 août 2017)
  18. repris dans Blood, Bread and Poetry: Selected Prose, 1979-1985, Norton, 1986 ; en français : « La contrainte à l’hétérosexualité et l’existence lesbienne », Nouvelles Questions Féministes, n°1, p. 15-43, traduit par Emmanuèle de Lesseps et Christine Delphy
  19. Gwenola Ricordeau, « Rich Adrienne, La contrainte à l’hétérosexualité et autres essais », Genre, sexualité & société, no 5,‎ (ISSN 2104-3736, lire en ligne)
  20. Armengaud, Françoise., La contrainte à l'hétérosexualité et autres essais, Mamamélis, (ISBN 9782940116096, OCLC 718526959, lire en ligne)
  21. « The Art in Adrienne Rich’s Activism », sur The New Yorker (consulté le 25 août 2017)
  22. « Women Who've Won the National Book Award, National Book Foundation, Presenter of the National Book Awards », sur www.nationalbook.org (consulté le 15 novembre 2017)
  23. (en) « John Simon Guggenheim Foundation / Adrienne Rich »
  24. (en) « Adrienne Rich’s Feminist Awakening », New Republic,‎ (lire en ligne)
  25. « Adrienne Rich’s Poetic Transformations », sur The New Yorker (consulté le 25 août 2017)
  26. (en) « Gender and Education », Wikipedia,‎ (lire en ligne)
  27. (en) « Honouring Adrienne Rich, key ‘second-wave’ feminist writer and poet (1926-2012) – GEA – Gender and Education Association », sur www.genderandeducation.com (consulté le 25 août 2017)
  28. (en) Matt Schudel, The Washington Post, « Adrienne Rich, poet, essayist, feminist, provocateur », baltimoresun.com,‎ (lire en ligne)
  29. Alexandre Jaunait et Sébastien Chauvin, « Représenter l'intersection, Representing the intersection. From strategic dilemmas to empirical investigation », Revue française de science politique, vol. 62, no 1,‎ , p. 5–20 (ISSN 0035-2950, lire en ligne)
  30. (en) « Jacket 35 - Early 2008 - Adrienne Rich: «Telephone Ringing in the Labyrinth», reviewed by Jill M. Neziri », sur jacketmagazine.com (consulté le 11 septembre 2017)
  31. « Cahiers du Genre », sur Cairn.info (consulté le 25 août 2017)
  32. « Jocaste délivrée - Francine Comte | Cairn.info », cahiers libres,‎ (ISSN 0526-8370, lire en ligne)
  33. Susan Sontag et Adrienne Rich, « Feminism and Fascism: An Exchange », sur The New York Review of Books (consulté le 25 août 2017)