Đà Lạt

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Đà Lạt
Vue de la cathédrale de Đà Lạt (juillet 2010)
Vue de la cathédrale de Đà Lạt (juillet 2010)
Administration
Pays Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam
Province Lâm Đồng
Démographie
Population 206 105 hab. (2009)
Densité 524 hab./km2
Géographie
Coordonnées 11° 56′ 30″ nord, 108° 26′ 18″ est
Altitude 1 500 m
Superficie 39 300 ha = 393 km2
Localisation

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Đà Lạt, orthographié aussi Dalat, est une ville des Hauts plateaux du centre du Việt Nam, capitale de la province de Lâm Đồng. En français, ses habitants sont appelés « Dalatois ».

Historique[modifier | modifier le code]

Durant la colonisation française au XIXe siècle, l’administration coloniale recherche une région où le climat s’apparente à celui de la France. Le climat rude et la terre malsaine de la ville de Saigon mettent en doute que les Européens puissent s’acclimater à ces conditions excessives.

En juillet 1897, le gouverneur français Paul Doumer s’adresse au célèbre médecin Alexandre Yersin qui a découvert la région quatre années auparavant lors d’une expédition de Biên Hòa à Phan Thiết par la chaîne annamitique[1]. L’objectif est de trouver un emplacement potentiel afin de pouvoir permettre aux fonctionnaires et aux soldats français de se ressourcer contre le climat torride de l’Annam. Les trois critères sont centrés sur l’altitude, la présence de l’eau et l’accessibilité. Sa devise latine est d'ailleurs Dat Laetitiam Aliis Aliis Temperiem qui signifie « Elle donne aux uns la joie, aux autres le bon temps. » Elle était la principale station climatique de l'Indochine française.

Ville de montagne romantique, Đà Lạt exerce une attraction touristique importante grâce à ses paysages : chutes d'eau, lacs, prairies luxuriantes et vallées fleuries, ses villas coloniales dont le style art-déco (1920-1940) rappelle l'architecture des provinces de l'ancienne métropole. On y trouve des villas normandes aussi bien que des chalets savoyards ou des maisons basques, et une cathédrale à la française. L'hôtel Langbian Palace (aujourd'hui Dalat palace), inauguré en 1922, accueille les colons en villégiature fuyant les grandes chaleurs.

L'empereur Bao Dai y possédait une résidence. Son épouse fit venir de France les Chanoinesses de Saint-Augustin de la Congrégation Notre-Dame pour y ouvrir un internat d'élite en 1935, Notre-Dame du Langbian (Couvent des Oiseaux), où elle inscrivit ses filles. Il ferme ses portes à l'arrivée des communistes en 1975.

Sa gare, inspirée de celle de Deauville, est célèbre.

L'actuel collège pédagogique de Đà Lạt, ancien lycée Yersin

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'amiral Jean Decoux, qui aimait y séjourner, songea à ériger Đà Lạt au rang de capitale administrative de l'Indochine française. Deux conférences importantes pour l'avenir de la péninsule y furent tenues en 1946.

Une école d'enfants de troupe métis eurasiens y fut fondée en septembre 1939 puis transférée au Cambodge en 1944 avant de revenir à Đà Lạt en 1946 où elle fonctionna jusqu'en 1954. À la fin de 1950, le général Jean de Lattre de Tassigny y créa une école militaire pour l'Armée nationale vietnamienne loyaliste de l'empereur Bảo Đại qu'on surnomma vite le Saint-Cyr vietnamien.

Climat[modifier | modifier le code]

Đà Lạt est l'une des villes surnommées « ville de l’éternel printemps » ; la température moyenne ne descend jamais au-dessous de 10 °C en hiver, et elle ne dépasse pas 25 °C en été. Ce climat doux et clément permet à la ville d'avoir une grande variété de cultures de fleurs et de fruits. Bien que située au sud du Viêt Nam, c'est grâce à son altitude (1 500 m) qu'elle bénéficie de ce climat tempéré[2].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

La ville de Dalat a permis à ses administrateurs coloniaux d’établir une ville à la saveur européenne en retrait du pouvoir central vietnamien à Saigon. Le plan de développement original en 1900 propose la construction d’infrastructures, de routes de transport, de villages et de réseaux de chaînes d’approvisionnement. L'objectif est d’avoir un chemin de fer, des routes pavées et des immeubles modernes offrant un pied-à-terre de la France et servant de bon sanatorium.

Entre les années 1900 et 1944, la ville de Dalat va connaître une poussée de croissance fulgurante. Les douzaines de cottages sur la colline deviennent un hôtel. En 1944, on ne comptait pas loin de 750 villas privées, plusieurs bureaux gouvernementaux et un terrain de golf.

Pour devenir la ville qu’elle est maintenant, Dalat est passée par cinq grandes étapes de planification urbaine présentées par cinq différents auteurs et architectes français Paul Champoudry en 1905, Jean O’neill en 1909, Ernest Hébrard en 1923, Louis Georges Pineau en 1932 et Jacques Lagisquet en 1942[3].

Paul Champoudry fut le premier maire de la ville de Dalat en 1905 et a rédigé un plan de développement en fonction des besoins des autorités de l’armée. Son plan était de centraliser les services publics et administratifs dans le même quartier et d’établir un marché situé à la jonction des artères principales de la ville qui donne face à une place publique conçu pour atténuer le traffic. À proximité du marché au centre-ville, un espace est conçue pour les comptoirs des marchands et des petites entreprises. Au cœur du centre-ville, un hôtel qui inclut un restaurant et un casino ; non loin, un quartier dédié à aux services publics : poste, gare de chemin de fer et école.

Les idées principales de Paul Champoudry seront réalisées par Jean O’neill, auteur du plan maître de Dalat en 1919 grâce au budget qui découle dans les caisses de fonds dans la ville de Dalat à la conclusion de la Première Guerre mondiale.

En 1923, Ernest Hébrard continue à développer le travail de ces prédécesseurs et instaure un système de zonage. L’ébauche de sa vision est de prendre en compte le futur de la ville pour éviter des modifications coûteuses à la fin plutôt que lieu de laisser la division et la concession des terres à la destinée et à l’imagination des individus. Son plan est divisé en trois zones : un quartier pour l’administration, un quartier résidentiel pour les Européens et un quartier annamite.

En 1932, le plan de Louis-Georges Pineau est plus conservateur que le plan expansionniste de Hébrard. L’ébauche de son plan est de préserver la beauté naturelle des paysages de Dalat et de mettre l’emphase sur le développement des jardins et des lacs artificiels. Pineau avait une tendance pour un style architectural éclectique et un goût particulier pour les villas. D’ailleurs, les villas actuelles à Dalat sont les créations de l’ère Pineau.

La dernière étape du développement de la ville de Dalat est rehaussée par le planificateur Lagisquet entre 1942 et 1945. Il va effectuer le projet du gouverneur Jean Decoux qui est de transformer la colline à une ville d’été distincte des sphères traditionnelles du Vietnam. Le résultat de l’urbanisation de Lagisquet englobe la base commune de la vision des cinq pionniers, de rendre la ville de Dalat une ville française. 

Personnalités nées à Đà Lạt[modifier | modifier le code]

Galerie photos[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eric Jennings, « Dalat ou les Alpes en Indochine », in : La colonisation des corps, De l'Indochine au Viet Nam, dirigé par François Guillemot et Agathe Larcher-Goscha, Vendémiaire, Paris, 2014, p. 285-312, (ISBN 978-2-36358-148-8)
  • Arnauld Le Brusq, « Vietnam à travers l'architecture coloniale », Paris, 2011, p.103-117, (ISBN 978-2-85917-513-9)
  • Eric T. Jennings, « Imperial Heights », Dalat and the making and undoing of French Indochina, California, 2011, p.112-137, (ISBN 978-0-520-26659-9)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Arnauld Le Brusq Leonard de Selva, Vietnam à travers l'architecture coloniale, Paris, Les éditions de l'amateur, , 263 p. (ISBN 978-2-85917-513-9), p. 103
  2. Le Guide du routard - Vietnam, PARIS, Hachette, , 496 p. (ISBN 2-01-242899-1), p. 315
  3. (en) Eric T. Jennings, Imperial Heights, California, University of California Press, , 343 p. (ISBN 978-0-520-26659-9), p. 113

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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