Constant Duclos

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Constant Duclos
Naissance
Fougères, Ille-et-Vilaine (35)
Décès (à 77 ans)
Romorantin-Lanthenay, Loir-et-Cher (41)
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Marine nationale
Armée de l'Air
Grade Second maître de 2ème classe
Sergent-chef "Pilote d'aviation de réserve"
Années de service Avril 1906 à mars 1910
Août 1914 à février 1919
8 ans, 5 mois, 13 jours-
Conflits Trois campagnes aux Maroc entre 1908 et 1910
Première Guerre mondiale
Batailles de l'Yser et de Dixmude
Distinctions Officier de la Légion d'Honneur
Médaille militaire
Croix de guerre 1914-1918 avec palme et étoile de bronze
Médaille commémorative du Maroc "agrafe Maroc"
Médaille de l'Yser
Croix Flamande des 3 cités "agrafe Dixmude"
Hommages Un square à Fougères (Ille-et-Vilaine) depuis 1988
Une rue à Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher) depuis 2009

Constant Duclos, né à Fougères le , mort à Romorantin-Lanthenay le [1] à l'âge de 77 ans, est un marin français qui a effectué les premiers sauts en parachute de l'Armée française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et famille[modifier | modifier le code]

Constant, Joseph, Alexandre Duclos naît le [2] à Fougères, Ille-et-Vilaine. Sa famille est peu aisée, son père Constant, Alexandre, Marie Duclos (1860-1887) ainsi que sa mère Joséphine, Thérèse Gavard (1858-1901) sont Chaussonniers. Constant Duclos n'a pas encore 2 ans quand il perd son père. Il est élevé seul par sa mère qui décède à l'âge de 43 ans, il a alors tout juste 16 ans. Attiré par la mer, c'est tout naturellement qu'il rentre dans la Marine marchande. Inscrit provisoire sous le n° 1306 sous le consentement de son tuteur le 6 mars 1902 devant le maire de La Chapelle Janson, île-et-vilaine. il y effectue 20 mois et 20 jours de service: Du 6 mars 1902 au 18 mars 1903 à bord du brick-goélette ST MICHEL et sur la goélette COURLIS de l'armement THOMAZEAU de ST MALO île et vilaine. Le 20 avril 1903, il embarque à DUNKERQUE sur le quatre-mâts barque ANTOINETTE de l'armement A.D BORDES jusqu'au 10 octobre 1903. Ce jour là, il embarque sur le trois-mâts carré DUQUESNE de la COMPAGNIE MARITIME FRANCAISE. Il en débarque clandestinement à PHILADELPHIE, USA le 21 mars 1904. A quai, se trouve le CARRADALE un autre quatre-mâts barque sur lequel Constant Duclos embarque tout bonnement jusqu'à son retour en FRANCE le 11 avril 1906.

Service militaire[modifier | modifier le code]

Le 11 avril 1906, le service militaire l'appelle (classe 1905 - recrutement en 1906, canton de Fougères nord (Ille-et-Vilaine) suite à révision sous le matricule n° 772[3]). Constant Duclos s'engage alors pour 4 ans dans la Marine nationale. Inscrit maritime définitif quartier de Saint-Malo sous le n° 283, il est levé comme matelot de 3ème classe au 2ème dépôt de Brest le 12 avril 1906. Il y restera jusqu'au 1er juillet 1906, date à laquelle, il embarque sur le transport aviso "Saône" école des Gabiers de Brest.

Constant Duclos, nommé matelot de 2ème classe breveté Gabier le 1er mars 1907, quitte le le transport aviso "Saône" pour embarquer sur le cuirassé d'escadre Henry IV jusqu'au 1er octobre 1907.

Du 1er au 13 octobre 1907 Constant Duclos est à terre au 1er dépôt de Cherbourg.

De mi-octobre 1907 jusqu'au 5 février 1910, il embarque sur le croiseur de 2ème classe Friant. Sur ce navire, entre 1908 et 1910, Constant Duclos participe à 3 campagnes de guerre au Maroc. A ce titre, la Médaille commémorative du Maroc "agrafe Maroc" lui est décernée. Un certificat de bonne conduite et de capacité lui est attribué le 5 février 1910 par le Commandant de ce navire, M. Bernard Capitaine de frégate.

Du 6 février au 6 mars 1910, Constant Duclos se retrouve sur le croiseur de 3ème classe Cosmao.

Enfin, du 6 mars au 12 mars 1910, il est affecté au 4ème dépôt de Brest avant d'être placé en congé illimité de fin de service comme "soutien de famille".

Etablissements Godard "de la Marine aux ballons captifs"[modifier | modifier le code]

Fin mars 1910, Constant Duclos entre aux établissements de constructions aéronautiques de Paris Etablissements Godard à Saint-Ouen (Seine). Rapidement ses qualités de Gabiers sont remarquées. De mai à septembre 1910, il est envoyé en mission en Belgique, à Bruxelles, auprès de Robert Goldschmidt pour participer à la construction et à la mise au point du dirigeable le "Belgique III".

Le 7 janvier 1911, Constant Duclos se marie à Saint-Ouen (Seine) avec une fille de son pays natal Marie, Thérèse, Constance Nouveau (1888-1955) et reconnaît sa fille Marie, Constance née hors mariage le 18 décembre 1910 à Paris 18ème. Deux autres enfants naîtront de cette union, Marcel, Victor né à Paris 10ème le 31 juillet 1912 et Maurice, Marcel né le 30 juillet 1924 à Paris 10ème également.

Toujours employé aux Etablissements Godard à Saint-Ouen (Seine), du 29 juin au 9 juillet 1914, Constant Duclos effectue une deuxième période d'exercices au 2ème dépôt des équipages de la flotte à Brest (dispensé de la première période en tant que soutien de famille).

2 août 1914, "mobilisation générale"[modifier | modifier le code]

La guerre éclate, le 3 août 1914 Constant Duclos est mobilisé au 1er Régiment de Fusiliers Marins. D'août à la fin de l'année 1914, il participe avec la Brigade de l'Amiral Ronarc'h, à la bataille de l'Yser et à la bataille de Dixmude. Constant Duclos fera partie des rares survivants de son unité. Il se voit décerner la Médaille de l'Yser et la Croix Flamande des 3 cités "agrafe Dixmude".

Fabrication d'un parachute[modifier | modifier le code]

En avril 1915, Constant Duclos est versé à l'Etablissement central du matériel aéronautique militaire "Génie" de Chalais-Meudon. Du fait de sa grande expérience en matière de Toiles, Voilures et Cordages, il travaille aux côtés du Lieutenant Jumesch et du Capitaine Letourneur qui cherchent à mettre au point un parachute pour endiguer les nombreuses pertes d'aérostier, les ballons étant la cible des Allemands. Grace au concourt de Constant Duclos un parachute expérimental est fabriqué et les essais peuvent commencer avec un sac de sable et cela fonctionne.

«  L'engin est plié dans une enveloppe de toile fixée à l'extérieur de la nacelle et reliée par un solide "Bout" de 3 mètres de long au harnais ceinturant le sac de sable, lequel en tombant, extrait le parachute; une chambre à air gonflée aide le parachute à se déployer dès sa sortie du sac. Plusieurs essais sont réussis devant un groupe d'aérostiers, mais malgré la peur de périr brûlés, ceux-ci ne sont pas convaincus de confier leur vie à cet appareil inconnu d'eux et d'aspect si fragile »

— Jacques Maugard, ancien de l'aéronautique navale, chercheur aux archives de la Marine Nationale

Constant Duclos sûr du matériel qu'il a construit se porte volontaire auprès du lieutenant Jumesch pour se substituer au sac de sable. Le lieutenant Jumesch accepte, Constant Duclos va donc sauter[4].

Sauts en parachute[modifier | modifier le code]

Le prototype est testé à Courtellemont (ville disparue sous les bombardements), le à 16 h à 300 m d'altitude. Constant Duclos effectue ainsi le premier saut en parachute de l'histoire militaire française. Il lui faudra 4 longues minutes pour atteindre le sol[5].


Entre le 17 novembre et le 21 décembre 1915, Constant Duclos effectue une tournée de démonstration qui le conduit dans toutes les compagnies d'aérostiers du front. En un mois il saute 20 fois. Certains sauts sont réalisés à 1000 m d'altitude[6].


Fraichement nommé quartier-maître de 2ème classe de manoeuvre, le 3 avril 1916, Constant Duclos exécute deux sauts d'homologation devant la 3ème sous-commission de l'aéronautique (aréopage d'officiers et de techniciens). Le 1er saut est plus que concluant mais ces militaires, appelés à prendre une décision capitale, sont indécis. Pour être sûr de leur décision, il effectue une deuxième descente en fumant le gros cigare qu'un des officiers lui avait offert à l'issue de son premier saut[7].

Sa désinvolture, et la sûreté de ses deux descentes l'emportent, le parachute est homologué. Sa construction en série peut-être entamée.

Constant Duclos a effectué en tout vingt-trois sauts en parachute, établissant ainsi le record du plus grand nombre de sauts en parachute de la Première Guerre mondiale[4].

Pour cet exploit, Constant Duclos est cité à l'ordre du Grand Quartier Général par le chef du service aéronautique sous le n° 10.448 pour « le bel exemple de courage qu'il a donné à ses camarades en se jetant de la nacelle d'un ballon captif d'une hauteur de 300 m ».
Il se voit également décerner:
- La Médaille militaire par arrêté ministériel du 16 mars 1917 pour prendre rang au 15 mars 1917 avec la citation suivante « a fait preuve d'un esprit admirable de bravoure et d'un grand péril du danger en exécutant des expériences périlleuses en parachute »[8].
- La Croix de guerre 1914-1918 avec palme également à la date du 15 mars 1917[8].

S'en est fini pour les ballons ainsi que pour les sauts en parachute, Constant Duclos se consacre à l'aviation.

L'Aviation maritime[modifier | modifier le code]

Le 15 juin 1916, Constant Duclos rentre au 1er groupe d'aviation à Dijon comme élève pilote d'aéroplane, puis à l'école d'aviation de Chartres le 19 juillet 1916. Il obtient le Brevet d'Aviateur Militaire (brevet de pilote n° 4607) division MF "Maurice Farman" le 25 septembre 1916.

Constant Duclos effectue un stage de perfectionnement à l'école de Châteauroux du 28 septembre au 1er novembre 1916. Le 3 novembre 1916, il obtient le brevet de pilote-aviateur de la Fédération Aéronautique Internationale (brevet FAI n°4.762).

Constant Duclos est ensuite affecté au Centre d'Aviation Maritime de Saint-Raphaël du 13 novembre au 20 février 1916. Il y obtient le brevet de pilote d'hydravion en février 1916 (brevet n°170).

Du 20 février 1917 au 20 février 1918, Constant Duclos est muté au CAM de Dunkerque en tant que pilote d'hydravion de reconnaissance[9]. Il est nommé Second-maître le 1er juillet 1917. Constant Duclos obtient un certificat de bonne conduite et de capacité "comme pilote d'hydravion de reconnaissance" délivré le 20 février 1918 par le commandant par intérim du CAM de Dunkerque, l'Enseigne de vaisseau de 1re classe M. Léon RAMADE.
De mi-février 1918 à fin décembre 1919, Constant Duclos est muté au CAM de Le Havre et enfin du 1er janvier 1919 au 15 février 1919, il est envoyé au Groupement d' Aviation Captif de Cherbourg.

Le 16 février 1919, Constant Duclos est placé en congé illimité "fin de mobilisation" et est versé au 31ème Régiment d'Aviation d'Observation de Tours[3]. Il se retire au 106 avenue des Batignolles à Saint-Ouen (Seine) où se trouve sa famille et reprend ses activités aux Etablissements Godard à Saint-Ouen (Seine).

L'Après Guerre[modifier | modifier le code]

Entre 1922 et 1924, Constant Duclos effectue plusieurs périodes d'entrainement volontaire de pilote à l'entrepôt spécial d'aviation n°1 de Villacoublay.
En 1925, Constant Duclos quitte la Région Parisienne pour s'installer, avec toute sa famille, Impasse Saint-Barthélémy à Romorantin (Loir-et-Cher) et rentre à l'entrepôt spécial de l'Armée de l'Air n°4 de Pruniers-en-Sologne (Loir-et-Cher) en qualité d'Agent de maîtrise.
D'avril 1926 à avril 1929, il effectue de nombreuses périodes d'entrainement volontaire au Magasin Général d'Aviation n°4 annexe d'Orly, mais également au 31ème Régiment d'Aviation de Tours.
Le 20 juillet 1928, Constant Duclos est nommé Sergent-chef de réserve "Pilote d'aviation". Le 27 juin 1930, il est affecté dans la réserve au 9ème Groupe d'Ouvriers Aéronautiques. Enfin le 26 novembre 1931, Constant Duclos est rayé des contrôles des personnels naviguant des forces aériennes et est placé sans affectation[3].
Constant Duclos totalise: 565 heures de vol dont 472 dans l'aviation maritime et militaire et 93 heures effectuées en 9 périodes de volontaire de 1922 à 1930.
Le 15 mai 1936, un rapport motivé des titres de M.Constant Duclos est rédigé par le Lieutenant-colonel Morel, Directeur de l'entrepôt spécial de l'Armée de l'Air n°4 de Pruniers-en-Sologne (Loir-et-Cher).
Le 5 août 1936, Constant Duclos est nommé, sur proposition de Ministre de l'Air, dans l'ordre National de la Légion d'Honneur (contingent normal), au grade de Chevalier de la Légion d'Honneur[10]. Constant Duclos totalise à cette date, 28 ans, 10 mois, 14 jours de services civils et militaires.
Retraité en qualité de technicien d'étude et de fabrication au titre de l'aéronautique, Constant Duclos fonde le 5 décembre 1947, l'Amicale des anciens cols bleus de Romorantin (Loir-et-Cher). Quelque temps plus tard, il est nommé Président d'honneur à vie de cette association qui regroupe, à cette date, environ 120 membres.


Constant Duclos décède le 15 juin 1962 à l'âge de 77 ans. Il repose au cimetière Saint-Roch de Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher) allée K79.
Constant Duclos est promus Officier de la Légion d'Honneur (à titre posthume) le 3 mai 1963 par décret de Monsieur le Président de la République en tant que Second maître pilote de l'Aéronautique navale, sur proposition du Ministère des Armées (Marine).
Depuis 1988, il existe un square Constant Duclos[11] à Fougères, Ille-et-Vilaine et suite au Conseil Municipal de Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher) en date du 8 décembre 2009, une rue Constant Duclos[12] est créée à Romorantin-Lanthenay.

alternative textuelle
Tombe de Marie et Constant Duclos.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Henry TEMERSON, - Biographies des principales personnalités décédées au cours de l’année 1962, Imprimerie centrale de l’Ouest La Roche-sur-Yon, p. 93
  2. « http://archives-en-ligne.ille-et-vilaine.fr/thot_internet/FrmSommaireFrame.asp », sur archives-en-ligne.ille-et-vilaine.fr (consulté le 18 janvier 2018)
  3. a, b et c « 1 R 2005 - Subdivision militaire de Vitré. Volume 2, numéros matricules 1272, 617-1003. », sur archives-en-ligne.ille-et-vilaine.fr (consulté le 18 janvier 2018)
  4. a et b Jacques MAUGARD, ancien de l'aéronautique navale, chercheur aux archives de la Marine Nationale, « Un marin parmi les précurseurs du parachutisme militaire », Bulletin d'information de l'AGPM n° 132,‎ , p. 18 à 20
  5. Chemin de mémoire.
  6. l'Abbé MOREUX directeur de l'observatoire de Bourges, « Comment on descend des nuages "Les parachutes" », Le Petit Journal,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  7. Revue mensuelle de l'Armée de l'Air n° 275 décembre 1970, Forces Aériennes Françaises, Paris, Comité d'études aéronautiques militaires, dépôt légal 4ème trimestre 1970, 617 p., page 527
  8. a et b Journal officiel de la République française. Lois et décrets, Journaux officiels, (lire en ligne), page 2164
  9. « CAM de Dunkerque », sur albindenis.free.fr (consulté le 20 janvier 2018)
  10. Journal officiel de la République française. Lois et décrets, Journaux officiels, (lire en ligne)
  11. « L'insolite histoire du square Constant-Duclos », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne)
  12. « Plan Vue : carte de Vue (44640) et infos pratiques », sur Mappy (consulté le 21 janvier 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]