Compte-Nickel

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Compte-Nickel
Image illustrative de l'article Compte-Nickel

Création 2012
Fondateurs Ryad Boulanouar, Hugues Le Bret, Michel Calmo, Pierre de Perthuis
Slogan Le compte sans banque
Siège social Drapeau de la France Charenton-le-Pont (France)
Direction Hugues Le Bret
Actionnaires Actionnaires individuels (52,2%), Fondateurs & collaborateurs (36,6%), Confédération des buralistes (6,1%), Partech Ventures (5,1%)
Activité Finance, moyen de paiement, banque
Produits MasterCard
Société mère FPE (Financière des paiements électronique)
SIREN 753 886 092
Site web Site officiel

Le Compte-Nickel est un service français de carte bancaire prépayée nominative et non nominative, alternatif du compte bancaire comme moyen de paiement, créé en 2012 par la société la Financière des paiements électroniques (FPE), avec comme cofondateurs et développeurs l'ingénieur en électronique Ryad Boulanouar[1] et le financier Hugues le Bret[2].

C'est le premier « compte sans banque » avec borne d'inscription chez un buraliste[3] qui s'enregistre avec une pièce d'identité et un numéro de téléphone mobile est nécessaire pour l'activation de la carte prépayée. Ce dernier est actif immédiatement et prend « 5 minutes » à être ouvert. À l'ouverture d'un compte, l'on obtient un RIB, une carte bancaire MasterCard et le code de cette dernière, pour la somme de 20 euros (frais annuels).

Distribué principalement à travers le réseau de buralistes en France métropolitaine et à travers des commerçants de proximité aux Antilles françaises, en mai 2016, le cap des 300 000 comptes ouverts est dépassé[4]. En octobre 2016, le cap des 400 000 comptes ouverts est dépassé [5] ; en mars 2017 l'entreprise revendique plus de 500 000 clients[6].

Historique[modifier | modifier le code]

Le , la Financière des paiements électroniques (FPE), associée à la Confédération des buralistes français, lance auprès du grand public le « Compte-Nickel », un compte de paiement low-cost (à bas coûts) simplifié, disponible dans les bureaux de tabac, sans condition de dépôts ni de revenus[2]. Ce service bancaire alternatif est lancé avec succès chez une soixantaine de buralistes après avoir été testé depuis décembre 2013 chez trois buralistes franciliens[2],[7].

L’objectif de la société FPE est « d’équiper vingt nouveaux buralistes chaque semaine à partir du mois de mars [2014] ». Elle souhaite pouvoir affilier 1 000 buralistes partenaires[1] d’ici la fin de l’année 2014 et souhaite atteindre à cette même date le seuil de rentabilité, fixé à 100 000 clients[2].

Pierre de Perthuis, le responsable chez FPE du business development et des relations avec le réseau des buralistes, lui-même un entrepreneur en série, est convaincu de l'utilité de cette nouvelle offre dès sa première rencontre avec Ryad Boulanouar ; il persuade rapidement les buralistes de distribuer ce qui n'est pas encore le Compte-Nickel. La Confédération des buralistes voit alors dans ce nouveau service à haut potentiel de développement un moyen de se diversifier, et décide de prendre une part du capital de la FPE.

Les 27 000 buralistes français doivent être agréés individuellement par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR)[1]. Ils ne sont pourtant pas les seuls réseaux de distribution approché par l'entreprise ; celle-ci a également démarché les associations d'aide aux personnes en difficultés ou des centres communaux d'action sociale, avec un bon accueil[1] ; certaines villes françaises souhaitent elle aussi pouvoir vendre ce service bancaire, mais doivent être auparavant validées par l'autorité de régulation[1].

Cependant, l'ACPR ne donne pas son agrément aisément ; elle exige de la FPE, en plus des 3,5 millions d'euros consentis pour concrétiser l'idée de la start-up, 8 millions d'euros de fonds prudentiels supplémentaires. Pierre de Perthuis indique à ce sujet : « Finalement, ce sont des entrepreneurs qui nous ont soutenus, des gens propriétaires de leur entreprise, capables de décisions rapides. C'est ainsi que nous avons réuni 78 actionnaires personnes physiques qui ont de 18 à 89 ans et dont les participations s'échelonnent de 10 000 à 1,3 million d'euros. Mais le projet a failli mourir dix fois, cette entreprise est un miracle ! »[1]. Hugues Le Bret raconte cette aventure dans un livre, NoBank, aux éditions Les Arènes[8],[9].

Description et utilisation[modifier | modifier le code]

Grâce à une borne interactive, le client ouvre en moins de cinq minutes[10] en scannant sa carte d’identité et saisissant son adresse et son numéro de téléphone mobile[10], le client repart avec un coffret comprenant une carte de débit MasterCard et deux RIB[2]. La cible de ce service financier concerne les personnes interdits bancaires (2,5 millions dans cette situation en France en 2014), les personnes privées de moyens de paiement qui ne paient qu'en argent liquide, celles vivant sous le seuil de pauvreté (8,4 millions de personnes en France en 2014)[1], en instance de divorce avec un compte joint bloqué, mais aussi les saisonniers, les intérimaires ou les étudiants[2].

Le Compte-Nickel comprend notamment une gestion par internet, des notifications par SMS, des possibilités de virements et de prélèvements bancaires. Il coûte 20 euros[10] par an, réglés lors de l’achat du coffret chez le buraliste. À cela s'ajoutent des frais pour les retraits d’espèces chez les buralistes (0,5 euro)[11], dans un distributeur de billets (1 euro)[11] ou encore en cas de dépôt d’espèces chez le buraliste (2 % de la somme)[2],[11].

Afin de lutter contre le blanchiment d'argent, les dépôts d’espèces sont limités à 250 euros par opération et à 750 euros par mois. Avec des retraits pouvant atteindre 150 euros, ce système fait courir moins de risques aux buralistes (certains étant fréquemment victimes de braquages), car, selon Pascal Montredon, le président de la Confédération des buralistes (détenant 5 % du capital de la FPE), « les clients les aideront à alléger leur caisse »[2].

Le service Compte-Nickel ne permet pas d'avoir de découvert bancaire[10],[2] parce qu'il est homologué par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) comme un « établissement de paiement » ; il n'est pas une banque, car une banque est homologuée comme « établissement de crédit ». La différence, c'est que Compte Nickel est simplement un « comptable » des additions et des soustractions sur les comptes de ses clients ; il ne peut pas utiliser l'argent des clients pour ses opérations propres et ne peut pas non plus ajouter des nombres sur les comptes des clients. Afin d’empêcher structurellement que Compte Nickel puisse — comme le peuvent les banques de dépôt traditionnelles — spéculer avec l'argent des clients ou créer de l'argent qui n'existait pas avant sur les comptes, Compte Nickel doit directement transférer l'argent des clients sur un « compte séquestre », c'est-à-dire un « compte de cantonnement » auprès du Crédit mutuel Arkéa, partenaire de la société Financière des paiements électroniques.

Hugues Le Bret, le cofondateur et président du comité de surveillance de la FPE, ancien PDG de Boursorama et ancien directeur de la communication de la Société générale[1], affirme que : « Le Compte-Nickel permet une maîtrise absolue du client sur l’ensemble de ses frais. ». Le président de la start-up et inventeur du procédé, Ryad Boulanouar, informaticien, ajoute que : « Avec un compte sans découvert, les gens vont réapprendre comment dépenser leur argent[2]. »

Selon Pierre de Perthuis, Compte-Nickel est notamment utilisé comme une banque ordinaire, mais il est aussi utilisé[12] pour les paiements sur Internet avec une carte de paiement dédiée, pour les voyages à l'étranger, pour les colocations et les dépenses communes avec un compte unique qui permet de domicilier les frais communs (loyer, énergie, réseaux, etc.) ou pour bien séparer ses dépenses professionnelles et personnelles.

Technologie employée[modifier | modifier le code]

Ryad Boulanouar explique que le système Compte-Nickel repose sur une innovation technologique : la borne Nickel. Il indique :

« Notre offre repose sur une borne installée chez les buralistes : elle comprend une tablette sur laquelle l'acheteur tape ses données personnelles et un scanner avec lequel il numérise sa pièce d'identité et son justificatif de domicile. Les données sont rapidement contrôlées car la borne est reliée à Internet. Si tout est conforme, le buraliste vérifie l'identité de la personne qui veut ouvrir le compte et active une carte MasterCard à partir de son terminal de paiement électronique. En retour, l'appareil imprime un relevé d'identité bancaire. C'est la capacité à créer un lien entre la carte et le dossier client en temps réel qui permet au porteur d'utiliser son compte immédiatement. »

— Ryad Boulanouar[1]

L'infrastructure informatique est complexe, la FPE ayant opté pour le système de Card Management System (CMS) et système de gestion d'autorisation de la société MONEXT (filiale CM ARKEA) ainsi que pour le core banking system de la société SAB-AT en mode SaaS (Software as a Service)[13] adapté à ses besoins spécifiques, notamment le temps réel[1]. L’argent des clients de FPE–Compte-Nickel est sécurisé dans un compte de cantonnement logé chez Arkea[1], celle-ci n'étant qu'un partenaire technique de l'opération, les clients de Compte-Nickel n'auront pas de compte à leurs noms chez lui, seule la FPE est cliente.

Selon Michel Calmo, le directeur général de la FPE, chargé des opérations, centralien et spécialiste des plates-formes de prépayé pour les télécoms et le transfert d'argent, auparavant à la tête de Suncard :

« Tout est conçu pour fonctionner sans intervention humaine, en dehors de la validation du buraliste au moment de l'ouverture du compte. Nous voulons donner tous les outils au client pour qu'il puisse réaliser ses opérations de façon autonome, simplement à l'aide de son téléphone ou sur son ordinateur grâce aux SMS et aux e-mails. Mais pour cela, nous devons tout anticiper et imaginer une réponse automatique à chaque question »

— Michel Calmo[1]

Dirigeants de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Publication[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l « Ryad Boulanouar révolutionne la banque au quotidien avec le Compte Nickel » ; Alexandra Oubrier, pour L’AGEFI Hebdo, sur le site http://www.agefi.fr - 9 janvier 2014.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j « Compte Nickel : soixante buralistes sont devenus banquiers » ; Philippe Brochen, Libération, sur le site http://www.libération.fr - 11 février 2014.
  3. « La France inaugure le premier "compte sans banque" chez les buralistes » ; Anne Michel pour Le Monde, sur le site http://www.lemonde.fr - 11 février 2014.
  4. http://www.atlantico.fr/rdv/revue-blogs/300000-clients-pour-compte-nickel-mais-au-fait-que-disent-banque-sans-banque-reseaux-claire-ulrich-2716808.html
  5. « Le Compte Nickel passe les 400 000 clients et s’envole grâce à l’IT », sur www.linformaticien.com (consulté le 12 octobre 2016)
  6. Site officiel.
  7. "Nickel", le compte en banque "low-cost" » ; Anne Michel pour Le Monde, sur le site http://www.lemonde.fr - 11 juin 2013.
  8. a et b le livre sur le site de l'éditeur, http://www.arenes.fr.
  9. « NO BANK ou comment germent les révolutions » ; Pascal Ordonneau pour Les Échos, sur le site lecercle.lesechos.fr - 22 octobre 2013.
  10. a, b, c et d « Comment j’ai ouvert un compte bancaire Nickel en 3 minutes » ; Delphine Dechaux, Challenges, sur le site http://www.challenges.fr - 11 février 2014.
  11. a, b et c « Compte Nickel: ouvrez votre compte bancaire dans un bureau de tabac » Le HuffPost sur le site http://www.huffingtonpost.fr - 11 février 2014.
  12. « Compte-Nickel : la banque Click & Mortar qui réinvente le cash », sur Les Éditions du Meunier qui Dort,‎ (consulté le 1er décembre 2014)
  13. « La plateforme bancaire SAB AT est au cœur du système d’information du Compte-Nickel », sur Sab2i.com (consulté le 27 juin 2016)
  14. a, b, c, d et e Liste des dirigeants sur le site de la Financière des paiements électroniques (consulté le 4 mai 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]