Seuil de rentabilité

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Le seuil de rentabilité (en anglais break-even) est le niveau d'activité minimum à partir duquel l'activité d'une entreprise devient rentable. On parle de « point mort » pour l'exprimer en nombre d'années nécessaire pour y parvenir. Les termes anglo-saxons break-even (seuil de rentabilité) et « pay-back » (point mort) sont également utilisés.

Le concept reprend le second des deux sens de l'adjectif rentable, ambigu car il a d'abord été synonyme de "qui rapporte une rente" (un revenu), puis de "qui rapporte un bénéfice", faisant que l'entreprise reste viable.

Cycle de vie du produit[modifier | modifier le code]

Pour un nouveau produit, la courbe du chiffre d'affaires monte dans les premières années. La courbe du coût de production descend. Le moment où les deux courbes vont se croiser, lorsque l'entreprise parvient à vendre un certain volume est le point mort.

En fin de vie du produit, si l'entreprise n'a pas renouvelé son équipement, la courbe du coût de production peut se mettre à augmenter, alors que celle des ventes continue à décliner. Les deux courbes se croisent de nouveau, le seuil de rentabilité n'est plus atteint.

Comment y parvenir ?[modifier | modifier le code]

Chaque activité de l'entreprise possède son propre seuil de rentabilité, qui dépend :

  • des économies d'échelle, c'est-à-dire du volume de production à partir duquel les coûts fixes sont amortis,
  • de l'art de la fixation des prix de vente, impliquant de s'interroger sur la durée de commercialisation d'un produit à un prix inférieur à son coût de production,
  • de l'adaptation de l'entreprise, selon si elle peut produire plus, plus vite ou moins cher pour s'adapter au marché, atteindre plus vite ou pendant plus longtemps son seuil de rentabilité,
  • de la qualité du produit face à ses concurrents, sachant que plus ce-dernier est innovant, plus le seuil est atteint rapidement, et plus il est solide et indémodable, plus le seuil sera conservé durablement.

Les enjeux du seuil de rentabilité[modifier | modifier le code]

  • C'est un facteur de décision pour le lancement d'un nouveau produit sur le marché, ou son retrait ;
  • Il permet de calculer le montant du chiffre d’affaires à atteindre pour que l’activité devienne rentable, ou la date à laquelle l’entreprise commencera à faire du bénéfice sur cette activité ;
  • Il permet de savoir où se situe la marge bénéficiaire réellement dégagée par la société à un moment donné ;
  • Il permet de mesurer le risque de se trouver en déficit, tout en appréciant la sécurité dont dispose l’entreprise si la conjoncture devient défavorable ;
  • Il permet de mieux étudier et analyser le rôle et la répartition entre coûts fixes et variables : il oblige à calculer la marge sur coût variable (MSCV ou MCV), qui a pour rôle d’éviter les inconvénients consistant à imputer arbitrairement des charges fixes (administration, coûts financiers, etc.) aux différents coûts des produits de la société.

Les limites et précautions nécessaires :

  • C’est un système prévisionnel, qui dépend de la qualité du calcul de la marge, lui-même fonction du choix des données : quelle dépense est prise en compte ? selon quel critère ?
  • C’est parfois un système normatif qui ne représente qu’une simplification de la réalité. Les méthodes peuvent être différentes d’une entreprise à l’autre.
  • Il doit se garder de constituer un système linéaire, qui n’existe pas dans la réalité, et intégrer deux effets : l’effet de seuil et l’hétérogénéité des économies d’échelle.
    • Les effets de seuil : les machines ont des capacités de production qui ne peuvent pas être poussées au-delà d’un certain seuil ; pour les dépasser, même de quelques unités, il faut réinvestir dans une autre machine, ce qui double l’investissement, nécessite de l’espace en proportion plus importante que l’augmentation de production envisagée, etc.
    • L’hétérogénéité des économies d’échelle : certaines productions peuvent être accrues sans impact sur les coûts. Par exemple, doubler la cadence d’une machine ne double pas nécessairement le coût d’entretien ni la consommation d’énergie ni le nombre d’ouvriers affectés à cette machine. Dans ce cas, la production supplémentaire coûte moins cher que la production initiale, on dit que le coût marginal de production est plus faible que le coût initial.
  • En cas de multi-production, il faut déterminer une répartition des coûts fixes entre les différents services et produits (exemple : les différents tarifs de taxi).

Pour ces différentes raisons, la comptabilité analytique est nécessaire mais pas suffisante pour calculer le seuil de rentabilité. Les méthodes les plus répandues sont les suivantes.

Méthode comptable simple : chiffre d'affaires moins charges totales[modifier | modifier le code]

Cette méthode est la plus simple à exprimer : le seuil de rentabilité d’une activité est atteint quand le chiffre d’affaires est égal au montant des charges mobilisées par cette activité. Les charges comprennent les charges fixes et les charges variables. Les charges fixes correspondent aux charges indépendantes du niveau d'activité (exemple : frais de structure, amortissements, etc.) ; tandis que les charges variables varient proportionnellement au niveau d’activité (exemple : main d’œuvre, matière première, etc.). Mathématiquement, cela s’exprime ainsi :

CA - (CV + CF) \geqslant 0

CA représente le chiffre d'affaires, CV les charges variables et CF les charges fixes.

Méthode basée sur la marge : marge sur coût variable moins frais fixes[modifier | modifier le code]

Le seuil de rentabilité est obtenu quand le chiffre d’affaires du produit dépasse ses coûts variables et la somme des frais fixes imputés arbitrairement. Cette méthode est la même que la première, mais souligne la marge réalisée plutôt que le chiffre d’affaires.

\frac {CF} {Taux MCV} \geqslant 0 ou bien : \frac {CA \times CF} {MCV} \geqslant 0

On en déduit les relations :

  • Seuil de rentabilité en valeur est atteint quand : \frac {MCV}{CF} \geqslant 1
  • Seuil de rentabilité en quantité est atteint quand : \frac {MCV_{unitaire} \times quantit\acute e}{CF} \geqslant 1

MCV = CA - CV

La marge sur coût variable (MCV) est le chiffre d’affaires, diminué des charges variables. Elle peut être calculée pour chaque unité vendue.

Le point mort peut être exprimé en monnaie, quantité ou durée[modifier | modifier le code]

Le seuil de rentabilité est principalement calculé en monnaie. Mais il peut être converti en quantités produites ou en nombre de jours de chiffre d’affaires. De même, on peut déterminer la date à partir de laquelle l’entreprise atteint son seuil de rentabilité. Dans ce cas, cette date représente le « point mort ».

  • Si le produit est vendu 40 euros et le seuil de rentabilité atteint quand le chiffre d'affaires arrive à 2 500 euros, le seuil est atteint à 63 produits vendus.
  • Si le chiffre d’affaires annuel du produit est de 10 000 euros, il est atteint en trois mois de ventes, sous l'hypothèse que le produit est vendu régulièrement tout au long de l’année.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Concepts liés :

Concepts à ne pas confondre :