Charles de France (1686-1714)

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Charles de France
Charles de France, duc de Berry, est un petit-fils de France né le 31 août 1686 et mort le 4 mai 1714.
Charles de France, duc de Berry, est un petit-fils de France né le et mort le .

Titre duc de Berry
(-1714)
Biographie
Naissance
Château de Versailles
Décès (à 27 ans)
Marly-le-Roi
Père Louis de France
Mère Marie Anne Christine de Bavière
Conjoint Marie Louise Élisabeth d'Orléans

Charles de France, duc de Berry, est un fils de France né à Versailles le et mort à Marly-le-Roi le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Troisième petit-fils du roi Louis XIV de France, le prince Charles est le fils du Dauphin Louis de France (1661-1711) et de Marie Anne Victoire de Bavière.

Un cadet[modifier | modifier le code]

Né au château de Versailles le , il est ondoyé peu après sa naissance dans la chambre de sa mère par le premier aumônier du roi,Pierre du Cambout de Coislin,évêque d'Orléans[1]. Son grand-père lui octroie le titre de duc de Berry.

Le , le même jour que ses deux frères Louis et Philippe, Charles est baptisé par Pierre du Cambout de Coislin dans la chapelle royale du château de Versailles, en présence de François Hébert, curé de l'église Notre-Dame de Versailles. Son parrain est « le duc de Chartres » Philippe d'Orléans, le futur Régent, et sa marraine est « Mademoiselle d'Orléans », Anne-Marie-Louise d'Orléans[2].

La dauphine meurt en 1690.

Grandeur et simplicité[modifier | modifier le code]

Le roi de France annonce l'avènement de son petit-fils au trône espagnol

Cadet d'une maison royale, il a peu de chance de ceindre la couronne et se fait remarquer par sa joie de vivre et son affabilité. Sa grand-tante, la duchesse d'Orléans, le surnomme "Berry bon cœur". Si son frère aîné, le duc de Bourgogne, est appelé à devenir roi de France, le second, Philippe, duc d'Anjou, est choisi comme successeur par le roi Charles II d'Espagne. Berry s'en plaint avec humour affirmant que tous les professeurs de son frère vont lui "tomber sur le dos"...

Le roi transforme le départ du duc d'Anjou pour l'Espagne en voyage pédagogique ce qui permt aux trois frères de découvrir le royaume. Le Guerre de succession d'Espagne éclate peu après...

La cour : mariage, débauche et succession[modifier | modifier le code]

Le duc de Berry atteint l'âge de se marier mais l'Europe étant coalisée contre la France une union avec une princesse étrangère semble impossible et c'est au sein de sa famille que le roi trouve une épouse à son petit-fils. Le duc de Berry épouse en 1710 une fille du duc d'Orléans, Marie Louise Élisabeth d'Orléans (1695-1719).

Le couple aura trois enfants, tous venus avant terme et morts à la naissance ou peu après, dont une fille posthume.

À peine mariée, Madame de Berry fait subir ses caprices à son époux qui, lassé, finit par prendre une maîtresse de la suite de son épouse. En mesure de rétorsion, celle-ci prend un amant, monsieur La Haye, écuyer de son époux, avec lequel elle fait des projets insensés. "Les lettres les plus passionnées et les plus folles de ce projet ont été surprises, et d’un tel projet, le roi, son père, et son mari pleins de vie, on peut juger de la tête qui l’avait enfanté et qui ne cessait d’en presser l’exécution…"[3].

La fin du règne[modifier | modifier le code]

Le roi et ses héritiers : le dauphin, le duc de Bourgogne et le duc de Bretagne avant la tragédie (1710)

En 1711 le Dauphin meurt victime d'une épidémie de petite vérole. Le duc de Bourgogne, frère aîné du duc de Berry devient héritier de la couronne et nouveau dauphin et son épouse la pétulante Marie-Adélaïde de Savoie, dauphine. Le jeune couple a deux fils. La succession, fragilisée par la mort du Dauphin, est cependant assurée.

L'année suivante, la dauphine succombe à une épidémie de rougeole entrainant dans la mort son mari, et son fils aîné, seul leur fils cadet, protégée par sa gouvernante, survit. la mort si rapprochée de trois héritiers du trône emeut. La cour et la ville parlent de poison et soupçonnent le duc d'Orléans, beau-père du duc de Berry. Mais le roi vieillissant veut éviter le scandale et fait taire les rumeurs.

En 1713, l'Europe épuisée par 12 années de guerre ouvre des pourparlers de paix.

La mort de Berry-bon-cœur[modifier | modifier le code]

Victime d'un accident de chasse en forêt de Marly-le-Roi, le duc de Berry meurt à 27 ans le [4]en réclamant la grâce de celui qui l'a blessé. Il n'a joué aucun rôle politique conformément à sa place dans la ligne de succession.

Son corps est porté le même jour au palais des Tuileries à Paris et il est inhumé le en la Basilique Saint-Denis.

Epilogue[modifier | modifier le code]

Le roi meurt l'année suivante, laissant le trône à son arrière-petit-fils Louis XV de France qui a 5 ans. La régence est confiée au duc d'Orléans, père de la duchesse de Berry. Ses ennemis prétendent que père et fille, habitués de la débauche, ont une liaison incestueuse.

Le fait est qu' une fois la période de deuil terminée, la duchesse de Berry s'abandonne publiquement à sa fièvre de plaisirs licencieux. La santé ruinée par la débauche et des grossesses clandestines, elle meurt en 1719 des suites d'un accouchement très laborieux et l'autopsie la révèle de nouveau enceinte.

L'homme[modifier | modifier le code]

Vu sa nature gaie et généreuse, il fut surnommé « Berry-Bon Cœur » par la duchesse d'Orléans, « la Palatine », sa grand-tante et la grand-mère de sa femme. Il éprouve une réelle affection pour ses deux frères aînés et manifeste ouvertement qu'il n'envie pas leur brillante carrière, l'aîné étant promis au trône de France, le second recevant à 17 ans, le trône d'Espagne.

En 1710, son grand-père, Louis XIV aliène, entre autres, le comté de Ponthieu pour en composer son apanage. Le duc de Berry étant mort sans postérité, le comté de Ponthieu, le duché d'Alençon et le comté de Cognac sont réunis au domaine de la couronne.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Descendance[modifier | modifier le code]

Trois enfants sont nés de son mariage [1] :

  • Une fille, Mlle de Berry, née et morte le 21 juillet 1711 à Fontainebleau ;
  • Charles, Duc d'Alençon, né à Versailles le 26 mars 1713, y mort le 16 avril 1713 (21 jours) ;
  • Marie Louise Élisabeth, posthume, née à Versailles le 16 juin 1714, morte le lendemain.

Un enfant naturel né d'une femme de chambre de la duchesse de Berry quelques mois après sa mort.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'acte d'ondoiement est introuvable dans le registre paroissial de l'église Notre-Dame de Versailles pour 1686, mais l'information est présente sur l'acte de baptême du .
  2. Registre des baptêmes (1687) de l'église Notre-Dame de Versailles, Archives départementales des Yvelines
  3. Mémoires de Saint-Simon.
  4. Registre paroissial (1714) de l'église Saint-Vigor de Marly-le-Roi, Archives départementales des Yvelines

Source[modifier | modifier le code]

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