Ciné-parc

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Cinéma en plein air à Sydney en Australie.
Cinéma en plein air en Belgique avec écran gonflable
Cinéma en plein air à Téhéran.

Le ciné-parc (ou drive-in), est une forme de cinéma en plein air qui est composée d'un grand écran, d'une cabine de projection, d'un espace de vente de nourriture et en-cas, et d'un grand parking destiné aux voitures. Il existe différents types d'écran pouvant simplement être composé d'un mur blanc ou bien d'une structure complexe d'acier. Grâce au drive-in, les personnes peuvent voir les films depuis leur voiture.

Certains gérants de drive-in ont fait construire une aire de jeu destiné aux enfants située entre l'écran et la première rangée de voitures, d'autres ont même installé plusieurs attractions miniatures, comme des trains électriques miniatures, des manèges, ou des minigolfs. De plus, certains drive-in proposent des chaises pour permettre aux personnes de pouvoir s'assoir en dehors de leur voiture. Initialement, le son provenait de haut-parleurs, disposés de chaque côté de l'écran, mais, plus tard, un nouveau système fut imaginé : chaque voiture possèderait son haut-parleur individuel, relié par un câble électrique à la cabine de projection. Néanmoins, ce système fut remplacé par un système plus économique et moins fragile : une émission basse fréquence de la bande sonore, captée par les autoradios de chaque voiture.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Hull's Drive In Theatre sur la Route 11 en sortant de Lexington en Virginie.

Le drive-in fut inventé en 1932 par Richard M. Hollingshead né à Camden, New Jersey. Sa famille possède et dirige l'usine chimique R.M. Hollingshead Corp. de Camden.

En 1932, Richard M. Hollingshead fait ses premiers tests dans son allée du 212 Thomas Avenue à Camden. Après avoir fixé un écran aux arbres dans son arrière-cour, il installe un modèle sorti en 1928 de projecteur de marque Kodak sur le capot de sa voiture et met une radio derrière l'écran. Il teste différents niveaux de sons via les vitres de sa voiture en position ouverte ou fermée. Le nombre de véhicules de son voisinage lui ont permis de déterminer la taille des rangs et l'espace entre les rangs de sorte que les voitures puissent avoir une vision correcte de l'écran. Poursuivant ses expérimentations, Il déposa le 6 août 1932 une demande de brevet de son invention, qu'il obtint le 16 mai 1933. Cependant cette patente fut déclarée invalide 17 ans plus tard par le tribunal du Delaware.

Ainsi le premier drive-in de Richard M. Hollingshead ouvrit le 6 juin 1933 dans le New Jersey sur le boulevard de l'Amiral Wilson à Pennsauken, New Jersey. Il donnait pour argument de vente que le drive-in est un lieu où « toute la famille est la bienvenue, sans avoir à se soucier du bruit que font les enfants. »[1]. Ce drive-in ne resta ouvert que 3 ans, mais d'autres États ont acheté le concept pendant cette période. Le 15 avril 1934, l'ouverture de l'auto-park de Shankweiler à Orefield, Pennsylvanie, fut suivie de l'ouverture du Drive-in Short Reel Theater de Galveston le 5 juillet 1934, puis celle du Pico à Los Angeles le 9 septembre 1934, et celle du Weymouth Drive-In Theatre à Weymouth, Massachusetts le 6 mai 1936. En 1937, trois drive-in supplémentaires ouvrent dans l'Ohio, le Massachusetts et à Rhode Island, puis une douzaine d'autres entre 1938 et 1939 en Californie, Floride, Maine, Maryland, Massachusetts, Michigan, New York, Texas et Virginie.

Un écran de drive in' et quelques voitures.

Une des raisons qui ont fait la popularité des drive-in chez les familles est que la famille entière était autorisée à venir au cinéma sans avoir à se préoccuper de trouver une baby-sitter ou encore s'inquiéter du bruit que pourraient faire les enfants et ainsi perturber la séance. Le drive-in devint un passe-temps à la mode. Toute la famille peut, moyennant un prix par personne, venir au drive-in pour le même prix qu'un film en salle traditionnelle ; les familles peuvent profiter du spectacle depuis leur propre voiture privée avec enfants.

Avant la Seconde Guerre mondiale, il y avait environ 100 grands drive-in au niveau national. La popularité du drive-in augmenta encore après la Seconde Guerre mondiale. De nombreux G.I. ont traversé les États-Unis et ont vu les choses nouvelles et inhabituelles qui leur étaient offertes. Ainsi le drive-in ne fit pas exception. Des hommes d'affaires entreprenants se sont rendu compte que cette partie de la population pourrait être exploitée et pourrait dépenser une partie de ses revenus pour s'amuser une journée ou une soirée avec la famille.

Le pic de popularité du drive-in se situa dans les années 1950 et début 1960, particulièrement dans les zones rurales, avec quelque 4 000 drive-in à travers les États-Unis. Parmi les avantages que le drive-in proposait, il y avait le fait qu'une famille avec un bébé en bas-âge pouvait prendre soin de leur enfant tout en regardant le film, de même les adolescents ayant le permis de conduire trouvaient les drive-in idéaux pour leurs premiers rendez-vous. Les revenus des drive-in étaient cependant plus restreints que ceux des salles de cinéma ordinaires, puisque la première condition pour que la projection puisse avoir lieu dans les conditions optimales était qu'il devait faire nuit. Il y eut des tentatives pour recréer des conditions acceptables en plein jour comme d'installer de grandes structures en toile de tente, mais rien ne fut vraiment concluant.

Dans les années 1950, la plus grande intimité ainsi fournie aux clients donna aux drive-in une mauvaise réputation, jugés alors comme immoraux, et étiquetés de « passion pits », c'est-à-dire littéralement de « puits des passions »[2], par les médias. Dans les années 1970, certains drive-in ont échangé leur films familiaux en films d'exploitation. Toujours dans les années 1970, certains drive-in ont même commencé la projection de films pornographiques aux heures les moins fréquentées par les familles afin de pourvoir à des revenus supplémentaires. Ce qui posait problème était le fait que des films censurés étaient susceptibles d'être vus par un large public, certains films étant totalement illégaux. Ceci conduisit aussi à s'interroger sur la fiabilité et l'incontrôlabilité des médias pour adultes au sein du grand public.

Les adolescents aux revenus modestes développèrent alors une méthode ingénieuse pour voir les films projetés au drive-in gratuitement : deux adolescents (habituellement un couple) prenaient leur voiture pour se rendre au drive-in et achetaient deux billets. Après être entrés et choisis une place, le chauffeur ouvrait le coffre où se cachaient d'autres adolescents qui s'installèrent alors dans la voiture. Ainsi ils se partagèrent le prix du ticket ou encore payaient leur ticket à tour de rôle afin d'assurer une totale équité.

De nombreux drive-in ont été conçus de manière très élaborée et quelques fois avec des modes de confort un peu étranges. Certains étaient équipés de chauffages au propane, espérant ainsi attirer leurs clients même pendant les mois les plus froids. D'autres se procurèrent un chauffage à air passant dans des tubes souterrains pour chauffer les clients.

Écran d'un vieux drive-in sur la Route 66 près de Sapulpa en Oklahoma.

Les systèmes audio ont beaucoup évolué dans l'ère du drive-in. Certains se servaient de émetteurs portatifs se disposant sur le coffre les premiers temps mais cette méthode prouva son inefficacité donnant le son trop fort aux gens de la première rangée tandis que plus loin le son devenait inaudible. Puis une des solutions trouvées fut de mettre de petits émetteurs sur les côtés des voitures, ce qui était déjà mieux mais ne procurait pas de son stéréo.

À leur apogée, les drive-in usaient de gadgets et procédés publicitaires afin d'attirer encore plus de gens à devenir clients. Certains drive-in installèrent de petits monstres volants parmi les clients. D'autres avaient des attractions étranges et inhabituelles telles qu'une petite ménagerie ou une cage de singes afin d'attirer les curieux. Devant l'importance grandissante de la culture pop, de nombreux drive-in demandaient à des célébrités de venir faire l'ouverture dans tel ou tel endroit ou encore invitaient des groupes musicaux pour jouer avant la séance. D'autres encore avaient même des services religieux se produisant au drive-in le dimanche matin et soir avant le film.

Les drive-in en documentaire et dans la peinture[modifier | modifier le code]

En vidéo[modifier | modifier le code]

  • 1995 : Après le coucher du soleil : la vie et les moments du drive-in (After Sunset: The Life and Times of the Drive-In Theater), documentaire réalisé par Jon Bokenkamp.
  • 2004 : Shinning Stars : Les drive-in au Canada (Shining Stars: Canada's Drive-In Movie Theatres), documentaire de Sean C. Karow

En peinture[modifier | modifier le code]

  • Des moments pour se souvenir (Moments to Remember), série de peintures de Beaumont, artiste texan. Randy Welborn inclut deux peintures de Beaumont représentant des drive-in au milieu des années 1950 : Goin' Steady et A Summer Remembered.

Quelques chiffres[modifier | modifier le code]

Très répandus aux États-Unis, pays d'origine du drive-in, plus d’1/4 des salles se trouvant principalement dans les zones rurales ou dans les banlieues. Dans les années 1960, il y en avait environ 4 600[3].

Arrivée du drive-in dans différents pays[modifier | modifier le code]

  • Le premier drive-in australien a ouvert en 1954[4]
  • Assez peu nombreux en Europe :
    • Allemagne : 24 drive-in en 1980 sur plus de 3 000 salles.
    • Aucun en France, après deux essais qui restèrent vains.
    • Le premier drive-in russe a ouvert en juin 1999[5]
    • Depuis 2007, Bruxelles offre un espace drive-in à certains moments de l'année, en été notamment[6]
    • Espagne : Il existe 3 Autocinés dans la province d'Alicante : un à Dénia depuis 1 979[7], un à Jávea depuis les années 1990 et un au sud de Mutxamel[8]
    • Irlande : Il existe un drive-in cinéma dans la région de Cork, depuis 2010. Malgré les conditions météo défavorables de la région (pluie et froid), il a reçu un bon accueil et un second écran a été inauguré en 2012[9]

Autour du drive-in[modifier | modifier le code]

Le principe du drive-in a été étendu à d'autres services. Plusieurs enseignes de restauration rapide proposent le principe de service au volant. Certaines banques[10] ainsi qu'une enseigne de vente florale[11] le font également, ainsi que des enseignes de distribution alimentaires.

Le premier McDonald's utilisant le principe du drive-in (mauvaise adaptation de « drive-through » en anglais) a ouvert à Oklahoma City en 1975[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) "This Month in History", magazine Smithsonian, juin 2003.
  2. un lieu où les comportements libérés ont cours
  3. (fr) Dictionnaire du cinéma de jean-Loup Passek des éditions Larousse (ISBN 2-04-016356-5)
  4. (fr) CAT.INIST (page consulté le 5 février 2008)
  5. (fr) Russomania (page consultée le 5 février 2008)
  6. (fr) vivat.be (page consultée le 23 mai 2008)
  7. (fr) [1] (page consultée le 13 juin 2011)
  8. (fr) [2] (page consultée le 13 juin 2011)
  9. http://www.moviejunction.ie/
  10. (fr) le nouvelliste. Consulté le 5 mai 2008
  11. (fr) actionco.fr, consulté le 5 mai 2008
  12. (fr) La déferlante MacDo Paradiz.com, consulté le 23 mai 2008

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]