Charles-Henri Michel

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Charles-Henri Michel
Naissance

Fins (Somme) 19 chaussée Brunehaut 80360 Fins
Décès

Rue Lecourbe Paris 15e arrondissement
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Influencé par
Distinctions
1836, médaille d'Argent à Amiens
1837, premier prix de la Société des amis des arts de la Somme
Médaille hors-concours au Salon de 1867

Charles-Henri Michel, né à Fins (Somme) le , et mort à Paris le , est un artiste peintre, dessinateur et pastelliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Le père de l'artiste, Joseph-Constant Michel, agriculteur, quitta Sorel-le-Grand, en 1753 avec son épouse pour s'installer à Fins ou naquirent leurs trois enfants au 19 chaussée Brunehaut.

Charles-Henri Michel avait neuf ans lorsque son père mourut en 1826, laissant à sa veuve la charge de trois enfants et celle de faire fonctionner l'exploitation agricole[1].

Formation artistique[modifier | modifier le code]

C'est très jeune que Charles-Henri Michel rentra comme petit-clerc chez un avoué de Péronne. Présentant très tôt un goût pour le dessin, sa mère lui offrit les cours de Jules Dufour, élève d'Auguste Dehaussy à Péronne. Celui-ci le fit entrer à l'atelier du maître, qui le prit en affection[2]. Il y fit la connaissance du poète et sculpteur Hector Crinon.

En 1835, il était à Paris et fréquentait l'Académie Suisse, y rencontrant d'autres artistes en devenir comme Gustave Courbet ou François Bonvin. En 1838 il partit pour Anvers, étudier la peinture flamande, comprenant les primitifs flamands et la Renaissance flamande. De retour en France, il exposa au Salon de Paris et pratiqua l'art du portrait. Il intégra l'École des beaux-arts de Paris, en 1843[1].

Un peintre d'histoire[modifier | modifier le code]

Par manque d'audace, mais également de moyens, il ne put s'offrir un atelier. Sa mère mourut en 1847. L'année suivante, la Révolution de 1848 l'obligea à rester à Amiens qu'il ne quitta qu'en 1854. En 1851, il fit un voyage en Italie qui le tourna vers la peinture religieuse, et il revint en France en 1854.

Nicolas Félix Harlé, député de la Somme, lui commanda le portrait de sa fille Célanie. Les deux jeunes gens se marièrent le à la mairie de Aizecourt-le-Haut. De leur union naquirent Auguste (1855), Félix (1856) et Paul (1860). Le couple s'installa à Paris, au 18 rue de Varenne, à Paris, après avoir voyagé en Italie.

En 1862, son maître Auguste Dehaussy mourut en lui léguant le tiers de son atelier[3].

En 1863, il voyagea en Bretagne et descendit avec son épouse à l'« Hôtel du Commerce » à Douarnenez, établissement que fréquentait également José-Maria de Heredia, Georges Lafenestre, le peintre Emmanuel Lansyer et le peintre graveur Théodore Valerio. Son épouse mourut le . Il reprit son travail en 1865, réalisant un Jésus source de vie.

À la déclaration de la Guerre de 1870, il quitta Paris pour rejoindre Dinan avec ses trois enfants et réalisa des dessins et des tableaux sur la région, dont les ruines de l'Abbaye Saint-Magloire de Léhon sur les bords de La Rance. Il vécut avec l'argent que lui rapportait les portraits.

Il peint ensuite des scènes historiques comme La Dernière Communion de Jeanne d’Arc (1899) et la Remise de l’Étendard (1901).

Attaché à sa terre natale, il participa le plus souvent possible aux manifestations culturelles et aux réunions des Rosati dont il reçut en 1901 la « Rose » destinée aux artistes membres les plus méritants[4].

C'était un artiste complet, excellent dessinateur, portraitiste de grand talent, travaillant indifféremment le crayon, le fusain ou le pastel.

Il mourut à son domicile parisien, rue Lecourbe, des suites d'une grippe, le [1].

Postérité[modifier | modifier le code]

En 1909, à Fins un buste de Charles-Henri Michel par Athanase Fossé fut érigé sur la place du village. Il fut une première fois fondu par l’ennemi au cours de la Première Guerre mondiale et une copie de l’œuvre originale connut le même sort sous le régime de Vichy. Aujourd’hui, une statue en béton remplace le buste en bronze.

En 1951, Paul Michel, fils de Charles-Henri Michel, fit don de trois de ses tableaux à l’église de Fins : la Madone des Anges (1859), un Ecce homo (1904) et la Vision de sainte Thérèse d’Avila (1904).

Le musée Alfred-Danicourt de Péronne, possède de nombreuses œuvres de Charles-Henri Michel, des fusains, des crayons et autres pastels notamment, autant de dons venus de collections particulières, de ses différents héritiers[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Estampes[modifier | modifier le code]

  • La dernière communion de Jeanne d'Arc, gravure sur bois, dont les bois conservée au musée Alfred-Danicourt. Graveur Philibert Rouxel (1862-1941)
  • Remise de l'Étendard, bois gravé par Philibert Rouxel (1862-1941) graveur sur bois. Les bois sont conservés au musée Alfred-Danicourt

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Cet artiste a fait, au cours de sa carrière, une série de dessins à la plume reprenant les sujets de la presque totalité des tableaux qui se trouvent à la Grande Chartreuse, en vue de l'illustration d'une édition de L'Imitation de Jésus-Christ qui n'a jamais vu le jour. Ces dessins sont conservés au musée Alfred-Danicourt de Péronne.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

  • Beynat (Corrèze) : Église Saint-Pierre-ès-Liens, Le Christ au jardin des Oliviers
  • Fins, église saint Martin :
    • La Madone des Anges
    • Ecce Homo
    • Vision de Sainte-Thérèse d'Avila
  • Péronne :
    • Église Saint-Jean-Baptiste de Péronne :
      • La Compassion de la Vierge, œuvre détruite
      • Le Baptême du Christ par Saint-Jean
      • Le Crucifiement, œuvre disparue
      • La Mise en croix, œuvre disparue
      • Le Christ en croix
      • Le Christ au tombeau
    • Musée Alfred-Danicourt : ce musée possède également de nombreux dessins à la plume et de nombreuses études et esquisses.
      • Abbaye Saint-Magloire de Léhon, dessin
      • Autoportrait, huile sur toile et dessin
      • Portrait de Nicolas-Félix Harlé, dessin
      • Église Saint-Sauveur de Dinan, fusain
      • Mme Victorinne Michel, huile sur toile
      • Les Bacchantes, Les Deux orphelines
      • Cueilleuses antiques, Au pied de la Croix
      • Un ange de plus au ciel, pastel
      • Magdeleine pénitente, peinture, Baigneuse, pastel
      • Portrait de Mme Thiéry
      • Les Deux Orphelines, Le Trio, Tzigane au violon
    • Palais de Justice :
      • L'Hiver,
      • Le Christ en croix
  • Saint-Pierre-de-Chartreuse : La Grande Chartreuse, suite de 16 tableaux tirés de L'Imitation de Jésus :
    • Conversation intérieure
    • l'Entretien intérieur
    • La Sainte Communion
    • La Croix
    • L'Aumône (après 1893)
    • La Bénédiction (après 1893)
    • l'Obéissance (après 1893)
    • Le Renoncement
    • Les Cendres
    • Méditation de la mort
    • La Patience
    • L'Humilité
    • Jésus, la voie, la vérité et la vie
    • La Glorification
    • La Tentation
  • Varzy (Nièvre) : Musée Auguste Grasset, Le Renoncement ou Le Dépouillement

Salons[modifier | modifier le code]

  • 1836 - Salon d'Amiens : Intérieur d'atelier, l'artiste peignant
  • 1839 - Salon : La Diseuse de bonne aventure
  • 1840 - Salon d'Amiens : La Devineresse flamande , Repos des moissonneurs
  • 1850 - Salon d'Amiens : Portrait de Mme D…, Portrait de M. L…, Portait de M. D…, pastels exposés à Amiens, La Compassion de la Vierge, œuvre détruite
  • 1861 - Salon d'Amiens : Un ange de plus au ciel, pastel, Pifferari
  • 1861 - Salon : Conversation intérieure , médaille, et Entretien intérieur, deux tableaux à La Grande Chartreuse
  • 1865 - Salon : Jésus source de vie, achat de l'État pour le musée d'Amiens
  • 1866 - Salon : La Sainte-Communion, achat de l'État pour le musée du Luxembourg
  • 1867 - Salon : Le Renoncement, achat de l'État pour le musée de Varzy dans la Nièvre
  • 1868 - Salon : L'Exilé de la patrie céleste, achat du musée des beaux-arts d'Orléans
  • 1869 - Salon : Au pied de la Croix
  • 1870 - Salon : La conversation de Saint-Augustin
  • 1887 - Salon des artistes français : La Prière
  • 1900 - Salon des artistes français : Autoportrait (1895)
  • 1901 - Salon des artistes français : La Remise de l'étendard

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1837, concours des amis des arts de la Somme, premier prix pour : L'Artiste malade
  • 1855, Exposition universelle de 1855 : Un Ange de plus au ciel, pastel
  • 1873, exposition au musée de Péronne : Madeleine pénitente

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1836 - Médaille d'argent de la Ville d'Amiens pour Intérieur d'atelier
  • 1839 - Lauréat d'un concours départemental
  • 1840 - Concours des amis des arts de la Somme, premier prix pour L'Artiste malade
  • 1861 - Médaille de 3e classe au Salon pour La Conversation intérieure
  • 1861 - Médaille de Vermeil au Salon d'Amiens pour Pifferari
  • 1865 - Médaille au Salon pour Jésus source de vie
  • 1867 - Médaille hors-concours au Salon pour Le Dépouillement ou Renoncement

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Buste de Charles-Henri Michel, plâtre, par Athanase Fossé, musée Alfred-Danicourt, Péronne
  • Monument à Charles-Henri Michel, bronze, par Athanase Fossé, 1909, place de Fins, détruit sous le Régime de Vichy, remplacé par une copie en béton.
  • Vers 1832, Portrait de Charles-Henri Michel vers l'âge de 15 ans, par Auguste Dehaussy, dessin, musée Alfred-Danicourt
  • Vers 1837, Portrait de Charles-Henri Michel vers l'âge de 20 ans, dessin, par Auguste Dehaussy, musée Alfred-Danicourt
  • Vers 1870, Autoportrait, dessin, musée Alfred-Danicourt
  • Vers 1890, Autoportrait au chevalet, dessin, musée Alfred-Danicourt
  • 1895, Autoportrait, musée Alfred-Danicourt
  • 1900 Autoportrait, coll. Pierre Michel.
  • Vers 1902, Portrait photographique, anonyme, musée Alfred-Danicourt

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • David de Sousa, Palettes et ciseaux, artistes de la Haute-Somme au XIXe siècle, éditions du musée Alfred-Danicourt, 1999-2013, 72.p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Sources primaires inédites : article rédigé d'après les informations communiquées par Charles-Henry Michel, petit-fils de l'artiste, vivant depuis trente ans aux États-Unis et revenant en vacances en France.
  • Dictionnaire biographique de la Somme, 1898. Remanié et mis à jour par Charles-Henry Michel avec l'appui de David de Sousa (directeur du musée Alfred-Danicourt de Péronne), dernière mise à jour le 25 septembre 2013[réf. nécessaire] (édition ?).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d [1]
  2. David de Sousa dans Base Joconde, notice sur la dernière communion de Jeanne d'Arc
  3. Lettre manuscrite à son épouse, fond de l'atelier de Charles-Henri Michel, 4 pages, n°inv : 2010.S17 musée Alfred-Danicourt
  4. Pierre Michel, petit-fils de l'artiste (source primaire).