Rue de Varenne

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Ne doit pas être confondu avec rue Jean-Varenne.
7e arrt
Rue de Varenne
La rue de Varenne vue en direction du boulevard des Invalides. À gauche, la rue Barbet-de-Jouy.
La rue de Varenne vue en direction du boulevard des Invalides. À gauche, la rue Barbet-de-Jouy.
Situation
Arrondissement 7e
Quartier Invalides
Début 14, rue de la Chaise
Fin 17, boulevard des Invalides
Morphologie
Longueur 930 m
Largeur 10 m
Historique
Création Début XVIIe siècle
Dénomination
Ancien nom Rue du Plessis
rue de Garenne
Géocodification
Ville de Paris 9653
DGI 9597

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue de Varenne
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

La rue de Varenne est une voie située dans le quartier des Invalides du 7e arrondissement de Paris.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Longue de 930 mètres, elle commence rue de la Chaise, près du boulevard Raspail et se termine boulevard des Invalides.

C'est dans cette rue que se trouvent plusieurs bâtiments gouvernementaux, comme l'hôtel Matignon (résidence et bureau du Premier ministre), l'hôtel de Villeroy (ministère de l'Agriculture) ou encore l'hôtel de Castries (ministère de l'Égalité des Territoires et du Logement), l'ambassade d'Italie en France ainsi que le musée Rodin à l'angle du boulevard des Invalides.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

L'origine du nom Varenne est controversée :

  • une varenne (ou garenne) est un terrain inculte et riche en gibier, et donc une réserve de chasse (voir la rue de Bellechasse) ;
  • le nom pourrait venir d'un abbé de Varennes, comme Mathieu Perrot, chancelier de l'académie et de l'église de Bourges sous Charles IX ou Jacob de Nuchez, coadjuteur de l'évêque de Chalon-sur-Saône sous Louis XIV, d'un seigneur de Varennes, comme François Perron, écuyer, sieur de Varennes au XVIIe siècle, ou encore de Florent de Varennes, amiral de France. Il existe une famille chevaleresque dans le Beaujolais dont les membres ont participé à plusieurs croisades : les Varennes, seigneurs du château de Rapetour à Theizé ;
  • le bailliage et le greffe de la Varenne étaient une juridiction forestière qui se tenait au Louvre où était également le siège de la capitainerie des chasses de la Varenne du Louvre.

En aucun cas, elle ne commémore donc le lieu où le roi Louis XVI fut arrêté au moment de sa fuite à Varennes (les plans la figurent bien avant l'épisode de 1791, comme sur l'extrait du plan de Turgot visible ci-dessous).

Historique[modifier | modifier le code]

Les hôtels de Castries, Mazarin et Villeroi dans la rue de Varenne à Paris dans le plan de Turgot, vers 1737.

Cette rue est formée de 2 voies qui furent réunies sous la même dénomination par un décret ministériel du 8 janvier 1850[1].

  • Première partie, comprise entre la rue de la Chaise et celle du Bac :
    • au commencement du XVIIe siècle, la rue de Varenne s'étendait jusqu'à la rue de la Chaise.
      En 1607, Raphaël de la Planche, trésorier général des bâtiments du Roi, établit au coin de ces deux rues une manufacture de tapisseries de haute lisse en or, argent et soie. Vers l'année 1640, la partie de la rue de Varenne comprise entre les rues de la Chaise et du Bac prit la dénomination de « rue de la Planche ».
      Une décision ministérielle du 2 thermidor an V (20 juillet 1797), signée Pierre Bénézech, fixa la largeur de cette voie publique à 9 mètres. Cette largeur sera portée à 10,30 mètres, en vertu d'une ordonnance royale du 7 mars 1827.
      Conformément à une décision ministérielle du 8 janvier 1850, la rue de la Planche est réunie à la rue de Varenne.
  • Seconde partie, comprise entre la rue du Bac et le boulevard des Invalides :
    • cette rue a été ouverte au commencement du XVIIe siècle.
      Un plan de 1651 l'appelle « rue de la Varenne ». Elle tire probablement son nom d'une garenne (par corruption « varenne »), qui se trouvait en cet endroit avant que l'on construisit cette partie du faubourg Saint-Germain.
      Une décision ministérielle du 2 thermidor an V (20 juillet 1797), signée Pierre Bénézech, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 9 mètres.
      En vertu d'une ordonnance royale du 7 mars 1827, cette largeur est portée à 10,30 mètres.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

La rue de Varenne est l'une des plus riches en hôtels particuliers du XVIIIe siècle. La plupart ont été gravés dans les recueils de Mariette ou de Blondel.

  • No 45 : hôtel de Jaucourt, appelé aussi « hôtel de Narbonne », ou « maison des Huguenots ». Construit en 1777 par Jacques Denis Antoine pour Élisabeth de La Châtre, celle-ci épousa en secondes noces le comte Louis Pierre de Jaucourt, qui a donné son nom à l'hôtel.

Bâtiments détruits[modifier | modifier le code]

Le percement du boulevard Raspail a entraîné la destruction de plusieurs édifices de la rue de Varenne, notamment une maison où ont vécu l'écrivain Remy de Gourmont et sa maîtresse Berthe de Courrière.

  • Nos 26-28 : hôtel Saint-Celais (détruit). Emplacement d'un hôtel particulier qui a été habité, sous le règne de Louis XVI, par la duchesse de Lauzun et qui a notamment appartenu (avant 1881) au politicien Daniel Wilson, gendre de Jules Grévy, qui l'avait hérité de son père.
  • No 32, à l'angle avec la rue du Bac : couvent des Récollets. Le plan de Turgot témoigne de sa présence au XVIIIe siècle.
  • No 51 : hôtel de Maisons (détruit).
  • No 59 : hôtel de La Tour-Maubourg (détruit au moment du percement de la rue Vaneau).
  • No 63 : hôtel de Rohan-Chabot, construit par Jean-Baptiste Leroux vers 1736. Il appartient sous l'Empire au maréchal Lannes. Acheté par Rougevin en 1827, il permet le lotissement de la rue Mademoiselle comprise entre la rue de Varenne et la rue de Babylone. Cette dernière prendra le nom de « rue Vaneau » après les journées de 1830.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans son film Babette s'en va-t-en guerre sorti en 1959, le réalisateur Christian-Jaque situe une partie de l'action dans un appartement du 42, rue Varenne dans lequel la famille de Crécy-Lozère est censée habiter.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis et Félix Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments.
  2. « Hôtel de Chanterac, vue de la cour, 19, rue de Varenne, 7e arrondissement, Paris », sur parismuseescollections.paris.fr (consulté le 12 septembre 2016).
  3. Notice no PA00088711, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  4. La base Mérimée indique « Hôtel de Rohan-Chabot » ou « Hôtel de Tessé-Vendome » (voir ici).
  5. Notice no PA00088732, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  6. 64, rue de Varennes (VIIe arrt), photographie d'Eugène Atget, notice sur le site de l'INHA.
  7. Michel Gallet, dans Les Architectes parisiens du XVIIIe siècle, mentionne également une intervention de Jean-François-Thérèse Chalgrin.
  8. Le projet de Le Boursier fut déposé devant la chambre des Bâtiments le . Un jeu des plans, profils et élévations se trouve aux Archives nationales (N III Seine 90) avec le journal de la construction.
  9. Yvan Christ, Le Faubourg Saint-Germain, Paris, Henri Veyrier, , p. 309.
  10. Stendhal, Le Rouge et le Noir, t. II, chap. 1er.
  11. Les palaces des chefs d'État étrangers en France : « Le château du roi du Maroc, dans l'Oise », www.journaldunet.com.