Rue de Varenne

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 Ne doit pas être confondu avec rue Jean-Varenne.
7e arrt
Rue de Varenne
La rue de Varenne vue en direction du boulevard des Invalides.
La rue de Varenne vue en direction du boulevard des Invalides.
Situation
Arrondissement 7e
Quartier Invalides
Début no 14 rue de la Chaise
Fin no 17 boulevard des Invalides
Morphologie
Longueur 930 m
Largeur 10 m
Historique
Création début XVIIe siècle
Dénomination
Ancien nom rue du Plessis ; rue de Garenne
Géocodification
Ville de Paris 9653
DGI 9597

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Rue de Varenne
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La rue de Varenne est une voie située dans le quartier des Invalides du 7e arrondissement de Paris.

Situation[modifier | modifier le code]

Longue de 930 mètres, elle commence rue de la Chaise, près du boulevard Raspail et se termine boulevard des Invalides.

C'est dans cette rue que se trouvent plusieurs bâtiments gouvernementaux, comme l'hôtel Matignon (résidence et bureau du Premier ministre), l'hôtel de Villeroy (ministère de l'Agriculture) ou encore l'hôtel de Castries (ministère de l'Égalité des Territoires et du Logement), l'ambassade d'Italie en France ainsi que le musée Rodin à l'angle du boulevard des Invalides.

Historique[modifier | modifier le code]

Les hôtels des Castries, Mazarin et Villeroi dans la rue de Varenne à Paris dans le Plan de Turgot, vers 1737.

Ouverte au commencement du XVIIe siècle, la rue de Varenne s'est appelée successivement rue du Plessis', rue de la Garenne et rue de la Varenne.

Avant 1850, seule la portion comprise entre la rue du Bac et le boulevard des Invalides était dénommée rue de Varenne tandis que la portion entre les rues du Bac et de la Chaise s'appelait, depuis 1640, rue de la Planche. La rue de la Planche fut réunie à la rue de Varenne par décret du 8 janvier 1850.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

L'origine du nom Varenne est controversée :

  • Une varenne est un terrain inculte et fertile en gibier, ou une réserve de chasse (voir la rue de Bellechasse).
  • Le nom pourrait venir d'un abbé de Varennes, comme Mathieu Perrot, chancelier de l'académie et de l'église de Bourges sous Charles IX ou Jacob de Nuchez, coadjuteur de l'évêque de Chalon-sur-Saône sous Louis XIV, d'un seigneur de Varennes, comme François Perron, écuyer, sieur de Varennes au XVIIe siècle, ou encore de Florent de Varennes, amiral de France. Il existe une famille chevaleresque dans le Beaujolais dont les membres ont participé à plusieurs croisades : les Varennes seigneurs du château de Rapetour à Theizé.
  • Le bailliage et le greffe de la Varenne était une juridiction forestière qui se tenait au Louvre où était également le siège de la capitainerie des chasses de la Varenne du Louvre.

En aucun cas, elle ne commémore donc le lieu où le roi Louis XVI fut arrêté au moment de sa fuite à Varennes (le « s » final différencie l'orthographe des deux noms).

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

La rue de Varenne est l'une des plus riches en hôtels particuliers du XVIIIe siècle. La plupart ont été gravés dans les recueils de Mariette ou de Blondel.

  • no 73 : hôtel de Broglie, dit le « grand hôtel de Broglie ». Sur l'emplacement d'un hôtel construit en 1704 pour le comte de Langonnay et remanié en 1711 par Germain Boffrand, l'hôtel est bâti en 1752 pour les ducs de Broglie par Pierre Mouret. Cet hôtel a lui-même été remanié, ou peut-être même reconstruit, après 1782 par Jean-Baptiste Louis Élisabeth Le Boursier pour le maréchal de Broglie[5]. Le principal corps de logis comporte onze travées, un étage, un attique et un toit-terrasse dissimulé par une balustrade. Pour assurer l'étanchéité de celui-ci, Le Boursier utilisa le ciment du chevalier d'Estienne, encore insuffisamment au point puisque des craquelures se produisirent dès le premier hiver qui contraignirent le chevalier de refaire la chape à ses frais. L'hôtel de Broglie a été, sous l'Empire, la résidence de Charles-Louis Huguet de Sémonville. Il le loue à Charles-François Lebrun, duc de Plaisance, à partir de 1815, puis le vend à la duchesse de Montebello, veuve du maréchal Lannes en 1826[6]. On pense que c'est l'hôtel de Broglie qui a inspiré à Stendhal la description — au demeurant succincte — de l'hôtel de La Môle dans Le Rouge et le Noir : « La gravité du portier et surtout la propreté de la cour l’avaient frappé d’admiration. Il faisait un beau soleil. — Quelle architecture magnifique ! dit-il à son ami. Il s’agissait d’un de ces hôtels à façade si plate du faubourg Saint-Germain, bâtis vers le temps de la mort de Voltaire. Jamais la mode et le beau n’ont été si loin l’un de l’autre. »[7] Il a été restauré vers 1970 par Jacques Robine. La splendeur du bâtiment est insoupçonnable de la rue. L'hôtel a longtemps appartenu à un aristocrate britannique, Arthur Forbes, neuvième comte de Granard. L'écrivain Maurice Druon y occupait un appartement dans les communs. L’hôtel appartient désormais au roi du Maroc[8] ;
  • no 78 : hôtel de Villeroy (en fond de parcelle), hôtel construit entre 1713 et 1724 par François Debias-Aubry pour le baron Antoine Hogguer à l'intention de sa maîtresse Charlotte Desmares. Transformé pour Louis François Anne de Neufville de Villeroy, duc de Villeroy, qui lui a laissé son nom par Jean-Baptiste Leroux, avec une participation possible de Nicolas Pineau. Très remanié au XIXe siècle. On mentionne une intervention d'Étienne-Louis Boullée qui n'est pas discernable. C'est aujourd'hui l'hôtel du ministre de l'Agriculture ;
  • nos 78-80 : le bâtiment sur rue a été construit entre 1881 et 1889 par les architectes Emmanuel Brune puis Abel Chancel et Georges Lambert pour abriter les services du ministère de l'Agriculture. La construction est d'une qualité remarquable. Elle a fait disparaître le petit hôtel de Castries construit par l'architecte Nicolas Marie Potain pour le marquis de Castries et donné en location par celui-ci en 1772 au prince de Rohan et en 1778 au duc de Guines.

Bâtiments détruits[modifier | modifier le code]

Le percement du boulevard Raspail a entraîné la destruction de plusieurs édifices de la rue de Varenne, notamment une maison où ont vécu l'écrivain Remy de Gourmont et sa maîtresse Berthe de Courrière.

  • nos 26-28 : hôtel Saint-Celais (détruit). Emplacement d'un hôtel particulier qui a été habité, sous le règne de Louis XVI, par la duchesse de Lauzun et qui a notamment appartenu (avant 1881) au politicien Daniel Wilson, gendre de Jules Grévy, qui l'avait hérité de son père ;
  • no 32, à l'angle avec la rue du Bac : couvent des Récolettes. Le plan de Turgot témoigne de sa présence au XVIIIe siècle ;
  • no 51 : hôtel de Maisons (détruit) ;
  • no 59 : hôtel de La Tour-Maubourg (détruit au moment du percement de la rue Vaneau) ;
  • no 63 : hôtel de Rohan-Chabot, construit par Jean-Baptiste Leroux vers 1736. Il appartient sous l'Empire au maréchal Lannes. Acheté par Rougevin en 1827, il permet le lotissement de la rue Mademoiselle comprise entre la rue de Varenne et la rue de Babylone. Cette dernière prendra le nom de rue Vaneau après les journées de 1830.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Dans son film Babette s'en va-t-en guerre sorti en 1959, le réalisateur Christian-Jaque situe une partie de l'action dans un appartement du 42 rue Varenne dans lequel la famille de Crécy-Lozère est censée habiter..

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Hôtel de Chanterac, vue de la cour, 19 rue de Varenne, 7ème arrondissement, Paris. | Paris Musées », sur parismuseescollections.paris.fr (consulté le 12 septembre 2016)
  2. La base Mérimée indique hôtel de Rohan-Chabot ou hôtel de Tessé-Vendome (ici).
  3. 64 Rue de Varennes : [VIIe arrt, photographie par Eugène Atget], notice sur le site de l'INHA.
  4. Michel Gallet, dans Les architectes parisiens du XVIIIe siècle, mentionne également une intervention de Jean-François-Thérèse Chalgrin.
  5. Le projet de Le Boursier fut déposé devant la chambre des Bâtiments le . Un jeu des plans, profils et élévations se trouve aux Archives nationales (N III Seine 90) avec le journal de la construction.
  6. Yvan Christ, Le Faubourg Saint-Germain, Paris, Henri Veyrier, , p. 309
  7. Stendhal, Le Rouge et le Noir - tome II - chap. 1er
  8. http://www.journaldunet.com/economie/immobilier/biens-des-chefs-d-etat/mohammed-vi.shtml