Hector Crinon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Hector Crinon
Description de cette image, également commentée ci-après
Pierre Bazin, Monument à Hector Crinon (1970),
Vraignes-en-Vermandois.
Naissance
Vraignes-en-Vermandois
Décès (à 63 ans)
Vraignes-en-Vermandois
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français et picard

Œuvres principales

Satires picardes (1863)

Hector Crinon, né le à Vraignes-en-Vermandois (Somme), où il est mort le , est un sculpteur et poète français d'expression picarde, connu pour ses Satires picardes[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Un paysan[modifier | modifier le code]

Issu d’une famille très modeste de cultivateurs, Hector Crinon doit travailler aux champs après la mort de son père. Admirateur du chansonnier Béranger, et ne trouvant pas sa vocation dans l’agriculture, il abandonne sa ferme pour ne plus croire qu’en ses futurs succès d’artiste.

Des débuts artistiques hésitants[modifier | modifier le code]

Malgré quelques premières chansons peu remarquées (deux recueils de Chansons Françaises, 1830-1832), il n'est d’abord reconnu que grâce à la sculpture sur bois : il est d’ailleurs admis dans l’atelier du peintre péronnais Auguste Dehaussy, où il s’adonne pendant plusieurs années à cet art. Avant 1914, certaines de ses œuvres étaient conservées dans les églises de Vraignes et de Péronne.

Mais la sculpture subvient difficilement aux besoins familiaux, et Crinon est contraint reprendre les travaux agricoles.

Un auteur picardisant[modifier | modifier le code]

La Révolution de 1848 réveille son inspiration littéraire, et les nouvelles satires politiques qu’il publie en picard, pointant du doigt inégalités et contradictions de la société contemporaine, rencontrent le succès qu’il espérait. Par son nouveau « conservatisme », Crinon s’attire ainsi la protection des notables locaux. Le président du tribunal de Péronne et le sous-préfet s’attachèrent à lui trouver enfin un emploi qui lui permit de vivre confortablement. Mais en 1858, le poste de commissaire de police qu’on lui propose est situé en Eure-et-Loir. Malgré la misère et la maladie qui le touchent alors, Crinon refuse de s’expatrier (il s’en expliqua dans le poème Restons au Village).

La misère et la mort[modifier | modifier le code]

Les honneurs que lui rend l’Académie des sciences, des lettres et des arts d'Amiens en 1859 ont bien du mal à lui faire oublier une maladie de plus en plus douloureuse. Les sujets traités par Crinon s’en ressentent : Sur la mort, Sur le suicide (1860), Mon testament (1861), Le malade (1863). La publication du recueil de ses Satires picardes, en 1863, ne lui rapporte pas le bénéfice attendu ; en 1868, les journaux de Péronne lancent une souscription pour secourir le poète, qui meurt paralytique, à Vraignes, en septembre 1870.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Chansons françaises, 1830-1832,
  • Satires picardes, parues dans le Journal de Péronne (1851) et publiées dans un recueil : imprimerie Récoupé, 232 pages , (1863) - rééditions : Satires picardes et autres œuvres, 47, vii, Reprod. en fac-similé , 202 pages, Centre d'études picardes, Université de Picardie (Amiens), publication no 19 , (1982)
  • Textes en picard et en français traduits par Gisèle Guilbert et Brigitte Plaquet, préface de Pierre Garnier, Éditions de la Vague verte, 262 pages, 2006, (ISBN 2 913 924 794)

Hommage[modifier | modifier le code]

En 1892, on inaugure à Vraignes un Monument à Hector Crinon, œuvre du poète-sculpteur Georges Tattegrain. Le buste en bronze fut envoyé à la fonte par les Allemands en 1944[2]. Grâce à l’action de l’association Éklitra et à une souscription publique, un nouveau buste en pierre, œuvre du sculpteur amiénois Pierre Bazin, est inauguré à Vraignes en 1970 à l’occasion du centenaire de la mort de Crinon[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les deux premières éditions des Satires picardes furent publiées en 1863 et 1876. Deux nouvelles éditions sont parues par la suite : Satires picardes et autres œuvres, Centre d'études picardes de l'Université de Picardie, Amiens, 1982 ; et Satires picardes, textes en picard et en français transcrits par Gisèle Guilbert et Brigitte Plaquet, préface de Pierre Granier, Éditions la Vague verte, Flesselles, 2006.
  2. « Hector Crinon », notice no 08150000203, base Joconde, ministère français de la Culture
  3. Hector Crinon « L. Duvauchel à l'inauguration d'un buste d'Hector Crinon » sur niddanslaverdure.fr.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Breuil, « Hector Crinon et ses poésies picardes », in Mémoires de Académie des Sciences, Belles-Lettres et des Arts d'Amiens, 1859, p. 311–337 ; réédition, BiblioBazaar, LLC, 600 pages, 2009, (ISBN 1110300123)
  • René Debrie et Pierre Garnier, Hector Crinon, étude littéraire et lexique de sa langue, collection Éklitra, no 12, Amiens, impr. Sinet, Grandvilliers, 1970, 84 pages.
  • David de Sousa, Palettes et ciseaux, artistes de la Haute-Somme au XIXe siècle, Folio 7, Péronne, 2012

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :