Char Leopard 1

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Léopard 1
Léopard 1V (1A1A4) grec en démonstration au musée des blindés de Lešany.
Léopard 1V (1A1A4) grec en démonstration au musée des blindés de Lešany.
Caractéristiques de service
Service Septembre 1965 à 2003 (dans la Bundeswehr)
Utilisateurs 15 pays
Conflits Guerre de Bosnie
Seconde guerre d'Afghanistan
Production
Concepteur Porsche et Rheinmetall
Année de conception 1959-1963
Constructeur Krauss-Maffei et Krupp MaK
Production 4 744 exemplaires
Caractéristiques générales
Équipage 4 hommes : chef de char, pilote/conducteur, opérateur tourelle/canonnier et opérateur radio chargeur
Longueur 7,09 m (caisse)

9,54 m (avec le canon)

Largeur 3,37 m
Hauteur 2,62 m
Masse au combat Léopard 1 : 40 t
Léopard 1A1 : 41,5 t
Léopard 1A3 : 42,4 t
Léopard 1A4 : 42,5 t
Léopard 1A5 : 42,8 t
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Type De 16 mm à 70 mm d'acier[1]

Blindage espacé sur la tourelle des versions A3 et A4
Blindage rapporté sur la tourelle des versions 1A1A1 et A5

Armement
Armement principal 1 canon de 105 mm L7A3 approvisionné à raison de 60 obus (réduit à 55 sur les version A4 et A5).
Armement secondaire 2 mitrailleuses MG3 de 7,62 mm (coaxiale et sur tourelle) approvisionnées avec un total 5 500 coups.
Mobilité
Moteur MTU MB 838 poly-carburant 10 cylindres
Puissance 830 ch (610,5 kW) à 2 200 tr/min
Transmission ZF 4 HP 250 automatique (4 rapports en marche-avant et 2 en marche-arrière)
Suspension Barre de torsion
Vitesse sur route 65 km/h sur route (62 km/h pour le Léopard 1A5), 24 km/h en marche-arrière.
Puissance massique De 20,75 ch/t à 19,4 ch/t suivant le modèle.
Réservoir 985 ℓ
Autonomie Jusqu'à 600 km sur route et 450 km en tout terrain.

Le Léopard est un char de combat allemand.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1956, la Bundeswehr engage un processus afin de se doter d’un char de combat moderne pour remplacer ses blindés américains (M-47 et M-48) en vue de prendre un avantage au point de vue blindage et puissance de feu face à la supériorité numérique des blindés soviétiques.

Le cahier des charges qui en découle prévoit que le blindage doit supporter des tirs de 20 mm à courte distance, que le canon peut envoyer des munitions capables de percer 150 mm de blindage avec une dotation de ces munitions suivant la norme OTAN.

En 1957, un accord de coopération est signé avec la France en vue de se doter d’un char de combat commun, accord auquel se joint en 1958 l’Italie qui supervisera le programme. Des prototypes sont construits (deux allemands et un français) et, entre août et octobre 1963, ils sont comparés à l’avantage semble-t-il des prototypes allemands.

Fin 1963, l’accord est rompu par les parties, les Français préférant construire leur propre version (l’AMX-30), et les Italiens préférant acheter la première version du char M60 américain. Les Allemands appellent alors leur meilleur prototype « Leopard » (dans la continuité du « Panther » et du « Tigre ») et la production en série par la firme allemande Krauss-Maffei et le groupe Krupp commence fin 1965.

La bataille de Saraci-Kalesija en Bosnie qui opposait une unité des forces armées danoises de la FORPRONU aux bosno-serbes en 1994 a été son baptême du feu.

Optiques et système de conduite de tir[modifier | modifier le code]

Le tireur dispose d'un viseur télescopique TZF 1A gradué avec des lignes stadimétriques. Monté à l'avant droit du toit de la tourelle, il possède une capacité de grossissement de × 8. Un télémètre TEM 2A d'une base de 172 cm traverse le toit de la tourelle sur toute sa largeur, il a une capacité de grossissement de × 16. Le TEM 2A peut déterminer des distances jusqu'à 4000 m.

La télémétrie peut s'effectuer de deux façons : par coïncidence ou par stéréoscopie, le premier mode à l'avantage de calculer la distance rapidement, le second opérant plus lentement offre une meilleure précision sur la mesure de la distance.

Un projecteur XSW–30–U peut éventuellement être monté sur le masque, au-dessus du canon. Le faisceau de la lampe halogène peut éclairer jusqu'à une distance de 1 500 mètres. Il peut aussi fonctionner en émettant un éclairage invisible infrarouge pour la vision de nuit.

Production[modifier | modifier le code]

La production en grande série du char Léopard débute le 9 septembre 1965 et s'achève au mois de mars 1976 et comporte un total de six lots de production. Un total de 4744 exemplaires, toutes variantes confondues seront produits.

Léopard[modifier | modifier le code]

Un convoi de chars Léopard se dirigeant vers le terrain d'essai de Munster en juin 1965.

La production en grande série débute le 9 septembre 1965 à l'usine de Krauss-Maffei à Munich, un lot de 500 chars Léopard sortiront de l'usine entre septembre 1965 et juillet 1966. Un petit nombre de chars sera aussi produit par Krupp MaK à Kiel.

Le deuxième lot, comportant 600 chars est produit entre juillet 1966 et juillet 1967. Les chars de ce lot se voient ajouter une petite gouttière attachée en-dessous de la tourelle tandis que des plaques déflectrices sont installées sur la partie supérieure de la caisse pour protéger le roulement de la tourelle. La prise externe permettant de brancher un casque audio relié au système d'interphone du char est maintenant installé dans un boîtier de forme circulaire (et non plus carrée) montée à l'arrière de la caisse.

Le troisième lot, comportant 500 chars est produit entre juillet 1967 et août 1968. Les chars de ce lot se diffèrent du précédent par l'ajout d'anneaux de levage montés au-dessus des feux de position arrière et sur les déports de caisse à la hauteur du premier galet de roulement.

Le quatrième lot est produit entre août 1968 et février 1970. Le persiennage de la grille d'échappement du moteur est révisée, les entretoises transversales laissant place à des verticales, des anneaux de levage sont aussi ajoutés. Un certain nombre de Léopard issu du quatrième lot seront produits pour être vendu à des pays étrangers.

Pour les différencier du modèle A1 après la mise en service de ce dernier, les chars Léopards se verront attribuer l'appellation non-officielle de Léopard A0 et ensuite Léopard 1A0 après la mise en service du Léopard 2.

Léopard A1[modifier | modifier le code]

Après la réception du quatrième lot par la Bundeswehr, un programme de modernisation fut lancé en 1970 afin d'améliorer l'efficacité au combat du nouveau char de l'armée ouest-allemande. Ainsi, tous les Léopard reçurent un système de stabilisation Add On conçu par la firme américaine Cadillac Gage permettant le tir en marche. Un manchon anti-arcure recouvre désormais le canon L7A3.

Des jupes latérales constituées de plaques d'acier multi-perforées recouvertes de caoutchouc viennent protéger le train de roulement en faisant détonner prématurément les ogives à charge creuse. Les chenilles Diehl D139E2 sont remplacées par les nouvelles D640A à semelles amovibles, ces dernières peuvent recevoir des crampons en forme de X pour améliorer la tenue de route du char en conditions neigeuses, 20 crampons sont montés sur le glacis du char. Un nouveau modèle de schnorchel lui permit aussi de franchir une coupure humide profonde de 4 mètres en moyennant un temps de préparation. Les dispositifs de vision de nuit du conducteur et du chef de char fonctionnant par phare infrarouge furent remplacés par des systèmes de vision de nuit dit passifs fonctionnant par intensification de lumière dénommé BIV (Bild-verstärker-Geräte).

Toutes ces modifications ont fait passer le poids du char en ordre de combat de 40 à 41,5 tonnes.

Léopard 1A1A1[modifier | modifier le code]

Aperçu des amortisseurs sur lesquels est monté le surblindage.

Entre 1975 et 1977, les chars du premier au quatrième lot de production se voient leur tourelle équipée d'un blindage additionnel dénommé zusatzpanzerung conçu par Blohm & Voss, ce blindage rapporté consiste en un ensemble de plaques d'acier de haute dureté monté sur amortisseurs faits de plots en caoutchouc. Le niveau de protection qui en résulte est semblable à celui du Léopard A3. Le surblindage fait passer la masse en ordre de combat à 42,5 tonnes. L'appellation Léopard A1A1 est devenue Léopard 1A1A1 à la suite de la mise en service du Léopard 2.

Léopard 1A1A2[modifier | modifier le code]

Ajout d'une caméra de télévision à bas niveau de lumière (TVBNL) PZB 200 (Passiven Ziel und Beobachtungsgerät) sur le masque à droite du canon.

Léopard A2[modifier | modifier le code]

Le cinquième lot est produit entre avril 1972 et mai 1973, il comporte 232 chars. La tourelle moulée dispose d'un blindage plus épais. Le modèle A2 est identifiable par la forme des opercules blindés protégeant le télémètre, ces derniers sont de forme ovale au lieu d'être en forme de cercle. Ce modèle reçu plus tard un nouveau système de filtration NBC.

Léopard 1A2A1[modifier | modifier le code]

Ajout d'une caméra de télévision à bas niveau de lumière (TVBNL) PZB 200 (Passiven Ziel und Beobachtungsgerät) sur le masque à droite du canon.

Léopard A3[modifier | modifier le code]

Le Léopard C1 canadien reprend la tourelle mécanosoudée du Léopard A3.

Les 110 derniers char du cinquième lot reçoivent une nouvelle tourelle plus volumineuse. Sa forme anguleuse s'explique par sa méthode d'assemblage par mécanosoudure. Mieux blindée, elle comporte un blindage espacé rempli avec de la mousse de polystyrène recouvert d'une carapace faite de plaques d'acier de haute dureté. Par rapport à l'ancienne tourelle moulée, son volume interne est supérieur d'1,5 m³. Le viseur panoramique TRP-5 du chef de char est remplacé par le viseur panoramique TRP-2A (grossissements x6 et x20) produit par la firme Steinheil. La nouvelle tourelle du Léopard 1A3 possède aussi une petite trappe permettant l'usage d'une arme de défense rapprochée, telle qu'un lance-grenade. La masse en ordre de combat passe à 42,4 tonnes.

Léopard 1A3A1[modifier | modifier le code]

Ajout d'une caméra de télévision à bas niveau de lumière (TVBNL) PZB 200 (Passiven Ziel und Beobachtungsgerät) sur le masque à droite du canon.

Léopard A4[modifier | modifier le code]

Le sixième et dernier lot comporte 250 chars qui sont construits du mois d'août 1974 à mars 1976. Le Léopard A4 reprend la tourelle mécanosoudée du A3 mais il incorpore un certain nombre de nouveautés dans le domaine des optiques. L'opérateur tourelle dispose du viseur télémétrique EMES 12A1, asservi à une conduite de tir, ce dernier permet de faire but sur cible mobile, il est également doté de filtres laser. L'opérateur tourelle a aussi à sa disposition un viseur de secours TZF-1A monté à travers le masque du canon. Le chef de char possède un viseur panoramique binoculaire PERI R12 (grossissements x2 et x8) conçu par Carl Zeiss, afin d'autoriser le tir en marche, il est stabilisé en site et en gisement, il incorpore aussi un intensificateur de lumière de deuxième génération. Les viseurs de l'opérateur tourelle et du chef de char sont asservis à la conduite de tir FLER-H, fonctionnant avec un calculateur analogique, le volume occupé par cette dernière réduit le nombre de munitions embarquées de 60 à 55. La trappe permettant l'usage d'une arme de défense rapprochée est omise. L'appellation A4 fut changée à 1A4 lors de la mise en service du Léopard 2. Le Léopard A4 est une centaine de kilogrammes plus lourd que la version précédente.

Léopard 1A5[modifier | modifier le code]

Un programme visant à étudier les possibilités de modernisation des chars de combat Léopard 1 est entrepris en 1980 dans le but de maintenir leur efficacité au combat au-delà de l'an 2000 grâce à une amélioration de leur puissance de feu.

Après des essais comparatifs en décembre 1983, c'est le viseur EMES-18 de chez Krupp-Atlas Elektronik qui est retenu face aux viseurs EMES-12A4 et EMES-17 et proposé respectivement par Carl-Zeiss et AEG-Telefunken. En tant que maître d’œuvre, la firme Wegmann s'est chargé de mettre 1225 Léopards 1 issus du premier au quatrième lot au standard 1A5, les premiers exemplaires sont livrés à la Bundeswehr au début de l'année 1987.

Le viseur du tireur EMES-18 est dérivé du viseur EMES-15 monté sur le Léopard 2, il partage donc un certain nombre de ses composants avec ce dernier tel que le bloc optique compris dans la tête de visée. L'ensemble dispose d'une voie jour directe, une voie infrarouge thermique et un télémètre laser.

Rendu inutile, le télémètre optique TEM 2A a été démonté et l'opercule protégeant sa lentille gauche est scellé avec des plaques de blindage circulaire. L'EMES-18 est situé devant le poste du tireur, à l'avant-droite de la tourelle.

Versions spécialisées[modifier | modifier le code]

  • Léopard Biber : char poseur de pont
  • Flugabwehrkanonenpanzer Gepard : système d'arme anti-aérien auto-propulsé
  • Léopard Blaireau (en anglais: Badger): muni d'une pelle à mât télescopique pour creuser

Opérateurs[modifier | modifier le code]

En 2001, le Canada décide de moderniser sa flotte de Leopard. Le C2 est une version améliorée du Léopard A5 ; ses modifications consistent en un changement du système informatique, des radios, du système de conduite de tir de nuit et de stabilisation. La mise à jour comprend l'ajout du surblindage MEXAS moyen qui lui procure une protection supérieure. Cette version du Léopard est la dernière et la meilleure de ce modèle.

Le « Leopard 1 » dans ses différentes versions a été vendu à plus de 13 pays dans le monde, dont la Belgique qui les met en service entre 1968 et 2013[2] et les Pays-Bas.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Dans le jeu de pilotage de char War Thunder : le Léopard (première version) est disponible en tant que tier 5, comme dans la réalité son blindage est inexistant et n'encaisse que très peu d'obus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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