Merkava

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Char Merkava
Merkava Mk IV.
Merkava Mk IV.
Caractéristiques générales
Équipage 4 hommes
Longueur Mark I & II : 7,45 m (8,30 m avec le canon)

Mark III & IV : 7,60 m (9,04 m avec le canon)

Largeur Mark I, II, III : 3,70 m

Mark IV : 3,72 m

Hauteur Mark I & II : 2,65 m

Mark III & IV : 2,66 m

Masse au combat Mark I & II : 63 tonnes

Mark III & IV : 65 tonnes

Blindage et armement
Blindage varie selon les modèles
Armement principal Mark I & II : 1 × canon L7 de 105 mm (53 ou 62 obus)

Mark III : 1 × MG251 (IMI) canon à âme lisse de 120 mm (46 obus)
Mark IV : 1 × MG253 (IMI) canon à âme lisse de 120 mm (48 obus)

Armement secondaire Mark I & II : 3 × FN MAG de 7,62 mm
1 × mortier de 60 mm
12 tubes à fumigène

Mark III & IV : 1 × Browning M2 de 12,7 mm coaxial
2 × FN MAG de 7,62 mm
1 × mortier de 60 mm
12 tubes à fumigène

Mobilité
Moteur Mark I & II : Teledyne Continental AVDS-1790-6A

Mark III : Teledyne Continental AVDS 1790 9AR
Mark IV : General Dynamics MT 883 Ka-500

Puissance Mark I & II : 900 ch (661,9kW)

Mark III : 1 200 ch (882,6kW)
Mark IV : 1 500 ch (1 103,2kW)

Transmission Mark I : Allison CD-850-6

Mark II & III : Ashot Ashkelon
Mark IV : RK325

Suspension ressort hélicoïdal
Vitesse sur route Mark I & II : 50 km/h

Mark III : 60 km/h
Mark IV : 64 km/h, 55 km/h en tout-terrain

Puissance massique Mark I & II : 14,28 ch/tonne

Mark III : 18,46 ch/tonne
Mark IV : 23 ch/tonne

Réservoir de 1 100 ℓ à 1 400 ℓ
Autonomie 500 km

Le Merkava (מרכבה, char (à chevaux) en hébreu biblique) est un char de combat principal d'Israël. De conception entièrement locale, il a été développé avec pour principal objectif la protection et la survie de l'équipage.

Il est doté d'un blindage espacé, d'un système anti-incendie, et d'une silhouette basse et effilée. À la différence des autres chars de sa génération, le moteur est placé à l'avant, offrant à la fois une protection supplémentaire de face et la possibilité d'évacuer le char par l'arrière.

Apparu en 1979 à l'occasion de la première guerre du Liban, il a été fabriqué en Israël, qui en est le seul utilisateur, jusqu'au conflit au Liban mi-2006.

Le prix unitaire d'un char Merkava 4 a été évalué à 5,1 millions de dollars américains en mars 2006[1].

Origines[modifier | modifier le code]

Dès sa création l'armée israélienne a utilisé des chars, tels que Sherman, AMX-13, M-48, Centurion.

La principale caractéristique des guerres impliquant Israël fut la grande mobilité des unités terrestres. Les unités blindées jouèrent un grand rôle aussi bien dans les offensives que dans les contre-attaques. L'armée israélienne apprit donc vite (et parfois au prix de lourdes pertes) à utiliser au mieux ses chars. Pour compenser son infériorité quantitative, elle modernisa sans cesse ses blindés jusqu'à parvenir à rétablir l'équilibre.

Mais à partir des années 1960, il devint de plus en plus évident pour l'État hébreu que cette approche ne pourrait pas durer, notamment en raison de l'apparition de nouveaux blindés, tel le T-62 avec son canon de 115 mm à haute vélocité. Israël chercha donc à se doter d'un nouveau char réellement moderne qu'elle pourrait acquérir en nombre.

L'occasion se présenta en 1966, lorsque le Royaume-Uni chercha un partenaire pour terminer le développement du Chieftain. Durant trois ans, les ingénieurs israéliens participèrent à la mise au point de ce char. Cependant, de fortes pressions de la part des pays arabes décidèrent la Grande-Bretagne à rompre le contrat en 1969.

Le gouvernement israélien décida alors en 1970 de lancer un programme de conception et de fabrication d'un char entièrement israélien. Ce programme aboutit à la conception du char Merkava, qui fut surtout utilisé pour des opérations au Liban en 1982.

Conception[modifier | modifier le code]

Durant la guerre du Kippour en 1973, les blindés israéliens subirent d'importantes pertes à cause des missiles filo-guidés syriens et égyptiens. Pour cette petite nation dont l'essentiel des forces armées est constitué de réservistes, il n'était pas concevable de continuer à perdre ainsi des vies humaines. C'est pourquoi on adopta pour le Merkava un concept de base simple : assurer la survie de l'équipage en permettant au char de résister à un tir direct afin qu'il puisse, si possible, reprendre par la suite le combat.

La conception du Merkava, dirigée par le major général Israël Tal, fut guidée à la fois par l'utilisation du meilleur de la technologie de l'époque et par les enseignements des guerres livrées par Israël. Le principal signe distinctif de ce char est sa tourelle placée en position arrière, en raison du fait que son moteur est placé à l'avant, faisant office de protection frontale supplémentaire. Le blindage est espacé, afin de provoquer une détonation prématurée des charges creuses. L'intérieur est agencé de manière à ce que les équipements forment une protection supplémentaire entre le blindage et l'équipage. Un système anti-incendie et l'utilisation de matériaux ininflammables améliorent la résistance au feu[2].

L'armée israélienne a prétendu que l'espace dégagé derrière la tourelle pouvait servir de compartiment pour transporter des soldats ou évacuer des blessés. Ce nouveau concept de char d'assaut/transporteur de troupes étonna beaucoup de responsables militaires à travers le monde. Il s'agissait en fait d'une opération d'intoxication[3], car en réalité cette trappe arrière est un compartiment à munitions qui peut se remplir grâce à un camion spécial doté d'un bras articulé. Ce dispositif permet d'éviter la fatigue excessive des équipages lors du transfert des obus et ravitaille les chars plus rapidement, ce qui rend les unités de Merkava plus disponibles au combat. Ce système évite aussi au char de devoir se retirer longuement de la zone des combats pour se ravitailler. Il est donc ravitaillé plus vite avec une dotation supérieure en munitions, ce qui permet une attaque « au finish » sur des ennemis obligés de faire des relèves d'unités plus fréquentes.

Enfin, son profil bas et sa tourelle élancée en font une cible difficile à atteindre.

Le Merkava Mk I[modifier | modifier le code]

Entré en service à partir de 1979, le Mk I participa activement à l'Intervention militaire israélienne au Liban de 1982, où il démontra ses qualités intrinsèques.[réf. nécessaire] Il fut fabriqué jusqu'en 1983, avant de laisser la place au Mk II.

Protection[modifier | modifier le code]

Le caisse du char en acier est assemblée par soudure, certaines parties sont en acier moulé, l'avant de la caisse est fortement incliné dans le but favoriser la déviation des projectiles et aussi d'augmenter l'épaisseur relative du blindage. Pour mieux résister aux charges creuses des missiles antichars, la partie droite du glacis qui se situe juste au-dessus du compartiment moteur est plus épaisse et abrite un réservoir de carburant auto-obturant doublé d'une plaque blindée[4].

Des réservoirs souples situés dans les flancs de la caisse font office de protection supplémentaire à la manière d'un blindage espacé[5]. des jupes latérales de protection en acier protègent le train de roulement sur toute la longueur de la caisse.

La tourelle aux formes arrondies et fuyantes comporte plusieurs pièces d'acier homogène coulées en un bloc puis soudées entre-elles.

À noter que pour protéger l'équipage de la propagation d' éclats en cas d'explosion, les parois à l'intérieur du char sont entièrement tapissées de kevlar.

Motorisation[modifier | modifier le code]

Le Merkava Mk I est actionné par un moteur Diesel à douze cylindres AVDS-1790-6A de la marque Teledyne Continental (actuellement General Dynamic) développant 900 chevaux à 2 400 tr/min couplé à une transmission automatique Allison CD-850-6 à trois rapports (deux rapports avant et un rapport arrière).

Le Merkava Mk II[modifier | modifier le code]

Le Mk II bénéficie de l'expérience acquise avec le modèle I. Ce n'est en fait, qu'une version améliorée de celui-ci.

Les principaux points améliorés sont :

  • la mobilité ;
  • le système de tir ;
  • le blindage ;
  • le mortier de 60 mm qui peut maintenant être utilisé depuis l'intérieur du char.

Il sera construit jusqu'en 1989.

Protection[modifier | modifier le code]

Le Merkava Mk II reprend le même blindage que le Merkava Mk I mais des ajouts ont été réalisés dans le but d'augmenter encore sa protection.
Ainsi, le Merkava Mk II reçoit de nouvelles jupes latérales, la tourelle reçoit de nouvelles plaques d'acier boulonnées qui protègent même une partie du toit sur la version IIC. Des chaînes lestées sont installées pour protéger la partie arrière de la tourelle contre les charges creuse.
La version IID reçoit un blindage composite modulaire, facilement remplaçable protégeant la tourelle et le glacis.

Le Merkava Mk III (Baz)[modifier | modifier le code]

Merkava Mk III

Entré en service en 1990, le Mk III, à la différence du Mk II, apporte de réelles innovations.

Tout d'abord, il est entièrement construit en Israël (sauf son moteur), ce qui dans l'esprit correspond bien à la maturité technologique que recherchait l'industrie militaire.

Ensuite ses équipements sont nouveaux : nouvelle transmission, nouvelle suspension, moteur de 1 200 chevaux, canon de 120 mm, tourelle entièrement électrique, conduite de tir permettant de tirer pendant un déplacement, caméra thermique, etc.

Enfin sa protection est améliorée. Le blindage devient modulaire c’est-à-dire que certaines pièces peuvent être remplacées rapidement afin que le char puisse retourner au combat. Des chaînes sont installées sur la partie arrière de la tourelle pour protéger des charges creuses. Une protection NBC complète est installée avec un système de conditionnement d'air. Le train de roulement est aussi mieux protégé.

Le Merkava Mk IV[modifier | modifier le code]

Merkava IV
Merkava IV

Entré en service le 24 juin 2004, le Mk IV est une version améliorée du Mk III.

Son canon de 120 mm peut tirer des munitions à haute puissance comme le APFSDS-FS ainsi que le nouveau missile LAHAT. Dix munitions sont immédiatement disponibles dans un chargeur automatisé. Un manchon thermique isole le canon et permet de réduire les déformations dues aux écarts de température.

Le système de tir est aussi amélioré avec un calculateur balistique, un système d'observation jour/nuit, un système de stabilisation rapide du canon améliorant le tir en mouvement et la capacité d'acquérir et de tirer sur des cibles variées comme des véhicules, des hélicoptères ou même des soldats.

Le Mk IV est aussi équipé d'un nouveau système de communication et de gestion du champ de bataille.

Sa protection est encore améliorée avec des blindages modulaires sur le dessus et le dessous afin de mieux le protéger contre les mines et les munitions tirées par le haut.

Il est propulsé par un nouveau moteur diesel de 1 500 chevaux.

Lors du conflit israélo-libanais de 2006, certains chars MK IV touchés ont résisté aux impacts de missiles à charges tandem.

Le Merkava ARV (Nemera)[modifier | modifier le code]

Basé sur le châssis du Merkava Mk, l’ARV est surnommé Nemera (« Tigresse »). Il a été développé pour pouvoir dépanner le nouveau Merkava Mk IV et remplacer les vieux M-88. Il n'est pas encore entré en service.

Le Merkava APC (Namer)[modifier | modifier le code]

Namer APC

Le Merkava APC (véhicule de transport de troupes) ou Namer (« Tigre » ou Nagmash Merkava) est un blindé transport de troupes. Les prototypes ont été développés sur la base du Merkava Mk I, mais les modèles de production utilisent celle du Merkava MkIV.

Il est entré en service en septembre 2008. En février 2009, Tsahal a commandé cent trente Namers et en a reçu dix. Huit cents autres véhicules devraient être commandés pour remplacer à terme les M-113 Zelda, offrant ainsi une meilleure protection aux troupes embarquées.

Article détaillé : Namer.

Le Sholef (Slammer)[modifier | modifier le code]

Il a existé deux prototypes de ce véhicule[6]

Le premier prototype a été conçu sur base de Merkava I amélioré par des galets de Merkava IIB. Il s'agissait d'un véhicule destiné à devenir un obusier de 155 mm et pesant environ 45 tonnes. Sa capacité de tir pouvait atteindre 45 km en plein mouvement et il était servi par quatre hommes d'équipage.

Véhicule développé par la firme Soltam, un deuxième prototype fut développé sur châssis de Merkava III mais comme sa version précédente ; malgré une excellente capacité de tir, des caractéristiques alliant protection du Merkava et puissance de feu du 155 mm Soltam. Cependant le projet fut refusé à la production car bien trop coûteux pour une utilisation qui aurait été plus d'ordre d'entretien que d'utilisation réelle au combat. Le projet Sholef fut donc abandonné au profit de l'achat de M-109.

Résultat lors de la seconde guerre du Liban[modifier | modifier le code]

Marc Chassillan (expert français en blindés), a fait le bilan de l’utilisation des Merkava[7]. Il y a eu cinquante-deux chars Merkava 4 touchés, dont cinquante par des missiles antichars et deux par des engins explosifs improvisés qui tous deux ont été détruits. Sur les cinquante chars touchés par des missiles, vingt-deux ont été pénétrés et trois seulement ont été réellement détruits. Ce qui représente un char détruit pour dix touchés.
Les chars touchés transportaient environ deux cent vingt hommes et le bilan humain s’établit à vingt-trois morts, soit 10 % des hommes exposés aux impacts ennemis. On peut considérer cela comme relativement peu, en comparant aux divers conflits précédents.
Il faut noter aussi que les Merkava 4 ont mieux résisté aux impacts que les anciennes générations.

Parc en ligne et futur[modifier | modifier le code]

En mars 2012, on estime le nombre de chars en service ainsi :

  • Mark I : 250 ;
  • Mark II : 580 ;
  • Mark III : 780 ;
  • Mark IV : 360 (environ 300 en commande)[8]

En août 2013, on annonce, après hésitations, que la production de Mark IV qui occupe six mille personnes est maintenue et le retrait dans l’avenir des Mark I et II qui seront proposé à l'exportation[9].

Une nouvelle génération de char devrait apparaitre en 2020. En 2012, on spécule qu'il pourrait être armé d'un canon électromagnétique ou d'un laser, équipé d' un moteur hybride et voir son équipage réduit à deux[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source : Forecast International.
  2. (fr) « Merkava 1 Char de combat principal », sur www.armyrecognition.com (consulté le 5 septembre 2010)
  3. Guerres et conflits d'aujourd'hui, IMP, no 3, 1984, p. 17.
  4. http://www.army-guide.com/eng/product2050.html
  5. http://www.israeli-weapons.com/weapons/vehicles/tanks/merkava/merkavamk1.html
  6. Merkava Sholef 155mm
  7. Marc Chassillan, « Premier bilan technique de vulnérabilité des chars Merkava », Raids, n° 245, octobre 2006
  8. "The Institute for National Security Studies", chapter Israel, 2012 May 8, 2012.
  9. (en) « Israel restarts Merkava tank production », sur United Press International,‎ 16 aout 2013 (consulté le 19 novembre 2013)
  10. (en) Yaakov Katz, « The IDF’s future tank: Electromagnetic cannon », sur The Jerusalem Post,‎ 7 décembre 2012 (consulté le 19 novembre 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]