Château de Montferrand-le-Château

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Château de Montferrand-le-Château.
Image illustrative de l’article Château de Montferrand-le-Château
Nom local La tour ou donjon de Montferrand.
Début construction XIe siècle, XIIe siècle
Destination initiale forteresse
Destination actuelle Ruine
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1926)
Logo des sites naturels français Site classé (1934)
Coordonnées 47° 10′ 28,7″ nord, 5° 55′ 35,7″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Doubs
Commune Montferrand-le-Château
Géolocalisation sur la carte : Doubs
(Voir situation sur carte : Doubs)
Château de Montferrand-le-Château.
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Montferrand-le-Château.

Les fortifications de Montferrand-le-Château, sont situées à Montferrand-le-Château, dans le département français du Doubs.

Elles sont perchées à une altitude de 354 m au-dessus de la mer soit 120 m au-dessus de la rivière du Doubs qui serpente en contrebas. Il en subsiste de nombreux vestiges dans la forêt.

Les vestiges du château font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le [1] et le site sur lequel se trouve le château est un site classé sur un peu moins d'un hectare depuis le [2].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire du château est étroitement liée à celle des sires et seigneurs de Montferrand (maison de Montferrand) du XIIIe siècle au XVe siècle. Il fait alors partie d'un ensemble de fortifications comprenant celles de Thoraise, Torpes, Corcondray, Fourg, et Avanne:

C'est en 1230 avec Guillaume et son père Jean II de Montferrand (un des 4 fils du fondateur de la maison Montferrand : Jean de Cicon ou Jean I de Montferrand) qu'il est fait mention pour la première fois de l'existence du château.

Durant son histoire commune avec les seigneurs de Montferrand, le château est mêlé à plusieurs conflits.

En 1259, Pierre de Montferrand est engagé avec un certain nombre de seigneurs dans une guerre l'opposant à l’Archevêque de Besançon, Guillaume de la Tour. Secondant les citoyens de Besançon, alors appuyés par Jean de Châlon, assiège, pille et détruit le château archiépiscopal de Gy.

Il subit alors, ainsi que ses complices, l'excommunication par l'Archevêque, confirmée par le Pape Alexandre IV. C'est seulement sur l'intervention du Roi de France Saint Louis, et après réconciliation entre les deux parties, que revient la paix sur le comté de Besançon.

En 1268, dans un conflit d'intérêt, Pierre de Montferrand, nommé vicomte de Besançon en 1260 par Thibaud IV Rougemont, détruit le château voisin de Thoraise, propriété de son oncle Hugues qui avait alors prêté allégeance au comte de Bourgogne Othon IV en s'engageant à lui remettre les seigneuries de Grandfontaine, de Mont et le bois de Vernois (ces deux derniers actuellement partie intégrante de la commune de Montferrand).

En 1300, Eudes de Montferrand (seul possesseur de la seigneurie après avoir acheté les parts de ses frères Jean et Guillaume en 1292) et les seigneurs franc-comtois entrent en conflit avec Philippe le Bel et détruisent les châteaux ennemis d’Ornans, de Clerval ainsi que de Pontarlier.

Entre 1352 et 1353, Richard de Montferrand (chevalier et seigneur de Montferrand en partie) y est assassiné. Sa nièce Osanne (fille illégitime de son frère Jean III de Montferrand) aidée de Humbert d'Ornans sont soupçonnés par Huguenin de Savigny et Renaud de Jussey "enquêteurs" envoyés par Thiébaud de Neuchâtel (gardien du Comté de Bourgogne) et incarcérés du au au dit château, puis conduits à Bracon. La suite n'est pas connue.

Les Montferrand et leurs sujets occupent le château jusqu’en 1353 date à laquelle la seigneurie est confisquée par le Roi de France Jean le Bon.

Par la suite à la fin du XVe siècle, après le mariage de Jeanne de Montferrand avec Ansel de Salins (ministre du comté de Flandre et de Bourgogne) qui reçoit de Jean de Thoraise (branche des Montferrand à Thoraise) les fiefs de Mont et Grandfontaine en 1354 puis rachète les parts du reste de la seigneurie en 1373 au cousin de son épouse, Jean IV de Montferrand, le village et son château deviennent successivement, au fil des unions et héritages, la propriété des seigneurs de Salins, de Vergy, d'Achey et de Grammont.

En 1594, le , des écrits font état d'une "revue d'armes" des sujets du seigneur et soldats au château, effectuée par Louis de la Vauche en prévision de l'imminente invasion de la Franche-Comté par les armées d'Henri IV.

Le château est aussi le siège d'assassinat et d'emprisonnement (référence ?).

En 1606, le château devient l'acquisition d'Antoine de Pillot, seigneur de Chenecey.

Jusqu'à la guerre de 10 ans (1632-1642), le château abrite les derniers sujets de la seigneurie. Par la suite, les fortifications n'ayant plus d'utilité militaire tombent en ruines faute d'entretien, d'un incendie et des intempéries. Un acte du fait foi de cet état de ruine.

Le démembrement des fortifications au cours du temps permet la construction des premières maisons du village.

La vie au château[modifier | modifier le code]

Empreintes au sol du bâti autour du donjon.

Au XIIIe siècle et XIVe siècle, le château se compose d'une basse-cour dont le bourg Montferrand est en prolongement, protégé par un pont-levis dominant des fossés. Une douzaine de familles des sujets du seigneur y résident. C'est dans le château que les sires de Montferrand reçoivent l’hommage de ceux de Thoraise, Torpes et Corcondray, tous les parents de la maison Montferrand. Pour autant, les seigneurs n'y résident pas à l'année: ils habitent Besançon.

L'enceinte du château constituée par une muraille où se dresse encore aujourd'hui le donjon, est alors habitée par un châtelain, un procureur, un receveur, un notaire et une douzaine d'hommes d'armes. En temps de conflit, les hommes d'armes sont secondés par tous les sujets de la seigneurie qui sont tenus de s’y réfugier avec leurs familles et leurs biens, et d’y faire à tour de rôle le guet et la garde de jour comme de nuit pour le moment venu ainsi que de prêter main-forte aux premiers.

En 1654, une visite du château donne une description détaillée des lieux :

- le petit bourg composé alors d'une vingtaine de maisons réparties de part et d’autre d’une rue centrale est totalement brûlé sauf une habitation,

- le second bourg compte la grange du seigneur et le four, lui aussi brûlé,

- au château à proprement parlé, le donjon ainsi que le logement sont également brûlés, seule la chapelle du milieu est dans un état de conservation convenable.

De nos jours, non loin du donjon, donc à l’intérieur du château, quelques masures subsistent...

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Galerie[modifier | modifier le code]

La tour ou donjon du château se dressant au-dessus des méandres du Doubs (vu depuis le belvédère de la chapelle Notre-Dame du Mont, Thoraise).
Le château au-dessus de la vallée du Doubs.


Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie et Sources[modifier | modifier le code]

  • Connaissez-vous l'histoire de votre village de Gilbert Sauget sur www.montferrand-le-chateau.fr
  • Louis Borne. Les sires de Montferrand, Thoraise, Torpes, Corcondray, aux XIIIe, XIVe et XVe siècles. Essai de généalogie et d'histoire d'une famille féodale franc-comtoise. Besançon, impr. Jacques et Demontrond, 1924.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]