Fort de Huy

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Le Fort de Huy est une forteresse, construite en 1818, accrochée au bord de la Meuse et qui domine la ville de Huy, dans la province de Liège en Belgique. ll se trouve à l'emplacement de l'ancien Tchestia, une des "quatre merveilles" de la ville de Huy.

Vue du fort de Huy depuis le quai Batta.

Histoire[modifier | modifier le code]

La montée au fort.

C’est dans un acte de vente de 890 qu’apparaît la première mention incontestée d’un château qui, en 943, est reconnu comme le centre d’un vaste comté.

L’existence de ce comté de Huy est assez brève puisque, en 985, l’impératrice Théophano, au nom de son fils, le jeune Otton III, fait donation à Notger du comté de Huy, que venait de lui céder le comte Ansfrid. À partir de ce moment, l’histoire de Huy se fond dans celle de la principauté de Liège, dont elle devient une des bonnes villes.

La construction du fort[modifier | modifier le code]

Conscient de l’importance stratégique d’une situation qui verrouillait la vallée de la Meuse, l’État hollandais décide, en 1815, d’y ériger une forteresse. La première pierre de la future citadelle est déposée par le lieutenant-colonel H. Camerlingh le 6 avril 1818. La construction, sur base des plans de Camerlingh et son contrôle par le capitaine ingénieur A. J. Anemaet, dure cinq ans[1].

La forteresse construite par les Hollandais ne servit jamais. Elle fut une prison politique, en 1848, pour les républicains du « Risquons-tout ». En 1876, la citadelle est cédée à la ville de Huy, puis rachetée par l'État en 1880 qui la réintègre dans le système défensif de la Meuse en 1914[2]. Le fort devient alors un camp de discipline interne pour les Allemands. Après la Première Guerre mondiale, le fort est utilisé pour héberger des prisonniers russes puis une école régimentaire pour le quatorzième de Ligne. À partir de 1932, le fort est utilisé pour des activités touristiques afin de visualiser le panorama de la ville.

Pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1939, des soldats allemands sont internés après avoir franchi la frontière belge. Le 10 mai 1940, ces soldats passent du régime d'internés à celui de prisonniers de guerre[2]. Le fort est attaqué par les Allemands peu de temps après afin de libérer les prisonniers. Cependant, ces derniers ont déjà été transférés ailleurs. Dès lors, le fort est utilisé par les Allemands comme centre d'internement pour des prisonniers politiques et des otages principalement. Il est sous l'administration de la Wehrmacht et dirigé par le commandant Frimberger[3]. Plus de 6 500 patriotes dont Guillaume Vermeylen y sont internés. Les motifs des arrestations sont variables : résistance, banditisme, marché noir, réfractaires au travail obligatoire, otages, communisme, grève,...[3] On retrouve également différentes nationalités chez les internés. À partir de juillet 1940, des prisonniers anglais, des grévistes français, des russes sont internés à Huy. Environ la moitié des internés sont des otages. Ils encourent le risque d'être exécutés. Mais finalement, aucun d'entre-eux n'est exécuté sur place mais emmenés ailleurs avant leur assassinat. À partir du 22 septembre 1941, le fort de Huy est également utilisé comme camp de transit avant la déportation vers des camps de concentration, principalement Vught et Neuengamme[4]. À la Libération, le fort est transformé en centre d'internement pour inciviques.

Un Musée de la Résistance et des Camps de Concentration y est installé depuis 1992.

De nos jours[modifier | modifier le code]

En 2007 il est proposé d'introduire un dossier auprès de l'UNESCO pour faire reconnaître le fort de Huy comme patrimoine matériel de l’humanité[5], mais ce projet n'aboutit pas.

Depuis 1957, un téléphérique permet le survol de la ville avec un passage au-dessus du fort. Un des câbles du téléphérique est sectionné par un hélicoptère Robinson 22 le [6],[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M. Suttor, « Huy, une citadelle pour la défense de la Meuse », Liège et le Royaume des Pays-Bas : Une place forte dans un ensemble défensif, 1815-1830,‎ , p. 82-83
  2. a et b Marie Lejeune, La citadelle de Huy pendant la Seconde Guerre mondiale (mémoire de Licence), Liège, Université de Liège, , p.23 p.
  3. a et b « citadelle de Huy », Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale en Belgique,‎ , p. 226 - 227
  4. « La citadelle de Huy », sur belgiumwwii.be (consulté le 18 décembre 2017)
  5. « Fort de Huy : un dossier sera remis à l’Unesco », sur lesoir.be, (consulté le 6 avril 2012)
  6. « Crash à Huy: le pilote et un photographe ont perdu la vie », sur LaLibre.be, nil
  7. A. Vbb., « Deux morts dans le crash d’un hélico », sur DHnet.be

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]