Shinkolobwe

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Mine d'uranium de Shinkolobwe
La mine de Shinkolobwe en 1925
La mine de Shinkolobwe en 1925
Géographie
Coordonnées 11° 02′ 00″ S 26° 35′ 00″ E / -11.033333, 26.58333311° 02′ 00″ Sud 26° 35′ 00″ Est / -11.033333, 26.583333
Administration
Pays Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo
Région Katanga
Caractéristiques
Ressources
Date de fermeture 2004

Géolocalisation sur la carte : République démocratique du Congo

(Voir situation sur carte : République démocratique du Congo)
Shinkolobwe
Gros et ancien échantillon de schoepite-curite-Pechblende. Très lourde, car sa matrice est de la pechblende pure (gris acier). La shinkolobwe est la type local de schoepite et de curite. Autrefois exposé au musée d'histoire naturelle de Carnegie, il a été retiré car trop radioactif. Taille: 14,0 x 10,0 x 7,2 cm.
Uranophane dans un échantillon de malachite provenant de la mine de Shinkolobwe.

Shinkolobwe est une localité et une mine d'uranium située à proximité de Likasi dans le territoire de Kambove (région de Katanga) en République démocratique du Congo. La ville de Shinkolobwe compte environ 15 000 habitants.

En mars 2009, l’Etat congolais a signé avec le groupe nucléaire français Areva un accord donnant à cette société le monopole sur l’exploration et l’exploitation de l’uranium sur l'ensemble du territoire de République Démocratique du Congo, dont le gisement de Shinkolobwe[1].

Uranium[modifier | modifier le code]

C'est du gisement de Shinkolobwe que fut extrait l'uranium qui permit aux États-Unis de construire la bombe atomique lancée sur Hiroshima, celle lancée sur Nagasaki étant à base de plutonium issu de réacteurs nucléaires, eux-mêmes alimentés par le combustible uranium[2].

L'uranium fut vendu aux américains dans le cadre du projet Manhattan par Edgar Sengier, le directeur de l'union minière du Haut Katanga qui avait eu l'intuition de l'importance de l'uranium et avait fait transporter 1 200 tonnes de minerai à New York dès 1939. Officiellement la mine d'uranium est fermée depuis 1960 à cause du coût d'exploitation[3] et de sa dangerosité (le 9 novembre 1954, 27 travailleurs congolais y perdirent la vie).

La mine est officiellement fermée, à la suite notamment d'un éboulement ayant causé la mort de 8 personnes le 8 juillet 2004. Si l'extraction d'uranium est depuis longtemps abandonnée, la mine est toujours exploitable pour le cobalt.

Cependant, en août 2006, le Sunday Times publie un article affirmant que les douaniers tanzaniens auraient saisi un chargement d'uranium 238 le 22 octobre 2005. Chargement que l'Iran aurait importé du Congo (RDC)[4]. Les autorités iraniennes et congolaises démentissent ces allégations, et le gouverneur du Katanga, Urbain Ngoy Kisula, demande la mise en place d'une commission d'enquête.

Historique[modifier | modifier le code]

Le site intéressa l'union minière du Haut Katanga dès 1906. Elle ne l'exploita pas immédiatement parce que la teneur en cuivre des échantillons recueillis se révéla trop faible.

En 1915, le major Robert Rich Sharp (1881-1958), chargé d'en délimiter la concession, y découvre un minerai jaune qui se révèle uranifère. Des tranchées d'exploration confirment la découverte d'un gîte riche en oxyde d'uranium et en plomb[5].

Il faut attendre la fin de la guerre pour que Sengier ordonne la poursuite de l'exploration en 1921. En mai, les premières tonnes de minerai sont envoyées à Panda. À la fin de cette année-là, une centaine de tonnes ont déjà été envoyées en Belgique.

À l'époque, l'intérêt des minerais uranifères tient à la présence en leur sein de radium. Élément extrêmement rare, utilisé en curiethérapie, il vaut une fortune. L'uranium, quant à lui ne sert qu'à la teinture de verres et de céramiques. L'union minière confiera l'extraction du radium à la Société Générale Métallurgique de Hoboken (SGMH) dans son usine de Olen. C'est Joseph Leemans et Clérin qui mettront le procédé au point.

La teneur en radium du minerai de Shinkolobwe, très élevée en comparaison de la teneur d'autres minerais, ne représente cependant qu'une part pour quinze millions. Shinkolobwe et Olen feront de la Belgique le plus gros producteur de radium au monde.

Entre les deux guerres, plusieurs centaines de grammes seront produits. Outre la curiethérapie, le radium trouve une application dans la réalisation de cadrans radioluminescents où il est mélangé à du sulfure de zinc. Ce qui, avec la guerre qui approche, est déjà stratégique.

Sengier, qui pressent l'importance de l'uranium dans le futur en met une grande partie à l'abri de l'Allemagne nazie en l'envoyant aux États-Unis.

Les Américains ayant besoin de plus en plus d'uranium pour le Projet Manhattan exerceront des pressions dès 1942 pour faire rouvrir la mine que l'Union Minière avait fermée en 1937, pensant disposer d'un stock suffisant de radium pour de nombreuses années. Les négociations dureront des années car l'Union Minière ne voulait pas être dépossédée à vil prix d'un matériau dont elle percevait la valeur future[6].

Le 26 mars 2008, lors de la visite du Président Nicolas Sarkozy, un accord a été signé entre le Ministre congolais des Mines et la présidente du directoire d'Areva Anne Lauvergeon, lequel porte sur la recherche et l’exploitation de l’uranium sur le sol congolais[1].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (pdf) Association Mine uranifère de Shinkolobwe : D’une exploitation artisanale illicite à l’accord entre la RD Congo et le groupe nucléaire français AREVA. - Rapport de l'Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme, Représentation du Katanga
  2. Le Congo et les armes de destruction massive sur le site Global Security
  3. Uranium à vendre, Monique Mas, RFI, 26 juillet 2004
  4. La RDCongo dément avoir vendu de l'uranium à l'Iran, Cyberpresse.ca, 9 août 2006.
  5. Robert Rich Sharp, En prospection au Katanga il y a cinquante ans, Elisabethville, 1956.
  6. René Brion, Jean-Louis Moreau, De la mine à Mars, la genèse d'Umicore, Lannoo, 2006, (ISBN 9-0209-6656-1) (extraits sur GoogleBooks)