Carte géographique (papillon)

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Araschnia levana

Le Carte géographique (Araschnia levana) est un papillon diurne de la famille des Nymphalidae, de la sous-famille des Nymphalinae et du genre Araschnia.

Son nom provient du motif de réseau de traits blancs qui orne le revers de l'aile et évoque un réseau routier sur une carte.


Description, morphologie[modifier | modifier le code]

Cette espèce présente plusieurs générations successives chaque année avec un fort dimorphisme saisonnier[1].

  • les individus nés au printemps, la forme dite levana sont clairs, le dessus des ailes est orangé fortement dessiné de blanc et de noir (couleurs également présentes sur la chenille)
  • ceux de la génération estivale, la forme dite prorsa sont noirs avec une bande blanche et une étroite ligne sub-marginale rouge foncé, le dessous étant violacé parcouru d'un réseau de traits blancs évoquant les routes sur une carte géographique.
  • la forme dite « porima LINNÉ », noire à bandes fauves est rare.

Œufs[modifier | modifier le code]

La ponte comporte un alignement de 6 à 20 œufs, 10 en moyenne, collés au revers de feuilles d'ortie, la plante hôte.

Chenille[modifier | modifier le code]

Les chenilles grégaires sont visibles en mai-juin et août-septembre pour la seconde génération qui hiverne en chrysalide.

Chrysalide[modifier | modifier le code]

Biologie[modifier | modifier le code]

Période de vol et hivernation[modifier | modifier le code]

Les périodes de vol vont de fin mars à mai, puis mi-juin à septembre, en deux générations successives (moins nombreux à la première génération). Au nord de la Méditerranée (dans le sud-ouest de la France), une troisième émergence se produit en septembre (ou dans le nord les années très chaudes).

Écologie[modifier | modifier le code]

Plante hôte[modifier | modifier le code]

La plante-hôte est la grande ortie Urtica dioica.

Comportement territorial[modifier | modifier le code]

Des poursuites et éloignements de congénères sont observés chez le mâle, devant les lisières et au-dessus des buissons[réf. nécessaire]

Écologie et distribution[modifier | modifier le code]

Araschnia levana en Europe

Araschnia levana est présent en Eurasie, jusqu'à 1 600 m d'altitude.

En France métropolitaine, sa présence est sûre dans tous les départements sauf la Corse, le Var, les Alpes-de-Haute-Provence et les Bouches-du-Rhône.

Biotope[modifier | modifier le code]

Son habitat, ce sont les lisières, notamment les lisières de clairières de bois clair, les bosquets et les haies s'épaississant en bosquets ou connectées à une zone boisée, les mégaphorbiaies, jusqu'à une altitude maximum de 1 500 m.

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce Araschnia levana a été décrite par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1758 sous le nom initial de Papilio prorsa [2]

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

La Carte géographique se nomme Landkärtchen ou Landkärtchenfalter en allemand, Map en anglais et Rusałka kratkowiec en polonais.

La Carte géographique et l'Homme[modifier | modifier le code]

Protection[modifier | modifier le code]

Pas de statut de protection particulier.

Menaces sur les papillons de jour[modifier | modifier le code]

Le fauchage trop systématique des orties pourrait être une des causes de sa régression locale, de même que la généralisation de l'usage des insecticides qu'on retrouve en plaine et dans certaines zones plus élevées en petite quantité jusque dans les eaux de pluies, les brumes, les rosées.

Tous les papillons de jour sont sensibles aux aléas météorologiques (variations et moyennes de température en particulier). Localement au moins, l'espèce semble pouvoir être vulnérable à des aléas climatiques globaux.

Araschnia levana fait en effet partie d'un groupe de 35 papillons européens pour lesquels les écologues disposaient de données jugées suffisantes pour évaluer les éventuels déplacements de leurs aires de répartition en Europe[3],[4] Sur ces 35 papillons, c'est la seule espèce dont l'aire de répartition au lieu de se translater vers le nord ou de voir sa limite sud remonter vers le nord, s'est au contraire étendue, à la fois vers le nord et vers le sud (peut-être en raison de l'eutrophisation qui tend à accroître l'aire occupée par la grande ortie ?).
Pour les autres papillons, les aires de répartition remontaient vers le nord par un mouvement de translation pour la moitié des espèces, ou diminuait (la limite sud remontant, et la limite nord restant à peu près stable). Toutes ces données laissent penser que les papillons sont un des bioindicateurs possibles du changement climatique[3]. Il y avait deux autres exceptions

  • Brenthis ino ayant une répartition stable au nord, avec une extension d'aire au sud.
  • Apatura ilia ayant vu quant à lui les limites nord de son aire légèrement descendre (alors que sa limite-sud restait stable) [3].

Il conviendrait aussi d'évaluer les menaces pesant éventuellement spécifiquement sur les chenilles: (virus, bactéries, nématodes, autres parasites, prédation accrue, etc) et sur les chrysalides: fauchages trop fréquents…).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. papillons du Poitou-Charentes
  2. Linnaeus, C. (1758). Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio Decima, Reformata. Tomus I. Laurentii Salvii, Stockholm. 824 pp page 480
  3. a, b et c Parmesan et al (12 autres auteurs), 1999, étude publiée dans Nature.
  4. Notes fauniques de Gembloux n° 46, 2002, Communication, brèves (Consulté 2009 11 02)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]