Carlo Maria Viganò

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Carlo Maria Viganò
Image illustrative de l’article Carlo Maria Viganò
Carlo Maria Viganò en 2013
Biographie
Naissance (77 ans)
Varèse (Italie)
Ordination sacerdotale par Mgr Carlo Allorio
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le pape Jean-Paul II
Nonce apostolique aux États-Unis
Secrétaire général pour le gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican
Délégué pour les représentations pontificales
Pro-nonce au Nigeria
Archevêque titulaire de Ulpiana
Depuis le

Blason
Scio cui credidi
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Carlo Maria Viganò est un prélat catholique italien, né le à Varèse, il a été nonce apostolique pour le Saint-Siège et a aussi rempli des missions au sein du Gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carlo Maria Viganò est né le à Varese, en Italie. Il fut ordonné prêtre le . Il obtenu, à la fin de ses études, un doctorat en droit canonique. En 1973 il entra au service diplomatique du Saint-Siège et travailla aux missions diplomatiques papales en Irak et en Grande-Bretagne. De 1978 à 1989, il occupa des postes pour le compte du Secrétariat d’État du Vatican. Il fut nommé comme envoyé spécial et observateur permanent du Saint-Siège auprès du Conseil de l'Europe à Strasbourg le . Outre l'italien, il parle le français, l'espagnol et l'anglais.

Nonce Apostolique au Nigeria[modifier | modifier le code]

Le , il est élevé au rang d'archevêque titulaire d' Ulpiana et nonce apostolique au Nigéria par le pape Jean-Paul II. Il fut consacré évêque par ce dernier, Franciszek Macharski et Angelo Sodano, étant les co-consécrateurs, le 26 avril de la même année. Le pape le rencontra lors de sa visite au Nigeria.

Chef du personnel au Vatican[modifier | modifier le code]

À la fin de sa mission au Nigeria, il fut affecté à des fonctions au sein du Secrétariat d'État du Vatican en qualité de délégué des représentations pontificales, faisant de lui le chef du personnel de la curie romaine. Il occupa cette fonction jusqu'à ce qu'il devienne secrétaire général pour le gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican le [1].

Secrétaire général du gouvernorat de la Cité du Vatican[modifier | modifier le code]

En 2009, Carlo Maria Viganò est nommé secrétaire général pour le gouvernorat du Vatican. À ce titre, il mis en place des procédures comptables, ce qui permis de dégager un déficit de 10,5 millions de dollars pour le Vatican et un excédent de 44 millions de dollars en un an[2].

En 2010, Viganò proposa que la Cité du Vatican sorte de l'euro afin d'éviter de nouvelles réglementations bancaires. Le Vatican rejeta sa proposition et accepta les contrôles exigés ainsi que des réglementations bancaires plus strictes[3].

Au Vatican, il lutta contre la corruption et le népotisme, jusqu'à remettre en cause le cardinal Tarcisio Bertone, alors secrétaire d'État. Des documents confidentiels et des correspondances sont révélés aux yeux de tous, c'est le scandale du vatileaks. Dans certains de ces courriers, Viganò se plaint d'avoir été muté comme nonce apostolique à Washington pour, selon ses dires, avoir révélé l'existence d'affaires de corruption, népotisme et favoritisme entre le Vatican et des partenaires italiens. D'autres pièces évoquent des conflits internes concernant la supervision de l'Institut pour les œuvres de religion (IOR, la Banque du Vatican), dont le président Ettore Gotti Tedeschi, accusé de « mauvaise gouvernance », a été limogé.

En janvier 2016, à 75 ans, il présenta sa démission en raison de son âge au pape François qui le l'accepta. Mgr Christophe Pierre lui succéda à la tête de la nonciature.

Révélations et accusations[modifier | modifier le code]

Le 25 août 2018, Viganò publia une lettre de 11 pages décrivant une série d'avertissements concernant le cardinal Theodore McCarrick. Deux mois plus tôt, en juin 2018, il avait été publiquement révélé que McCarrick avait abusé sexuellement de mineurs ainsi que de plusieurs séminaristes adultes. En conséquence, il démissionna de ses fonctions de cardinal.

Selon sa lettre, en 2000, Mgr Gabriel Montalvo et Mgr Pietro Sambi, nonces aux États-Unis, avaient informés le Vatican du « comportement profondément immoral de McCarrick auprès des séminaristes de prêtres ». Cependant, d'après Carlo Maria Viganò, rien n'a été fait pour arrêter McCarrick. D'autres accusations viennent dans sa lettre, il accuse les cardinaux Angelo Sodano, Tarcisio Bertone et Pietro Parolin de n'avoir rien fait, alors qu'ils étaient au courant des comportements déviants de McCarrick. Enfin, Viganò dit avoir écrit une deuxième lettre 2008 à Richard Sipe, expert en affaires de violences sexuelles. En conséquence le pape Benoît XVI aurait imposé à McCarrick de sévères restrictions dans ses mouvements et dans son ministère, ne lui permettant pas de s'aventurer hors du séminaire où il vivait et de ne pas dire la messe en public. Cependant, selon Viganò, le pape François aurait ensuite réhabilité McCarrick en l'érigeant comme « son conseiller de confiance », en dépit du fait que le pape François « savait depuis au moins le 23 juin 2013 que McCarrick était un prédateur sexuel. Il savait qu'il était un homme corrompu ».

Dans sa lettre, Carlo Maria Viganò accuse le pape François ainsi que plusieurs prélats - dont Donald Wuerl, William Levada, Marc Ouellet, Lorenzo Baldisseri, Jésus Montanari, Leonardo Sandri, Fernando Filoni, Giovanni Angelo Becciu et Robert McElroy - d'avoir été au courant, au moment des faits, des actes de harcèlement sexuel posés par le cardinal et dénonce sinon le manque d'actions pour le stopper, du moins d'avoir fait preuve d'un certain laxisme à son égard.

Dans la lettre contenant ces allégations, Carlo Maria Viganò demande au pape et à ceux qui auraient dissimulé la conduite de McCarrick de démissionner : « En ce moment extrêmement dramatique pour l'Église universelle, il [le pape François] doit reconnaître ses erreurs et, conformément au principe proclamé de tolérance zéro, le pape François doit être le premier à donner l’exemple aux cardinaux et aux évêques qui ont dissimulé les abus de McCarrick, et démissionner avec eux. »

Évaluations de la lettre par les médias[modifier | modifier le code]

Le New York Times a déclaré que la lettre de Carlo Maria Viganò contenait « des allégations non fondées et des attaques personnelles » et l'a décrite comme « une déclaration de guerre contre le pape François, probablement à son moment le plus vulnérable ».

L'Associated Press décrit Carlo Maria Viganò comme « un conservateur dont les vues homophobes pures et dures sont bien connues » et suggère, sans néanmoins jamais le prouver, que ces prises de position seraient à l'origine de son accusation.

Matthew Schmitz, rédacteur en chef du journal néoconservateur First Things, écrit que la lettre de Viganò a plongé l'Église catholique « dans une guerre civile totale ».

Jean-Marie Guénois, rédacteur en chef, chargé des religions au Figaro Magazine, relève que Viganò est « est un homme d'autorité, de grande carrière ecclésiastique, habituellement très sérieux »[4]. Il voit également dans les attaques contre la personne de Viganò un « un nuage de fumée, signe d'un embarras au plus haut niveau sur ce que dénonce le prélat »[5].

Réponse du pape à la lettre[modifier | modifier le code]

Interrogé par un journaliste pour répondre aux allégations de Carlo Maria Viganò, le pape François répondit : « J'ai lu ce matin ce communiqué, je l'ai lu et je dirai sincèrement que je dois vous dire ceci, à vous et à tous ceux d'entre vous qui sont intéressés : lisez attentivement le communiqué et faites-vous votre propre jugement. Je ne dirai pas un mot là-dessus. Je pense que le communiqué parle de lui-même. Et vous avez la capacité journalistique suffisante pour tirer des conclusions. C'est un acte de confiance. Quand on passe un peu le temps et vous avez les conclusions, peut-être je parlerai mais j'aimerais que votre maturité professionnelle fasse ce travail. Cela vous fera vraiment du bien. »

Réactions des cardinaux et évêques à la lettre[modifier | modifier le code]

Le cardinal Daniel DiNardo, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, publia une déclaration déclarant que la lettre de Viganò soulevait des questions qui « méritent des réponses concluantes et fondées sur des preuves. »

Le porte-parole de l’archevêque de Washington, le cardinal Donald Wuerl, a déclaré que ce dernier n’avait jamais reçu d’informations de Carlo Maria Viganò concernant McCarrick.

Monseigneur Jean-François Lantheaume, qui avait été le premier conseiller à la nonciature de Washington, a déclaré que « Viganò dit la vérité », mais refusa de donner plus de détails.

Certains évêques américains ont critiqué la missive de Carlo Maria Viganò. Le cardinal Joseph Tobin, archevêque de Newark, publia une déclaration critiquant la déclaration de Viganò, la décrivant comme contenant des « erreurs factuelles, des insinuations ».

Mgr Robert McElroy , évêque de San Diego, déclara qu'au lieu de rechercher une « vérité complète », Vigano s'adonnait à la « partisanerie, la division et la distorsion ».

D'autres évêques américains sont plus positifs. Mgr Thomas Olmsted, évêque de Phoenix, déclara qu'il avait « toujours respecté Viganò en tant qu'homme de vérité, de foi et d'intégrité » et demanda que les revendications de sa lettre « fassent l'objet d'une enquête approfondie ». De même, Mgr David Konderla, évêque de Tulsa, déclara que les allégations de Viganò seraient « une bonne chose pour commencer les enquêtes ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Archbishop Carlo Maria Viganò », Catholic Hierarchy (consulté le 26 mai 2012)
  2. John L. Allen, « Vatican denies corruption charges attributed to U.S. nuncio », National Catholic Reporter, (consulté le 16 novembre 2015)
  3. « Influential prelate said Vatican should drop Euro, author reports », Catholic World News,‎ (lire en ligne)
  4. « Gestion des abus sexuels : le pape François mis en cause », FIGARO,‎ (lire en ligne)
  5. « «Lobby gay» dans l'Église: des allégations prises au sérieux », FIGARO,‎ (lire en ligne)