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Cachou Lajaunie

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Cachou Lajaunie
Description de cette image, également commentée ci-après
Boîte Cachou Lajaunie et pastilles.
Lieu d’origine Toulouse
Créateur Léon Lajaunie
Date 1880-2024
Place dans le service confiserie
Ingrédients réglisse, sucre, amidon, lactose, gélatine aromatisée, poudre de cachou, poudre d’iris, résine de lentisque, essence de menthe anglaise, huile de palme

Le Cachou Lajaunie est une petite pastille carrée de couleur noire à la réglisse et à la poudre de cachou, vendue dans une boîte métallique jaune et ronde. La friandise a également existé à la menthe et à la vanille. Elle voit le jour en 1880 à Toulouse chez le pharmacien Léon Lajaunie[1] (1841-1914).

La marque a connu différents propriétaires depuis sa création, dont Mondelez International. Depuis 2023, elle est la propriété de Perfetti Van Melle[2]. Plus de trois millions de boites sont vendues chaque année[réf. nécessaire].

En 2024, le groupe Perfetti Van Melle décide de cesser la production de cachou Lajaunie, qui n'est désormais plus disponible à la vente[3]. L'année suivante, faute de projet de relance, la marque disparaît[4].

Provenance de la poudre de cachou

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La confiserie inventée par le pharmacien Lajaunie tire son nom « cachou » d'un composant majeur de la préparation en question, la poudre de cachou fabriquée à partir de décoction de matière végétales originaires d'Asie du Sud-Est :

Vers la fin du XIXe siècle, seul le cachou officinal est utilisé dans la pharmacopée occidentale[5]. La résine végétale est extraite des matières premières par décoction puis séchée et compactée en pains pour obtenir une substance astringente, douce-amère, brune, cassante. Celle-ci est connue autrefois sous divers noms commerciaux devenus désuets tels que : cachou de Pégu ou caschuttie. Ceci permettait de la différencier des autres types de cachous.

Tous les types de cachous, y compris le cachou officinal, ont aujourd’hui principalement un usage tinctorial dans le monde sauf en Asie, où l'on exploite fréquemment l'Acacia à cachou pour obtenir un extrait aqueux concentré -similaire au cachou officinal- utilisé comme additif astringent dans diverses préparations autochtones, sous le nom de gomme khayer ou khair[6].

Le cachou officinal tire ses propriétés astringentes, rafraîchissantes et sa saveur particulière de la concentration particulièrement élevée en catéchol (dit également catéchine ou anciennement acide catéchique), en divers dérivés de l'acide tannique et en bioflavonoïdes tels que la quercétine.

Le cachou officinal, au contraire du cachou d'arec qui est toxique, ne provoque pas le déchaussement des dents ou des cancers des voies supérieures comme cela arrive souvent chez les habitués mâchant quotidiennement du paan à base de feuille de bétel, de noix d'arec et d'adjuvants divers.

L'origine de la commercialisation

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Dès le XVIIe siècle, le cachou officinal se vend un peu partout en Europe sous plusieurs formes : grains, tablettes, pastilles (cachou de Bologne), teinture. Il est très apprécié car il parfume l’haleine et a certaines vertus supposées médicinales, ayant acquis la réputation d'être bon pour les dents et l’estomac. Pendant très longtemps, l'extrait sec vendu en pains ou en poudre est commercialisé par les apothicaires qui le vendent tel quel ou sous la forme de préparations et les médecins le prescrivent à leurs malades.

Le Cachou Lajaunie

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Première publicité en 1890 créée par Tamagno.
Affiche de Leonetto Cappiello, vers 1900 (légendée en espagnol).
Affiche de Leonetto Cappiello, vers 1900 (légendée en espagnol).

En 1880, un pharmacien du nom de Léon Lajaunie change la recette de pastilles bonbons et les commercialise sous son nom dans de petites boîtes jaunes. L'histoire raconte que Léon Lajaunie avait parmi ses clients des fumeurs, des chauffeurs, des cyclistes, des gens qui toussotaient et qui crachotaient, d'autres à l'hygiène dentaire et buccale négligée qui se plaignaient de leur forte haleine. Il décide de procéder à des mélanges, comme savent si bien le faire les pharmaciens de l'époque, afin de trouver une solution au problème buccal de ses clients.

Il utilise plusieurs catégories de réglisse qui étaient trempées, fondues et brassées. Il y ajoute également plusieurs autres produits (sucre, amidon, lactose, gélatine aromatisée, poudre de cachou). Après refroidissement, il incorpore à la pâte de la poudre d’iris et de la résine de lentisque comme principes amers. Après repos, il ajoute de l’essence de menthe anglaise. Par la suite, il aplatit, étire et étale le mélange sur un marbre huilé sur une épaisseur qu'il voulait la plus fine possible (environ un millimètre). Il couvre les deux surfaces avec des feuilles d'argent, laisse sécher à l’étuve et découpe la pâte en grains carrés avant de les vernir avec un mélange de benjoin et de grains de mastic.

Il obtint alors ces fameux petits bonbons carrés de couleur noire. Cette couleur provient entre autres de l'additif noir de carbone, colorant alimentaire fait de poudre de charbon de peuplier (connu sous le code E152 aujourd’hui) à divers stades de la fabrication. A ce jour le colorant E153 (soupçonné d'être cancérigène) est utilisé. Léon Lajaunie sembla apprécier la saveur de son invention, aussi, il décida de la commercialiser.

Les petits losanges noirs ayant besoin d'une boîte, il contacta un de ses amis, M. Caire, un horloger de L'Isle-Jourdain avec qui, il conçut une boîte ronde d'une taille commode qui permettait de la glisser dans la poche gousset d'un gilet. C'est ainsi qu'il conçut la célèbre boîte métallique et que sa confection fut confiée aux frères Sirven, imprimeurs et fabricants de boîtes métalliques.

En 1890, Léon Lajaunie pensa à commercialiser ses cachous en faisant de la publicité. Il fit confectionner des affiches en métal émaillé sur lesquelles étaient vantées les vertus de la nouvelle friandise. Ce fut la première publicité visible sur les lieux de vente.

En 1904, l'âge se faisant sentir et n'ayant aucun héritier, il céda la marque, les droits d'exploitation et la formule à M. Sirven[réf. nécessaire].

Un succès commercial

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Publicité de Leonetto Cappiello publiée en 1922 dans L'Illustration.

Par la suite, les frères Sirven reprennent l'affaire et vendent les Cachou Lajaunie dans les bureaux de tabac. En 1930, la première publicité animée arrive sur les écrans de cinéma. Depuis, les cachous Lajaunie, dont la production et la vente ne cesse d'augmenter, connaissent un véritable succès commercial. Ils deviennent le produit emblématique de la ville de Toulouse, outre les plus traditionnelles violettes.

La composition du cachou n'est pas modifiée et la boîte reste identique.

En 1905, le petit atelier de la 11 rue Eugène Lozes produit 324 286 boîtes et les chiffres ne cessent de grimper régulièrement[réf. nécessaire]. Sur les premières boîtes, il y a une faute d'orthographe dans l'adresse : il est inscrit "rue Eugène Loze" (sans s) mais on ne la modifie pas. Les boites mentionnent l'adresse de l'entreprise, qui change au cours du temps : 6 rue d'Alsace Lorraine, 76 rue de la colombette, 19 rue d'Aubuisson, 64 avenue de Larrieu, 18 rue Larrieu-Thibaud, mais toujours à Toulouse.

En 1914, la communication des cachous Lajaunie est confiée au célèbre affichiste Leonetto Cappiello. La première affiche cachou Lajaunie représente une jeune femme rousse arborant fièrement une cigarette allumée et suçant des cachous pour garder l'haleine fraîche.

De 1926 à 1979, Mlle Pécot prend la direction de l'entreprise[réf. nécessaire].

En 1930, sa publicité entre dans le cinéma parlant. Havas réalise plusieurs dessins animés avec un jeune bambin nommé « Cachounet » qui vole au secours des personnes dont le succès amoureux est menacé par leur mauvaise haleine[réf. nécessaire].

Mademoiselle Pécot part en retraite en 1979 et décède le jour même de son départ et elle est remplacée par Monsieur Courtade[réf. nécessaire]. La même année, la petite boîte jaune est visible dans le métro au côté des jeans C17.

En 1985, les cachous Lajaunie s'offrent leur première campagne télévisée pour 450 000 francs les 3 secondes. Le spot, « La Belle de Cadix »[7], réalisé par l'Allemand Chico Bialas (sur une idée de Serge Sentenac, directeur artistique de l'agence ALS Conseil[8]) avec Kristen Hocking[Information douteuse], est la première réclame télévisuelle qui obtient la Minerve de platine : Cachou Lajaunie, Lajaunie… Han han ![9]. Elle est récompensée comme meilleure publicité de l'année[10]. En 1988, pour le lancement du cachou Lajaunie « Goût blond », la société fait appel au top-model Naomi Campbell dans deux spots publicitaires réalisés par Mario Testino.

Entre 1986 et 1992, l'entreprise est achetée par les Laboratoires Pierre Fabre[11]. En 1993, elle est revendue à la société Parke-Davis, une filiale du groupe américain Warner-Lambert[12], qui avait déjà fait l'acquisition des pastilles Vichy en 1988.

En 1997, l'entreprise est vendue à Kraft Foods, qui l'intègre à sa filiale française de confiserie, regroupant les marques Hollywood (chewing gum), Malabar, Kréma, Kiss Cool et La Vosgienne[13], avant de la revendre à Cadbury en 2000. Les activités se recentrent sur le parfum originel « tradition », dans sa boîte jaune, puisque le parfum vanille est abandonné en 2005 et celui menthe en 2007.

En 2010, à la suite du rachat de Cadbury par Kraft Foods, devenu Mondelez International en 2012, celui-ci est à nouveau propriétaire des cachous[14]. La production se poursuit, à Toulouse, sur le site de l'usine Mondelez, rue Jacques-Gamelin, où sont également produits les biscottes et les pains grillés Pelletier et les barres de céréales Grany[15]. Finalement, c’est la société Perfetti Van Melle, connue pour ses sucettes Chupa Chups et ses bonbons Mentos, qui rachete cette marque en 2023 en reprenant, pour 1,35 milliard de dollars (1,15 milliard d’euros), le pôle confiserie de Mondelez[16].

De 1902 à 1987, les campagnes publicitaires ont soutenu le développement de l’entreprise : 400 000 boîtes vendues en 1910, deux millions en 1930, sept millions en 1987 et 10 millions au début des années 2000. Les ventes ont cependant connu une forte baisse[Depuis quand ?] et se stabilisent désormais à environ 3 millions de boîtes chaque année[17].

Interruption de la commercialisation et disparition (2024-2025)

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À l’automne 2024, les Cachou Lajaunie disparaissent progressivement des rayons sans qu’aucune annonce officielle ne soit faite par leur propriétaire, le groupe Perfetti Van Melle[16], qui a décidé de l'arrêt de la production et de la distribution de ce produit, marquant ainsi la fin de la marque[18]. L’absence de communication de la part de la société est relevée par plusieurs médias français, qui constatent la disparition du produit au cours de l’été 2025[19],[11]. Selon Le Parisien et Actu Toulouse, l’arrêt de la production serait lié à un changement de recette ayant entraîné un rejet de la clientèle, bien que cette explication n’ait jamais été confirmée par l’entreprise.

Cette disparition suscite de nombreuses réactions locales et nationales, en particulier à Toulouse où la marque, inventée en 1880 par le pharmacien Léon Lajaunie, est considérée comme un élément du patrimoine culinaire et culturel. Une pétition lancée en juillet 2025 recueille rapidement plusieurs milliers de signatures après la médiatisation de l’affaire, appelant soit à une reprise de la production selon la recette historique, soit à une clarification officielle du groupe propriétaire[20].

Dans la culture populaire

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  • En 1963, dans le film Les Tontons Flingueurs de Georges Lautner, dans la célèbre scène de la cuisine, le personnage de Bernard Blier propose des cachous à Fernand Naudin interprété par Lino Ventura.
  • Dans le film Le Magnifique, Charron, l'éditeur des romans de François Merlin n'a de cesse de lui proposer « un petit cachou ».
  • En 1976, dans le film Calmos, Jean Rochefort déclare à la 15e minute : « Geneviève [...], tu me croiras si tu veux, à chaque fois avant de s'envoyer en l'air, elle me faisait becqueter du cachou ».
  • Dans le film Coup de tête (1979), le vieux Jeanjean (Robert Dalban) propose malicieusement un cachou à François Perrin (« c'est vrai tu sais, j't'aime bien »).
  • Lorsqu'ils appartenaient encore au patrimoine toulousain, les cachous Lajaunie ont été mis en chanson par les Fabulous Trobadors en 1992 dans leur premier album Èra pas de faire.

Notes et références

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  1. Alain Le Pestipon, « Léon Lajaunie (1841 - 1914). Un Toulousain à la fois très connu et méconnu. », L'Auta,‎ , p. 104-112 (lire en ligne)
  2. Danièle Guinot, « Mondelez cède ses chewing-gums et Lajaunie » Accès limité, sur Le Figaro, (consulté le )
  3. « "Il fait partie du patrimoine gustatif et affectif français" : le cachou Lajaunie disparaît des rayons sans explication », sur France 3 Occitanie, (consulté le )
  4. « La discrète disparition des Cachous Lajaunie », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. article "cachou" page 131 du "Vade-mecum du pharmacien, aide mémoire de pharmacie, à 'officine et au laboratoire, " par Eusèbe Ferrand, 1891, cinquième édition. Lien Gallica de la Bibliothèque de France : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61512388/f146.image.r=officine%20cachou%20acacia.langFR
  6. International Journal of Research and Reviews in Pharmacy and Applied Science "An overview on Acacia Catechu" (lien en anglais) http://ijrrpas.com/wp-content/uploads/2012/04/An-Overview-On-Acacia-Catechu.pdf
  7. « Résultats pour 'Cadix Cachou' [WorldCat.org] », sur www.worldcat.org (consulté le )
  8. (en-US) « Toulouse, entreprise Lajaunie - vidéo Dailymotion », sur Dailymotion, (consulté le )
  9. « Publicité télévisée pour le cachou Lajaunie, 1994 », sur www.ina.fr
  10. Histoire du fameux clip chez Stratégies (Stratégies 1212 du 09/11/2001, p. 33)
  11. a et b « Après 145 ans d’existence, le célèbre Cachou Lajaunie, c’est fini : « Apparemment la production s’est totalement arrêtée » », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le )
  12. « Les cachous Lajaunie deviennent américains », L'Humanité, 7 septembre 1993.
  13. « Cachou Lajaunie », sur LSA (consulté le )
  14. AFP, « Kraft avale la vénérable Cadbury », Le Devoir,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. Hocine Zaoui, « Toulouse : de la biscotte à la barre de céréales, voyage olfactif au cœur de l'usine LU », La Dépêche du Midi, 28 juin 2022.
  16. a et b Laurence Girard, « La discrète disparition des Cachous Lajaunie », sur Le Monde,
  17. « Les illustres et éternels Cachou Lajaunie », sur presselib.com, (consulté le )
  18. Thibaut Déléaz, « «Pas de projet de relance» : le fabricant des Cachou Lajaunie acte la fin des célèbres pastilles toulousaines », sur Le Figaro, (consulté le )
  19. « Fin de la production du Cachou Lajaunie, friandise emblématique de la Ville rose », Actu Toulouse,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. « Sauvons les Cachous Lajaunie, trésor de notre patrimoine toulousain », sur Change.org (consulté le )

Liens externes

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