Buckingham (Québec)

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Buckingham
Image illustrative de l'article Buckingham (Québec)
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Municipalité Gatineau
Statut Secteur
Arrondissement Buckingham
Date de fondation 1800
Maire
Mandat
Maxime Pedneaud-Jobin
2013 - 2017
Démographie
Population 10 000 hab.
Langue(s) parlée(s) Français
Géographie
Liens
Site web http://www.gatineau.ca

Buckingham est une ancienne ville de la province de Québec, fondée en 1779 sous l’appellation Canton de Buckingham. La ville est située dans la région administrative de l’Outaouais. À la suite de la fusion municipale de 2002, Buckingham est maintenant considérée comme un secteur de la ville de Gatineau.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La ville de Buckingham fut nommée ainsi afin de faire référence à la ville de Buckingham, située dans le compté du Buckinghamshire, en Angleterre[1] . En effet, à l’époque où le Canada et le Québec se trouvaient sous un régime britannique, il était fréquent de voir la toponymie anglaise être exportée de l’autre côté de l’océan Atlantique. Le tout s’effectuait dans le but de recréer une sorte de « Little England » ou de « Petite Angleterre » sur le continent américain[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier colon qui mit les pieds dans le canton de Buckingham fut John Robertson, un Britannique à qui la couronne du Royaume-Uni céda cette partie du territoire en 1799[1]. C’est donc à la fin du XVIIIe siècle que s’enclencha le processus de colonisation et de développement de la petite ville située aux abords de la rivière de la Lièvre.

Ainsi, son développement fut entrepris par plusieurs personnages importants qui se sont insérés dans le paysage historique de la ville. Par exemple, vers les années 1800, William Fortune s’installa dans le Canton de Buckingham avec l’intention d’y fonder une colonie. Cependant, son projet fut voué à l’échec[3]. Peu de temps plus tard, Buckingham verra arriver sur son territoire Levis Bigelow, un Américain qui, pour sa part, voulait y établir une importante colonie agricole, ce qu’il accomplira avec succès[3]. Durant la même période, un certain monsieur Baxter Bowman s’établira également dans le canton afin d’y exploiter les ressources forestières. C’est en bordure de la rivière qu’il installera plusieurs infrastructures servant au commerce du bois, comme des scieries et des glissoirs[3].

En 1964, alors que monsieur Bowman trouve la mort, à la suite d'ennuis de santé, c’est un certain monsieur James Maclaren qui rachète l’entreprise forestière du défunt. Monsieur Maclaren, un Ontarien ayant des origines écossaises, œuvrait déjà dans le commerce du bois. En effet, son frère John et lui s’étaient lancés en affaires dans ce domaine, en 1944, en achetant un moulin à bois dans le secteur de Wakefield[4]. Ainsi, disposant d’un bon bagage de connaissances à l’égard du domaine, James Maclaren fera croitre son entreprise[4] et, par la suite, ce sont ses fils qui prendront la relève en étendant leurs activités commerciales vers l’industrie des pâtes et papiers et vers celle de l’hydroélectricité[5].

Bref, au cours du XVIIIe et du XIXe siècle, la ville de Buckingham a subi de nombreux changements, tant au niveau de ses infrastructures, de sa population, de son économie et de sa politique. Elle fut d’abord un canton, un village et, finalement, dans les années 1890, le maire George Larkin Parker fit attribuer à Buckingham son statut de ville[5]. C’est ainsi que cette dernière devint le « centre administratif, politique et économique de la vallée de la Lièvre »[6].

Politique[modifier | modifier le code]

Buckingham, au cours de son histoire, a su développer son système politique municipal par l’entremise d’élections visant à déterminer les administrateurs de la ville. Le premier conseil municipal fut formé en 1855[7]. Depuis, plusieurs maires et conseillers municipaux se sont succédé.

Le premier hôtel de ville de Buckingham fut construit en au début des années 1900. L’administration publique de la ville s’y exerça jusqu’en 1964, puis elle fut déménagée dans le nouvel hôtel de ville[8].

Le paysage politique de la ville fut bouleversé à deux reprises par le biais de fusions municipales. La première se déroula le 1er janvier 1975. Les villes de Buckingham et de Masson, les villages d'Angers, de l'Ange-Gardien, de Notre-Dame-de-la-Salette, les municipalités du canton de Buckingham, de Buckingham-Sud-Est et de Buckingham-Ouest fusionnèrent pour former la ville de Buckingham. En 1980, un vent de mécontentement poussa plusieurs anciennes municipalités à se détacher de la nouvelle entité municipale pour former les villes de Masson-Angers, L'Ange-Gardien et Notre-Dame-de-la-Salette. Puis, la seconde se déroula en 2002, où la ville de Buckingham fusionna avec les villes de Gatineau, Hull, Aylmer et Masson-Anger[9]. Depuis, Buckingham est considéré comme étant un secteur de la ville de Gatineau.

N.B. Vous trouverez ci-dessous, un tableau présentant les maires de la ville à partir de 1889 à aujourd’hui. Vous trouverez également, à la suite du tableau, un lien vers le site officiel de la ville de Gatineau vous permettant de consulter la liste des différents conseillers municipaux de la ville de 1867 à 2001.

Les maires de Buckingham de 1889 à aujourd’hui[10]
  • 1893- 1894 : W.M.J Mckenzie
  • 1894-1895 : James Martin
  • 1896-1897 : Alexander Maclaren
  • 1898-1899 : John Cosgrove
  • 1900-1901 : J.P Lahaie
  • 1902-1907 : J.E Vallillée
  • 1908-1909 : W.H. Kelly
  • 1910-1911 : A.M. LaPierre
  • 1912-1917 : J.F. Higgenson
  • 1918-1925 : Désiré Lahaie
  • 1926-1927 : F.C Dunscomb
  • 1928-1929 : A.M LaPierre
  • 1930-1931 : W.S Costello
  • 1932-1943 : P.A Fournier
  • 1944-1947 : Philias Matte
  • 1948-1949 : Elzéar Malette
  • 1950-1955 : Philias Matte
  • 1956-1957 : Arthur Latour
  • 1958-1961 : Reginald Cameron
  • 1962-1967 : Ulysse Tremblay
  • 1967-1975 : Roger D’Aoust
  • 1975-1995 : Réginald Scullion
  • 1995-1999 : Jacques Lareau
  • 1999-2001 : Jocelyne Houle
  • (Fusion municipale de 2002)
  • 2001-2005 : Yves Ducharme
  • 2005-2013 : Marc Bureau
  • 2013- : Maxime Pedneaud-Jobin


Économie[modifier | modifier le code]

Bien que l’économie de la ville de Buckingham s’est diversifiée au fil du temps, elle fut d’abord basée sur l’agriculture et l’industrie du bois. Ensuite, elle se tourna vers l’industrie forestière et minière[11]. Les citoyens de la ville travaillaient comme bucherons, draveur et mineurs au sein des installations de la compagnie de la famille Maclaren et dans les différentes mines de phosphate qui étaient exploitées à l’époque[12].

Avec l’expansion que firent prendre les fils de James Maclaren à l’entreprise familiale, à la suite de la mort du patriarche en 1892, on vit apparaître des barrages hydroélectriques et une usine de pâtes et papiers, ce qui occasionna une augmentation de la main-d’œuvre au sein de cette entreprise. C’est pourquoi on souligne constamment l’importance de la famille Maclaren au sein du développement économique de Buckingham[12].

Enfin, un autre facteur important du développement économique de cette ville fut l’arrivée sur son territoire des installations de la compagnie de produits chimiques ERCO Ltée[13], jadis appelée « Electric Reduction Compagny », fondée en 1897[14]. Toujours présente sur le bord de la rivière de la Lièvre et toujours en activé aujourd’hui, l'usine qui produit du chlorate de potassium et du phosphate de sodium fut, dans les années 1990, considérée comme l’un des plus importants employeurs de Buckingham[15].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Le patrimoine (bâti) de la ville de Buckingham regorge de sites et de bâtiments anciens qui, par leurs styles et leurs architectures, complémentent l’histoire de la ville. Certains n’existent plus que sur des photographies d’archives, toutefois, plusieurs édifices et bâtiments sont toujours présents et occupés. En voici quelques exemples :

  • Le collège Saint-Michel fut un établissement scolaire réputé à l’époque. Fondé en 1896, ce dernier fut remplacé par un nouveau bâtiment en 1956. Ce dernier est toujours présent aujourd’hui et ses locaux servent maintenant d’école primaire[16].
Le premier Collège Saint-Michel de Buckingham.
  • L’hôtel Alexandra, pour sa part, date de 1931[15]. Il est toujours présent sur l’avenue de Buckingham et ses locaux sont occupés par un bar et une boîte de nuit.
  • L’édifice McCallum-Lahaie est situé au coin de l’avenue de Buckingham et de la rue Joseph. C’est dans cet édifice qu’ont eu lieu, en 1906, les rencontres des employés de la compagnie de la famille Maclaren en vue de former un syndicat[15]. L’édifice est présentement occupé par un magasin de sport appelé Intersport.
  • L’église Saint-Grégoire de Nazianze, située sur la rue Maclaren Est, date de 1887. En 1920, elle fut la proie des flammes, mais elle fut reconstruite en 1923[15].
Église Saint-Grégoire-de-Nazianze.
Intérieur de l'église Saint-Grégoire-de-Nazianze à Buckingham.
  • Le débarcadère situé tout près de la frontière entre le secteur de Buckingham et la municipalité de l’Ange-Gardien demeure un site important pour la ville de Buckingham puisque c’est à cet endroit que les bateaux à vapeur de l’époque partaient pour remonter la rivière de la Lièvre vers d’autres municipalités. Aujourd’hui, il est possible de s’y rendre et d’y observer l’épave d’un bateau à vapeur de l’époque, le vapeur George-Bothwell[17].

Autre(s) information(s)[modifier | modifier le code]

Le secteur Buckingham compte 11 414 habitants en 2006[18] et est divisé par la rivière du Lièvre, sur laquelle s'érige un barrage. Il possède, sur un côté, la plupart des services de la ville (hôpital, plusieurs écoles primaires, la polyvalente Hormisdas-Gamelin, le CLSC, la rue principale, etc.) et sur l'autre rive on retrouve essentiellement des quartiers résidentiels. Il correspond essentiellement au Village urbain Vallée-de-la-Lièvre de la ville de Gatineau

Voir[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b P. Joyce, A. (1983). Les finales régionales des Jeux du Québec à Buckingham janvier 28,1983 – février 8 , 1983, Buckingham (Gatineau), Imprimerie ECO enr, p. 18
  2. Lapointe, L-P. (1990). In the heart of the Lower Lievre District, the city of Buckingham from its earliest beginnings , 1824-1990, Buckingham (Gatineau), Aupel Inc, p. 23
  3. a, b et c Leroux, M. (2012). L’autre Outaouais : guide de découverte du patrimoine , Gatineau, Pièce sur pièce, p. 474
  4. a et b Lapointe, L-P. (2006). La vallée assiégée : Buckingham et la Basse-Lièvre sous les MacLaren , 1895-1945, Gatineau, Éditions Vents d’Ouest, p. 22
  5. a et b P. Joyce, A. (1983). Les finales régionales des Jeux du Québec à Buckingham janvier 28,1983 – février 8 , 1983, Buckingham (Gatineau), Imprimerie ECO enr, p. 43-44
  6. Lapointe, L-P. (1983). Buckingham : ville occupée , Hull (Gatineau), Éditions Asticou, p. 13
  7. Leroux, M. (2012). L’autre Outaouais : guide de découverte du patrimoine , Gatineau, Pièce sur pièce, p. 477
  8. Joyce, A. (1983). Les finales régionales des Jeux du Québec à Buckingham janvier 28,1983 – février 8, 1983, Buckingham (Gatineau), Imprimerie ECO enr, p. 21
  9. Leroux, M. (2012). L’autre Outaouais : guide de découverte du patrimoine, Gatineau, Pièce sur pièce, p. 478
  10. P. Joyce, A. (1983). Les finales régionales des Jeux du Québec à Buckingham janvier 28,1983 – février 8, 1983, Buckingham (Gatineau), Imprimerie ECO enr, p. 25
  11. Lapointe, L-P. (2006). La vallée assiégée : Buckingham et la Basse-Lièvre sous les MacLaren, 1895-1945, Gatineau, Éditions Vents d’Ouest, p. 20
  12. a et b Leroux, M. (2012). L’autre Outaouais : guide de découverte du patrimoine, Gatineau, Pièce sur pièce, p. 477
  13. ercoworldwide.com
  14. P. Joyce, A. (1983). Les finales régionales des Jeux du Québec à Buckingham janvier 28,1983 – février 8, 1983, Buckingham (Gatineau), Imprimerie ECO enr, p. 45
  15. a, b, c et d Leroux, M. (2012). L’autre Outaouais : guide de découverte du patrimoine, Gatineau, Pièce sur pièce, p. 482
  16. P. Joyce, A. (1983). Les finales régionales des Jeux du Québec à Buckingham janvier 28,1983 – février 8, 1983, Buckingham (Gatineau), Imprimerie ECO enr, p. 36
  17. Leroux, M. (2012). L’autre Outaouais : guide de découverte du patrimoine, Gatineau, Pièce sur pièce, p. 483
  18. « Statistique Canada: Profils des communautés de 2006 », [1].
Église Saint-Grégoire-de-Nazianze.