Brigitte Gros

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Brigitte Gros
Illustration.
Fonctions
Sénatrice des Yvelines

(11 ans, 5 mois et 12 jours)
Élection
Groupe politique SOC (octobre à décembre 1973)
GD (1980-1985)
Prédécesseur Aimé Bergeal
Maire de Meulan

(21 ans)
Successeur Marie-Thérèse Pirolli
Conseillère générale des Yvelines
élue dans le canton d'Aubergenville

(5 ans et 11 mois)
Prédécesseur Création du canton
Successeur Nelly Rodi
Biographie
Nom de naissance Brigitte Servan-Schreiber
Date de naissance
Lieu de naissance Saint-Germain-en-Laye
Date de décès (à 59 ans)
Lieu de décès Meulan
Nationalité Française
Parti politique Parti radical
Père Émile Servan-Schreiber
Profession Journaliste
Résidence Yvelines

Brigitte Gros, née Servan-Schreiber, le 12 juin 1925 à Saint-Germain-en-Laye et décédée le 11 mars 1985, est une femme politique et femme de lettres française. Elle est la fille d'Émile Servan-Schreiber et la sœur de Jean-Jacques Servan-Schreiber, Jean-Louis Servan-Schreiber et Christiane Collange.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Brigitte Gros est une jeune résistante, puisque dès l'âge de 18 ans, en 1943, elle devient agent de liaison dans les maquis de l'Ain et y travaille sous les ordres de Léo Hamon[1]. Brigitte Gros est arrêtée en 1944 avec deux de ses camarades de la Résistance. Elle a raconté plus tard avoir entendu leur mise à mort depuis le réduit où elle était enfermée. Elle a dû sa liberté au geste humain d'un officier allemand qui a sans doute eu pitié de sa jeunesse[1]. Lors de la libération de Paris, elle est à l'hôtel de ville lorsque le Général de Gaulle prononce son célèbre discours. Elle s'engage auprès de l'armée du général de Lattre de Tassigny[2], elle rejoint la Première armée puis participe à la Campagne d'Alsace. Selon une anecdote rapportée par sa sœur, c'est une couturière de quartier qui doit lui confectionner son uniforme, faute de tenues adaptées dans les dotations militaires. Son courage lui vaut d'être décorée de la Croix de guerre, avec la citation suivante : «°Toujours volontaire pour les missions périlleuses, elle a donné l'exemple du plus pur courage°»[1].

La journaliste[modifier | modifier le code]

  • Après la guerre, elle devient journaliste et travaille pour un certain nombre de journaux dont les Échos, puis en 1953, collabore avec son frère Jean-Jacques Servan-Schreiber lors de la fondation de L'Express, originellement supplément des Échos[2].
  • Elle acquiert une véritable spécialisation dans les domaines de l'urbanisme et des transports, qui a par la suite beaucoup d'importance dans son action politique. Elle devient membre du groupe national du Parti républicain radical et radical-socialiste, où elle côtoie Pierre Mendès France[1].
  • Elle dirige l'hebdomadaire local La Liberté de la vallée de la Seine[3], un titre qui a pris la suite de La Dépêche de la vallée de la Seine en 1962 et qui a cessé de paraître en 1980[4].

La femme politique[modifier | modifier le code]

Maire de Meulan jusqu'en 1985[modifier | modifier le code]

Brigitte Gros est élue conseillère municipale de la ville de Meulan en 1962, dans les Yvelines, puis maire l'année suivante, et conservera ce mandat jusqu'à la fin de sa vie[1]. Elle est à l'origine de la construction du quartier du Paradis et du doublement consécutif de la population de la commune[5]. Elle met en place, en mai 1969, le jumelage de la commune avec Kilsyth (Écosse)[6]. La place de la mairie, à Meulan, a été renommée « Place Brigitte Gros » en sa mémoire.

Sénatrice des Yvelines (1973-1985)[modifier | modifier le code]

En septembre 1973 qu'elle arrive au Sénat, après le décès d'un sénateur des Yvelines, Aimé Bergeal. Elle occupa les fonctions de secrétaire du Sénat, de vice-présidente de la commission des affaires culturelles et de secrétaire de la commission des affaires culturelles. Elle siégea au groupe de la Gauche démocratique[7]. Elle siège, selon les époques, à la commission des affaires économiques et du Plan ou à la commission des affaires culturelles. De manière plus anecdotique, elle prend parti pour la suppression du baccalauréat à travers une proposition de loi qu'elle dépose en 1980[1].

Communications audiovisuelles[modifier | modifier le code]

Dans les domaines relevant de la compétence de la commission des affaires culturelles, Brigitte Gros prend tout naturellement une part active aux discussions législatives sur la communication audiovisuelle, bien sûr, et sur la presse écrite dont elle défend activement le pluralisme ; elle s'intéresse de manière très pointue à des aspects techniques comme le prix des journaux, les modalités de leur distribution et les recettes publicitaires[1].

Féminisme[modifier | modifier le code]

Son action de sénatrice reflète également ses convictions féministes, puisque sa première intervention au Sénat porte sur les crèches. En 1974, dans un débat sur l'amélioration de la condition féminine, elle consacre un long développement au problème des modes de garde des jeunes enfants[1].

Elle dépose aussi, en 1978, deux propositions de loi : l'une pour protéger les femmes du viol, et la seconde pour faciliter l'accès des femmes à la vie publique. Il faut dire qu'à l'époque, il n'y avait que cinq sénatrices[1]. Après la censure par le conseil constitutionnel de l'amendement Halimi instaurant un quota pour les femmes aux élections, elle se prononce pour la tenue d'un référendum au cas où les municipales de 1983 seraient défavorables aux femmes[8].

En 1979, elle intervient dans le cadre du projet de loi relatif à I'IVG qui vise à reconduire la loi Veil de 1975 et s'inquiète des risques de résurgence des drames de l'avortement clandestin pour les femmes de condition modeste, en raison des contraintes liées à l'accès à I'IVG[1].

En 1982, elle s'insurge contre l'insuffisante représentation politique des femmes en France et propose par amendement de prévoir la présence de 30 % de femmes sur les listes de candidats dans les communes de plus de 15 000 habitants[1].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Brigitte Gros s'est intéressée aussi aux problèmes concernant la vie locale. Elle prend une part active à la discussion des grandes lois de décentralisation du début des années 1980. Elle montre ainsi de très solides compétences en matière de fiscalité et de finances, mais c'est probablement par son engagement dans les questions d'aménagement urbain et de logement que l'action de Brigitte Gros mérite un développement particulier[1].

Elle intervient dans le domaine des transports urbains. Elle connaît bien les problématiques de la desserte des banlieues et se bat pour la création d'emplois proches des lieux d'habitat. Son livre Les Paradisiennes, paru en 1970, aborde la question de la vie dans ce qu'on appelle alors les « grands ensembles ».

Elle connait bien les difficultés que posent les transports dans la vie quotidienne des habitants des banlieues, et elles lui ont inspiré en 1970 un livre, intitulé Quatre heures de transport par jour, qui sera adapté au cinéma sous le titre Elle court, elle court, la banlieue, où toutes les thématiques et les clichés relatifs aux grands ensembles, emblématiques des années 1970 sont développés[9].

Brigitte Gros évoque d’ailleurs ce film au Sénat en 1983, lors de la discussion du projet de loi sur l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, pour rappeler l'importance du problème des transports quotidiens dans la condition des femmes au travail[1].

Ses préoccupations en matière de transports la rendent visionnaire, puisqu'elle elle dépose en 1975 une proposition de loi créant une carte d'auto-stoppeur, inspirée par la crise de l'énergie : c'est le co-voiturage avant l'heure[1].

Fin de parcours[modifier | modifier le code]

La maladie, après un combat courageux, l'emporte en 1985, à l'âge de 60 ans. Dans son éloge funèbre, le président Alain Poher rend hommage aux qualités de Brigitte Gros en évoquant « son éloquence persuasive et [...] son extraordinaire puissance de travail » mises au service d'un « message pour un mieux-vivre des populations, pour le respect des libertés, pour plus de justice »[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sa bibliographie[10] se compose des ouvrages suivants :

Pour en savoir plus sur la famille Servan-Schreiber :

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l m n et o Françoise Laborde, sénatrice de la Haute-Garonne,, « Actes du colloque Femmes résistantes, organisé le 27 mai 2014 dans le cadre de la première commémoration, au Sénat, de la Journée nationale de la Résistance », sur Sénat, (consulté le 11 février 2015)
  2. a et b Source : Grand Format, Les Servan-Schreiber, L’ambition d’une famille à propos du documentaire de Philippe Kholy, p.4.
  3. source : Archives Communales de Mantes-la-Jolie
  4. source : http://catalogue.bnf.fr
  5. source : Pierre-Jean Trombetta, Histoire de Meulan
  6. source : comité de jumelage de Meulan
  7. source : site internet du Sénat.
  8. source : Amy G. Mazur, Appareils gouvernementaux chargés des droits des femmes, représentation et démocratie en France, Ministère de l'Emploi et de la Solidarité, Service des droits des femmes, Étude N°51, programme 1997, mai 2000, p.59, se fondant sur un article du Monde du 27.01.1983.
  9. "Filmer les grands ensembles" : Film documentaire sur les représentations audiovisuelles des grands-ensembles, CHS, 2015
  10. source principale : http://catalogue.bnf.fr
  11. Henri Gunsberg, le Fascisme ingénu, Julliard 1968, note 5.

Liens externes[modifier | modifier le code]