Bodhrán

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Le bodhrán (prononc. "bawraa-n" ou en API [ˈbaʊrɑːn]), pluriel bodhráin, est un instrument de percussion utilisé dans la musique irlandaise.

Il vient du gaelic bodhar qui signifie: sourd[1].

C'est un tambour sur cadre joué avec un bâtonnet (stick) qui est sans doute dérivé du daf oriental et plus anciennement d'un tamis, un outil agricole servant à séparer les grains de leur enveloppe (son).

Facture[modifier | modifier le code]

bodhrán
joueur irlandais de bodhrán en 2015
Joueurs de bodhrán et de cornemuse.

Un bodhrán se compose d'un cadre de bois rose circulaire, rigidifié par une charpente, sur lequel est tendue une membrane. On trouve des instruments variés, dont les principales caractéristiques sont :

  • le diamètre du cadre (de 20 à 60 cm) ;
  • la largeur du fût (de quelques centimètres à 20 cm) ;
  • la nature de la membrane (traditionnellement en peau de chèvre, mais on trouve parfois des peaux de daim, de lévrier ou même synthétiques) ;
  • la forme de la charpente (il en existe trois principales: traditionnelle en "X", plus récent en "T" et moderne avec une simple barre transversale).

Certains instruments modernes bénéficient d'innovations récentes :

  • membrane « accordable » grâce à des clefs situées dans le cadre ou à un système de chambre à air gonflable entre le cadre et la membrane ;
  • renfort du bord de la membrane par un ruban plastique ;
  • double peau pour un son plus puissant, nécessite une caisse plus profonde ;
  • certain bodhrán n'ont pas de barre du tout.

On trouve également différents modèles de sticks. Le plus traditionnel est symétrique, arrondi aux deux extrémités et doté d'un anneau au milieu ; de nombreux joueurs utilisent également des rods (faisceau de baguettes fines, le plus souvent en érable, servant de baguettes d'entrainement sur les batteries).

Jeu[modifier | modifier le code]

On frappe la peau avec un bâton (stick, ou tipper) tenu par le milieu, dont les deux bouts arrondis rebondissent sur la peau. La main qui porte l'instrument permet de jouer avec la tension de la peau afin d'en modifier le son.

Parmi les percussionnistes, on peut citer Junior Davey, John Joe Kelly, Kevin Conneff et Caroline Corr.

Renaissance celtique: d'une manière de faire aux différents styles de jeu[modifier | modifier le code]

À mesure que certains groupes, tels que les Chieftains et autres Ceoltoiri Chualainn gagnaient en notoriété, le grand public se mit à re-découvrir des sonorités traditionnelles "oubliées" en Europe. On parla alors de renaissance folklorique (parfois appelée renaissance celtique). Ce mouvement, qui commença dans les années 1960 et perdura une quinzaine d'années, vit le bodhràn prendre une place à part entière au sein des compositions musicales. D'une utilisation d'objet rituel lors des rites religieux, il devint un instrument à part entière.

En outre, plusieurs "styles de jeu" firent leurs apparitions selon les régions.

Outre le hand style, dans lequel les doigts de la main calée contre la peau vont aussi permettre de jouer quelques rythmes, les deux manières les plus répandues de jouer du bodhran de nos jours sont :

  • le Kerry Style (de County Kerry, région du sud-ouest de l'Irlande), dans lequel on utilise les deux extrémités du stick ;
  • le Top end style, pour lequel on utilise un bâtonnet long et fin avec un petit bodhràn à caisse large et peau légère. Ce style permet de suivre de près la mélodie et de produire toute une variété de rythmes et de tons.

L'étiquette du bodhran en session[modifier | modifier le code]

Le bodhraniste se doit de connaître un "savoir jouer" propre à cet instrument, ceci afin que l'on nous accueille confiant et souriant dans les sessions françaises comme irlandaises:

  • Ne jouons pas à plusieurs bodhran (à part si nous sommes dans un festival et que la session est très étalée) . Cela reviendrait à avoir plusieurs batteries dans un groupe, cela peut vite devenir brouillon[2].
  • Convenons entre bodhranistes d´une alternance de set. Connaitre l'air joué, savoir le fredonner est indispensable pour pouvoir jouer dessus et anticiper les variations. Cela rendra notre jeu d autant plus précis.
  • La mélodie est prioritaire, gardons un œil attentif de temps à autre sur les joueurs habitués qui nous ont accueillis afin d être certains que notre jeu n'est pas trop fort. Des regards insistants pourraient signifier qu ils sont génés pour suivre la mélodie. (son nom vient du gaelic sourd ce qui signifie qu il doit être joué comme un bruit sourd de fond... pas pour rendre sourd les autres joueurs)[3].
  • Ne jouons pas de suite sur un air lancé afin que les instruments mélodiques le saisissent. Attendons qu'ils aient tous commencé, après le premier passage du morceau. S'il y a une guitare, on peut se coller à son jeu après tous les instruments.
  • Diminuons notre volume ou stoppons quand un autre air dans le set est lancé, encore afin que les intruments mélodiques aient pu tendre l'oreille et perçu le morceau.
  • L'ordre de volume souhaité par des musiciens irlandais interrogés et "bohdranfriendly" : "un bodhran doit être comme un battement de cœur", "un bodhran ne doit pas être entendu, il doit être ressenti". Si les musiciens mélodiques habitués vous invitent à jouer plus fort alors faites vous plaisir, mais c est très très rare[4].
  • Ne jouons pas sur tous les airs. Particulièrement ceux qui sont lents ou lorsque c'est le tour d un chanteur, à moins que vous vous accompagniez vous-même en chantant comme Christy Moore!
  • ...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comhaltas Ceoltóirí Éireann, « Comhaltas: Bodhrán: its origin, meaning and history », sur comhaltas.ie (consulté le 28 décembre 2016)
  2. « Etiquette », sur www.bsutton.com (consulté le 28 décembre 2016)
  3. « The Ten Commandments of Jamming », sur www.irishmusicottawa.ca (consulté le 28 décembre 2016)
  4. « Session Etiquette », sur spokanesessions.com (consulté le 28 décembre 2016)