Bataille de Thapsus

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Bataille de Thapsus
Schéma de la Bataille de Thapsus (Andrea Palladio, 1619)
Schéma de la Bataille de Thapsus (Andrea Palladio, 1619)
Informations générales
Date 6 février 46 av. J.-C.
Lieu Afrique romaine
Issue Victoire décisive de César
Belligérants
Populares Optimates
Commandants
Jules César Caton d'Utique
Metellus Scipion
Juba Ier de Numidie
Forces en présence
Inconnues
(au moins 10 légions)
Inconnues
(au moins 10 légions)
2 500 cavaliers numides
60 éléphants
Pertes
1 000 morts 30 000 morts
Guerre civile de César
Batailles
Marseille (navale) — Ilerda — Bagradas — Marseille (siège) — Dyrrachium — PharsaleRuspina — Thapsus — Munda
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La bataille de Thapsus se déroule le 6 avril 46 av. J-C. près de Thapsus (aujourd’hui Rass Dimass, en Tunisie). L'armée du parti conservateur (les Optimates), conduite par Metellus Scipion et de son allié Juba Ier de Numidie, se bat contre les forces de Jules César, qui finissent par avoir le dessus. Avec cette victoire, César brise les résistances contre son pouvoir en Afrique et s’approche encore plus du pouvoir absolu.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les Populares de Jules César sont vaincus à Dyrrachium (Durrës), puis les Optimates commandés par Pompée subissent une défaite décisive à Pharsale en 48 av. J.-C.. Pompée cherchant à rallier l’Égypte y est assassiné à son arrivée. Mais les adversaires de César, décidés à ne pas céder, se rejoignirent dans la province d'Afrique et organisent la résistance. Leurs chefs étaient Caton et Metellus Scipion. En outre, ils avaient comme allié le roi de Numidie Juba Ier. Après la pacification des provinces orientales et une brève visite à Rome, César poursuit ses adversaires en Afrique et accoste à Hadrumète (l'actuelle Sousse, en Tunisie) le 28 décembre 47 av. J.-C.

Les Optimates réunirent leurs forces avec une impressionnante rapidité. Leur armée comprenait selon Appien huit légions romaines, une importante infanterie légère, 20 000 cavaliers, conduite par l'ex-bras droit de César, le vaillant Titus Labienus, outre les forces alliées de Juba de Numidie et une soixantaine d’éléphants. Toutefois, Juba part en emmenant ses troupes lorsqu'il apprend l'attaque du roi de Maurétanie Bocchus II sur sa capitale Cirta[1]. Mettelus Scipion conserve 80 000 hommes bien entraînés, et 60 éléphants[2].

Les deux armées s'affrontent dans une série d’escarmouches pour évaluer leurs forces respectives, et, durant cette phase, deux légions des Optimates désertent en faveur de César. Entre temps, César attend des renforts de Sicile. À la fin avril, César arrive à Thapsus et assiège la cité, en bloquant l'accès méridional avec trois lignes de fortifications. Les conservateurs, menés par Metellus Scipion, ne pouvant se permettre de perdre la position, sont contraints d'accepter l’affrontement.

La bataille[modifier | modifier le code]

L'armée de Metellus Scipion encercle Thapsus pour approcher la cité sur son aile nord. Prévoyant l’approche de César, il reste en ordre de bataille serré, tenant la cavalerie et les éléphants sur les côtés. La position de César est typique de sa manière de combattre, avec lui au commandement du côté droit et la cavalerie et les archers aux flancs. La menace constituée par les éléphants est à la base de la décision de renforcer la cavalerie avec cinq cohortes.

Un clairon de César donne l’ordre de bataille. Les archers de César attaquent les éléphants, mais ceux-ci ont la peau trop épaisse, si bien que les flèches sont inefficaces. Les éléphants foncent les défenses en avant et piétinent les légionnaires. L’aile gauche des éléphants attaque au centre des soldats de César, où est postée la Ve légion. Cette légion soutient l’attaque avec un tel courage que depuis un éléphant devint son symbole[1]. Les éléphants, pourtant, massacrent les fantassins, ouvrant la route aux cavaliers de Scipion. César fait sonner d’énormes trompes avec une telle violence que les éléphants affolés fuient, piétinant la cavalerie. Après la perte des éléphants, Metellus Scipion commence à perdre du terrain. La cavalerie de César devance l’adversaire par une manœuvre, détruit son camp fortifié et contraint l’ennemi à battre en retraite. Les troupes alliées de Juba Ier abandonnent les positions et le sort de la bataille est réglé.

Environ 10 000 soldats ennemis qui veulent se rendre à César — parmi lesquels ce même Metellus Scipion — sont tués par son armée. Ce comportement est insolite pour César, qui était connu comme un vainqueur généreux. Quelques sources soutiennent que César aurait eu une attaque épileptique durant la bataille et qu’il n’était plus en possession de tous ses moyens.

La bataille de Thapsus — Illustration de Andrea Palladio, d’un livre de 1619
A.– la cité de Thapsus ; B.– campement de César ; C.– Tranchées de César ; D.– cavalerie de Scipion ; E.– éléphants, sur la corne droite et gauche ; F.– galères de César « envoyées pour faire peur aux ennemis » ; G.– Xe légion ; H.– VIIIe légion ; I.– autres 5 légions ; K.– bataille contre les éléphants ; L.– archers et frondeur contre les éléphants ; M.– cavalerie de César ; N.– campement de Scipion

Conséquence[modifier | modifier le code]

Après la bataille, César reprend le siège de Thapsus, qui finit par tomber. César continue jusqu’à Utique, où Caton se trouvait avec ses troupes. À l’annonce de la défaite des alliés, Caton se suicide. César en fut choqué et selon Plutarque il aurait dit : « Caton, j’envie ta mort comme tu as envié que je puisse te sauver la vie ».

César capture les 60 éléphants et essaye de les domestiquer pour les faire combattre dans son armée, mais ils n’obéissent pas. César les libère.

La bataille voit le rétablissement de la paix en Afrique. Après quelque temps, César fut de retour à Rome (le 25 juillet de la même année). Mais l'opposition renaît encore. Titus Labienus, les fils de Pompée, et d'autres, réussirent à fuir dans les provinces espagnoles. La guerre civile reprend et ne se termine qu'à la bataille de Munda près de Cordoue.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

La bataille de Thapsus joue un grand rôle dans l'album Astérix légionnaire, où elle est prise à la légère. Loin d'être une bataille sanglante, elle n'est qu'un quiproquo gigantesque, les soldats étant incapables de reconnaître leurs ennemis. Scipion bat en retraite par lassitude.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Appien, Guerres civiles, livre II, 96
  2. Appien, Guerres civiles, livre II, 97

Références[modifier | modifier le code]

  • Appien, Guerres civiles livre II sur le site Remacle.org
  • Dion Cassius, Histoire romaine, livre 43 sur le site Remacle.org
  • Ameur YOUNES, Recherches sur la ville portuaire de Thapsus et son territoire en Byzacène dans l'Antiquité, Ceres, Tunis, 1999, 2 tomes
  • Ameur YOUNES " Le portus thapsitanus antiquus: mise à jour à travers les sources littéraires et la documentation archéologique", Cahier d'histoire, Ceres, 2000Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ;

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