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Siège d'Alexandrie (47 av. J.-C.)

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Siège d'Alexandrie
Description de l'image Plan of Alexandria c 30 BC Otto Puchstein 1890s EN.svg.
Informations générales
Date 48-47 av. J.-C.
Lieu Alexandrie-Royaume lagide
Issue Victoire romaine
Belligérants
Royaume lagide Rome
Commandants
Ptolémée XIII
Achillas
Arsinoé IV
Ganymède
Jules César
Cléopâtre VII
Mithridate de Pergame
Antipater l'Iduméen
Forces en présence
20 000 fantassins
2 000 cavaliers dont les gabiniani
Legio VI Ferrata (900 hommes ?)
Legio XXVIII (2300 hommes)[1]
800 cavaliers (?)[1]
Legio VIII Augusta (?) envoyée par Domitius Calvinus
13 000 soldat de Mithridate de Pergame et Antipater
Pertes
Inconnu Inconnu

Guerre civile de César

Batailles

Coordonnées 31° 12′ nord, 31° 00′ est
Géolocalisation sur la carte : Égypte
(Voir situation sur carte : Égypte)
Siège d'Alexandrie

La guerre d'Alexandrie est une série d'opérations dont la principale est le siège d'Alexandrie, entre 48 et 47 av. J.-C.. Dans le prolongement de la guerre civile romaine, Jules César débarque en Égypte à la poursuite de son rival Pompée mais celui-ci est assassiné par les hommes du roi lagide Ptolémée XIII. César se trouve alors impliqué dans la guerre civile qui oppose Ptolémée et ses sœurs Cléopâtre VII et Arsinoé IV. Assiégé dans le quartier du palais, César livre une série de combats marqués par une bataille navale dans le port et par l'incendie de la Grande Bibliothèque. L'arrivée de renforts romains et asiatiques lui permet de sortir vainqueur et de mettre sur le trône Cléopâtre avant de reprendre les opérations contre les sénatoriaux du parti de Pompée.

Pour les Romains, l'Égypte apparaît comme un pays riche, vivant dans le luxe et la mollesse (tryphè), pénétré de superstitions étranges comme en témoigne le lynchage d'un citoyen romain qui avait tué malencontreusement un chat sacré. Elle est encore un royaume indépendant même si quelques années plus tôt, en 55 av. J.-C., le proconsul Aulus Gabinius et le chevalier romain Caius Rabirius Postumus, envoyés par Pompée, ont rétabli sur le trône le Lagide Ptolémée XII Aulète en échange d'une indemnité pharaonique de 10 000 talents[2]. Gabinius laisse sur place un corps d'occupation de quelques milliers de Romains plus cinq-cents cavaliers gaulois et germains. Les gabiniani assurent la stabilité du trône de Ptolémée XII tout en pressurant la population locale : ils s'habituent si bien au confort de la vie égyptienne qu'ils refusent de rejoindre l'armée de Marcus Crassus dans son expédition contre les Parthes. Après la mort de Ptolémée XII, ses héritiers se déchirent : Ptolémée XIII et sa sœur-épouse Cléopâtre VII se disputent le pouvoir, le premier s'appuyant, semble-t-il, sur les citadins grecs d'Alexandrie et les gabiniani, la seconde sur les Égyptiens autochtones[3].

Pendant la guerre civile entre Jules César et Pompée, Ptolémée XIII, reconnu roi légitime par le Sénat romain, prend le parti de Pompée et offre à son fils Cnaeus Pompée le Jeune une cinquantaine de navires avec leurs équipages mais ils partent trop tard pour jouer un rôle dans le siège de Dyrrachium. Les gabiniani, bien que citoyens romains, ne prennent pas parti dans cette guerre. Cléopâtre, chassée d'Alexandrie par son frère, se réfugie dans la Thébaïde en Haute-Égypte dont le stratège, Callimaque, lui est favorable, d'où elle passe en Syrie. L'autorité de Cléopâtre semble avoir été reconnue dans quelques cités de Palestine comme Ascalon qui frappe monnaie à son nom. Au début de 48 av. J.-C., elle mène son armée devant Péluse[4].

Siège d'Alexandrie

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Après la bataille de Pharsale, entre les forces de César et celles de Pompée et du Sénat, la majorité des forces commandées par Pompée sont dispersées ou soumises à César. Pompée s'échappe vers l'Orient qu'il a soumis autrefois mais où les rois et les cités lui ferment leurs portes. Rejeté à Antioche, il se dirige vers l'Égypte : il est tué lors du débarquement par le général alexandrin Achillas et le tribun romain Lucius Septimius, du corps des Gabiniani. L'assassinat a été organisé par l'eunuque Pothin et Théodote de Chios, conseillers du pharaon : Ptolémée s'est laissé persuader, à tort, que César serait heureux de la mort de son adversaire[5]. Les sources grecques et romaines s'accordent à présenter Ptolémée XIII comme un adolescent faible et immature, manipulé par ses tuteurs, plus tard tourné en dérision par les légionnaires[6].

César débarque en Égypte avec une troupe assez réduite : trente-cinq vaisseaux et 4 000 hommes. Quand Pothin se présente à lui en brandissant la tête de Pompée, César, horrifié, détourne les yeux et ordonne qu'on construise une chapelle de Némésis pour y ensevelir ses restes. Il accueille froidement les conseillers de Ptolémée XIII et réclame le remboursement des dix millions de sesterces dus par son père. Il se pose en arbitre du litige entre Ptolémée XIII et sa sœur Cléopâtre VII. Cependant, Pothin et les autres ministres retardent le paiement et cherchent à faire partir César. La cité d'Alexandrie est en effervescence et des soldats romains sont assassinés, ce qui n'empêche pas César de parcourir la ville en « touriste », parler avec les philosophes et visiter le tombeau d'Alexandre le Grand. Il se pose en arbitre entre Ptolémée XIII et Cléopâtre. Celle-ci passe de Péluse à Alexandrie par mer et parvient à s'introduire dans le palais pour rencontrer César, certains disent richement parée, d'autres roulée dans un tapis ou un sac. Quand Ptolémée XIII arrive à son tour, il trouve Cléopâtre déjà dans l'intimité de César et repart furieux. Pothin, qui craint pour sa tête, déclenche une émeute contre César. Celui-ci envoie demander des renforts à Domitius Calvinus qu'il a nommé gouverneur d'Asie. Domitius Calvinus rassemble deux légions[7],[8], les 36e et 37e, formées d'anciens soldats de Pompée ralliés à César après Pharsale : il garde près de lui la 36e pour faire face à la menace de Pharnace II, roi du Bosphore, et envoie la 37e à César ; la 27e, venue du sud de la Grèce, rejoindra César plus tard[1].

Achillas rejoint Pothin et résiste à César. Au commandement de l'armée qui lui est confiée par Pothin, il marche sur Alexandrie avec 20 000 fantassins et 2 000 cavaliers[9], dont les gabiniani, soutenus par une population de 400 000 habitants. César envoie des ambassadeurs à Achillas qui les fait tuer. L'armée de César met en défense le quartier du Brucheion, bordé par le canal Canopique, qui contient le palais royal et le théâtre. Achillas, ne pouvant forcer les lignes de défense terrestres, lance une attaque navale et incendie la flotte de Ptolémée capturée par César : le feu s'étend à la Grande Bibliothèque qui est détruite. César reste bloqué par mer[10].

Pothin, prisonnier au palais, entretient des contacts secrets avec les assiégeants : César le fait exécuter. Mais son adjoint, l'eunuque Ganymède, s'échappe du palais avec Arsinoé, la jeune sœur de Cléopâtre, qui prennent la tête de l'armée égyptienne. En 47 av. J.-C., des dissensions éclatent et Arsinoé fait tuer Achillas. Ganymède fait creuser des canaux depuis la mer pour inonder d'eau salée les vastes citernes qui approvisionnaient les légionnaires de César mais ceux-ci survivent en forant des puits. Une des deux légions envoyées par Domitius Calvinus, détournée par le vent, accoste à l'ouest d'Alexandrie : César fait une sortie pour aller à sa rencontre et la ramène dans la ville en affrontant les troupes de Ganymède. César ordonne ensuite de s'emparer de l'île de Pharos avec le fameux phare d'Alexandrie qui commandait l'entrée du port : l'attaque réussit bien que César lui-même, tombé de sa barque, ait dû se sauver à la nage[11].

César cherche une issue politique en faisant libérer Ptolémée XIII qui rejoint les assiégeants mais ceux-ci n'y voient qu'un signe de faiblesse et continuent la lutte[11]. Cependant, la 27e légion, envoyée par Domitius Calvinus[1], arrive en Cilicie tandis que Mithridate de Pergame, fils naturel de Mithridate VI, lève des volontaires en Syrie et se joint au parti de César. Antipater, chef iduméen mis en place par Pompée, choisit aussi le parti de César et lève 3 000 Juifs. L'armée de secours asiatique s'empare de Péluse et Antipater, grâce à une lettre du grand-prêtre Hyrcan II en sa faveur, rallie les colons juifs de Léontopolis, ville du delta du Nil qui avait servi de refuge au grand-prêtre exilé Onias IV, et de Memphis. La flotte égyptienne commandée par Ptolémée IV et Ganymède tente de les intercepter en remontant la branche canopique du delta mais César sort d'Alexandrie par la route terrestre pour réunir ses forces à celles venues d'Asie et livrer la bataille du Nil sur la rive ouest du fleuve. César est victorieux et Ptolémée se noie en tentant de monter sur un navire[12].

Conséquences

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Incendie de la bibliothèque d'Alexandrie, bois gravé par Hermann Goll, 1876.

La couronne d'Égypte revient à Cléopâtre associée, pour la forme, à son plus jeune frère Ptolémée XIV. César quitte l'Égypte pour d'autres affaires en lui laissant une garnison de trois légions à effectifs réduits, 3 200 hommes au total plus des troupes auxiliaires, pour soutenir son pouvoir[13].

Arsinoé est emmenée à Rome comme prisonnière, exhibée au triomphe de César puis exilée comme prêtresse du temple d'Artémis à Éphèse où, quelques années plus tard, elle sera exécutée sur les ordres de Cléopâtre et de Marc Antoine[14].

Les auteurs romains comme Plutarque et Dion Cassius ont parfois reproché à César d'avoir délaissé les affaires romaines les plus urgentes, alors que les pompéiens reconstituaient leurs forces en Afrique. L'absence prolongée de César laissait Rome et l'Italie sous l'autorité du magister equitum Marc Antoine, maladroit, brutal et dépensier, de sorte que César aura du mal à ressaisir son autorité à son retour ; cette faiblesse de César est attribuée à son désir pour Cléopâtre. Cependant, en installant une alliée sur le trône d'Égypte, César s'assurait à la fois l'appui d'une grande puissance navale, une source de financement appréciable et un ravitaillement en blé pour la plèbe romaine[15].

Antipater l'Iduméen, en récompense de ses services et des blessures reçues au service de César, obtient le gouvernement effectif de la Judée bien qu'Hyrcan II conserve les titres de grand-prêtre et ethnarque. Hérode, fils d'Antipater, fondera la dynastie des Hérodiens[16].

Notes et références

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  1. a b c et d Dando-Collins 2008.
  2. Bernard Legras, « Expériences romaines dans le royaume lagide sous Ptolémée XII et Cléopâtre VII », Collection ISTA, no L'imperium Romanum en perspective. Les savoirs d'empire dans la République romaine et leur héritage dans l'Europe médiévale et moderne,‎ , p. 269-282 (DOI ista_0000-0000_2014_act_1302_1_2975, lire en ligne, consulté le )
  3. Grainger 2024, p. 149-153.
  4. Grainger 2024, p. 153-155.
  5. Duruy 1881, p. 328-335.
  6. Bernard Legras, Néotès : Recherches sur les jeunes Grecs dans l'Egypte ptolémaïque et romaine, Droz, (ISBN 978-2600003919, lire en ligne), p. 125-126
  7. Grainger 2024, p. 158.
  8. Duruy 1881, p. 336-337 et 340.
  9. William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, vol. 1, Boston, MA, (présentation en ligne), p. 9
  10. Duruy 1881, p. 339-340.
  11. a et b Duruy 1881, p. 340.
  12. Duruy 1881, p. 340-342.
  13. Grainger 2024, p. 162.
  14. Encyclopaedia Britannica, « Arsinoe IV »
  15. Johnson 2022.
  16. Graëtz, Histoire des Juifs, tome 2, p. 210, [1]

Bibliographie

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Articles connexes

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