Decimus Junius Brutus Albinus

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Decimus Junius Brutus Albinus
Cesar-sa mort.jpg
Fonction
Gouverneur romain
Biographie
Décès
Époque
Activités
Famille
Père
Decimus Junius Brutus (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Decimus Junius Brutus Albinus est un homme politique romain. Il est connu comme lieutenant et assassin de Jules César.

Jeunesse et famille[modifier | modifier le code]

Decimus Brutus est un lointain cousin de Brutus[1]. Il est né en 81 av. J.-C. et a été un des proches de César. Il a grandi en compagnie de Publius Clodius Pulcher et de Marc Antoine. Sa mère était Sempronia Tuditani, épouse de Decimus Junius Brutus qui était consul en 77 av. J.-C.. Il a été adopté par Aulus Postumius Albinus, mais garda son propre nom de famille, ajoutant seulement le cognomen de son père adoptif.

Vie[modifier | modifier le code]

Lors de la guerre des Gaules, à la bataille du Morbihan, il apporta, avec ses bateaux qu'il fit mouvoir à la rame, un soutien décisif à César et emporta la victoire sur la flotte des Vénètes[2] en -56 puis fut une aide précieuse contre Vercingétorix en -52.

Il enchaîne ensuite les magistratures devenant questeur en -51 et -52 puis légat et commandant de la flotte faisant le siège de Marseille en -49. César lui confie entre -48 et -46 le gouvernement de la Gaule transalpine et celui de la Gaule cisalpine en -44 en tant que propréteur. Il était prévu qu'il obtienne le consulat en -42.

Il fut pourtant au nombre de ceux qui conspirèrent contre Jules César en -44 et, selon une thèse partagée par plusieurs historiens modernes, il aurait même joué un rôle clé dans la mise au point de l'assassinat, exécuté avec une précision militaire[3],[1]. Paradoxalement, il était inscrit sur le testament de César. Après la mort du dictateur, il vit son gouvernement des Gaules prolongé, afin d'empêcher Marc Antoine de s'en emparer. Refusant d'échanger les Gaules contre la Macédoine et menacé par les troupes de Marc Antoine, il se mura dans Modène, força Marc Antoine à lever le siège de cette ville, et le chassa d'Italie grâce à l'aide d'Octave. Attaqué de concert par Octave et Marc-Antoine après la mise en place du second triumvirat, il prit la fuite pour rejoindre Marcus Brutus. Il chercha une issue en Gaule auprès de Lucius Munatius Plancus mais en vain, ce dernier se tournant finalement vers Octave. Réduit à fuir avec quelques hommes, déguisés en Gaulois, Brutus fut trahi par le chef gaulois Camilus[4] et finit assassiné sur ordre d'Antoine en 43 av. J.-C.

D'après l'universitaire Marine Bretin-Chabrol,

« L’ingratitude de ce Brutus-ci devrait être davantage encore stigmatisée par la postérité, car contrairement [à Brutus], Decimus Brutus, du fait de sa fonction de légat sous les ordres de César, avait noué avec le général en chef une relation de pseudo-filiation entraînant des devoirs d’assistance mutuelle tout au long de la vie. Contrairement à Marcus Brutus, Decimus avait même été institué héritier par César.[1] »

Postérité[modifier | modifier le code]

En Bretagne, au moins cinq rues portent son nom (Decimus Junius Brutus), vainqueur des Vénètes en -56 mais conjuré aux ides de Mars, d'après Les Noms qui ont fait l'histoire de Bretagne, 1997.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Marine Bretin-Chabrol, « Tu quoque, mi fili ! Pourquoi les Français croient-ils que Brutus était le fils de César ? », Transtext(e)s Transcultures [En ligne], no 8,‎ (lire en ligne).
  2. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, Livre III ; Dion Cassius, Histoire romaine, livre XXXIX, 40-42.
  3. Strauss 2015. Voir Guillermo Altares, «Un nuevo nombre entre los asesinos de Julio César», El Pais, 8 mars 2015.
  4. Les traditions antiques sur le nom du chef gaulois divergent légèrement. Les Periochae de Tite Live (120) et Orose (VI, 18) en font un Séquane nommé Capenus, Velleius Paterculus le nomme Camelus et Appien, auteur qui détaille le plus l'épisode, Camilus (Guerres civiles, III, 98), nom qui se retrouve ensuite dans l'aristocratie helvète à Avenche : voir D. van Berchem, 1966.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Denis van Berchem, « La fuite de Decimus Brutus », dans Mélanges d'archéologie, d'épigraphie et d'histoire offerts à jérôme Carcopino, Paris, 1966, p. 941-953 repris dans Les routes et l'histoire, Lausanne, 1982, p. 55-66.
  • (en) Barry Strauss, The death of Caesar : the story of history's most famous assassination, New York, Simon & Schuster, , 323 p. (ISBN 9781451668797)

Voir aussi[modifier | modifier le code]