Siège de Marseille

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Siège de Marseille
Description de l'image Siege of Massilia 49 BC.jpg.
Informations générales
Date 19 avril - 20 septembre 49 av. J-C
Lieu Massilia
Issue Victoire de César, annexion de Massilia
Belligérants
Massilia et les Optimates Populares
Commandants
Lucius Domitius Ahenobarbus Gaius Julius Caesar

Decimus Junius Brutus Albinus

Gaius Trebonius
Forces en présence
8 000 15 000
Pertes
4 000 1 100

Guerre civile de César

Le siège de Massilia (l'antique Marseille), est un épisode de la Guerre civile de César ayant lieu en 49 av. J.-C.

Le siège de la ville organisé par Jules César, et conduit par Gaius Trebonius et par Decimus Junius Brutus, dura du printemps au 25 octobre de 49 av. J.-C., Il se conclut avec la défaite des Marseillais contre les forces de César.

L'événement s’insère dans la Guerre civile romaine qui opposa les factions des populares, commandées par César, à celle des optimates, dirigées par Pompée.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au cours de la guerre civile, les factions cherchaient l’appui de Marseille, une des plus importantes cités de la Méditerranée occidentale, qui jouissait encore de larges formes d’autonomie.

César, désirant de couvrir ses arrières, décida de porter bataille à ses adversaires en Hispanie citérieure (Espagne) ; ne disposant pas de flotte, il décide de les rejoindre par la terre et d’obtenir au passage l’appui de l’importante cité maritime.

Arrivé dans le voisinage de la cité, César engagea des négociations avec les notables de la cité pour obtenir une alliance. Il ne réussit pas, parce qu’entretemps était arrivé dans la cité, via la mer, Lucius Domitius Ahenobarbus, notable de la faction adverse, qui réussit à lier la cité de Marseille à sa cause. Selon Velleius Paterculus, Marseille voulut se poser en arbitre[1].

En conséquence, César décida de mettre le siège de Marseille, et organisa le blocus terrestre et naval :

« César, se sentant profondément outragé, conduisit sous Marseille trois légions ; il ordonne la construction de tours et abris pour l’assaut de la cité et de 12 navires de guerre à Arles. Après trente jours quand ces navires furent terminés, armés et amenés à Marseille, il en donna le commandement à Decimus Junius Brutus et confia le siège de la cité au légat Gaius Trebonius[2]. »

César reprit la route pour l’Espagne le 3 juin.

(19 Avril 49 a.C.) César décida de porter bataille à ses adversaires en Hispanie citérieure (Espagne) et de mettre le siège de Marseille apres des négociations avec les notables de la cité pour obtenir une alliance

Siège et batailles navales[modifier | modifier le code]

Le siège est conduit par les « césariens », sur le front terrestre, avec grande utilisation de machines de guerre, auxquelles les Marseillais répondent en tentant de diminuer la pression sur la cité par des sorties en camp ouvert. Mais le siège se serait résolu seulement sur mer, où les assiégés, produisent leurs meilleures forces.

Par deux fois les Marseillais tentent de forcer le siège naval et, malgré leur supériorité technique et numérique, par deux fois leurs tentatives échouent. La première tentative, le 27 juin, donna origine à la bataille de Marseille alors que la seconde, le 31 juillet, donna origine à la bataille de Tauroento, où les Marseillais sont rejoints par les navires pompéiens, conduits par Lucio Nasidio.

Bataille de Marseille[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'un modèle de birème romaine.

La bataille de Marseille est une bataille navale qui oppose le 27 juin de 49 av. J-C. la flotte romaine commandée par Decimus Junius Brutus Albinus, officier de Jules César durant la Guerre civile de César à celle de la faction opposée commandée par Pompée et de son alliée la flotte marseillaise.

Les 12 navires construits près d’Arles se montrèrent peu rapides et difficilement manœuvrables à cause du bois vert utilisé pour leur construction. Decimo improvisa des équipages composés de soldats novices dans le combat naval. Néanmoins, il décida de faire le blocus naval en ancrant les navires près de l’île de Ratonneau, près de Marseille.

Le 12 juin, les Marseillais, forts de leur habitude marine et dotés de vaisseaux plus rapides et manœuvrables, décidèrent de forcer le blocus avec 17 navires.

« Les Marseillais, suivant les conseils de Lucio Domizio, armèrent 17 navires de guerre, dont 11 avec couverture, y joignirent beaucoup de bateaux plus légers pour apeurer, par le nombre, notre flotte et enfin y embarquèrent une quantité d’acier ... La flotte ainsi armée s'avança pleine de confiance contre nos navires, lesquels, sous le commandement de Decimo Bruto, étaient ancrés près de l’îlot en face de Marseille. Bruto était de beaucoup inférieur en nombre de navires, mais dans l’équipage, César avait mis des hommes choisis, dans toutes les légions, pour leur grand courage ...[3] »

Les stratégies furent dictées en fonction des positions de force. Alors que les Romains tentaient d’aborder les navires ennemis, avec des grappins ou des gaffes, pour avoir un combat normal au corps à corps, les Marseillais tentèrent de séparer les vaisseaux romains et de les rendre ingouvernables en tranchant les rames, puis de les bombarder par des nuées de flèches et de gaffes.

« Maintenant, à chaque soldat dépourvu d’arme de jet, la fureur en fournit une nouvelle : un lance une rame sur l’ennemi, un autre aux bras puissant un ornement de poupe ; les rameurs chassés, arrachèrent les bancs, rompirent le navire pour combattre... Nul toutefois ne produisit de plus grands massacres sur mer que le fouet de l’élément adverse. Éclate le feu, provoqué par des torches résineuses et avivées par le soufre qu’elles contiennent ; les carènes offrirent une proie facile et les incendies les dévorèrent, avec l’aide de la poix et de la cire liquéfiée. Les ondes n’arrêtèrent les flammes, et le feu devint sauvage sur les épaves des navires éparpillés sur l’étendue des eaux... »

« Nous ne pouvons passer sous silence même pas Acilio, lequel, ... se vit couper la main avec laquelle il s’était agrippé au navire ennemi, il s’agrippa avec la gauche à la poupe, et n’arrêta de combattre tant que le navire ne fut capturé et coulé[4],[5]. »

À la fin pourtant la victoire sourit aux Romains, qui maintinrent ainsi le blocus naval de la cité. Les Marseillais rentrèrent au port avec seulement 8 de leurs 17 navires, après que 3 furent coulés et 6 autres capturés par les Romains.

La victoire et le maintien du blocus sur Marseille, fut très important pour César, qui de cette manière put approcher de l’Espagne en ayant ses arrières couverts. Pourtant, Marseille allait recevoir une aide des pompéiens, via la mer.

Bataille de Tauroentum[modifier | modifier le code]

La bataille de Tauroentum ou de Tauroeis est livrée le 31 juillet 49 av.J-C. entre la flotte romaine commandée par Decimus Junius Brutus Albinus, officier de Jules César durant la guerre civile, et une flotte composée de navires marseillais et navires romains sous le commandement de Lucius Nasidius de la faction des optimates.

Une flotte de secours de 17 navires en provenance de Sicile et commandée par Lucio Nasidio, arrive à proximité de Marseille sans être repérée par les assiégeants. Nasidius réussit en revanche à prévenir Domitius et les notables de la cité de son arrivée et les incite à tenter de forcer à nouveau le barrage naval réalisé par la flotte de Decimus. Cette tentative causa une seconde bataille navale, qui se déroula en face de Tauroentum (l'actuelle baie du Brusc, à Six-Fours-les-Plages), place-forte des Marseillais, où les flottes pompéienne et marseillaise se réunirent.

La flotte de César compte 18 navires ; 12 ont été construits sur son ordre à Arles, auxquels se rajoutent les 6 navires enlevés aux Marseillais durant la bataille de Marseille (49 av.J-C).

« Vers ce lieu, fait route également Brutus, avec une flotte augmentée. En effet, aux navires construits par César à Arles, s’étaient joints les six pris aux Marseillais, qui les avait réparés et complètement réarmés les jours précédents. [6] »

Les Marseillais, dont les forces à la suite de la bataille du 27 juin sont réduites à 8 unités, construisent, en un mois environ, 9 nouveaux navires, retrouvant ainsi le nombre de navires qu’ils avaient à l’origine à leur disposition. Nasidio commande lui aussi une flotte de 17 navires, ce qui portait le nombre de navires des opposants de César à 34 unités.

« Vers ce lieu, fait route aussi Brutus... Dans la bataille la valeur des Marseillais fut parfaite ... Parce que nos navires s’étaient peu à peu éloignés les uns des autres, l’ennemi avait de l’espace pour profiter de l’habileté de ses pilotes et de la rapidité des navires ; si une fois les nôtres, pris l’opportunité, lancèrent les mains de fer (grappins) et agrippèrent un navire, de partout accouraient les compagnons en danger. ... En même temps une forte quantité de projectiles, lancés de loin, s’abattaient à l’improviste des embarcations légères sur les nôtres ... causant beaucoup de blessures. Deux trirèmes, escorte du navire de Decimus Bruto, facilement reconnaissable par les bannières, s’étaient lancées contre eux. Mais Brutus prévoyant la manœuvre et fit accélérer son navire de façon à les protéger pour le moment. Les navires adverses, lancés l’un contre l’autre, se heurtèrent si fortement que deux en souffrir très gravement, même une des deux eut l’avant cassé et coula complètement. Les navires de la flotte de Brutus notèrent l'incident, assaillirent les navires endommagés et les coulèrent tous deux."[7] »

Malgré la supériorité numérique et la valeur des Marseillais, les partisans de César remportèrent la victoire. Nasidius, vu la tournure prise par la bataille, préféra abandonner ses alliés et faire route vers l’Espagne pour porter aide aux pompéiens qui s’y trouvaient ; la flotte navale marseillaise fut presque entièrement détruite ou capturée, ils rentrèrent au port avec seulement 7 des 17 navires partis pour la bataille.

Reddition[modifier | modifier le code]

Lucius Domitius en fuite, lui aussi en direction de l’Espagne, et avec lui l’espérance de renfort des pompéiens, ayant rejoint les limites de sa propre résistance, après presque 6 mois de siège, la cité se rend aux soldats de César.

« Les Marseillais, épuisés par toutes sortes de maux, réduits à l’extrême famine, battus deux fois sur mer, déroutés dans plusieurs sorties, ... décidèrent de se rendre, cette fois loyalement. Mais quelques jours avant Lucius Domitius Ahenobarbus, connaissant les intentions des Marseillais, se procura trois navires, parmi lesquels deux appartenant à des amis intimes, s’était embarqué lui-même sur le troisième et, profitant d’une violente tempête était parti. Les poursuivirent les navires qui, par ordre de Brutus, montaient quotidiennement la garde au port : levèrent l’ancre et les prirent en chasse. Mais des bateaux poursuivis, un, justement celui de Domitius, accéléra, persista dans la fuite et, à la faveur de la tempête, disparu à l’horizon ; les deux autres, terrifiés par les attaques convergentes de nos navires, retournèrent au port. Les Marseillais, exécutant les ordres, portent hors de la place-forte armes et machines de guerre, font sortir du port et des chantiers les navires, consignant l’argent du trésor public[8]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Velleius Paterculus, Histoire romaine, Livre 2, 50
  2. Jules César - Guerres Civiles I, 34-36
  3. Caio Giulio Cesare - Guerra Civile I, 56-57.
  4. Marco Anneo Lucano - Farsaglia III, 670-686.
  5. Valerio Massimo - Fatti e Detti, III, 2, 22.
  6. Jules César - Guerre Civile II, 5.
  7. Jules César - Guerra Civile II, 6.
  8. Jules César, Guerres Civiles, II, 22

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guy Le Moing, Les 600 plus grandes batailles navales de l'histoire, Rennes, Marines Éditions, , 619 p. (ISBN 978-2-35743-077-8).
  • Michel Vergé-Franceschi (dir.), Dictionnaire d'histoire maritime, Paris, éditions Robert Laffont, coll. « collection Bouquins », , 1508 p. (ISBN 2-221-08751-8).
  • Luc Poussel, Malheur aux vaincus, éditions Cheminements, septembre 2004.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]