Caius Trebonius

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Caius Trebonius, né vers 92 et mort en 43 av. J.-C. est un commandant et homme politique de la fin de la République romaine qui épouse le parti de Jules César avant de participer à la conspiration qui va aboutir à l'assassinat de ce dernier. Il meurt lui-même assassiné en 43 av. J.-C.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père est de rang équestre[1], mais n'a pas été un magistrat. La carrière de Gaius Trebonius est donc celle d'un homo novus[2].

Il commence sa carrière en soutenant le parti aristocratique et, questeur vers 60[3], il s'oppose à Clodius Pulcher tentant de s'opposer à la volonté des triumvirs de voir celui-ci adopté par une famille plébéienne[4]. Il change alors de parti et devient tribun de la plèbe en 55 av. J.-C. Durant son mandat, il prête son nom à la Lex Trebonia qui confère les pleins pouvoirs durant cinq ans à Pompée, Crassus et César respectivement dans les provinces d'Hispanie, de Syrie pour les deux premiers et les Gaules et l'Illyrie pour le troisième[a 1],[a 2],[5].

Il devient ensuite légat de César pendant cinq ans à partir de 54, durant la campagne en Gaule. Il accompagne ce dernier lors de sa deuxième expédition sur l'île de Bretagne, prend part aux sièges de Vellaunodunum et d'Alésia[a 3].

César porte la lutte contre ses adversaires en Hispanie citérieure. Au passage, il décide de faire le siège de Marseille après l'échec de négociations avec les notables de la cité pour obtenir leur alliance.
Article détaillé : Siège de Marseille.

Pendant la guerre civile, il dirige le siège terrestre de Marseille en 49 av. J.-C. tandis que Decimus Brutus contrôle les forces navales[a 4]. Après 6 mois de siège et deux victoires navales de Decimus Brutus, Marseille se rend[a 5],[a 6].

Il est élu préteur urbain l'année suivante[6]. Il résiste alors à la tentative de sédition organisée à Rome par son collègue Marcus Caelius Rufus[a 7].

Il succède comme propréteur d'Hispanie ultérieure à Caius Cassius Longinus en 47, mais doit fuir face à une mutinerie des troupes ayant épousé le parti de Pompée[7],[8].

Cette défaite ne lui fait cependant pas perdre la confiance de César. Il revient à Rome avec le dictateur, et en récompense de ses services, après l'abdication de César qui était alors consul unique, Fabius Maximus est élu consul suffect le premier jour d'octobre aux côtés d'un autre césarien, Quintus Fabius Maximus[9], les comices suivant les souhaits de César en votant pour ses candidats[10]. Caius Caninius Rebilus devient son nouveau collègue le dernier jour de l'année suite au soudain décès de Fabius Maximus le 31 décembre[11],[12].

Pourtant, en mars de l'année suivante, Caius Trebonius trahit César et prend part à l'assassinat de son bienfaiteur ; son rôle dans le complot consiste à occuper Marc Antoine pour l'empêcher d'accompagner César dans la Curie[a 8].

En 43, il devient proconsul pour l'Asie. Il est capturé et exécuté à Smyrne par Publius Cornelius Dolabella, d'une manière extrêmement brutal, en l'ayant torturé et finalement décapité[a 9],[a 10].

Plusieurs lettres de Cicéron sont adressées à Trebonius[a 11], qui évoque aussi son assassinat dans ses dernières Philippiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Sources modernes
  1. Syme 1939, p. 95.
  2. Syme 1939, p. 94.
  3. Broughton 1952, p. 184.
  4. Smith 1870, p. 1171.
  5. Broughton 1952, p. 217.
  6. Holmes 1923, p. 223.
  7. Broughton 1952, p. 275 et 289.
  8. Holmes 1923, p. 295.
  9. Broughton 1952, p. 303
  10. Holmes 1923, vol. II, p. 328
  11. Holmes 1923, p. 329.
  12. Broughton 1952, p. 304.
  • Sources antiques
  1. Dion Cassius, Histoire romaine, XXXIX, 33.
  2. Plutarque, Vie de Caton, 43.
  3. Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules, V, 17 ,24 ; VI, 33 ; VII, 11, 81 ; VIII, 6, 11, 14, 46, 54.
  4. Jules César, Guerres civiles, I, 36 et II, 1, 15.
  5. Jules César, Commentaires sur la Guerre civile, II, 22.
  6. Dion Cassius, Histoire romaine, XLI, 19-25.
  7. Jules César, Guerres civiles, III, 20.
  8. Velleius Paterculus, Histoire romaine, II.
  9. Cicéron, onzième philippique, 1 et treizième philippique, 10.
  10. Velleius Paterculus, Histoire romaine, II, 69.
  11. Cicéron, Ad familiares, X, 28 ; XII, 16 ; XV, 20-21.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Robert S. Broughton, The Magistrates of the Roman Republic, vol. 2 : 99 Β. C. - 31 Β. C., New York, American philological association, coll. « Philological monographs » (no XV.II),‎ , 647 p. (notice BnF no FRBNF31878141)
  • (en) Thomas Rice Edwards Holmes, The Roman Republic and the founder of the Empire, vol. II & III, Oxford, Clarendon Press, (OCLC 491363770)
  • (en) Ronald Syme, The Roman revolution, Oxford, Clarendon press, , 568 p. (notice BnF no FRBNF31425326)
  • (en) William Smith, Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology,

Annexes[modifier | modifier le code]