Années 1080

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Événements[modifier | modifier le code]

Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

Bruno le Chartreux, toile de Vicente Carducho, 1568-1638.

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

Religion et philosophie[modifier | modifier le code]

  • Fin de l’ère missionnaire en Suède. Le roi Inge établit les premiers liens avec le pape Grégoire VII. Une hiérarchie ecclésiastique proprement suédoise est mise en place.

Art et culture[modifier | modifier le code]

  • La prise de Tolède en 1085 permet aux chrétiens de s’emparer de riches bibliothèques, composées de nombreuses traductions du grec en arabe de la science antique et d'ouvrages originaux des savants arabes ; la ville attire les érudits de toute l'Europe[4].
  • Création de l'Université de Bologne.

Économie et société[modifier | modifier le code]

  • Quatre-vingt-dix millions d'habitants sont recensés en Chine. La majorité vit dans la vallée du Yangzi Jiang ou dans le Sud.

Empire Byzantin[modifier | modifier le code]

  • Alexis Ier Comnène décrète que la qualité sénatoriale est incompatible avec les activités marchandes. Les nouveaux sénateurs issus de la bourgeoisie doivent choisir entre leur appartenance au sénat et leurs activités économiques. Les marchands sont écartés de l’aristocratie.
  • L’usurpateur Alexis Comnène ne peut affermir son autorité qu’en favorisant le parti aristocratique qui l’a porté au trône : il fait don à ses partisans et à sa famille de nombreuses terres, souvent confisquées à l’Église. À l’égard des autres nobles, les Comnène se contentent de céder une partie du domaine public (pronoia) en contrepartie d’une contribution en homme et en matériel militaire.
  • Avec les Comnène, l’aristocratie foncière, militaire et provinciale constitue la base du système fiscal et militaire à la place de la petite paysannerie, devenue très minoritaire. Depuis le VIIIe siècle, la fiscalité de plus en plus lourde a éliminé les propriétaires les plus faibles, et les impôts des défaillants retombant sur les co-contribables du chôrion, de nouveaux propriétaires abandonnent leurs terres à leur tour. Pour limiter les défections, les terres dont le propriétaire n’a pas payé l’impôt au bout de trente ans sont retirées du ressort fiscal du chôrion au profit de L’État. Ces terres dites clasmatiques sont souvent revendues aux puissants, ce qui contribue à la prédominance de la grande propriété.

Angleterre[modifier | modifier le code]

Détail du manuscrit du Domesday Book.
  • Guillaume le Conquérant fait établir le Domesday Book, un recensement des domaines établi à des fins administratives (fiscales). Il permet d’évaluer la population à cette époque à 1 500 000 habitants, ruraux à plus de 90 %. Il recense 112 villes. Londres compte 10 000 habitants, suivie de York, Norwich ou Lincoln (5 000 environ).
  • La société féodale est alors caractérisée par une répartition de ses membres en trois ordres, les clercs, les nobles et les travailleurs(??). De nombreux contrastes nuancent ce tableau, notamment entre haut clergé et bas clergé et au sein de la noblesse. Celle-ci est composée d’un groupe fermé de grands féodaux (la nobility) qui ne compte guère plus de 250 familles. En dessous d’elle vient la « gentry » qui rassemble les seigneurs terriens de moindre envergure à la multitude des chevaliers (knights et squires). Les « communs » (Commons), principalement des paysans, se diversifient progressivement : artisans, marchands, négociants jouent un rôle de plus en plus actif au point de confisquer à leur profit la représentation des bourgs aux Communes.
    • Les nobles sont avant tout des propriétaires fonciers qui assurent ainsi leur supériorité économique et sociale. Les tenants en chef reçoivent leurs fiefs directement du roi, en échange de services précis (conseil, ost et aide financière). Leurs possessions sont le plus souvent dispersées pour éviter une trop grande concentration de pouvoir entre les mains de quelques barons. À l’intérieur de leurs domaines, ils concèdent des fiefs à des nobles de moindre rang qui deviennent leurs vassaux. Le processus est reproduit jusqu’au niveau du manoir qui est véritablement la cellule de base de l’édifice social. Celle-ci est composée, autour de la demeure du seigneur, du domaine ou réserve, qui lui appartient en propre, et des parcelles concédées à des tenanciers en échange d’un revenu annuel sous la forme de rentes diverses et de la corvée. Le seigneur exerce aussi un droit de justice sur ses tenanciers, mais la disposition géographique des fiefs fait qu’aucun noble ne peut s’arroger la seigneurie banale, c'est-à-dire le droit de commander en lieu et place du souverain.
    • La population roturière est divisée entre les hommes libres (freemen ou sokemen), qui doivent fidélité à leur seigneur, sont soumis à sa justice, mais peuvent vendre leur terre, et la masse des non-libres (villeins, bordars, cottars) qui sont attachés à la terre et peuvent être vendus avec. L’esclavage persiste surtout en Cornouailles et à proximité du pays de Galles.

Les communes n'apparaissent pas encore au XIe siècle qui ne connaît pas d'institution représentative, le villainage normand est très spécifique, de même que le statut des serfs dans les domaines anglo-normands.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Andrzej Poppe, The Rise of Christian Russia, Variorum Reprints, (ISBN 9780860781059, lire en ligne)
  2. Cahiers de civilisation médiévale, Université de Poitiers, Centre d'études supérieures de civilisation médiévale, (lire en ligne)
  3. Vladimir Vodoff, Autour du Moyen Âge russe: trente années de recherches, Institut d'études slaves, (ISBN 9782720403743, lire en ligne)
  4. Henri van Hoof, Histoire de la traduction en Occident: France, Grande-Bretagne, Allemagne, Russie, Pays-Bas, Duculot, (ISBN 9782801109625, lire en ligne)
  5. Séances générales tenues à ... en ... par la Société française pour la conservation des monuments historiques, vol. 22, Derache, (lire en ligne)
  6. « Chronique de Nestor », sur remacle.org (consulté le 21 janvier 2017)