Années 1070

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Xe siècle | XIe siècle | XIIe siècle

Années 1050 | Années 1060 | Années 1070 | Années 1080 | Années 1090

1070 | 1071 | 1072 | 1073 | 1074 | 1075 | 1076 | 1077 | 1078 | 1079


Évènements[modifier | modifier le code]

Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

Économie et société[modifier | modifier le code]

  • Le favori de Michel VII, Niképhoritzès, établit à Rhodosto vers 1075 le monopole du commerce du blé dans l'Empire byzantin et confisque les ports particuliers de Thrace, grenier à blé de Constantinople. Le monopole perturbe le commerce : les détenteurs de blé qui le peuvent ne veulent plus vendre, amenant le renchérissement et la rareté. La foule saisit la première occasion pour détruire l’entrepôt (phoundax), siège du monopole (1077)[2]. Devant la coalition des puissants et des étrangers (Vénitiens), le monopole est supprimé en 1078.
  • Avec l’Anatolie, Byzance perd son principal fournisseur de laine et son industrie textile semble en avoir beaucoup souffert au moment où les tissus italiens cherchent de nouveaux débouchés en Orient.
  • Nomades, les Turcs ignorent la propriété privée. L’ensemble des terres conquises est considéré comme une propriété collective. En Asie Mineure, le système byzantin s’est complètement dilué lors de l’invasion. La disparition des grands propriétaires est considérée comme une délivrance par les paysans, qui adhérent au nouveau régime. Au cours du XIIe siècle, beaucoup de chrétiens, tentés par ces conditions plus libérales, quittent l’empire grec pour le sultanat de Rum.


Science et techniques[modifier | modifier le code]

Religion et philosophie[modifier | modifier le code]

  • Querelle entre le patriarche d’Alexandrie Christodulos (1047-1077) et le vizir du Caire Badr al-Djamali (1074-1094), au sujet de brimades qu’aurait infligées l’évêque de Nubie Victor aux musulmans. Le patriarche est mis en prison, puis libéré après sa disculpation. Il obtient alors d'envoyer une mission en Éthiopie où un certain Abdoun s'est imposé comme Aboun (métropolite d’Éthiopie). Christodule décide de régulariser cet évêque qu’il n’a pas désigné, mais la mission conduite par Mercure, évêque de Wasim, près de Gizeh, échoue (1076-1077). Avec l’accord du vizir Badr al-Djamali, Christodule envoie donc en Éthiopie un nouvel évêque, Sévère, neveu de Victor de Nubie, qui a pour mission principale de faciliter les relations entre l’Égypte et l’Éthiopie et de favoriser la construction de mosquées. Sévère entre en conflit avec Abdoun, qui finalement se réfugie à Dahlak, où le sultan le livre aux Égyptiens qui le font mettre à mort en 1086. La construction des mosquées se heurte à l'opposition de la population chrétienne soutenue par le Négus[5].



  • Réforme grégorienne : décrets du pape Grégoire VII (1074-1075) qui proclament la primauté de Rome sur l’Église, interdisent le mariage des prêtres, la simonie et les investitures laïques (1075). Ils déclencheront la querelle des Investitures (1076-1122). Des légats envoyés dans tous les pays d’Occident ont mission de déposer les clercs coupables déchus. Les souverains et la noblesse laïque d’Allemagne, de France, d’Angleterre et d’Italie du Nord soutiennent leur clergé.
  • Lanfranc nommé archevêque de Cantorbéry par Guillaume le Conquérant (1070-1089), lance un programme de réorganisation et de réforme de l’Église anglicane. Il conforte sa position en subordonnant l’archevêché d'York à celui de Cantorbéry. Il soutient la politique de Guillaume visant à remplacer des prélats anglais par des évêques normands, tant pour renforcer l’autorité normande que pour chasser les éléments corrompus de l’Église anglicane. Bien que défendant la souveraineté du pape, il s’associe à Guillaume pour tenter de préserver l’indépendance de l’Église anglicane. En même temps, il exige d’être affranchi de toute influence royale et séculière.
  • Saint Anselme, professeur à l’école de l’abbaye Notre-Dame du Bec, en Normandie, écrit le Monologion (terminé fin 1076) et le Proslogion (terminé en 1078) où il cherche à démontrer les raisons nécessaires à l’existence de Dieu par la dialectique et la rhétorique, notamment dans le deuxième chapitre du Proslogium, qui présente la théorie connue au XVIIIe siècle comme la preuve ontologique de l’existence de Dieu[8].
  • Rabbi Salomon ben Isaac, connu sous le nom de Rashi, fonde à Troyes vers 1070 une école rabbinique[9].

Art et culture[modifier | modifier le code]

  • Réforme de l’enseignement menée par Wang Anshi (1071-1076) en Chine. Elle donne davantage de place au savoir technique. Mais le chef du parti traditionaliste l'historien Sima Guang s'y oppose et la fait retirer à son arrivée au pouvoir en 1086[10].
  • Conseil et récits, ouvrage écrit par l’aristocrate byzantin Kékauménos (1075-1081).



  • Le peintre chinois Guo Xi réalise en 1072 Printemps précoce, chef-d'œuvre du paysage monochrome.
  • Époque probable de la confection de la tapisserie de Bayeux, broderie de 70 mètres de long, exécutée en laine sur toile de lin, peut-être accroché dans la cathédrale de Bayeux lors de sa consécration en 1077[13]. Elle retrace en 58 scènes les épisodes de la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Grousset (1885-1952), « Histoire de la Chine » [PDF], Club des Libraires de France,‎ première édition : 1942
  2. Sophie Métivier, Economie et société à Byzance (VIIIe-XIIe siècle): textes et documents, Publications de la Sorbonne, (ISBN 9782859445713, lire en ligne)
  3. « Hiver de 763 - 1400 », sur www.alertes-meteo.com (consulté le 20 janvier 2017)
  4. (en) Peng Yoke Ho, Explorations in Daoism: medicine and alchemy in literature, Routledge, (ISBN 9780415404600, lire en ligne)
  5. Joseph Cuoq, L'Islam en Éthiopie des origines au XVIe siècle, Nouvelles Editions Latines, (ISBN 9782723301114, lire en ligne)
  6. (en) Phyllis G. Jestice, Holy People of the World: A Cross-cultural Encyclopedia, vol. 3, ABC-CLIO, (ISBN 9781576073551, lire en ligne)
  7. Mustapha Hogga et Ghazzālī, Orthodoxie, subversion et réforme en Islam: Ġazālī et les seljūqides, Vrin, (ISBN 9782711611393, lire en ligne)
  8. Louis Girard, L'argument ontologique chez Saint Anselme et chez Hegel, Rodopi, (ISBN 9051836201, lire en ligne)
  9. Denise Bonan, Genèse de la pensée en Occident, Maisonneuve et Larose, (ISBN 9782706813443, lire en ligne)
  10. Edouard Biot, Essai sur l'histoire de l'instruction publique en Chine, et de las corporation des lettrés, depuis les anciens temps jusqu'à nos jours: ouvrage entièrement red́igé d'après les documents chinois, B. Duprat, (lire en ligne)
  11. Melvüt Bozdemir, La marche turque vers l'Europe, KARTHALA Editions, (ISBN 9782845865877, lire en ligne)
  12. Jean Flori, L'essor de la chevalerie: XIe-XIIe siècles, Librairie Droz, (ISBN 9782600039888, lire en ligne)
  13. Danielle Bruckmuller-Genlot, Peinture et civilisation britanniques: Culture et représentation, Ophrys, (ISBN 9782708009363, lire en ligne)
  14. (en) Georges Boudarel et Văn Ký Nguyễn, Hanoi: City of the Rising Dragon, Rowman & Littlefield, (ISBN 9780742516557, lire en ligne)
  15. Henri Pigaillem, Les grandes heures de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, Beauchesne, (ISBN 9782701014500, lire en ligne)
  16. Jean Jacques Bourassé, Les plus belles églises du monde: notices historiques et archéoloques sur les temples les plus célèbres de la chrétienté, Alfred Mame et fils, (lire en ligne)
  17. Adeline Rucquoi, Saint Jacques et la France: actes du colloque des 18 et 19 janvier 2001 à la fondation Singer-Polignac, Editions du CERF, (ISBN 9782204069410, lire en ligne)