Amal (Liban)

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Mouvement Amal
(ar) حركة أمل
Image illustrative de l’article Amal (Liban)
Logotype officiel.
Présentation
Chef Nabih Berri
Fondation 1974
Siège Beyrouth, Liban
Fondateurs Moussa Sader
Hussein Husseini
Religion Laïc (officiellement)
Islam chiite (majoritairement)
Positionnement centre droit[1]
Idéologie Conservatisme social
Populisme
Coalition Alliance du 8-Mars
Couleurs Vert et rouge
Site web http://www.amal-movement.com/
Représentation
Députés
17 / 128
Ministres (en)
3 / 30

Amal (أمل, « espoir »), acronyme partiel d'afwâju l-muqâwamati l-lubnâniya (détachements libanais de résistance), est la milice du « mouvement des dépossédés » créée par Moussa Sader et Hussein Husseini. Mostafa Chamran les a aidés à fonder la branche militaire d'Amal. Amal est devenue l'une des plus importantes milices musulmanes durant la guerre civile libanaise avant de s'intégrer au jeu politique libanais et de perdre de son audience face au Hezbollah. Amal s'est fortement développée, de par ses liens très forts avec le régime islamique d'Iran[réf. nécessaire], et les 300 000 réfugiés internes chiites du Liban du Sud[réf. nécessaire] après les bombardements israéliens du début des années 1980.

Historique[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, les Palestiniens lancent des attaques répétées contre Israël depuis le Liban. Or les Libanais du sud sont les premières victimes des représailles israéliennes[2]. Les habitants du sud, à majorité chiite essayent de se réfugier vers le nord du pays mais l'armée libanaise avait déjà installé un « cordon sanitaire » (zone tampon) dans le sud pour assurer la sécurité des habitants du nord[2]. Les chiites se sentent vite marginalisés, ce qui entraine un repli communautaire. En 1974, l'imam Moussa Sader crée le mouvement des dépossédés (harakat al-mahroumin) dont l'objectif est l'émancipation des chiites au Liban. En 1975, trois mois avant le déclenchement de la guerre civile, Moussa Sader déclare « Je dénonce la démission des responsables qui encouragent Israël à se venger et à se promener sur notre terre pure »[2]. Le parti lance un avertissement contre ce qu'il appelle les « fossoyeurs de la patrie » et affirme que « Si l'État ne veut pas défendre la patrie, nous la défendrons ; si la classe dirigeante ne veut pas faire son devoir, nous serons les constructeurs de l'avenir. Nous voulons sauver le pays de ceux qui le volent, le ruinent ou le mènent à sa perte »[2]. Face à la montée des tensions au Liban, le mouvement créé sa propre branche armée. Celui-ci obtiendra tout d'abord une aide logistique, militaire et économique provenant du Shah d'Iran, puis de la république Islamique dans un second temps.

Moussa Sader refuse l'usage de la force pour résoudre les problèmes du Liban et n'implique pas la milice dans les combats. Le , Moussa Sader disparaît lors d'une visite officielle en Libye. Hussein Husseini, alors député, prend la tête du mouvement pour une courte période avant de céder la place à Nabih Berri, qui reste le chef d'Amal jusqu'à aujourd'hui. Berri s'allie à la Syrie et engage la milice dans la guerre civile.

Amal s'est affrontée brutalement au Hezbollah à la fin 1988 à Beyrouth. Ses effectifs sont évalués à 20 000 militants. La milice Amal dispose d'un camp d'entraînement à Baalbek et un à Burj al-Barajinah. Quelques groupes d'Amal auraient été entraînées en Crimée (URSS)[réf. nécessaire]. Elle se divise en trois zones territoriales : le Sud-Liban, la plaine de la Beka'a et Beyrouth.

Après de nombreuses années d'activité réduite, qui ont permis au Hezbollah de développer sa présence au Sud-Liban, Amal a repris des activités violentes à la fin 1996. En janvier 1998, son unité de combat, le Régiment Shahir Mohammed Sa'ad a grièvement blessé Samir Raslan, chef des services de renseignements de l'Armée du Sud-Liban, par un attentat à la bombe[3].

Ce mouvement s'est déclaré solidaire du Hezbollah durant le conflit israélo-libanais de 2006[4]. Comme le montre Levy-Tadjine (2008), le mouvement Amal est aujourd'hui obligé d'user d'une tactique dialectique vis-à-vis du Hezbollah dont l'aura s'est accrue depuis la guerre de l'été 2006. Les deux partis sont de fait alliés au niveau national, ce qui n'empêche pas une rivalité parfois forte au plan local et des affrontements entre jeunes des deux camps (notamment sur le campus de l'Université libanaise) ne sont pas rares.

Actuellement, Amal possède un important bloc de députés au parlement libanais et Berri est le président du parlement. Bien que n'étant pas membre du mouvement Amal, le ministre de la santé Khaliffeh est affilié au mouvement et a été désigné par Nabih Berri.

Selon des télégrammes de la diplomatie américaine révélés par WikiLeaks, Nabih Berri reçoit de l’Iran 400 000 dollars américains par mois, le mouvement Amal dément[5].

Bien que majoritairement chiite, le mouvement Amal comporte aussi des députés chrétiens, sunnites et druzes[6].

Députés notables du bloc de Berri[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Risque pays du Liban : Politique », sur Société Générale (consulté le 2 octobre 2018).
  2. a b c et d Le Liban, Pierre Pinta, p.25
  3. (fr) Fiche sur Terror Watch
  4. (fr) « Le parti chiite Amal se déclare solidaire du Hezbollah », Le Monde, 19 juillet 2006.
  5. « Selon WikiLeaks, Berry reçoit de l’Iran 400 000 dollars par mois, le mouvement Amal dément », sur L'Orient-Le Jour, (consulté le 25 mars 2011)
  6. « Sud Liban II et III: victoire sans équivoque du tandem Hezbollah/Amal », Libnanews,‎ (lire en ligne)

Éléments de bibliographie et de mise en perspective[modifier | modifier le code]

  • Thierry LEVY-TADJINE, 2008, Témoin au Liban avec le Hezbollah, L'Harmattan, Paris, (ISBN 978-2-296-06619-9).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]