Duel judiciaire

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Représentation d'un combat judiciaire à Augsbourg, en 1409 (vers 1544).

Le duel judiciaire ou combat judiciaire (aussi appelé jugement par combat, jugement par les armes, procès par combat ou encore gage de bataille[1]) est une procédure ordalique provenant du droit germanique[2] permettant de statuer sur des accusations en l'absence de témoins ou d'aveux dans laquelle les deux parties en litige se battent en combat singulier (chacune pouvant être représentée par un champion) ; le vainqueur du combat est considéré comme étant celui désigné par Dieu pour être la personne bien-fondée des plaidants.

Cette méthode est restée en usage à travers tout le Moyen Âge européen. Par une ordonnance, dite de 1260, Saint Louis interdit les gages de bataille[3] dans le domaine royal. Ce texte est considéré comme le point de départ d'une nouvelle approche de la procédure judiciaire. Mais les nobles considèrent que la bataille est la seule preuve qui convienne à leur état[1] et, en 1306, Philippe IV le Bel l'autorise à nouveau pour les crimes de sang qui ne peuvent être prouvés par témoins. Il disparait progressivement au cours du XVIe siècle, précédant le duel d'honneur entre les XVIIe et XIXe siècles.

En France, l'un des tout derniers duels judiciaires autorisés a lieu fin décembre 1386, à Paris, ordonné par la chambre des seigneurs du parlement de Paris et approuvé par Charles VI. Il oppose Jean de Carrouges à Jacques Le Gris (en), le premier accusant le dernier d'avoir violé sa femme alors qu'il était en voyage à l'étranger. Carrouges remporte le duel en tuant Le Gris[4],[5]. Le dernier duel à être autorisé publiquement a lieu le 10 juillet 1547 au château de Saint-Germain-en-Laye : il oppose Guy Chabot de Jarnac à François de Vivonne, à la suite d'une demande de Jarnac au roi Henri II de pouvoir venger son honneur. Le duel est remporté par Jarnac après avoir blessé à l'épée Vivonne qui finit par mourir de ses blessures[5],[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Claude Galvard, « duel judiciaire », Dictionnaire du Moyen Âge, 2004, PUF, p. 453.
  2. Olivier Jouslin, « Rien ne nous plaît que le combat » : la campagne des Provinciales de Pascal : étude d'un dialogue polémique, vol. 1, Presses Univ. Blaise Pascal, coll. « C.E.R.H.A.C. », , 805 p. (ISBN 9782845163607), p. 239.
  3. « Paul Guilhiermoz, « Saint Louis, les gages de bataille et la procédure civile », Bibliothèque de l'école des chartes, 1887, tome 48, pp. 111-120 », sur persee.fr.
  4. Jean Froissart, Chroniques de J. Froissart, t. 13, Paris, J. Renouard, , 394 p. (lire en ligne), p. 102-107.
  5. a et b Denis Diderot et Jean Le Rond D'Alembert, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers : Do - Esymnete, t. 5, Paris, Briasson, , 1011 p., p. 162.
  6. Geoffroy Caillet, « Le « coup de Jarnac » fête son anniversaire », sur lefigaro.fr, Le Figaro, (consulté le 30 avril 2016).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Monique Chabas, Le Duel judiciaire en France : XIIIe-XVIe siècles, Jean-Favard, , 294 p. (ISBN 2-85344-999-8).