Altaï (cheval)

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Altaï
Altaï sellé
Altaï sellé
Région d’origine
Région Montagnes de l'Altaï, Drapeau de la Russie Russie
Caractéristiques
Morphologie Poney
Taille 1,32 m à 1,42 m
Poids 350 à 400 kg
Robe Généralement noire, alezane, baie ou grise, avec des caractères primitifs. Tacheté populaire
Tête Moyenne, parfois grossière
Pieds Adaptés à la montagne
Caractère Volontaire et résistant.
Autre
Utilisation Selle et bât

L'Altaï (russe : Altaïskaya) est une race de poney sibérien, originaire des montagnes du même nom. Rustique et résistant, il s'est adapté au fil des siècles aux rigueurs de son environnement. La race est croisée après la Révolution russe. Elle est désormais assez rare sous sa forme originelle, la plupart des chevaux de la région de l'Altaï étant issus de croisements. Les poneys de race pure sont connus pour leur robe tachetée.

Dénomination[modifier | modifier le code]

La race porte le nom de Altaïskaya en russe. Elle peut également être nommée « Oirot »[1], ou encore « sibérien du sud »[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Cavalière de l’Altaï en costume traditionnel

L'Altaï est considéré comme l'une des races animales les plus anciennes de la Sibérie : il présente des similitudes morphologiques avec les squelettes équins des Kourganes, déterrés à Pazyryk et datés du Ve et IIIe siècles av. J.-C.[3]. Ce cheval scythe porte un masque rituel. La présence de chevaux domestique dans la région semble remonter à 1 500 ans avant notre ère[4].

De petits chevaux proches du cheval mongol[5] sont élevés pendant des siècles dans les montagnes de l'Altaï, gagnant au fil du temps leur adaptation à ce biotope rigoureux[6]. Les tribus nomades locales ont toujours eu besoin de chevaux dans la vie quotidienne, sélectionnant les animaux sur leurs capacités cardiaques et pulmonaires, leur musculature, leurs tendons, et surtout leur sûreté de pied[6]. La sélection de la race s'étend ainsi sur une très longue période de temps[6].

Au début du XXe siècle, après la Révolution russe, le gouvernement soviétique impose des croisements avec d'autres races russes comme le cheval du Don, des trotteurs et divers demi-sangs[6],[7]. Le croisement avec la race Boudienny est pratiquer pour donner des chevaux de travail du bétail[7]. Les croisements avec le cheval du Don et les races de trait sont destinés à la production de viande[7].

Les chevaux qui s'adaptent au climat local finissent par s'intégrer à la race Altaï, qui est depuis élevée en race pure[6]. L’Altaï a gagné en taille et en capacité de travail dans ces croisements. Au milieu des années 1970, une enquête permet de sélectionner les 680 meilleures juments de la race, dans des fermes collectives[6]. En 1980, environ 10 000 Altaï sont comptabilisés, dont 3 500 de pure race[8]. En 1990, ils sont 14 572, dont 6 295 femelles en âge de se reproduire et 227 mâles reproducteurs, 47 femelles étant élevées en race pure[1].

Description[modifier | modifier le code]

Tête d'un cheval gris dans l'Altaï.

L'Altaï appartient au groupe des poneys sibériens[1]. D'après CAB International et le guide Delachaux, il mesure de 1,32 m à 1,42 m en moyenne[6],[7]. La base de données DAD-IS donne une taille moyenne de 1,40 m pour les mâles et 1,37 m pour les femelles[1]. Le guide Delachaux indique 1,30 m à 1,45 m, et reprend les mesures moyennes de DAD-IS[5]. Le poids va de 350 à 400 kg.

Morphologie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Morphologie du cheval.

La tête, de profil rectiligne ou légèrement concave[5], est moyennement longue, large, et peut se révéler grossière[6], avec de petits yeux[5]. L'encolure est courte[5] et charnue[6], le poitrail large[5], le dos long[7], avec une tendance à légèrement se creuser[6]. La croupe est musclée, inclinée[5], et bien développée[6], les jambes sont courtes[7] et bien formées[6], solides[5]. Le pied, aux sabots durs[5], présente une structure adaptée à la montagne[1]. Certaines de ses particularités sont considérées comme des défauts de conformation, telles que des jarrets clos et les paturons inclinés[6]. Les crins sont fournis[5].

Robes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Robe tachetée du cheval.

La robe est habituellement noire, alezane, baie ou grise, souvent avec des caractères primitifs (pangaré, raie de mulet...). L'Altaï présente aussi, plus rarement, la robe tachetée, localement nommée chubary[6], qui est typique des chevaux de race pure[7]. Très populaire, cette dernière est généralement perdue lors des croisements. Ce fait a motivé la création d'élevages spécialisés dans l'obtention de chevaux Altaï colorés[6].

Tempérament, entretien et allures[modifier | modifier le code]

L'Altaï se caractérise par une nature volontaire et résistante. Il peut vivre sous une température basse avec peu d'apports alimentaires[5]. Ces chevaux sont naturellement élevés de façon extensive par les nomades de l'Altaï[5]. Bon nombre de sujets vont l'amble naturellement[9].

L'Altaï a fait l'objet d'une étude visant à déterminer la présence de la mutation du gène DMRT3 à l'origine des allures supplémentaire : l'étude de 25 sujets a permis de confirmer la présence de cette mutation chez 8 % des chevaux testés, en revanche il n'y avait pas de chevaux présentant avec des allures supplémentaires parmi les sujets de la race[10]

Sélection[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nouvel Altaï.
Cheval de race Nouvel Altaï.

Il est employé en croisement avec le trait lituanien, le trait soviétique, le cheval du Don et diverses races de trait pour produire des chevaux plus grands dotés d'une meilleure capacité de traction et d'une meilleure aptitude à la production de viande. En russe, la race issue de ces croisements à viande est nommée novoaltaiskaya, soit Nouvel Altaï en français[11].

Une sélection basée sur la selle existe aussi, par croisement avec le Boudienny, mais les éleveurs veillent à garder un stock d'élevage suffisant en race pure pour maintenir la diversité génétique[6].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Cheval Altaï bâté

Il est apte à la selle et au trait léger[9], mais ce cheval est surtout utilisé bâté, grâce à ses excellentes capacités de portage et à son adresse en montagne[5].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

L'étude menée par l'Université d'Uppsala, publiée en août 2010 pour la FAO, signale l'Altaï comme race locale transfrontière européenne, qui n'est pas menacée d'extinction[12]. La race est en effet présente en Russie, en Mongolie, et au Kazakhstan[5]. Dans les données de la base DAD-IS de la FAO, l'Altaï n'est cependant comptabilisé que comme une race de la Russie[1].

La race est finalement rare, car la grande majorité des chevaux présents dans le kraï de l'Altaï sont croisés[6],[7]. Il reste possible de trouver quelques milliers de chevaux de race pure dans le Haut-Altaï (2007)[6]. Les données communiquées par la Russie à la FAO indiquent un déclin inquiétant du nombre de chevaux : en 2003, seuls 3 190 chevaux de race Altaï sont comptabilisés[1]. D'après l'évaluation de la FAO réalisée en 2007, l'Altaï n'est cependant pas menacé d'extinction[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g DAD-IS.
  2. Porter 2002, p. 109.
  3. Hendricks 2007, p. 14.
  4. (en) Ann T. Bowling et Anatoly Ruvinsky, The Genetics of the Horse, CAB International, , 512 p. (ISBN 0851999255 et 9780851999258), p. 31.
  5. a b c d e f g h i j k l m et n Rousseau 2016, p. 279.
  6. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r Hendricks 2007, p. 13.
  7. a b c d e f g et h Porter et al. 2016, p. 433.
  8. Kosharov, Pern et Rozhdestvenskaya 1989.
  9. a et b Edwards 1980, p. 317.
  10. (en) M. Promerová, L. S. Andersson, R. Juras et M. C. T. Penedo, « Worldwide frequency distribution of the ‘Gait keeper’ mutation in the DMRT3 gene », Animal Genetics, vol. 45, no 2,‎ , p. 274–282 (ISSN 1365-2052, DOI 10.1111/age.12120, lire en ligne, consulté le 17 décembre 2017).
  11. « Novoaltaiskaya/Russian Federation », Domestic Animal Diversity Information System of the Food and Agriculture Organization of the United Nations (DAD-IS) (consulté le 6 octobre 2015).
  12. (en) Rupak Khadka, « Global Horse Population with respect to Breeds and Risk Status », Uppsala, Faculty of Veterinary Medicine and Animal Science - Department of Animal Breeding and Genetics, , p. 62 ; 67.
  13. (en) « Breeds Currently Recorded In The Global Databank For Animal Genetic Resources » [PDF], Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, , p. 27.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Edwards 1980] (en) Elwyn Hartley Edwards, « Altai Horse », dans A Standard guide to horse & pony breeds, McGraw-Hill, , 352 p., p. 316-317
  • [Hendricks 2007] (en) Bonnie Lou Hendricks (préf. Anthony A. Dent), « Altaï », dans International Encyclopedia of Horse Breeds, Norman, University of Oklahoma Press, , 486 p. (ISBN 080613884X et 9780806138848, OCLC 154690199, lire en ligne), p. 13 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Kosharov, Pern et Rozhdestvenskaya 1989] (en) A. N. Kosharov, E. M. Pern et G. A. Rozhdestvenskaya, « Horses », dans Animal Genetic Resources of the USSR. Animal Production and Health Paper Publ., Rome, FAO, , 517 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Porter 2002] (en) Valerie Porter, « Altai », dans Mason's World Dictionary of Livestock Breeds, Types and Varieties, CABI, (ISBN 085199430X et 9780851994307)
  • [Porter et al. 2016] (en) Valerie Porter, Lawrence Alderson, Stephen J.G. Hall et Dan Phillip Sponenberg, Mason's World Encyclopedia of Livestock Breeds and Breeding, CAB International, , 6e éd., 1 107  p. (ISBN 1-84593-466-0, OCLC 948839453), « Altaï », p. 433Voir et modifier les données sur Wikidata
  • [Rousseau 2016] Élise Rousseau (ill. Yann Le Bris), Guide des chevaux d'Europe, Delachaux et Niestlé, (ISBN 978-2-603-02437-9), « Altaï », p. 279. Voir et modifier les données sur Wikidata