Amourski

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Poney de Mandchourie

Amourski
Serko, hongre de 1,37 m, à l'âge de 14 ans
Serko, hongre de 1,37 m, à l'âge de 14 ans
Région d’origine
Région Drapeau de la Russie Russie et Drapeau de la République populaire de Chine Chine, région de Mandchourie
Caractéristiques
Morphologie Poney
Taille 1,30 m à 1,40 m
Robe Généralement baie, grise ou alezane
Tête Chanfrein busqué et large
Statut FAO (conservation) ÉteinteVoir et modifier les données sur Wikidata
Autre
Utilisation Randonnée au long cours

L'amourski (russe : amurskaya), également nommé cheval de l'Amour ou poney de Mandchourie, est une race de poney sibérien. Désormais éteinte, elle était originaire des alentours du fleuve Amour, en Russie et en Chine. Ces petits chevaux sont réputés pour leur grande endurance. La race est surtout connue à travers l'exploit d'un de ses représentants, Serko, monté par Dimitri Pechkov.

Dénomination[modifier | modifier le code]

En russe, le nom de la race est Amurskaya[1]. En Chine, cette race porte le nom de « poney de Mandchourie ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Serko et Dimitri Pechkov d'après le Journal des voyages, 1890.

D'après la FAO[1] et CAB International[2], ce poney est issu d'un mélange entre des chevaux de race Transbaikal et Tomsk. Jean-Louis Gouraud rappelle que la parenté entre les chevaux de Mandchourie et ceux de l'Amour est évoquée dans des ouvrages de la fin du XIXe siècle[3] et par d'autres auteurs[4]. Ces chevaux sont les montures traditionnelles des Cosaques russes locaux : Leonid de Simonoff et Jean de Moerder (1894) les nomment « race de chevaux élevée par les Cosaques de l'Amour »[5].

En 1889, le cosaque Dimitri Pechkov réalise ce qui est considéré comme le plus formidable exploit équestre de tous les temps[6] sur un cheval amourski nommé Serko. Il couvre plus de 9 000 kilomètres en moins de 200 jours pour se rendre à la cour du Tsar à Saint-Pétersbourg[6].

Dix de ces poneys sont choisis pour l'expédition Nimrod d'Ernest Shackleton vers le pôle Sud, grâce à leur résistance au froid[7]. Ils s'adaptent mal au voyage et 6 sur 10 d'entre eux meurent avant le départ le [7].

La race disparaît au cours du XXe siècle, vraisemblablement à cause de croisements. Côté russe, elle est absorbée par le trotteur Orlov, le trotteur russe, le cheval du Don et le Boudienny[1],[2]. Côté Chinois, en 1986, les haras du Heilongjiang hébergent des chevaux mi-lourds, du fait des interventions des zootechniciens locaux pour augmenter la taille et la masse des animaux[8].

Description[modifier | modifier le code]

D'après Jean-Louis Gouraud, ces chevaux ont le chanfrein busqué, les yeux vifs, l'encolure courte et épaisse et les ganaches lourdes. Le dos est long et droit, le rein puissant et la croupe massive, avec une queue attachée haut[9]. La hauteur au garrot va de 1,30 m à 1,40 m, pour une moyenne de 1,35 m. Ces chevaux sont de robe généralement baie, grise ou alezane[10]. Ils supportent des températures allant jusqu'à −40 °C, et tolèrent très bien le jeûne.

Ils sont assez proches extérieurement des chevaux Bachkir[5]. Ils sont élevés en tabounes de 10 à 20 têtes[5].

Utilisations[modifier | modifier le code]

L'amourski est un excellent cheval de randonnée doté d'une très grande résistance. À ce jour, cette race détient encore le record du monde de randonnée au long cours.

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Les Amourski proviennent du long du fleuve Amour, qui sépare la Chine de la Russie. Ils originaires d'un vaste territoire transfrontière au nord-est de l'Asie.

L'Amourski est mentionné comme une race éteinte dans la base de données DAD-IS de la FAO[1]. L'étude de l'université d'Uppsala menée pour la FAO en 2010 liste l'Amourski comme une race européenne locale éteinte[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d DAD-IS.
  2. a et b (en) Valerie Porter, Mason's World Dictionary of Livestock Breeds, Types and Varieties, CABI, , 380 p. (ISBN 085199430X et 9780851994307), p. 164.
  3. de Simonoff et de Moerder 1894, p. 68, cité par Gouraud 1996.
  4. Gouraud 1996, p. 192.
  5. a b et c de Simonoff et de Moerder 1894, p. 68.
  6. a et b « Serko, le raid à cheval de Pechkov », worldtrailrides.com (consulté le 16 janvier 2009).
  7. a et b Claude-Alain Emery, « L'histoire de l'exploration de l'Antarctique », Le Globe. Revue genevoise de géographie, vol. 149, no 1,‎ , p. 151–176 (DOI 10.3406/globe.2009.1562, lire en ligne)
  8. Valérie Courtot-Thibault (dir.), Le petit livre du cheval en Chine, Favre, coll. « Caracole », , 205 p. (ISBN 978-2828903312), p. 36 ; 38-39.
  9. Gouraud 1996, p. 45.
  10. Gouraud 1996, p. 40-41.
  11. (en) Rupak Khadka, « Global Horse Population with respect to Breeds and Risk Status », Uppsala, Faculty of Veterinary Medicine and Animal Science - Department of Animal Breeding and Genetics, , p. 58 ; 66.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]