Demi-sang (cheval)

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Photo jaunie présentant un cheval de profil harnaché.
Un Charolais, exemple de demi-sang.

Un demi-sang est, dans le domaine de l'élevage équin, un cheval originellement issu du croisement entre une race à sang chaud et une autre race. Du fait du croisement, il présente une grande variété de modèles, et s'utilise en fonction dans la cavalerie, en attelage, pour la selle, dans le travail agricole ou dans les courses hippiques. Le demi-sang est présent en France mais également dans de nombreux pays d'Europe tels que l'Allemagne, les Pays-Bas ou l'Irlande. Il est à l'origine des races de chevaux de sport qui dominent les Jeux olympiques et les Jeux équestres mondiaux dans les disciplines du dressage, du saut d'obstacles et du concours complet. Ce terme est désormais désuet en France.

Terminologie et définition[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, le terme désigne un cheval né d'un étalon ou d'une poulinière Pur Sang avec un étalon ou jument d'une autre race, jugée « commune »[1]. Par extension, le terme désigne tout produit demi-sang croisé avec un autre demi-sang, voir également un croisement d'un demi-sang avec un autre cheval, ce qui génère des produits souvent assez éloignés du sang[2]. En France, cette appellation est officialisée en 1914. Le terme de « demi-sang » désigne alors le croisement d'une jument de terroir avec un étalon Pur Sang[3],[4]. Ce terme est tombé en désuétude en France. À l'international, on utilise les dénominations de Halfblood ou Halfbred pour désigner un cheval issu du croisement d'une race locale avec un Pur Sang, ou ayant une forte influence PS. Pour cette raison, de nombreux chevaux définis comme Halfblood ont beaucoup plus de 50 % d'origines génétiques PS[5].

Qualités mentales et physiques[modifier | modifier le code]

Photo en noir présentant un cheval de profil nu avec un licol.
Demi-sang au modèle; la tête massive est particulièrement visible sur ce sujet.

Le modèle du demi-sang est très variable du fait de la grande hétérogénéité des individus croisés. Le Pur Sang prédomine chez certains sujets mais il ne laisse souvent que des traces. La tête massive semble être un critère particulièrement dominant[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce nom est apparu pour désigner des chevaux européens utilisés pour le transport et la guerre, issus de croisements entre des races locales et des chevaux de races orientales ou pur-sang anglais.

À la fin du XIXe siècle, le demi-sang est à la mode. Les notables sont en effet séduits par ce cheval « à deux fins » adapté aussi bien à la selle qu'à l'attelage. Avec l'arrivée de la motorisation, les produits de ce croisement sont réorientés vers l'équitation sportive[7]. En France, les principaux haras produisant des chevaux demi-sang sont situés à Caen en Normandie, à La Roche-sur-Yon en Vendée, à Cluny pour le Centre, ainsi qu'en Saintonge et dans l'Ain[8].

Les chevaux demi-sang sont à la base du cheptel mondial de chevaux de selle ou de trait léger[9]. Les races de chevaux de sport qui dominent les Jeux olympiques et les Jeux équestres mondiaux dans les disciplines du dressage, du saut d'obstacles et du concours complet depuis 1950 sont issues des demi-sangs, et sont également désignées sous le nom anglophone de « warmblood ». Parmi ces races figurent l'hanovrien, l'oldenbourg, le trakehner, l'holsteiner, le selle suédois et le KWPN hollandais[10],[11]. Le selle français est également concerné puisque la création du studbook en 1958 résulte de la fusion de l'ensemble des races françaises dites « demi-sang »[8].

Races[modifier | modifier le code]

Le demi-sang est présent en France mais également dans de nombreux pays d'Europe tels que l'Allemagne, les Pays-Bas ou l'Irlande[12].

En France, l'angevin (un demi-sang de la région d'Angers), l'anglo-normand, le charentais (demi-sang de la région des Charentes), le charolais (dans la région de Charolles), le cheval des Dombes, le demi-sang du Centre, et le vendéen sont des races de demi-sang à part entière[13].

Utilisation[modifier | modifier le code]

L'utilisation du demi-sang dépend du croisement réalisé. Lorsqu'il s'agit d'un croisement entre un cheval à sang chaud et un cheval plus lourd comme le Shire ou le Cleveland Bay, il est particulièrement adapté pour le travail agricole[14]. Pour les modèles plus légers, il est employé dans la cavalerie des pays d'Europe du Nord[14], ce qui est particulièrement la cas pour l'hanovrien, le hollandais à sang chaud et le holsteiner[14], ainsi que pour l'attelage léger comme le fiacre ou bien pour tirer des omnibus[6]. Une partie des chevaux demi-sang sont également sélectionnés pour les courses hippiques, en particulier pour les courses d'obstacles. Des courses officielles leur sont réservées[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Cheval », dans Dictionnaire de la conversation et de la lecture, t. XIV, .
  2. (de) C.G. Wrangel, « Das Halbblud », dans Die Rassen des Pferdes, Рипол Классик (ISBN 5880743985 et 9785880743988, lire en ligne), p. 269.
  3. Bataille 2008, p. 110
  4. Andrea Fitzpatrick, Le Monde fascinant des chevaux, Paris, Nov'edit, , 437 p. (ISBN 9782350332086), p. 245.
  5. Porter et al. 2016, p. 430.
  6. a et b L. Champion, « Du cheval « demi-sang » proprement dit », dans Du cheval de selle français, Lavauzelle, (ISBN 2702509002 et 9782702509005)
  7. Roland Jussiau, Louis Montméas et Jean-Claude Parot, L'élevage en France : 10 000 ans d'histoire, Educagri Editions, , 539 p. (ISBN 9782844440662, lire en ligne), p. 353
  8. a et b Philippe Gérard, Le selle Français, Animalia, , 61 p. (ISBN 9782915740714), p. 4-5
  9. Bataille 2008, p. 15
  10. (en) Moira C. Reeve et Sharon Biggs, The Original Horse Bible : The Definitive Source for All Things Horse, i5 Publishing, , 544 p. (ISBN 1937049256 et 9781937049256, lire en ligne), p. 53
  11. (en) Audrey Pavia, Janice Posnikoff et D.V.M., Horses For Dummies, John Wiley & Sons, , 384 p. (ISBN 1118054652 et 9781118054659, lire en ligne), p. 56
  12. Bataille 2008, p. 12
  13. (en) Guy Baratoux et Victor Siméon, A Celebration of the Horse, Molière, , 131 p., p. 40
  14. a, b et c Andrea Fitzpatrick, Le Monde fascinant des chevaux, Paris, Nov'edit, , 437 p. (ISBN 9782350332086), p. 17-18
  15. « L'AQPS «Autre Que Pur Sang» ou «French Chaser» », sur Haras nationaux - ifce (consulté le 8 octobre 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]