Pangaré

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Pangaré

Robe du cheval

Description de cette image, également commentée ci-après

Jument trait du Nord présentant un pangaré très étendu et bien visible.

Génotype
Notation P (PP ou Pp)
Robe de base Bai ou alezan
Phénotype
Corps Décoloration autour des naseaux, des yeux, sur le ventre, les cuisses et l'intérieur des membres antérieurs.
Crins Pas d'effet
Fréquence

Le pangaré est une particularité de la robe de certains animaux (cheval, lama, alpaga...) consistant en une décoloration de zones spécifiques du pelage, notamment autour du museau, des yeux et sur le ventre. Surtout connu dans le domaine de l'hippologie, le pangaré forme une particularité de la robe du cheval, assez fréquente chez les races dites primitives comme l'Ardennais et le Fjord, mais rare par ailleurs. À ce titre, elle témoigne d'un type sauvage impliquant une contre-illumination.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Le mot repris en français[1] et à l'international pour désigner le phénotype et le génotype[2], « pangaré », provient de la dénomination espagnole utilisée notamment en Argentine pour les chevaux présentant des zones claires sur leur pelage. Ce nom est alors employé en combinaison avec celui de la robe de base sur laquelle le pangaré est actif, par exemple castaño pangaré pour le bai et alazan pangaré pour l'alezan. Les anglo-saxons parlent de « mealy muzzle » pour désigner les décolorations spécifiques de la tête et du museau[3] et de sorrel pour les alezans pangarés[2], mais ont finit par adopter la dénomination « pangaré ». En allemand, ces chevaux sont nommés « wildfald ». En italien, ils étaient jadis dénommés zaino en combinaison avec le nom de la robe de base (baio zaino et sauro zaino), mais la raréfaction de cette robe a fini par entraîner un glissement sémantique du terme, qui désigne désormais les chevaux sans marques blanches[3].

Description[modifier | modifier le code]

La pangaré est une décoloration des parties inférieures de la robe de base, incluant le ventre, l'intérieur des coudes, les grassets, l'intérieur des membres, le bout du nez et le contour des yeux[1]. Cette décoloration peut apparaître dans des tons blanchâtres ou jaunâtres[4].

Génétique[modifier | modifier le code]

Décoloration du ventre

Deux allèles sont connus, notés P. Seule la forme dominante (PP) provoque une modification de la robe de base, la forme récessive (Pp) n'en entraînant pas. La forme dominante est donc facilement transmissible à la descendance[1]. Le généticien américain Dr Sponenberg avait identifié le gène pangaré comme dominant sur le non-pangaré, et supposé qu'il serait actif sur la robe noire, donnant le noir pangaré[4]. Celà a donné lieu à l'officialisation de la dénomination « noir pangaré », mais cette théorie s'est révélée fausse à la lumière de découvertes génétiques plus récentes.

Fréquence[modifier | modifier le code]

Le pangaré est plus fréquent chez les chevaux primitifs, sa représentation est d'ailleurs évidente sur de nombreuses peintures rupestres, parfois schématisée par un trait foncé en forme de « M »[5]. De ce fait, il est considéré comme caractéristique d'un type sauvage[6]. À l'époque magdalénienne, le pangaré semble être le type dominant chez les chevaux sauvages. C'est une caractéristique bien connue chez le cheval de Przewalski, le dernier cheval sauvage subsistant. Elle est devenue rare chez les chevaux domestiques modernes, le contraste au niveau de la robe n'étant d'ailleurs pas aussi évident que chez les Przewalskis. La robe pangarée est systématique chez les races du Fjord et de l'Exmoor, deux poneys connus pour leurs caractères primitifs[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c S. Danvy, C. Dubois et A.C. Grison, « Génétique des mélanges de poils, panachures et autres particularités », Haras nationaux,‎ (consulté le 13 septembre 2014)
  2. a et b Khatib 2015, p. 109
  3. a, b et c Azzaroli 1985, p. 164
  4. a et b (en) Ingrid Wood et Denise Como, « The pangaré locus », dans A Breeder's Guide to Genetics, Dogwise Publishing (ISBN 1617810819 et 9781617810817)
  5. Azzaroli 1985, p. 165
  6. (en) Sandra L. Olsen, Horses Through Time, Rowman & Littlefield,‎ (ISBN 1570983828 et 9781570983825), p. 212

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Augusto Azzaroli, An Early History of Horsemanship, BRILL,‎ (ISBN 9004072330 et 9789004072336), p. 164
  • (en) Hasan Khatib, Molecular and Quantitative Animal Genetics, John Wiley & Sons, coll. « CourseSmart Series »,‎ (ISBN 1118677404 et 9781118677407)