Ob (cheval)

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Ob
Région d’origine
Région Drapeau des Khantys-Mansis Khantys-Mansis
Caractéristiques
Morphologie Poney
Taille 1,30 m à 1,42 m
Robe Gène dun et marques primitives
Tête Grosse, profil convexe
Pieds Larges et plats
Caractère Robuste et résistant
Autre
Utilisation Traction principalement

L'Ob, ou Priob, est une race de poneys originaire du district autonome du Khantys-Mansis, situé dans l'Ouest de la Sibérie, en Russie. D'apparence grossière, il est rustique et très résistant au froid, comme la race voisine du Iakoute. Il est surtout utilisé comme poney de traction, et a influencé la race de l'Estonien. Devenu rare avec moins de 1 000 sujets répertoriés en 1988, ce petit cheval est menacé de disparition.

Histoire[modifier | modifier le code]

« Poney sibérien » de l'expédition Terra Nova, pouvant être un Ob.

En russe, la race est nommée priobskaya, ou encore Ostyak-Vogul[1]. « Ob » est le nom anglais[1]. La race est répertoriée sous le nom de « Priobskaya » (qui est considéré comme le nom international le plus commun) sur DAD-IS[1], mais sous celui de « Ob Pony » (poney de l'Ob) dans d'autres publications internationales[2]. Le guide Delachaux (2014 et 2016) retient la graphie « Priob »[3].

Les premières recherches sur la race remontent à 1936[4]. L'Ob a été croisé avec des chevaux de trait russes et des trotteurs, sans effet notable sur son modèle[3]. En 1988, un relevé de population transmis à la FAO fait état d'un cheptel situé dans une fourchette de 100 à 1 000 chevaux[1]. En 1995, la World Watch List for Domestic Animal Diversity éditée par la FAO inclut l'Ob aux races rares[5].

Description[modifier | modifier le code]

L'Ob appartient au groupe des poneys du Nord de la Russie[1], et présente une apparence similaire à celle des poneys Narym et Iakoute[6]. Cheval de travail rustique, il est donc proche du Iakoute, mais davantage typé pour la traction. Il mesure de 1,32 m à 1,42 m selon l'étude de l'université d'Oklahoma (2007)[4] et CAB International (2016)[6], de 1,30 m à 1,40 m selon le guide Delachaux, qui cite une moyenne d'1,36 m chez les mâles et d'1,32 m chez les femelles[3].

La taille est réduite, mais le tronc est particulièrement solide et le squelette, bien développé. La tête est grossière, de taille moyenne, souvent dotée d'un profil romain (convexe)[3],[4]. L'encolure est courte et épaisse. L'épaule est courte et inclinée[4], le poitrail large[3] et le garrot peu sorti[4]. Le dos, long, est souvent droit[3] ou carpé[4]. La croupe est inclinée[3]. Les jambes sont courtes et solides, terminées par des sabots larges et plats, adaptés aux terrains marécageux[4]. La peau est épaisse, crinière et queue sont fournies[3].

Robes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Robe du cheval.

Ce poney peut porter des robes très variées, mais le cas le plus fréquent est l'expression du gène dun, incluant l'isabelle sauvage et le souris[4]. On trouve également du bai, très généralement avec des marques primitives telles qu'une raie de mulet, une bande scapulaire et des zébrures sur les membres[4],[3],[6].

Tempérament et entretien[modifier | modifier le code]

La race est très fertile et de longue durée, puisque ces poneys travaillent couramment jusqu'à l'âge de 18 ou 20 ans[4]. L'Ob affronte un climat très rigoureux, entraînant de fréquents manques de nourriture[4]. Il est réputé robuste et résistant[4]. Il accumule des réserves de graisse durant l'été, afin d'affronter la mauvaise saison[3].

Utilisations[modifier | modifier le code]

L'Ob sert surtout de poney de traction légère[6]. Il était historiquement attelé à des chargements de poisson et de marchandises diverses[3]. Il est également bâté l'hiver, et mis au travail de débardage forestier[6],[4]. L'été, les habitants laissent généralement les poneys libres de tout travail, afin qu'ils puissent se nourrir le long des rives fluviales fertiles[4].

L'Ob a influencé la race de l'Estonien[7].

Diffusion de l'élevage[modifier | modifier le code]

Biotope typique du Khanty-Mansiïsk.

Le berceau d'élevage se situe dans le Khanty-Mansiïsk, dans les vallées du fleuve Ob et de l'Irtych, d'où son nom. Ce poney s'adapte mal aux zones de forêt du Nord de la région[4]. L'élevage équin ne fait pas partie des principales pratiques d'élevage du Khanty-Mansiïsk, plutôt orienté vers la production de bovins, de cervidés, et de fourrures[8].

L'Ob est considéré comme une race rare[6]. L'évaluation des menaces sur les races de chevaux du monde menée par la FAO en 2007 le cite colmme race en danger d'exinction (statut « D »), endangered[9]. L'étude menée par l'Université d'Uppsala, publiée en août 2010 pour la FAO, signale aussi l'Ob comme race locale européenne menacée d'extinction[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e DAD-IS.
  2. a et b (en) Rupak Khadka, « Global Horse Population with respect to Breeds and Risk Status », Uppsala, Faculty of Veterinary Medicine and Animal Science - Department of Animal Breeding and Genetics, .
  3. a b c d e f g h i j et k Rousseau 2016, p. 301.
  4. a b c d e f g h i j k l m n et o Hendricks 2007, p. 350.
  5. (en) Beate Scherf, World Watch List for Domestic Animal Diversity, Food and Agriculture Organization of the United Nations, , p. 348.
  6. a b c d e et f Porter et al. 2016, p. 492.
  7. Dmitriev et Ernst 1989, p. 313.
  8. (en) International Business Publications, Russian Investment, Economic, Ecological and Business Risk Atlas, Int'l Business Publications, , 384 p. (ISBN 0739706551 et 9780739706558), p. 168.
  9. (en) « Breeds Currently Recorded In The Global Databank For Animal Genetic Resources » [PDF], Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, , p. 99.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Dmitriev et Ernst 1989] (en) Nikolaï Grigorevitch Dmitriev et Lev Konstantinovitch Ernst, Animal genetic resources of the USSR : FAO animal production and health paper 65. Rome: Food and Agriculture Organization of the United Nations, (ISBN 9251025827, lire en ligne [PDF]), p. 338–339
  • [Hendricks 2007] (en) Bonnie Lou Hendricks, International Encyclopedia of Horse Breeds, Norman, University of Oklahoma Press, , 2e éd., 486  p. (ISBN 0-8061-3884-X, OCLC 154690199, lire en ligne), « Priob », p. 350. Voir et modifier les données sur Wikidata
  • [Porter et al. 2016] (en) Valerie Porter, Lawrence Alderson, Stephen J.G. Hall et Dan Phillip Sponenberg, Mason's World Encyclopedia of Livestock Breeds and Breeding, CAB International, , 6e éd., 1 107  p. (ISBN 1-84593-466-0, OCLC 948839453), « Ob », p. 492Voir et modifier les données sur Wikidata
  • [Rousseau 2016] Élise Rousseau (ill. Yann Le Bris), Guide des chevaux d'Europe, Delachaux et Niestlé, (ISBN 978-2-603-02437-9), « Priob », p. 301. Voir et modifier les données sur Wikidata