Agnès Callamard

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Agnès Callamard
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Agnès Callamard en 2019 à Londres, lors d'une conférence sur la liberté de la presse.
Fonctions
Secrétaire générale d'Amnesty International
depuis le
Julie Verhaar (d)
Rapporteure spéciale des Nations unies
depuis
Directrice générale
ARTICLE 19
-
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activité
Autres informations
A travaillé pour

Agnès Callamard, née en 1965, est une experte française des droits de l'homme, rapporteure spéciale du Conseil des droits de l'homme des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires. Elle enseigne depuis 2013 à l'université Columbia, où elle dirige le projet Global Freedom of Expression. Elle est secrétaire générale d'Amnesty International depuis 2021.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Née en 1965, Agnès Callamard est marquée par l'engagement social de sa mère institutrice[1], et de son grand-père résistant dans le Vercors et fusillé durant la guerre, le [1] : « J'ai toujours été motivée par la lutte contre le racisme et les discriminations, et toujours été attirée par le reste du monde ». Elle est diplômée de l'Institut d'études politiques de Grenoble en 1985[2]. Elle étudie ensuite à l'université historiquement noire Howard à Washington[1], puis à New York, au Canada, et passe six mois dans un camp de réfugiés au Malawi[2] dans le cadre de sa recherche doctorale. Elle est titulaire d'un doctorat en science politique de la New School for Social Research[3] et d'une maîtrise de l'université Başkent (en) à Ankara[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Agnès Callamard en 2011

Agnès Callamard est considérée comme une experte de plusieurs initiatives internationales et des Nations unies en matière de droits de l'homme et a mené des enquêtes sur les droits de l'homme dans plusieurs pays d'Afrique, d'Asie et du Moyen-Orient[2]. Elle a beaucoup travaillé dans le domaine des mouvements internationaux de réfugiés avec le Center for Refugee Studies à Toronto.

En , elle participe à une conférence aux Philippines[4], lors de laquelle sa page Wikipédia en anglais est vandalisée[5],[6].

Amnesty International[modifier | modifier le code]

De 1998 à 2001, elle est chef de cabinet du secrétaire général d'Amnesty International et, en tant que coordinatrice de la politique de recherche de l'organisation, elle dirige le travail d'Amnesty sur les droits humains des femmes[4].

Le , elle devient secrétaire générale de l'ONG, succédant à Julie Verhaar qui assurait l'intérim de cette fonction[7].

HAP International[modifier | modifier le code]

En 2001, elle fonde et dirige HAP International (Humanitarian Accountability Partnership). Elle y supervise des campagnes sur le terrain en Afghanistan, au Cambodge et en Sierra Leone[2] et crée le premier organisme international d'autorégulation pour les agences humanitaires qui s'engagent à renforcer la responsabilité envers les populations touchées par les catastrophes. Elle occupe ce poste jusqu'en 2004.

Article 19[modifier | modifier le code]

De 2004 à 2013, elle est directrice exécutive d'Article 19, une organisation de défense des droits de l'homme.

Université Columbia[modifier | modifier le code]

Depuis , elle dirige l'initiative pour la liberté d'expression mondiale de l'université Columbia[2].

Nations Unies[modifier | modifier le code]

En 2013, elle enquête sur l’assassinat au Mali des journalistes de RFI Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Agnès Callamard a été Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, nommée à cette "procédure spéciale" par la résolution A/HRC/RES/35/15 du Conseil des droits de l'homme du pour un mandat de trois ans. En 2019, elle dirige l'enquête sur l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi. Son rapport et ses conclusions (A/HRC/41/CRP.1) sont présentées au Conseil des droits de l'homme des Nations unies en [8],[2].

Elle a conclu que la frappe de drone sur le général iranien Qassem Soleimani était illégale, dans le cadre de la version préliminaire de son rapport pour la quarante-quatrième session du Conseil des droits de l'homme[9].

Publications[modifier | modifier le code]

  • « Protect the believers, not the belief », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  • [rapport] Amnesty International Dutch Section et Codesria, Monitoring and Investigating Torture, Cruel, Inhuman or Degrading Treatment, and Prison Conditions, Dakar, Council for the Development of Social Science Research in Africa, (ISBN 978-2-869-78088-0, OCLC 47863459, lire en ligne)
  • « Comity for Internet? Recent Court Decisions on the Right to be De-indexed », The National Law Review,‎ (lire en ligne)
  • « Are courts re-inventing Internet regulation? », International Review of Law, Computers & Technology,‎ , p. 323-339 (DOI 10.1080/13600869.2017.1304603)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d [entretien] Kathryn Hampton, « Agnès Callamard », sur atlaswomen.org, (consulté le ).
  2. a b c d e et f Alexandre Duyck, « Ghislaine Dupont et Claude Verlon, Jamal Khashoggi… Agnès Callamard, une intraitable enquêtrice à l’ONU », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. « Agnès S. Callamard », sur globalcenters.columbia.edu (consulté le ).
  4. a et b Harold Thibault, « Agnès Callamard, meilleure ennemie de Rodrigo Duterte », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. Ivy Jean Vibar, « UN rapporteur's Wikipedia page defaced upon visit to PH », ABS-CBN News,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Regine Cabato, « Malacañang slams visit of UN rapporteur to PH », CNN Philippines,‎ (lire en ligne)
  7. Le Monde avec AFP, « La Française Agnès Callamard nommée secrétaire générale de l’ONG Amnesty International », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. « The Crown Prince of Saudi Arabia », sur pbs.org (consulté le )
  9. « Qasem Soleimani: US strike on Iran general was unlawful, UN expert says », sur BBC, (consulté le )

Liens extérieurs[modifier | modifier le code]