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Affaire Delphine Jubillar

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Affaire Delphine Jubillar
Fait reproché Meurtre
Chefs d'accusation Homicide volontaire sur conjointe
Auteurs Cédric Jubillar mis en cause pour homicide volontaire sur sa conjointe, Delphine Jubillar.
Pays Drapeau de la France France
Ville Cagnac-les-Mines (Tarn)
Date 15 ou
Nombre de victimes 1 (Delphine Jubillar, disparue)
Jugement
Statut Affaire jugée en première instance : Cédric Jubillar est condamné à 30 ans de réclusion criminelle.
Tribunal Cours d'assises du Tarn
Date du jugement 17 octobre 2025

Carte

L'affaire Delphine Jubillar est une affaire criminelle concernant la disparition suspecte dans la nuit du mardi au mercredi d'une mère de famille, Delphine Aussaguel de son nom de naissance, habitant Cagnac-les-Mines dans le Tarn, et qui n'est pas réapparue depuis.

D'après son époux, elle aurait quitté le domicile familial entre 23 heures et 4 heures du matin vêtue d'une doudoune blanche, n'emportant que son téléphone portable.

L'instruction judiciaire sur cette affaire s'avère difficile, d'autant que le sensationnalisme affecte les enquêtes journalistiques de terrain[1]. Le mari, Cédric Jubillar, qui nie les faits reprochés, est finalement mis en cause et jugé pour meurtre aggravé à partir du . Il est finalement condamné à 30 ans de réclusion criminelle le . N'ayant cessé de clamer son innocence, il fait immédiatement appel de ce verdict.

L'affaire est qualifiée de féminicide par quelques médias et certaines parties civiles[2],[3],[4],[5],[6].

Delphine Jubillar
Nom de naissance Delphine Aussaguel
Naissance (38 ans)
Gaillac (Tarn)
Nationalité Drapeau de la France Française
Diplôme
Conjoint
Descendants
Louis et Elyah

Delphine Aussaguel[7], épouse Jubillar, est infirmière. Elle travaille de nuit à la clinique Claude-Bernard d'Albi[8]. Née le à Gaillac (département du Tarn), elle est âgée de 33 ans en et est mariée depuis [9] à Cédric Jubillar, autoentrepreneur exerçant le métier de peintre-plaquiste. Le couple a deux enfants, un garçon et une fille, âgés de 6 ans et 18 mois au moment de la disparition de leur mère. Ils habitent 19 rue Yves-Montand à Cagnac-les-Mines dans une maison inachevée construite par le mari[10].

À l'été 2020, Delphine Jubillar fait part de son désir de divorcer. D'après son avocate, ce divorce paraissait s'effectuer d'un commun accord[11].

Faits et enquête

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Le au matin, Cédric Jubillar appelle la gendarmerie pour signaler la disparition de sa femme. Vers 4 heures du matin, il avait envoyé à une proche de Delphine un message : « Dis à Delphine de rentrer ». Son interlocutrice lui avait répondu : « Non, Delphine n’est pas avec moi »[12]. Les premières recherches des gendarmes mobilisent de nombreux moyens (chiens, drone, hélicoptères) et effectifs (40 gendarmes réservistes)[13].

Le mercredi , près d'un millier de personnes, dont Cédric Jubillar, ratissent le terrain accidenté de la commune afin de retrouver Delphine Jubillar[14]. Quelques objets (téléphone, couteau, vêtements) sont découverts[15]. Le même jour, une information judiciaire est ouverte pour enlèvement et séquestration et le dossier est confié à deux juges d'instruction du tribunal de Toulouse[16].

Le lendemain, la maison du couple est fouillée par les enquêteurs[17]. Elle l'est à nouveau, plus longuement, le , notamment par des spécialistes de l'institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale[18].

Téléphone et Facebook

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Le téléphone de Delphine Jubillar disparaît avec elle. Il cesse d'émettre le matin du dans un rayon de deux kilomètres autour du domicile. Son téléphone sonne pour la dernière fois à 22 h 55 (puis passera sur messagerie à h 48) ; il déclenche alors un relais proche du domicile mais qui n’est pas le relais auquel il borne habituellement lorsque Delphine est chez elle. La lampe torche du téléphone de Delphine n’a jamais été allumée ce soir là, alors que la rue n’était pas éclairée, qu’il faisait nuit noire et que la jeune femme a disparu sans son véhicule[19][Pas dans la source]. Pourtant, le , un message vide est posté depuis son compte Facebook (dont elle est a priori la seule à détenir les codes)[20]. Trois hypothèses sont avancées : celui d'un bogue de l'application, un piratage ou encore un dysfonctionnement résultant des investigations des enquêteurs sur le matériel informatique de la disparue[21]. L'hypothèse du piratage aurait été privilégiée par les gendarmes[19].

Le , le téléphone semble se réactiver[19] (plus précisément l'application Messenger[22]) sans que là encore une explication unique puisse être avancée.

Lors de la conférence de presse du 18 juin 2021, il est précisé par le procureur que ces réactivations seraient une conséquence technique des recherches informatiques des enquêteurs, ce qui leur a été confirmé par Samsung.

Le 28 janvier 2022, les gendarmes chargés de l’enquête disposent désormais d’une grande partie de l’historique des géolocalisations du téléphone de son mari grâce à une réquisition auprès de Google[23].

Les différentes pistes

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Delphine Jubillar correspondait sur les réseaux sociaux avec un homme. Entendu par les gendarmes, il est mis hors de cause, son ex-compagne confirmant qu'il était bien à son domicile près de Montauban la nuit de la disparition de Delphine Jubillar[24]. Cet homme, surnommé dans la presse le « confident » ou « l'amant de Montauban » affirme en que Delphine Jubillar et lui projetaient de s'installer ensemble et que la nuit de sa disparition peu avant 23 heures, elle lui avait envoyé une photographie d'elle « en tenue de nuit, douchée et prête à aller se coucher »[25], tenue qui sera retrouvée lors de la première perquisition dans le bac à linge sale. Des bouts de papier écrits par l'infirmière confirment qu'elle souhaitait quitter le domicile conjugal et qu'elle préparait activement son départ. Delphine avait prévu de s'installer à Albi avec son amant[26],[27].

Un autre homme, dont le comportement envers Delphine Jubillar est qualifié de « pressant » ou d'« insistant » par un témoin (ce que ne corroborent pas les dires d'un autre témoin), est entendu par les enquêteurs. Il avait déjà été condamné le dans une affaire liée (accidentellement) à la voiture du couple Jubillar[28]. Il nie toute implication et les gendarmes ne semblent pas disposer d'éléments le reliant à l'affaire[29].

Les voisins signalent la présence d'un camping-car garé à proximité du domicile de Delphine Jubillar dans les jours précédant sa disparition. Retrouvé et entendu par les enquêteurs, le propriétaire du véhicule est mis hors de cause[24].

Le , des gendarmes spécialistes en spéléologie interviennent à Cagnac-Les-Mines afin de poursuivre les recherches[30]. Les amies de la disparue continuent elles-mêmes à organiser des battues à la recherche d’indices. Ces recherches sont rendues difficiles par la topographie vallonnée et le passé minier de la région. Cependant, selon des habitants, la plupart des puits auraient été recensés et rebouchés depuis longtemps[31].

En décembre 2021, les enquêteurs explorent une nouvelle piste : Cathy (nom d'emprunt), épouse de l'amant de Delphine Jubillar (le « confident de Montauban », qui utilise également le nom d'emprunt « Jean » dans la presse), a intercepté un SMS de son mari envoyé à Delphine Jubillar quelques jours avant sa disparition. Ayant demandé des comptes à son époux, elle contacte Delphine Jubillar et converse avec elle. D'après Cathy, les deux femmes concluent un pacte : Delphine Jubillar attendra la séparation de Cathy et de son mari au mois de janvier 2021 pour poursuivre sa liaison avec son amant. Le soir du 15, Delphine Jubillar aurait brisé le pacte, envoyant une photo d'elle en combishort. Et la veille de la disparition de Delphine Jubillar, Cathy aurait passé 145 appels à un numéro inconnu[32]. Jean et Cathy sont ultérieurement mis hors de cause par l'enquête[33]. Le nombre de 145 correspondrait en fait aux consommations de données Internet répertoriées[34].

Le , des fouilles sont entreprises dans une ferme, incendiée en avril 2021, située dans le lieu-dit Drignac de Cagnac-les-Mines. En effet, selon un codétenu de Cédric Jubillar, ce dernier lui a affirmé avoir tué son épouse avec un couteau[35] et enterré son corps à cet endroit. Le codétenu affirme également que Cédric Jubillar a informé sa nouvelle compagne du meurtre[36],[37].

Dans l'émission L'Heure du crime du lundi , le témoignage d'une voisine indique que Cédric Jubillar aurait été aperçu « en direction du terrain de boules, et aurait baissé la tête en l'apercevant » le soir de la disparition de sa conjointe[38].

Le , une reconstitution est organisée à Cagnac-les-Mines pour tenter de résoudre les zones d’ombre qui persistent dans cette enquête[39].

Volet judiciaire

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Au moins trois demandes de parties civiles sont déposées dans cette affaire : celle de Cédric Jubillar, celle des frères et de la sœur de Delphine et celle d'amies proches et cousines de la disparue. La justice rejette cette dernière demande, ce dont leur avocat fait appel[40]. Le , la chambre d'instruction accepte la constitution de partie civile de la cousine de Delphine mais rejette celle de ses amies[41].

Mise en cause de Cédric Jubillar

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Le , Cédric Jubillar, l'époux de Delphine Jubillar, sa mère ainsi que son beau-père sont placés en garde à vue par les gendarmes[42]. Le , Cédric Jubillar est mis en examen pour meurtre aggravé, les juges d'instruction ayant conclu que trop d'éléments pesaient contre lui. Selon le procureur de la République de Toulouse Dominique Alzeari :

  • Disparition en pleine nuit de décembre d'une mère de famille, « avec un téléphone sans chargeur, sans sac à main ni effets personnels et sans ses lunettes, dont elle a besoin ».
  • Couple en procédure de divorce, Delphine Jubillar « avait un nouveau projet de vie qui lui tenait à cœur » et voulait quitter définitivement le domicile conjugal.
  • Mensonges de Cédric Jubillar qui prétendait que la séparation était non conflictuelle et qu'il ignorait qu'elle le quittait pour un autre homme.
  • Comportement de Cédric Jubillar qui « pouvait se montrer brutal, grossier et agressif, y compris envers les enfants » et instaure un « climat de surveillance » en essayant de la géolocaliser et surveillant son compte bancaire.
  • Cédric Jubillar met 16 minutes à contacter la gendarmerie quand il constate la disparition mais ne contacte pas de proches alors que Delphine Jubillar allait parfois dormir chez une amie et qu'il n'avait jamais contacté les forces de l'ordre auparavant.
  • Cédric Jubillar n'aurait marché que 40 pas avant d'appeler les gendarmes et aurait mis la couette de Delphine à la machine à leur arrivée, faits démentis ultérieurement.
  • La voiture de Delphine a été déplacée dans la nuit, puisque garée à l’inverse du sens dans lequel Delphine Jubillar la garait habituellement, et il y avait également de la condensation à l’intérieur du véhicule ce qui, selon un expert, indique une présence humaine récente (à l’arrivée des gendarmes les clés de la voiture se trouvent dans le sac à main de Delphine, dans la maison)[réf. nécessaire]. Cédric Jubillar n'a pas de permis de conduire.
  • Alors que Cédric Jubillar affirme qu'il n'y a pas eu de dispute ce soir là, l’aîné de la famille, âgé de 6 ans évoque une violente dispute entre ses parents après 23 heures.
  • À 23 h 7, les cris d’une femme venant de la direction du domicile des Jubillar ont été entendus par deux voisines du couple[43].

Cédric Jubillar est placé sous mandat de dépôt. Son avocat est alors Me Jean-Baptiste Alary. Celui-ci sera bientôt rejoint par deux autres avocats, Me Alexandre Martin et Me Emmanuelle Franck[44] alors que Me Jean-Baptiste Alary finira par se retirer…

Les gendarmes s’interrogent également à propos du comportement adopté par Cédric Jubillar quelques minutes après la découverte de la disparition. Une première analyse du podomètre de son téléphone indique qu’il n’effectue qu’une quarantaine de pas entre le moment où il dit s’être aperçu de l’absence de Delphine et l’arrivée des gendarmes. Lors d’une rapide recherche dans et autour de la maison avec les gendarmes, il en effectue alors 380 ; il expliquera qu’il n’a pas voulu la chercher à l’extérieur pour ne pas déranger les voisins. Une analyse ultérieure plus détaillée du podomètre révèle qu'il a en réalité effectué plus qu'une quarantaine de pas (au moins 300) avant l'arrivée des gendarmes. Il en effectue 46 de h 53 (horaire où il rallume son téléphone) à 4 heures et 255 pas de 4 heures à 5 heures du matin (appel des gendarmes à h 9 et arrivée des gendarmes à h 50)[45].

D'après le procureur de la République, lorsque les gendarmes arrivent à h 50 du matin, le lave-linge est en fonctionnement : il contient la couette avec laquelle dormait la disparue, alors que l'état de l'habitation était négligé[46]. Cette déclaration du procureur est par la suite infirmée par une photographie versée au dossier : elle a été prise l'après-midi du 16 décembre par les gendarmes[47] et montre la couette sur le canapé-lit où dormait Delphine Jubillar[36]. Par ailleurs l'analyse de l'eau de la machine à laver ne révèle pas de trace de sang[48].

Les enquêteurs s’interrogent sur l'empressement de Cédric Jubillar à contacter la gendarmerie seulement une quinzaine de minutes après son réveil. Il tente de joindre sa conjointe 180 fois jusqu’à 10 heures le matin de sa disparition, puis deux fois le lendemain matin (), puis plus aucun appel ne sera effectué.

Par ailleurs, les enquêteurs sont surpris de la rapidité avec laquelle Cédric Jubillar fait le deuil de son épouse, ce qui laisse supposer qu'il sait exactement ce qui lui est arrivé. Les propos incohérents et changeants de Cédric Jubillar conduisent les enquêteurs à s’interroger sur la fiabilité de ses explications sur le déroulement de la soirée, qui semble contredite par les éléments en leur possession.

Le , le logement du couple est à nouveau perquisitionné en présence de Cédric Jubillar. Une clé USB ainsi que des cartes mémoire de téléphones sont alors trouvées[49].

Les enfants du couple sont placés chez la sœur de Delphine[50].

Vendredi , soit dix mois après la disparition de Delphine Jubillar, son conjoint est entendu au palais de justice de Toulouse par les deux magistrates qui l’ont mis en examen pour meurtre en juin[51]. L’audition dure quatre heures et d’après ses avocats, Cédric Jubillar y clame son innocence. Une autre audition est programmée le . Les avocats dénoncent la vacuité du dossier et annoncent qu'ils vont déposer une nouvelle demande de mise en liberté[52].

Le , la cour d'appel de Toulouse refuse la nouvelle demande de remise en liberté de Cédric Jubillar[53].

Le , un an après les faits, la nouvelle compagne de Cédric Jubillar est placée en garde à vue. Son domicile avait été fouillé par les gendarmes au mois de , sans suite[54]. Elle ressort libre après 35 heures à la gendarmerie et sans qu'aucune charge soit retenue contre elle[55].

Le , le parquet général annonce que Cédric Jubillar est renvoyé devant la cour d'assises pour le meurtre de son épouse Delphine, portée disparue depuis le . Dans son réquisitoire, le parquet général écrivait début novembre, que « les charges étaient suffisantes à l’encontre de Cédric Jubillar »[56].

Le mardi , à l'occasion d'une réunion préparatoire organisée par la cour d'appel de Toulouse avec les avocats de la défense et des parties civiles, il a été envisagé que le procès commence à la fin , du «  au  », selon Philippe Pressecq, avocat d'une cousine de Delphine Jubillar. Les avocats de l'accusé espèrent obtenir la libération conditionnelle de leur client (détenu depuis trois ans et cinq mois au moment de cette réunion) d'ici au procès[57].

Le , une ex-compagne de Cédric Jubillar affirme qu'il lui aurait avoué le meurtre de son épouse, ainsi que la localisation du corps de celle-ci. Elle le cite : « je l'ai déjà fait une fois (tuer), je peux le faire deux fois. Si tu ne me trompes pas tu n'as rien a craindre »[58]. Le , la présidente de la cour d'assises du Tarn demande à la gendarmerie l'audition de cette femme[59].

Le procès démarre le , après quatre ans et demi d'enquête. Cédric Jubillar conteste les faits de meurtre dont il est accusé[60]. Le , après 4 semaines de procès et un délibéré de près de 6 heures, la cour d'assises du Tarn d'Albi déclare Cédric Jubillar coupable du meurtre de son épouse Delphine. Il est condamné à 30 ans de réclusion criminelle. Ses avocats annoncent faire appel le même jour. L'appel pourrait se dérouler en 2026[61].

Résonance médiatique et engouement public

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Depuis l'ouverture de l'instruction mi-décembre 2020, la résonance de l'affaire Delphine Jubillar s'amplifie. À mesure que le mystère s'épaissit, les médias multiplient les publications exposant divers aspects du sujet. Le sensationnalisme le dispute aux enquêtes journalistiques de terrain[1].

Comme pour les affaires Grégory et Dupont de Ligonnès, l'intérêt pour ce fait divers devient national[1],[62]. Sur le web, des internautes, toujours plus nombreux, se mobilisent pour mener l'enquête parallèlement aux journalistes et aux gendarmes[1],[62]. Dans plusieurs groupes Facebook, des détectives amateurs cherchent et diffusent des informations, émettent des hypothèses, échafaudent des théories, tentent d'élucider des zones d'ombre qu'ils croient déceler et désignent un coupable. Fin juin 2021, deux de ces groupes rassemblent respectivement 8 000 et 4 500 membres[1],[62],[63].

Comparaisons avec l'affaire Daval

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Notamment sur les réseaux sociaux, le cas de Delphine Jubillar fait l'objet de comparaisons avec l'affaire Daval. Dans cette affaire de meurtre sur conjoint, jugée à la cour d'assises de la Haute-Saône à Vesoul quelques semaines avant la disparition de Delphine Jubillar, le mari avait signalé la disparition de son épouse et participé aux recherches, avant d'avouer le meurtre.

Ce parallèle est dénoncé par l'avocat de Cédric Jubillar[64] ; le conjoint de la disparue, contrairement à Jonathan Daval, ne fait aucune déclaration aux journalistes.

Analyse et critiques

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Selon Michel Mary, journaliste au Nouveau Détective et expert en faits divers, l'engouement médiatique et public s'explique par l'accentuation au fil du temps du caractère énigmatique de l'affaire, les incohérences apparues dans les faits rapportés par les médias, l'identification possible d'une partie du grand public au couple Jubillar et l'attention récente portée par la société française sur les crimes conjugaux[1]. Selon l'anthropologue Lucie Jouvet-Legrand de l'université de Franche-Comté, les affaires non élucidées sont autant d'occasions de créer du lien social via les moyens de communications numériques modernes[réf. nécessaire]. Le psychanalyste Patrick Avrane décrit les médias sociaux comme des « bistros élargis », où chacun peut élaborer le récit qui lui convient[réf. nécessaire].

Des avocats chargés du dossier et des membres de la famille Jubillar déplorent, dans les médias et sur le web, une influence néfaste des enquêteurs amateurs sur le déroulement de l'affaire et les personnes impliquées. Bien que circonspects, les gendarmes qui mènent les investigations surveillent les informations circulant en ligne[62].

Pour Michel Moatti, sociologue des médias, la médiation numérique ajoute l'interactivité au frisson que procure la lecture des faits divers rapportés par les diffuseurs de contenus d’actualité. Des internautes se prennent pour des contributeurs au développement de l'enquête[65]. Ils s'improvisent experts, journalistes et enquêteurs, et, en promouvant leurs propres analyses des faits, prétendent faire mieux que les professionnels. Mais leur activité numérique relève davantage du jeu de rôle, du Cluedo ou du jeu vidéo. Le sociologue dénonce un « parasitage » de l'expertise journalistique et policière véritable, susceptible de produire des fausses informations et des théories complotistes et de déboucher sur la mise en accusation publique de faux coupables[65].

Notes et références

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  1. a b c d e et f Théo Moy, « Pourquoi l'affaire Delphine Jubillar (et pas une autre) rencontre autant d'écho », sur Marianne, (consulté le ).
  2. Pascale Robert-Diard, « Au procès de Cédric Jubillar, la main de la cour et des jurés n’a pas tremblé », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  3. Paul Ackermann, « Cédric Jubillar condamné en France: le mystère qui aura privé le féminicide de son procès Pelicot », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  4. Ronan Folgoas et Julie Rimbert, « Affaire Jubillar : Delphine, l’histoire d’une disparition désormais reconnue comme un féminicide » Accès payant, Le Parisien, (consulté le ).
  5. Flora Midy et Marion Chantreau, « Procès Jubillar : pour certaines parties civiles, l’affaire Jubillar est celle d’un "féminicide" », sur Ici, (consulté le ).
  6. Alizée Vincent, « Procès Jubillar : le mot "féminicide", grand absent dans les médias », sur Arrêt sur images, (consulté le ).
  7. « Tarn : ce que l'on sait sur la mystérieuse disparition de Delphine Jubillar, mère de famille », Ladepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. Yves Bordenave, « La mystérieuse disparition de Delphine Jubillar : pas de corps, pas de scène de crime, pas d’indice probant », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. Frédéric Abela, « Disparition de Delphine Jubillar dans le Tarn : un mois d'enquête et le mystère s'épaissit », Ladepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. « Les voisins la surnomment "Beyrouth" : la maison inachevée des Jubillar, au cœur du procès », sur actu.fr, (consulté le )
  11. Laurent Batigne, « Exclu 100% - On a retrouvé l'avocate de Delphine Jubillar », 100%,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. Grégory Peytavin, « A 4h du matin, Cédric Jubillar contacte une voisine : "Dis à Delphine de rentrer" », Paris Match,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. Rafik Benbagdad, « Tarn : 50 gendarmes à la recherche d'une femme de 33 ans disparue mystérieusement », LaDepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. « [VIDEO] Disparition de Delphine Jubillar : une "battue citoyenne" rassemble près de 1000 personnes dont son mari Cédric », sur ladepeche.fr (consulté le ).
  15. Rafik Benbagdad, Patrick Guerrier et Frédéric Abela, « Disparition de Delphine Jubillar : une "battue citoyenne" rassemble près de 1000 personnes dont son mari Cédric », LaDepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. Hugo Septier, « Disparition de Delphine Jubillar: ce que change l'ouverture d'une information judiciaire », BFM TV,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. Patrick Guerrier, « Disparition de Delphine Jubillar à Cagnac-les-Mines : "aucune découverte" après la perquisition du domicile », LaDepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. Rafik Benbagdad, « Disparition de Delphine Jubillar dans le Tarn : plusieurs biens saisis au cours de la perquisition de la maison », LaDepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  19. a b et c Laurent Derne, « Disparition de Delphine Jubillar. Le téléphone de la jeune femme s'est mystérieusement réactivé mardi soir », Actu.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  20. Jeanne-Marie Marco, Marius Delaunay et Magalie Lacombe, « Disparition de Delphine Jubillar : le message Facebook, "un mystère de plus" », France Bleu,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  21. « Disparition de Delphine Jubillar : ce téléphone qui renforce le mystère », LCI,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  22. Pascale Danyel, « Disparition de Delphine Jubillar : son téléphone portable activé », France Bleu,‎ (lire en ligne, consulté le ).
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  27. https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/10/07/au-proces-de-cedric-jubillar-un-amant-et-du-brouillard_6644896_3224.html
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  56. « Cédric Jubillar est renvoyé devant les assises pour le meurtre de sa femme Delphine », France Info,‎ (lire en ligne, consulté le )
  57. Pierrick Baudais, « Cédric Jubillar jugé aux assises à l'automne 2025 », Ouest-France, no 24478,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  58. Ronan Folgoas, « Affaire Jubillar : « Cédric m’a dit avoir étranglé Delphine » », sur Le Parisien, (consulté le )
  59. « Deux mois avant le procès de Cédric Jubillar, la cour d’assises du Tarn ordonne l’audition de son ex-compagne », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  60. « Au procès Jubillar, le premier jour de solitude de l’accusé », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  61. « Verdict du procès Jubillar : "Cédric n'avouera jamais", les certitudes de la mère de l'accusé », sur L'Internaute, (consulté le )
  62. a b c et d Violaine Jaussent, « Disparition de Delphine Jubillar : comment des milliers d'amateurs jouent aux enquêteurs sur Facebook », sur France Info, (consulté le ).
  63. « "Arrêtez" : le coup de gueule de la belle-mère de Delphine Jubillar contre les internautes qui accusent son fils », sur LCI, (consulté le ).
  64. Jean-Baptiste Alary, interview par Martine Lecaudey, EXCLUSIF. Disparition de Delphine Jubillar : "La comparaison avec l'affaire Daval doit cesser", selon l'avocat de son mari Cédric, La Dépêche du Midi,  (consulté le )..
  65. a et b Catherine Unac et Michel Moatti, « Michel Moatti, sociologue des médias : “L'engouement des réseaux sociaux pour l'affaire Jubillar, c'est du parasitage” », sur Midi libre, (consulté le ).

Bibliographie

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  • Ronan Folgoas, Le mystère Jubillar. Enquête au cœur d'une disparition, Studiofact, 2022.
  • Elina Rostan, L'affaire Jubillar. Un crime parfait ?, Fayard, 2025.

Émissions radiophoniques

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  • « Delphine Jubillar un féminicide sans corps », Affaires sensibles, sur France Inter, .
  • « L'énigme Delphine Jubillar » série de 4 épisodes, diffusés du 3 au 24 février 2022 dans Home(icides) de Caroline Nogueras sur Bababam.
  • « L’affaire Delphine Jubillar : Rumeurs, soupçons et révélations » diffusé le dans Chroniques criminelles sur TF1.
  • Les voix du crime diffusée sur RTL revient en plusieurs épisodes sur l'affaire.

Articles connexes

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