Pain de singe

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Fruits à maturité
La pulpe, légère et friable
Fabrication du jus (bouye)

Le pain de singe est le fruit comestible du baobab africain (Adansonia digitata) au goût acidulé.

Composition[modifier | modifier le code]

La pulpe du pain de singe contient[1] :

  • de l'amidon (41–47 %),
  • des sucres (20–32 %),
  • une faible teneur en eau (6–15 %),
  • une forte teneur en minéraux (6 %),
  • une forte acidité (68–201 mEq·100 g–1) probablement liée à sa très forte teneur en acide ascorbique (125–312 mg·100 g–1). Cette teneur en vitamine C permet de classer le produit parmi les fruits les plus riches en vitamine C après le camucamu (Myrciaria dubia), l’acérole (Malpighia glabra L.), le ditax (Detarium senegalense Gmel.) ou le cassis (Ribes nigrum L.)

Les chromatogrammes obtenus par CPG/SM sur la pulpe de fruit ont mis en évidence 10 composés d’arôme dont le myristate d’isopropyle, un composé phénolique non identifié, le nonanal, le safranal, la géranone, le décanal, l’octanal, le linalol, un second composé phénolique et un composé sesquiterpénique non identifiés. .

Sans précaution particulière, la composition de la pulpe a évolué au cours du stockage et sa qualité s’est rapidement dégradée notamment si la pulpe est conservée en emballage non étanche. La pulpe du fruit de baobab est principalement utilisée pour l’élaboration de boissons de type nectar avec un rapport massique [fruit / eau] de [1 / 3] et du sucre.

Considéré comme un aliment prébiotique, le pain de singe est six fois plus riche en vitamine C qu’une orange, contient trois fois plus de calcium que le lait et six fois plus de potassium que la banane. Il contient aussi des fibres solubles, de la vitamine E, de la vitamine B6 et vitamine B1 (thiamine).

Il est également extrêmement riche en antioxydants, qui ont des vertus médicales reconnues. Il en possède par exemple plus du double par gramme que la baie de goji, l'un des fruits phares de ces dernières années, et plus que myrtilles et grenades combinées[2] et autant que la lentille (Lens culinaris), le raisin (Vitis vinifera L.), la mûre (Rubus sp.) ou la tomate, produits qui comptent parmi les plus riches en composés antioxydants.

Les graines ne sont habituellement pas consommées mais elles contiennent 12 % de lipides et 15 % de protéines.

Utilisation[modifier | modifier le code]

La pulpe du fruit, partie la plus fréquemment exploitée, est utilisé traditionnellement pour la fabrication de divers produits :

  • une boisson de type jus de fruit appelée en wolof bouye ou baak (voire bakou þaak) en langue sérère (qui a une signification religieuse et médicinale parmi les Sérères[3],[4]).
  • le « ngalax » : un mélange liquide sucré à base de pâte d’arachide, de pulpe de fruit du baobab et de farine de mil roulée cuite est surtout préparé à l’occasion de fêtes religieuses (Korité, Pâques).

La pulpe est également utilisée comme acidifiant dans la cuisine traditionnelle. Hors usage traditionnel, on utilise aussi la pulpe pour fabriquer des :

Le pain de singe a reçu le visa de Bruxelles le [5], ouvrant un nouveau marché aux Sénégalais, qui récoltent ce fruit très riche en vitamine C et en antioxydants[6],[7] et contient deux fois plus de calcium que le lait[8].

Popularité[modifier | modifier le code]

Depuis le début des années 2010, le pain de singe est devenu très populaire dans de nombreux pays (notamment aux USA[9]) pour ses qualités de "super aliment". A tel point que les exportations du Sénégal ont été multipliées par 10 entre 2013 et 2018[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Caractérisation du fruit du baobab et étude de sa transformation en nectar Mady CISSE, Mama SAKHO, Manuel DORNIER, Codou MAR DIOP, Max REYNES, Oumar SOCK », sur hal.cirad.fr (consulté le 4 décembre 2018)
  2. « Le fruit du baobab, l'aliment qui séduit déjà les Anglais pourrait être la star de 2015 », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  3. Kalis, Simone. Médecine traditionnelle, religion et divination chez les Seereer Siin du Sénégal. La connaissance de la nuit. L'Harman, 1997. p 292. (ISBN 2-7384-5196-9)
  4. Faye, Louis Diène. Mort et Naissance le monde Sereer. Les Nouvelles Editions Africaines, 1983. pp 39, 47 (ISBN 2-7236-0868-9).
  5. Futura Sciences [1]
  6. (en) Ben-Erik van Wyk et Nigel Gericke, People's plants - A Guide to Useful Plants of Southern Africa, Pretoria, Briza publications, , 351 p. (ISBN 187509319-2)
  7. (en) Vertuani, Silvia et al., « Antioxidant capacity of Adansonia digitata fruit pulp and leaves », Acta Phytotherapeutica, vol. 5, no 2,‎ , p. 2-7 (lire en ligne [PDF])
  8. (en) « New exotic fruit to hit UK shops », BBC News, (consulté le 21 mars 2009)
  9. « "Pourquoi les Américains raffolent du fruit du baobab?" - Ouest France - 9/03/18 », sur www.ouest-france.fr (consulté le 4 décembre 2018)
  10. TV5MONDE, « Au Sénégal, le succès des fruits du baobab », (consulté le 30 novembre 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Sébire, Les plantes utiles du Sénégal : plantes indigènes, plantes exotiques, Librairie J.-B. Baillière et fils, Paris ; chez l'auteur, Thiès (Sénégal), 1899, 341 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]