Accident de Beaune

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Accident de Beaune
Caractéristiques de l'accident
Date
Type carambolage
Site Autoroute A6, Beaune, France
Coordonnées 46° 57′ 00″ N 4° 50′ 32″ E / 46.95, 4.84222246° 57′ 00″ Nord 4° 50′ 32″ Est / 46.95, 4.842222
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareil 2 cars, deux voitures
Morts 53

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Accident de Beaune

Géolocalisation sur la carte : Côte-d'Or

(Voir situation sur carte : Côte-d'Or)
Accident de Beaune

L'accident de Beaune est un accident de la route survenu le sur l'autoroute A6 près de Beaune, en Côte-d'Or. Accident routier le plus meurtrier en France à ce jour, il a fait 53 morts dont 44 enfants et adolescents[1] âgés de 6 à 15 ans. La plupart des victimes se trouvaient à bord d'un autocar qui a pris feu à la suite de l'accident et étaient originaires de la commune de Crépy-en-Valois dans l'Oise[2].

L'accident[modifier | modifier le code]

À 20 heures, le , deux cars partent de Crépy-en-Valois, ville située à une soixantaine de kilomètres au nord de Paris[3]. Ils transportent des enfants et adolescents et leurs moniteurs en colonie de vacances à Aussois en Savoie. Au milieu de la nuit, les deux autocars qui se suivent sur l'autoroute A6[4] en direction de Lyon passent Beaune. Il pleut[4] et la circulation est dense en ce temps de « chassé-croisé » des vacances d'été.

Peu après, vers h 45, lors d'un ralentissement dans l'« entonnoir », une zone où l'autoroute passe de trois à deux voies, deux voitures se rabattent entre les deux cars. L'autocar de tête doit brusquement ralentir car il est gêné par un autocar allemand. Le deuxième car percute la deuxième voiture, provoquant un carambolage. Le réservoir d'une voiture s'éventre et se vide sur la chaussée avant que l'essence ne s'embrase. Six véhicules prennent feu.

Le premier car est évacué par les conducteurs et les moniteurs. Dans le second car, une issue latérale est bloquée par une voiture encastrée. Deux moniteurs parviennent tout de même à faire sortir une quinzaine d'enfants par l'arrière du véhicule mais 44 restent bloqués à l'intérieur avec les deux chauffeurs et deux moniteurs. Cinq autres personnes dont deux enfants meurent dans les voitures (il n'y a pas de survivant dans les deux voitures impliquées).

Après l'accident[modifier | modifier le code]

Le Mémorial pour l'Avenir (1985)
Inscription

Les familles sont informées de l'accident à 6 heures du matin. Le nom des enfants morts est communiqué par le maire de Crépy-en-Valois vers 11 heures, suivant l'ordre alphabétique. Peu de corps sont identifiés.

Les obsèques ont lieu dans cette même commune le en présence du président de la République François Mitterrand.

Les corps des victimes n'ayant pu être identifiés, ils sont enterrés ensemble sous une grande stèle dans le cimetière de Crépy-en-Valois[5].

À la suite du procès, le transporteur est condamné à dix-huit mois de prison avec sursis[6] et à 25 000 francs d'amende : le véhicule présentait en effet un système de freinage gravement défectueux. Un des chauffeurs est condamné à six mois de prison avec sursis[6], un an de suspension de permis et 2 300 francs d'amende[2]. La compagnie d'assurance doit verser 12 millions de francs aux familles des victimes[2].

Un mémorial est érigé en 1985 sur l'aire de repos du Curney, à proximité immédiate du lieu de l'accident (commune de Merceuil)[2]. Les enfants victimes de cet accident reposent au cimetière de Crépy-en-Valois ; sur les plaques on peut lire les noms des enfants dont certains issus de familles nombreuses.

Marie-Andrée Martin, mère de trois victimes (un de ses enfants a survécu à l'accident[3]) a créé l'Association des victimes de Beaune, qui rejoint la Fédération nationale des victimes d'accidents collectifs[7].

Chaque année depuis plus de trente ans, à la date anniversaire la mairie de Crépy-en-Valois commémore l'accident[3].

Chaque 11 Novembre, depuis 1982, les élus ont une pensée pour les enfants, et le cortège municipal passe devant le monument avant de rejoindre le monument aux morts de la première guerre, et des conflits. Souvent, dans le discours du maire, même si il s'agit d'une autre commémoration, un petit hommage est glissé à la mémoire des enfants victimes de cet accident, car il marqua profondément la commune, à l'image de lourdes pertes d'un conflit.

Conséquences de l'accident sur la réglementation[modifier | modifier le code]

Le ministre des Transports d'alors, Charles Fiterman, décide de prendre des mesures strictes.

La vitesse maximale autorisée pour les cars est réduite, la vitesse par temps de pluie pour tous les véhicules est réduite à 110 km/h sur autoroute et à 80 km/h sur route[4],[2]. Les transports collectifs d'enfants sont interdits pendant les périodes de chassé-croisé fin juillet et début août. Tous les véhicules lourds (camions et autocars...) doivent désormais être équipés d'un dispositif mécanique de limitation de vitesse, sur lequel toute modification par son utilisateur est rigoureusement interdite[8].

De plus, les constructeurs de véhicules destinés au transport en commun doivent utiliser des matériaux incombustibles[2] et non toxiques et poser des pare-brise en verre feuilleté.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Interdiction de transports d'enfants les 31 juillet et 7 août 2010 », sur Planet' Anim, 11 mars 2010.
  2. a, b, c, d, e et f Françoise Escarpit, « Il y a vingt ans, l'accident de Beaune », L'Humanité, 1er août 2002.
  3. a, b et c Faïza Zerouala, « L'impossible deuil de l'accident de Beaune, 30 ans après », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  4. a, b et c « L’accident d’autobus de Beaune qui fit 53 morts en 1982  », lire en ligne sur bienpublic.com.
  5. "Accident de Beaune : l'émotion, 30 ans après", journal de 13h de TF1, 31 juillet 2012
  6. a et b « Les victimes se rebiffent », lire en ligne sur lexpress.fr.
  7. « Beaune : vingt ans après Crépy se recueille », lire en ligne sur leparisien.fr.
  8. Antenne 2, « Limitations de vitesse+réactions transporteurs », Journal télévisé (enquête de Luce Perrot et Bruno Le Dref avec Pierre Mayet (DRIS), sur http://www.ina.fr/,‎ (consulté le 22 novembre 2012).