Abbaye de Trois-Fontaines

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Abbaye de Trois-Fontaines
image de l'abbaye
Ruines de l'abbatiale

Diocèse Diocèse de Châlons-en-Champagne
Patronage Sainte-Marie
Numéro d'ordre (selon Janauschek) VII (7)[1]
Fondation 1118
Dissolution 1741
Abbaye-mère Abbaye de Clairvaux
Lignée de Abbaye de Clairvaux
Abbayes-filles 030 - Lachalade (1127-1790)
053 - Orval Drapeau de la Belgique Belgique (1132-1796)
101 - Hautefontaine (1136-1791)
122 - Cheminon (1138-1790)
194 - Monthiers-en-Argonne (1144-1790)
344 - Chatillon (1142-1791)
470 - Szentgotthárd (1183-1675 et 1734-1878)
Pétervárad (1234-1541)
618 - Bélakút (1234-1482)
Congrégation Ordre cistercien
Période ou style Roman cistercien
Architecture baroque
Protection Logo monument historique Classé MH (1944)[2]

Coordonnées 48° 43′ 04″ nord, 4° 56′ 56″ est[3]
Pays Drapeau de la France France
Province Comté de Champagne
Région Champagne-Ardenne
Département Marne
Commune Trois-Fontaines-l'Abbaye

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Abbaye de Trois-Fontaines

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Abbaye de Trois-Fontaines

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Abbaye de Trois-Fontaines

L'abbaye cistercienne de Trois-Fontaines, sur la commune de Trois-Fontaines-l'Abbaye, fut fondée en 1118 au diocèse de Châlons-en-Champagne ; elle était la première fille de Clairvaux sous l'abbatiat de saint Bernard.

Historique[modifier | modifier le code]

Guillaume de Champeaux, évêque de Châlons, ancien écolâtre de Notre-Dame de Paris, obtient d'Hugues de Vitry un domaine dans la forêt de Luiz pour y fonder une abbaye de l'ordre de Cîteaux. D'autres propriétaires firent alors dons d'autres terres. Le 10 octobre 1118, l'abbé Roger et quelques moines arrivent sur le site, venant de Clairvaux envoyés par saint Bernard. Ils s'y fixèrent dans une clairière pour y fonder la première fille de l'abbaye de Clairvaux.

Les multiples donations permettent aux moines de fonder de nombreuses granges autour de l'abbaye : Villiers-en-Lieu, Vitry-en-Perthois, Wassy, Vic-sur-Seille, Saint-Dizier, Gueux près de Reims. Ils avaient reçu en 1171 du comte Henri Ier de Champagne les forges de Wassy avec la possibilité de prendre le bois nécessaire à leur exploitation. Ils exploitèrent les salines de Vic-sur-Seille en 1197. Après l'acquisition du moulin de Frignicourt, en 1237, les cisterciens de Trois-Fontaines se trouvèrent propriétaires d'une entreprise à la fois agricole, industrielle et minière.

Ils vont répandre la vie monastique et fonder les abbayes cisterciennes :

Un moine de Trois-Fontaines, Aubry, rédige les chroniques du monde jusqu'en 1241.

Les religieux construisent leur première église en bois, mais les dons leur ont permis d'édifier rapidement une nouvelle église en pierre. On a retrouvé la trace de l'église initiale au cours des fouilles de 1963 montrant qu'elle était construite suivant le plan "bernardin" adopté à Clairvaux. Les berceaux transversaux sur les bas-côtés de la nef sont semblables de ceux de l'abbatiale de Fontenay, entre 1145 et 1160. Elle devait être contemporaine de cette église et a dû être réalisée peu après Clairvaux, réalisée entre 1135 et 1145. Pour les autres bâtiments, il n'en reste aucune trace.

L'abbaye perdue dans la forêt, éloignée des grands axes routiers, put passer les siècles sans trop subir de destructions. La commende ne lui fit pas subir de dommages. Le premier abbé commendataire a été, en 1536, Louis de Lorraine-Guise.

Une partie des bâtiments sont détruits par un incendie en 1703. Le cloître et le dortoir sont reconstruits à partir de 1716 à la suite d'un accord entre les moines et l'abbé commendataire, Henri Thiard de Bissy. La construction se termine par le portail d'entrée qui porte la date de 1741. Le cardinal de Tencin est alors l'abbé commendataire entre 1739 et 1753.

Les bâtiments de la basse-cour et les écuries ont été détruits en 1711 par des hussards. Ils sont reconstruits entre 1717 et 1741.

Depuis 1777, l'église est aussi paroissiale. En 1785, on décide de la transformer en supprimant le transept et le chœur à la demande des moines et du cardinal de Bernis, dernier abbé commendataire. Pour fermer l'église, on demande à l'architecte Pierret, de Wassy, de construire une nouvelle abside semi-circulaire. La décoration intérieure est reprise par des sculpteurs sous la direction de l'architecte Joyeux entre 1786 et 1789.

Il y a encore treize moines en 1791, mais l'abbaye est vendue comme bien national en 1794. Son acquéreur ne pouvant en payer le prix, il dut la céder à M. Bourdon de Saint-Dizier. Il va vendre les matériaux. Une gravure anglaise, vers 1805, montre les bâtiments dépouillés de leur mobilier. En 1825 il ne reste plus que trois travées voûtées de la nef sur les huit initiales. Puis une famille de Saint-Dizier a acquis la propriété et arrêta la destruction mais en laissant l'église à l'abandon. En 1840, une maison est aménagée dans les anciens bâtiments.

Les bâtiments monastiques[modifier | modifier le code]

Une première construction en pierre fut commencée dès le XIIe siècle ; les vestiges de l'église, de style roman, en sont encore visibles aujourd'hui.
L'église originelle reprend le plan cistercien de Clairvaux II. Elle avait un plan de croix latine :

  • longueur : environ 70 m
  • longueur du transept : environ 40 m
  • largeur du transept : 12 m

avec un chevet rectangulaire de 6,50 m par 6 mètres. Le nef comprend 8 travées. Chaque bras du transept comprend trois chapelles rectangulaires côté est. Le bras nord du transept était un peu plus court que le bras sud. Les croisées d'ogives sont d'origine mais la forme des nervures a été modifiée au XVIIIe siècle. Les bas-côté reprennent les berceaux transversaux qui semblent être apparus à l'abbaye de Fontenay. Leur voûtement est très aigu.

L'abbaye fut ensuite reconstruite au XVIIIe siècle, dans un style classique aux accents baroques. Un portail monumental donne accès à une cour fermée par deux hauts pavillons. L'église romane fut conservée mais redécorée, les arcs et les ogives étant resculptés.

À la Révolution française l'abbaye fut vendue comme bien national et en partie démolie ; la destruction de l'église a laissé le portail occidental, et la nef couverte de voûtes, mais les toitures n'existent plus. Des pans de grandes arcades gisent à terre et l'abside n'existe plus, composant parmi des arbres un site romantique tel qu'en rêvèrent les artistes du XIXe siècle.

Le site est désormais privé, mais mis en valeur par une association qui l'ouvre au public. Le vaste parc qui conserve un bassin et des statues allégoriques est planté d'arbres imposants.

Autour de l'abbaye s'est formé le village de Trois-Fontaines-l'Abbaye (Marne).

Abbés[modifier | modifier le code]

  1. Roger
  2. Guy, à qui sont adressées les lettres LXIX et LXX de saint Bernard.

Divers[modifier | modifier le code]

  • Un lutrin en marbre provenant de l'abbaye de Trois Fontaines se trouve à l'église Saint-Nicolas de Cheminon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne, , 491 p. (lire en ligne), p. 99.
  2. Notice no PA00078876, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. « Trois Fontaines », sur http://www.cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le 19 novembre 2013).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Voyage littéraire de Dom Guyton en Champagne (1744-1749) », sur gallica BNF (consulté le 13 juillet 2014)
  • Dimier A., Le plan de l'église de Trois-Fontaines, Bull. mon., 1965, t. CXXIII, p. 103-116
  • Sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le Guide du patrimoine Champagne-Ardenne, p. 342-343, Hachette, 1995 (ISBN 978-2-01-020987-1)
  • Alain Erlande-Brandenburg, L'abbaye de Trois-Fontaines, p. 695 -706, dans Congrès archéologique de France. 135e session. Champagne. 1977, Société française d'archéologie, Paris, 1980
  • Vilain G., L'abbaye de Trois-Fontaines aux XVIII et XIXe siècles : constructions et démolitions, Mém. soc. agric. de la Marne, 1997, t. CXII, p.189-211
  • Baudin Arnaud, Inventaire sigillographique du chartrier de l'abbaye de Trois-Fontaines (1117-1500), Mémoire de D.E.A. réalisé sous la direction de Michel Parisse et Jean-Luc Chassel, Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2002, 2 vol. + Cédérom.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]