Abbaye d'Heylissem

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Ancienne abbaye d'Heylissem
Image illustrative de l’article Abbaye d'Heylissem
Ancien palais abbatial d'Heylissem
Présentation
Nom local Domaine provincial d'Hélécine
Type Abbaye
Rattachement Ordre des Prémontrés
Début de la construction XIIe siècle
Architecte Laurent-Benoît Dewez
Autres campagnes de travaux XVIIIe siècle
Style dominant néoclassique
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1955, 1977, no 25118-CLT-0003-01)
Géographie
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Département Drapeau de la province du Brabant wallon Province du Brabant wallon
Ville Hélécine
Coordonnées 50° 44′ 48″ nord, 4° 58′ 45″ est

Géolocalisation sur la carte : Brabant wallon

(Voir situation sur carte : Brabant wallon)
Ancienne abbaye d'Heylissem

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
Ancienne abbaye d'Heylissem
Moine d'Heylissem

L’abbaye d’Heylissem était un monastère de chanoines prémontrés située à Hélécine, en Belgique, dans la province du Brabant wallon, fondé vers 1130 par le seigneur Renier. Le domaine foncier de l’abbaye s’agrandit tout au long des XIIe et XIIIe siècles, dont l'exploitation sert à entretenir les paroisses des environs, et ce jusqu’à la Révolution française. Au XIIIe siècle, le duc de Brabant autorise la construction d'une enceinte fortifiée.

Alors que les XIVe et XVe siècles sont des siècles paisibles, aux XVIe et XVIIe siècles, les guerres de religion et le passage fréquent de troupes françaises, espagnoles ou hollandaises font que l’abbaye, ses paroisses et ses fermes subissent de graves dégâts, pillages, saccages ou incendies.

Au XVIIIe siècle, la paix retrouvée permet à la communauté de se relever. En 1768, l'architecte Laurent-Benoît Dewez reconstruit entièrement l’abbaye. Cependant, les religieux doivent la quitter en 1796 du fait du pouvoir révolutionnaire français. Les biens sont vendus, passant entre diverses mains, les ailes latérales du bâtiment étant démolies, tout comme le chœur de l’église et les bâtiments conventuels, pour faire place à une usine moderne.

En 1962, les comtes d’Oultremont, qui y résident depuis 1919, vendent la propriété à la province de Brabant. Après de nouvelles transformations, le château est ouvert au public comme Domaine provincial d’Hélécine.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'abbaye d'Heylissem est situé à Hélécine (Heylissem en flamand), en Belgique, dans la province du Brabant wallon, à 8 km au Sud-Est de la ville de Tirlemont. À l'origine, les religieux s’installent sur la terre que le seigneur Renier leur donne au bord de la petite Gette.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle, tout seigneur ayant à cœur le bien spirituel de ses sujets demandait l’aide des prémontrés, un nouvel ordre religieux fondé en 1120, à l’expansion rapide, combinant de manière originale la vie de chœur avec l’engagement pastoral. Ainsi le fait Renier de Zétrud-Lumay, avec l’aide de son frère Gerland, abbé de Floreffe[1]. Vers 1130, il fait appel aux prémontrés de l'abbaye de Floreffe.

Fondation et approbation[modifier | modifier le code]

Les chanoines acceptent l’offre et s’installent sur la terre que le seigneur Renier leur donne au bord de la petite Gette. À l’origine le monastère est mixte, c’est-à-dire qu'il comprend deux communautés distinctes, une de chanoines et l’autre de chanoinesses. En 1142, la communauté féminine déménage à Cologne. En 1145, la fondation est approuvée par le pape Eugène III.

Les donations de terres étant nombreuses, le domaine foncier de l’abbaye s’agrandit tout au long des XIIe et XIIIe siècles. Son exploitation, tout en contrôlant et en canalisant la petite Gette, sert à entretenir les paroisses qui sont confiées aux chanoines. À la fin du XIIIe siècle, ce domaine de huit cents hectares inclut douze fermes et neuf moulins. Au XIIIe siècle, le duc de Brabant les autorise à construire une enceinte fortifiée. Une quinzaine de paroisses de la région de Jodoigne et de Tirlemont dépendent de l’abbaye. Elles en dépendront jusqu’à la Révolution française.

Siècles paisibles[modifier | modifier le code]

Les XIVe et XVe siècles sont des siècles paisibles pour l'abbaye. Jean III, duc de Brabant, y séjourne douze jours en 1332[2].

Siècles éprouvants[modifier | modifier le code]

Les XVIe et XVIIe siècles sont des siècles éprouvant pour l'abbaye. Les guerres de religion et le passage fréquent de troupes françaises, espagnoles ou hollandaises font que l’abbaye, ses paroisses et ses fermes subissent souvent de graves dégâts et que la vie en général est désorganisée. Par trois fois, elle est pillée et incendiée[note 1],[2] et la communauté doit se réfugier dans les villes voisines : à Léau en 1568, et pour une quinzaine d’années à Tirlemont, de 1690 à 1704. Une gravure d'Antoine Sandérus datant de 1659 montre cependant une Helissem celebris et antiqua abbatia, de belle allure.

Renouveau et reconstruction[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle, la paix retrouvée permet à la communauté de se relever. Ils sont une quarantaine de chanoines réguliers à Heylissem. L’étendue du domaine augmente encore avec l’achat de terres, en 1749, à Kumtich, appartenant à l’Abbaye bénédictine de Kornelimünster. Des fermes supplémentaires entrent ainsi dans le patrimoine d’Heylissem, dont Stocquoy (Jodoigne), Chapeauveau (Opheylissem), Seumay (Perwez) et la Dîme (Jandrain).

En 1768, le père abbé d’Heylissem fait appel au célèbre architecte Laurent-Benoît Dewez pour reconstruire entièrement l’abbaye. Le projet est réalisé en une douzaine d’année. Le palais abbatial a alors une très large façade néoclassique. Une coupole de grande dimension et de 47 mètres de haut couvre la nef de l’église, qui est consacrée en 1780.

Mais les religieux sont à peine installés dans leurs nouveaux bâtiments qu'ils doivent les quitter. Le 25 septembre 1796, en effet les 25 chanoines sont expulsés manu militari de l’abbaye par le pouvoir révolutionnaire français.

De l’abbaye au château[modifier | modifier le code]

Les biens sont mis en vente en lots morcelés[note 2],[2], et les bâtiments de l’abbaye passent en diverses mains qui les utilisent parfois comme simple carrière de belles pierres taillées. D’abord, en 1800, une filature textile dirigée par un industriel français s’y installe. Elle fait faillite. À partir de 1821, c'est une distillerie d’eau de vie à base de pommes de terre et une usine sucrière qui prennent place. L’entreprise de Gustave van den Bossche à Tirlemont prospérant, les ailes latérales du bâtiment sont démolies — ainsi que le chœur de l’église et les bâtiments conventuels — pour faire place à une usine moderne.

Vue latérale du palais devenu château

En 1870, son fils souhaite donner un aspect de château au palais abbatial, sous la forme d'un long bâtiment d’est en ouest, ayant en son centre ce qui reste de l’ancienne église abbatiale. Il confie ce projet à l’architecte Alphonse Balat. La façade est légèrement transformée, lui donnant un aspect plus aristocratique, et le dôme, d’allure trop ecclésiastique, est baissé d’une dizaine de mètres. Jusqu’en 1876, les statues des quatre Évangélistes surmontaient encore l’attique de la façade. Les ailes latérales de la cour d'honneur sont transformées en dépendances et en écuries. Un parc est aménagé.

Par héritage le domaine passe à la famille d'Oultremont. En 1962, les comtes d’Oultremont, qui y résident depuis 1919, vendent la propriété à la province de Brabant. Après de nouvelles transformations, respectant cette fois le caractère historique des lieux, le château est ouvert au public comme Domaine provincial d’Hélécine.

Article détaillé : Domaine provincial d'Hélécine.

Aspects patrimoniaux[modifier | modifier le code]

  • Le dôme central, visible sur le dessus du château, qui est une coupole de grande dimension et de 47 mètres de haut, couronnait autrefois la nef de l'église abbatiale.
  • Le palais abbatial (1780) est un long bâtiment rectangulaire flanqué, au centre, d'un attique supporté par quatre pilastres corinthiens et, au milieu de chaque aile, d'un fronton triangulaire armorié[2].
  • L'escalier de l'ancien palais abbatial est tout à fait remarquable.
  • Les parties communes, la ferme et l'ancien moulin abbatial, alimenté par les eaux de la Petite Gette, évoquent l'époque des moines, qui possédaient, au XVIIIe siècle, l'un des haras les plus fameux de la province[3].

Liste des abbés[modifier | modifier le code]

  • Guillaume Vandermolen (début XVIe siècle)
  • Jean Raulet (1646)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par exemple, reconstruite par l'abbé Guillaume Vandermolen au début du XVIe siècle, elle est ensuite brûlée (1568) puis saccagée (1635), et encore restaurée dans le style de la Renaissance flamande par l'abbé Jean Raulet (1646).
  2. Le palais abbatial est vendu comme bien national pour 212 000 livres aux frères Tiberghien, dont Pierre-François Tiberghien, qui y installent une filature (1796).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Victor Gaston Martiny, Carnets du patrimoine n°5 - L'abbaye d'Heylissem, Namur, Ministère de la Région wallonne, , 48 p., p. 4
  2. a b c et d Émile Poumon, Abbayes de Belgique, Office de Publicité, S.A., éditeurs, Bruxelles, 1954, p. 102-103.
  3. Joseph Delmelle, Abbayes et béguinages de Belgique, Rossel Édition, Bruxelles, 1973, p. 47.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]