1900 (film)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir 1900 (homonymie).
1900
Description de cette image, également commentée ci-après
Une scène du IIe acte avec Donald Sutherland, Robert De Niro et Gérard Depardieu.

Titre original Novecento
Réalisation Bernardo Bertolucci
Scénario Bernardo Bertolucci
Giuseppe Bertolucci
Franco Arcalli (en)
Acteurs principaux
Sociétés de production Alberto Grimaldi
Produzioni Europee Associati (PEA)
Les Productions Artistes Associés
Artemis Film
Pays d’origine Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de la France France
Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Genre Chronique historique dramatique
Durée 320 minutes en deux parties
Sortie 1976

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

1900 (titre original : Novecento[a]) est un film franco-germano-italien réalisé par Bernardo Bertolucci et sorti en 1976.

Synopsis[modifier | modifier le code]

1900 raconte les vies parallèles de deux garçons nés le même jour dans une grande propriété terrienne de l'Émilie-Romagne en Italie au début du XXe siècle. L'histoire débute fin janvier 1901, à l'annonce de la mort de Giuseppe Verdi (le 27 janvier), avec la naissance d'Alfredo, le fils du propriétaire, et d'Olmo, le fils bâtard d'une grande famille de métayers attachée à l'exploitation. Les deux garçons grandissent ensemble et prennent peu à peu conscience de leur statut social opposé.

Alfredo est un fils de grand bourgeois propriétaire terrien, brimé par son père autoritaire proche des milieux fascistes. Il cherche à échapper à cette emprise paternelle et à mener une vie insouciante, laissant le contremaître fasciste Attila (membre des Chemises noires) prendre le contrôle de la propriété et brutaliser les paysans. Olmo, fils de paysan, est éveillé très tôt à son statut social pauvre. Face à l'injustice, il affirme, poussé par sa fiancée institutrice, ses convictions socialistes et organise la résistance contre les fascistes.

L'opposition de ces deux destins accompagne l'histoire de l'Italie, du progrès technologique à la Première Guerre mondiale, de la montée des revendications sociales au fascisme (squadristi). Le film se termine avec la fin de la Seconde Guerre mondiale et la victoire des paysans sur les fascistes. Dans l'épilogue, Attila est tué par les paysans, Alfredo est jugé pour complicité mais épargné. Olmo s'adresse alors directement au spectateur pour énoncer, symboliquement, que le patron est mort.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Développement et distribution[modifier | modifier le code]

Bertolucci pensait créer un film épique sur l'Italie depuis plusieurs années. C'est grâce au succès du Dernier Tango à Paris qu'il réussit à trouver le budget de 6 millions de dollars (énorme pour l'époque) auprès de trois producteurs différents pour produire ce film à la distribution prestigieuse (De Niro, Depardieu, Lancaster, Hayden), avec de nombreux figurants, et qui reconstitue l'environnement de l'Italie du début du XXe siècle[2]. Ce budget fut par la suite dépassé pour atteindre 9 millions[3].

Le réalisateur, qui avait initialement prévu son projet comme un téléfilm en plusieurs épisodes, réalisa une première mouture d'un seul tenant de plus de cinq heures. Le producteur Alberto Grimaldi, qui était contractuellement obligé par la Paramount de produire un film de trois heures et demie au maximum, dut enfermer le réalisateur en salle de montage afin qu'il réduise la durée de l'œuvre[4].

Fort de l'accueil favorable reçu par Le Dernier Tango malgré son odeur de soufre, Bertolucci approfondit la veine transgressive de son cinéma. Le film comporte des scènes de sexualité explicite où les deux jeunes garçons comparent leurs érections ou, plus tard, quand l'actrice Stefania Casini masturbe Depardieu et De Niro[5]. Il met en scène crûment la perversion d'Attila, un fasciste (incarné par Donald Sutherland) qui massacre un chaton, viole un enfant et le tue sauvagement, avant d'empaler sur la grille de sa propriété une veuve qui l'avait séquestré[6]. À sa sortie aux États-Unis en 1977, il est interdit aux mineurs de 17 ans non accompagnés (classement R).

Accueil[modifier | modifier le code]

Le journal communiste L'Humanité, en 1976, encense le film :

« L'exemple le plus grandiose, jusqu'à présent en Occident, d'un grand film politique, d'une grande fresque épique et populaire. »

Pour le critique Michel Ciment, le fait « d'idéaliser le prolétariat interdit à Bertolucci de démonter le mécanisme de l'adhésion des masses au fascisme[7]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En italien, « novecento » (une aphérèse de « millenovecento ») désigne « les années 1900 » (de 1900 à 1999).
  2. Crédité sous le nom de Paolo Branco.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) RSdoublage.com (onglet « doublage »)
  2. Gérard Camy, Alain Riou, 50 films qui ont fait scandale, Corlet-Télérama, , p. 109.
  3. Voir sur www.boxofficemojo.com.
  4. Voir sur geraldpeary.com.
  5. (en) Matthew Turner, « Watching Bertolucci’s 1900 », sur MostlyFilm, (consulté le 11 décembre 2018).
  6. « Bernardo Bertolucci – “1900” (1976) », sur Culturopoing (consulté le 11 décembre 2018).
  7. Michel Ciment, « Dialectique ou barres parallèles ? (1900) », Positif, nos 183-184,‎ juillet-août 1976, p. 112-114.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]