Vêtement de ski

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Vêtements de ski)

Les vêtements de ski constituent l'ensemble des vêtements portés pour la pratique du ski et certaines activités de montagne qu'ils soient techniques ou sportswear. La tenue de ski a évolué au fil du temps et en fonction des impératifs des différentes disciplines. Elle a également connu des modes au fil des décennies des XIXe siècle jusqu'au XXIe siècle.

Historique[modifier | modifier le code]

Axel Gallén en ski au sommet du Kirppuvuori à Suolahti en 1906

Au début du XXe siècle, les premiers privilégiés qui fréquentent Saint-Moritz ou Chamonix skient en lainages et costume, parfois d'équitation ou de chasse[1]. L'alpinisme se pratique en jupe boutonnée avec une culotte en dessous. Par la suite, ces clients fortunés commandent à leur couturier des tenues en drap de laine, peau et fourrure[2]. En quelques années, les sports d'hiver[3] ont leurs équipements adaptés[1],[4]. Les stations de montagne sont lieu de chic pour se montrer[5]. Vers les années 1930, pour le ski ou le patinage, la ligne est élégante et fuselée[6][n 1]. Un fuseau est créé à Megève par AAllard et popularisé par Emile Allais. C'est le premier vêtement réellement technique pour le ski. Il remplace le large « pantalon norvégien » qui prend l'eau.

Collaborations[modifier | modifier le code]

Veste de ski, milieu des années 1920.
Pantalon de ski en soir et laine, vers 1925.

La montagne reste un sujet de collaborations fréquentes entre la mode et le sport. Après la Seconde Guerre mondiale, Emilio Pucci crée la tenue de ski « idéale » pour ses amis : « un anorak avec un capuchon et un pantalon resserré au-dessus des chaussures[2]. » Celle-ci est prise en photo à Zermatt par Toni Frissell ; Diana Vreeland décide de la publier dans Harper's Bazaar, faisant le succès pour ce créateur de mode[7],[2]. L'entreprise allemande Bogner (de), fondée en 1932, habille James Bond pour quatre films ainsi que de nombreuses personnalités de premier plan, à la ville comme au ski[8]. Durant les années 1990 dans la foulée du streetwear, les doudounes sont portées par les rappeurs[9]. Jean-Charles de Castelbajac a une longue histoire de partenariat avec les équipementiers comme Kappa, Le Coq Sportif, mais surtout Rossignol depuis 2002[10],[2]. À partir du milieu des années 2000, Moncler, marque fondée dans les années 1950, signe plusieurs alliances avec des créateurs de mode pour des lignes spécifiques ou des collections capsules : Thom Browne, Chitose Abe, le couturier Giambattista Valli ou la marque Balenciaga signent des doudounes[11],[12] souvent éloignées du domaine technique du ski[9]. Fusalp, autre entreprise française de la même époque oubliée par la suite, est rachetée puis ouvre sa première boutique à Paris[11],[2]. Elle est suivie dans la capitale par Rossignol qui inaugure un magasin éphémère rue de la Paix[13]. Dans les années 2010, Hermès crée une collection « Sports d'hiver »[14]. En , Fendi lance la ligne chic et technique « Fendi Leasurewear » avec des vêtements et accessoires dédiés au ski[11],[15]. Deux ans plus tard, Chanel présente en juin sa collection « Coco Neige », mélangeant les classiques de la maison avec des matières techniques[16].

Outre l'augmentation logique de chiffre d'affaires, dans les années 2000 plusieurs saisons avec moins de neige sur les sommets européens et moins de fréquentation[n 2] ont obligé les fabricants à réagir, se diversifier et à s'orienter vers la « ville »[9]. « Sur cinq personnes qui séjournent en station, il n’y en a que deux qui vont sur les pistes. Aujourd’hui, la plupart des tenues de ski sont détournées » précise le PDG de Look[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. À l'époque, il n'y a pas de tissus extensibles : le fuseau n'est donc pas moulant. Il est en drap de Bonneval, imperméable.
  2. Fréquentation de - 13 % entre 2008 et 2018[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Grasse 2015, p. 29.
  2. a b c d et e Gabrielson-Chaboud 2016.
  3. Worsley 2011, p. 64.
  4. Fraysse 2017, p. 71.
  5. Grasse 2015, p. 13.
  6. Grasse 2015, p. 12.
  7. Fraysse 2017, p. 71 à 72.
  8. Fraysse 2017, p. 70 à 71.
  9. a b c et d Ngo-Ngok 2019, p. 120.
  10. Grasse 2015, p. 88.
  11. a b et c Fraysse 2017, p. 72.
  12. a et b Martin-Bernard 2011.
  13. Assor 2017.
  14. Guillaume et Faure 2013.
  15. Gabrielson 2016, Fendi.
  16. Ngo-Ngok 2019, p. 121.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nadine Chaboud et Cécile Dupré, Fashion Altitude : Mode et montagne du 18e siècle à nos jours, Grenoble, Glénat, coll. « Beaux livres Montagne », , 144 p. (ISBN 978-2-344-01819-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]