Église Saint-Louis de La Roche-sur-Yon

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Église Saint-Louis
de La Roche-sur-Yon
Image illustrative de l’article Église Saint-Louis de La Roche-sur-Yon
Présentation
Nom local Saint-Louis
Culte Catholique romain
Type Église
Rattachement diocèse de Luçon
Début de la construction 1817
Fin des travaux 1829
Style dominant Néoclassique (XVIIIe siècle)
Protection Logo monument historique Classé MH (1982)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Vendée
Ville La Roche-sur-Yon
Coordonnées 46° 40′ 14″ nord, 1° 25′ 30″ ouest

L'église Saint-Louis de La Roche-sur-Yon est le plus vaste édifice religieux du département de la Vendée[note 1]. Cette église, construite au XIXe siècle, est de style néoclassique.

Cette église fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Historique[modifier | modifier le code]

Lorsque Napoléon Ier décide la fondation de la ville actuelle de La Roche-sur-Yon par le décret du 5 prairial de l'an XII (), il n'est pas prévu de construire de nouvelle église dans la ville. La construction de l'église Saint-Louis est finalement décidée par les décrets du 1er et du 8 août 1808. La construction commence en 1817 sur les plans de l'architecte Simon Vallot et par les ingénieurs civils des Ponts et Chaussées Duvivier pour sa réalisation et Edmond Humblot lors de sa finalisation. Faute de crédits, elle se termine en 1829 alors que la ville s'appelle « Bourbon-Vendée ». L'église est consacrée sous le nom de Saint-Louis le 3 novembre 1830. Simon Vallot a dû s'inspirer de l'église Saint-Philippe-du-Roule et plus largement du modèle classique de la basilique civile romaine[2],[3].

L'église Saint-Louis est le monument majeur de la place Napoléon et constitue un élément significatif de l'architecture néoclassique.

L'église fut restaurée extérieurement de 1999 à 2004.

Architecture[modifier | modifier le code]

L'architecture extérieure de l'église est néo classique avec en façade un portique de 6 colonnes et 2 pilastres aux chapiteaux d'ordre toscan ouvrant sur un « pronaos in antis ». Ces éléments, construits avec de la pierre calcaire, sont surmontés par un entablement et un fronton triangulaire. Plus à l'arrière, deux clochers carrés aux pilastres ioniques s'élèvent à une trentaine de mètres au-dessus du sol.

À l'origine, le plan de l'église était basilical (rectangulaire). En 1824, le poids de la charpente en chêne de la foret de Grasla menaçait d'éventrer l'église. Les ingénieurs durent construire en urgence 24 contreforts et deux chapelles latérales, donnant à l'église un plan extérieur en forme de croix latine.[4]

À l'intérieur, l'église présente un vaste péristyle néo-classique de colonnes rudentées et cannelées aux chapiteaux d'ordre corinthien romain. Ce péristyle est surmonté d'un entablement et d'une voûte lambrissée en berceau. Cette voûte est composée de caissons en bois rehaussés de rosaces peintes en trompe-l'œil[5]. La voûte en cul-de-four de l’abside est, quant à elle, entièrement peinte en trompe-l'œil. Elle est agrémentée d'une gloire percée dans laquelle figurent les lettres du Tétragramme.

Dimensions[modifier | modifier le code]

Les dimensions sont les suivantes[6] :

  • Longueur totale : 72 m
  • Longueur intérieure : 60,3 m
  • Largeur (sans les chapelles) : 26,8 m
  • Largeur (avec les chapelles) : 51 m
  • Hauteur de la nef : 18,5 m
  • Hauteur du péristyle : 14 m
  • Hauteur des clochers : 33,5 m

Fronton et pronaos[modifier | modifier le code]

Fronton de l'église.

Le fronton de l'église Saint-Louis est de type toscan, son entablement comportait, à l'origine, une inscription en lettres de bois dorées. Cette dernière, détruite par le temps, a été restituée. L'inscription est la suivante :

D. N. IESV CHRISTO IN HONOR. S. LVDOVIC. « Saint-Louis en l'honneur de notre maître Jésus-Christ »

Sous le pronaos, deux statues sont présentes. À gauche de la porte, saint Louis par Arthur Guéniot (1934)[7] ; à droite, saint Lienne par Victor Fulconis (1898)[8].

Le programme décoratif de l’église[modifier | modifier le code]

Les trompe-l’œil[modifier | modifier le code]

Pour pallier les carences financières de la construction, de nombreux trompe-l’œil ont été peints dès l’origine, puis lors du réaménagement du chœur dans les années 1870. Aussi, 25 médaillons en grisaille et grisaille rehaussée sont répartis sous les entablements. Dans l’abside, les évangélistes et le Christ sont représentés. Dans les bas-côtés, les fondateurs de l’Alliance, les prophètes, les apôtres ainsi que Marie et Elisabeth sont peints.

La voûte de l’église, quant à elle, reprend le modèle classique de la rosace (dans des cadres de bois cloués sur le lambris dont les décors sont peints)[9]. Il convient d’ajouter les caissons peints de la tribune de l’orgue et des bas-côtés, les caissons octogonaux entièrement en trompe-l’œil de l’abside et la tribune de la Cène qui reprend en grisaille la célèbre peinture éponyme de Léonard de Vinci. D’autres décors à motifs classiques et baroques s’ajoutent au niveau des murs et piliers du chœur et des chapelles absidiales.

Le chœur

Le bas-côté gauche (de l’entrée vers l’abside)

Le bas-côté droit (de l’entrée vers l’abside)

Autres trompe-l’œil

Les vitraux[modifier | modifier le code]

Les vitraux commandés et réalisés de 1872 à 1875 apportent une note religieuse et colorée dans un bâtiment assez sobre et neutre. Les parisiens Antoine Lusson (fils) et Léon Lefèvre réalisent vingt-trois verrières pour les bas-côtés et le chœur dans un style reprenant les codes de la peinture Renaissance avec un encadrement architectural des scènes par exemple. Les vitraux du chœur représentent saint Charles, saint Louis et saint Hilaire, tandis que quarante événements bibliques figurent dans les vingt baies des bas-côtés. La lecture des vitraux des bas-côtés se fait de la chapelle Saint-Joseph à la chapelle du Sacré-Cœur, dans un sens antihoraire[10].

Vitraux des bas-côtés

Le mobilier[modifier | modifier le code]

À partir des dessins des ingénieurs (Jean-Hilaire Viollet notamment) et du travail des menuisiers, la chaire à prêcher et le tabernacle (en bois de noyer et en tilleul doré) ont été sculptés par Louis Grootaërs ; le maître-autel, la cuve baptismale et quelques bénitiers par René-Joseph Mazères[11]. Le mobilier est sobre avec des ornements dans les styles Directoire et Restauration (Pomme de pin, rinceaux, couronnes végétales, formes simples…).

Dans les années 1870, le chœur a connu le percement de trois verrières, la création de stalles, mais surtout la réalisation d’un baldaquin baroque en stuc et marbre. Une partie des travaux a été confiée au peintre Paul Pizzi[12].

De nombreuses statues sont présentes dans l'église dont : saintes Bernadette, Thérèse de Lisieux et Rita ; Notre-Dame de Lourdes, Notre-Dame des douleurs, l'Enfant Jésus de Prague, l'Enfant Jésus et le Sacré-Cœur.

Après le concile Vatican II, la réalisation du mobilier fut confiée à l’architecte municipal Bertrand Lavigne.

Les peintures[modifier | modifier le code]

Le chemin de croix est imposant par sa taille (deux mètres par deux mètres environ), les quatorze huiles sur toile ont été restaurées par Patrick Buti[13]. L'atelier de Lucien Chovet est à l'origine du chemin de croix[14].

Il convient d’ajouter le monument aux morts peint en 1926 par André Astoul. Sur presque six mètres de hauteur, le peintre a représenté l’ascension au ciel des poilus morts au combat[15].

D’autres toiles sont présentes : Saint Charles Borromée par Joachim Sotta, Sainte Madeleine par Aimé-Benoit Marquet, une Mise au tombeau par Ferdinand Birotheau d’après Titien, une Assomption par Antoine Sartoris, une Vierge au chapelet d’après Murillo[16].

Les chapelles[modifier | modifier le code]

Chapelle de la Vierge[modifier | modifier le code]

Aménagée après la consécration de l’église, la chapelle de la Vierge (chapelle latérale sud) abrite une Vierge à l’Enfant en bois polychrome du XIVe siècle[17]. Et aussi des statues des saints Dominique, Jean-Baptiste, Jean l’Evangéliste et François d’Assise (Arthur Guéniot 1899 pour cette statue[7]) de part et d’autre d’une statue de Notre-Dame des Victoires.

En grisaille, saints Louis de Gonzague, Bernard, Alphonse de Liguori, Anselme, Dominique et François d’Assise sont représentés, ainsi qu’une Assomption de la Vierge.

La chapelle est éclairée par trois vitraux, La Pentecôte (atelier Dagrant, 1900), l’Assomption et le Couronnement (atelier Lorin, 1905).

Chapelle Saint-Lienne et reliques[modifier | modifier le code]

Chapelle Saint-Lienne.

Au nord de l'église et dédiée au disciple de Saint-Hilaire dont la dépouille fut vénérée à La Roche-sur-Yon, mais également à sainte Anne et sainte Philomène (statues au-dessus de l'autel), la chapelle abrite 183 reliques de saints au nombre desquels Louis et Zélie Martin, sainte Thérèse de Lisieux, sainte Bernadette Soubirous, saint Vincent de Paul, sainte Thérèse d’Avila, saint Louis-Marie Grignion de Montfort, saint Vivent, sainte Marie-Euphrasie Pelletier, saint Louis de Gonzague, saint Bénigne de Dijon, saint Paul Kohan, saint Thomas Tran Van Thien, saint Jean-Marie Vianney, sainte Radegonde[18],[19]

Les vitraux de sainte Anne, les saints anges et la consécration de la maquette de l’église du Sacré-Cœur ont été réalisés par l’atelier Lorin en 1925. A noter dans cette chapelle la présence de statues de saint Antoine de Padoue et saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

La chapelle Saint-Lienne est l'une des deux portes saintes du diocèse pour le jubilé de la miséricorde 2015/2016[20].

Chapelles Saint-Joseph et du Sacré-Cœur[modifier | modifier le code]

Chapelle absidiale collatérale nord.

Au niveau des absides secondaires, les deux chapelles dédiées à saint Joseph et au Sacré-Cœur présentent un aménagement qui remonte à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Jusqu’alors, les deux lieux où sont à présent placés les autels étaient des sacristies; les chapelles absidiales existaient déjà mais étaient simplement plus avancées dans l'église[21].

Dans chacune des chapelles, une statue réalisée par Arthur Guéniot[7] est placée dans une niche. Au nord, la chapelle Saint-Joseph possède un décor, imitant la mosaïque dorée, dans lequel des palmiers et des anges sont peints.

La même inspiration byzantine est visible dans la chapelle du Sacré-Cœur avec des représentations de sainte Gertrude de Helfta (probablement) et sainte Marguerite-Marie Alacoque (qui était alors bienheureuse). Dans un style différent, une peinture représentant l’église Saint-Louis de La Roche-sur-Yon et la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre est signée par Othellaud Astoul.

Les aspects républicains de l'église[modifier | modifier le code]

La basilique républicaine d'inspiration antique en 1829 :

  • Plan rectangulaire.
  • Proportions importantes.
  • 20 baies aux verres blancs.
  • Dépouillement accru par l'absence, d'éléments mobiliers imposants.
  • Style Néo-Classique en extérieur et intérieur.

Cette architecture est semblable à celle des basiliques civiles que l'on pouvait trouver sur le forum romain ou l'Agora grecque. Dans l'antiquité, ces bâtiments étaient des lieux de rencontre à but politique judiciaire, commercial... Ce modèle architectural est directement issu des idées des philosophes des lumières et d'urbanistes du XVIIIe siècle tels que Jean-Jacques Huvé[22] et Pierre Patte[23].

Les symboles de la France après 1870 :

  • Christ en tenue bleue/blanche/rouge sur une bonne part de vitraux (atelier Lefèvre et Lusson), commandés par la paroisse, postérieurs à la nativité et antérieurs à la crucifixion. Le choix des trois couleurs n'est pas justifié. Sans qu'il soit possible d'y voir une allusion républicaine, une symbolique religieuse de chaque couleur existe, la rareté de leur association et la fréquence (20 représentations) sont à souligner[24].
  • Drapeau Français sur le clocher nord.
  • Monument aux morts et huile sur toile (André Astoul, 1926) sur la guerre 14/18 (Cocarde, coquelicots, drapeau français, soldats, champ de bataille, cimetière militaire).
  • Députés et sénateurs associés aux membres du clergé sur le vitrail du Sacré-cœur + drapeau français (Cérémonie célébrée en 1917, le vitrail a été réalisé en 1925).

Les orgues[modifier | modifier le code]

Orgue de Kœnig réalisé en 1989 sur la tribune de l'église.

Deux orgues existent, un Cavaillé-Coll à huit jeux et un bourdon dans le chœur et le grand orgue de tribune (Yves Koenig, 1989) à quarante jeux et 2856 tuyaux[25].

Photos[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00110212, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Michaël Darin, « La Roche-sur-Yon et Pontivy : deux villes napoléoniennes ? », Autour de la ville de Napoléon, colloque de La Roche-sur-Yon, sous la direction de Gilles Bienvenu et Géraldine Texier-Rideau. Presses universitaires de Rennes, collection Art & Société, 2006, p. 53 à 64.
  3. René Crozet, « L’église Saint-Louis de La Roche-sur-Yon », Revue du Bas-Poitou. Société des amis du Bas-Poitou, 1971, p. 140 et 141.
  4. William Chevillon, « Histoire de l’église Saint-Louis de La Roche-sur-Yon », L'Echo de Patrimoine Yonnais. 2016
  5. René Crozet, « L’église Saint-Louis de La Roche-sur-Yon », Revue du Bas-Poitou. Société des amis du Bas-Poitou, 1971, p. 140 et 141
  6. "Église Saint-Louis la Roche sur Yon, Deux siècles d'histoire", Alain Delaval, éditions d'Orbestier, 2004
  7. a, b et c Au fil du Lay n°58, 2011. Arthur Guéniot (1866-1951). ISSN 0753-3985
  8. L'Étoile de la Vendée : Jeudi 23 juin 1898
  9. René Crozet, « L’église Saint-Louis de La Roche-sur-Yon », Revue du Bas-Poitou. Société des amis du Bas-Poitou, 1971, p. 140 et 141
  10. Archives de la paroisse Saint-Paul de La Roche-sur-Yon, Registre des recettes et dépenses de la fabrique, 1874-1890, 2 septembre 1876
  11. Archives départementales de la Vendée, 1 O 550.
  12. Archives de la paroisse Saint-Paul de La Roche-sur-Yon, Registre des recettes et dépenses de la fabrique, 1874-1890, 18 octobre 1874.
  13. https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/la-roche-sur-yon-85000/les-tableaux-retrouvent-leur-authenticite-chez-patrick-buti-745526
  14. https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/la-roche-sur-yon-85000/les-secrets-du-chemin-de-croix-de-saint-louis-4712335
  15. Christine Leduc-Gueye, Monuments aux morts peints dans les églises, Service du patrimoine de la Région Pays de la Loire, collection Images du patrimoine, 2014, 100 p.
  16. Pascal Rouzeau, Eugène Servant, Libres propos sur l’église Saint-Louis et ses messages, 2014, p. 26.
  17. Ministère de la Culture et de la Communication, Base Palissy, statue : Vierge à l’Enfant, notice PM85000274, 1993-2015
  18. Paroisse Saint-Paul, Église Saint-Louis de La Roche-sur-Yon, Reliques de la chapelle Saint-Lienne, collectif, 2015
  19. https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/la-roche-sur-yon-85000/les-reliques-de-zelie-et-louis-leglise-saint-louis-3804696
  20. http://vendee.catholique.fr/actualites/actualites-en-cours/3538-l-annee-de-la-misericorde-en-vendee.html
  21. Archives de la paroisse Saint-Paul de La Roche-sur-Yon, Registre des délibérations du conseil de la fabrique, 1870-1908, 15 mars 1870.
  22. Jean-Claude Huvé, Un architecte des Lumières : Jean-Jacques Huvé, 1742-1808 : sa vie, sa famille, ses idées, Paris, L'Harmattan, 1994, 143 p. (ISBN 2-7384-3055-4)
  23. Mathieu Mae, Pierre Patte : sa vie et son œuvre, Paris, Alcan / Presses universitaires de France, 1940
  24. L'église Saint-Louis et ses messages. Pascal Rouzeau - Eugène Servant, 2014.
  25. Archives municipales de La Roche-sur-Yon, DPAT-3.