Web social

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Le Web social[1] fait référence à une vision d'Internet considéré comme un espace de socialisation, un lieu dont l'une de ses fonctions principales est de faire interagir les utilisateurs entre eux afin d'assurer une production continuelle de contenu, et non plus uniquement la distribution de documents.

Il est considéré comme un aspect très important du Web 2.0. En particulier, il est associé à différents systèmes sociaux tels que le réseautage social, les blogs ou les wikis.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1955, le terme Social Web apparait sous la plume de l'auteur C. Krey dans l'essai History and the Social Web publié par les presses de l'université du Minnesota.

Au début des années 1990, les idées associées à ce concept ont aussi été utilisées relative aux systèmes en ligne utilisés pour supporter les interactions sociales telles que les communautés virtuelles ou les MUD (ou Multi-user dungeon, qui sont les jeux de rôle en ligne multi-utilisateurs).

En 1998, le terme Social Web a été utilisé dans un article de Peter Hoschka qui décrivait le passage d'une utilisation des ordinateurs et du web comme de simples outils de coopération à un usage de l'ordinateur comme un médium social : From Basic Groupware to the Social Web (c'est-à-dire : "Du simple travail de groupe au Social Web").

En juillet 2004 ce terme a aussi été utilisé dans un article décrivant une utilisation de XDI (XRI Data Interchange - une technique d'échange d'information) pouvant intervenir dans le cadre de la conception d'applications web plus sociales (voir la section dédiée à ce sujet plus loin dans cet article).

Finalement, à partir de 2005, ce concept a aussi connu un développement très important avec l'arrivée du Web 2.0, avec lequel il est très fortement lié, du fait de l'importance qui est donnée à la participation des individus.

L'évolution du web social[modifier | modifier le code]

Le web social va rapidement devenir une manière de penser : beaucoup de personnes vont sur les réseaux sociaux au moins une fois par jour, et le temps de visite moyen de Myspace en 2008 était autour de 36 minutes (la longueur d'une série télévisée). En outre, la croissance exponentielle du web social depuis les années 1990 n'a pas prévu de décroitre pour le moment : moins de 20 % de la population mondiale est connectée à Internet, le web social est ressenti par certains comme étant encore à ses balbutiements. La frontière entre les réseaux sociaux et les médias sociaux est de plus en plus floue avec des sites comme Facebook et Twitter incorporent davantage de photos, vidéos, et d'autres fonctionnalités typique des médias sociaux sur les profils publiques des utilisateurs, comme les médias sociaux ont intégré plusieurs caractéristiques des réseaux sociaux dans leur propre interface. Un changement notable est apparu avec la fusion des réseaux et médias sociaux, qui transforme les applications du web social en un écosystème centré sur l'utilisateur. Bien qu'il y ait eu de nombreuses discussions autour du sens des communautés sur le web avant ces innovations, les logiciels du web social moderne offrent un plus large choix d'interactions sociales, comme « devenir ami » ou « suivre » une personne, ou même envoyer des bisous et des cadeaux virtuels. Les applications du web social sont généralement construites avec de la programmation orientée objet, utilisant des combinaisons de plusieurs langages de programmation, comme Ruby, PHP, Python, et/ou Java. Des API[Quoi ?] sont souvent utilisées pour attacher des sites Internet non-sociaux à des sites sociaux, comme Campusfood.com.

Blogs et wiki[modifier | modifier le code]

Les blogs et les wikis sont d'excellents exemples de la collaboration à travers Internet, une caractéristique de l'interaction du groupe qui caractérise le Web social. Les blogs sont utilisés comme BBS[Quoi ?] au XXIe siècle sur lesquels les gens peuvent envoyer des discussions, tandis que les wikis sont construits et édité par quiconque autorisé à y accéder. les Blogs et les Wikis permettent aux utilisateurs de partager des informations et s’éduquer les uns les autres, ces interactions sociales sont centrées sur le contenu et la signification. Les blogs et les wikis sont utilisés par ceux qui les écrivent et les références en tant que ressources. Les blogs permettent à des membres de partager leurs idées et à d'autres membres de les commenter; alors que les wikis facilitent la collaboration du groupe : ces deux outils permettant d'ouvrir une passerelle de communication dans lequel l'interaction sociale permet de développer le web. Ces sites sont utilisés par les enseignants et les étudiants pour atteindre l'objectif de partager l'éducation, et de travailler dans une communauté avec d'autres chercheurs. Ceci permet aux utilisateurs de voir différentes interprétations de sujets similaires, ou au contraire de partager des ressources qui pourraient ne pas être à leur disposition.

L'art social[modifier | modifier le code]

Les artistes utilisent le Web social pour partager leur art, qu'il s'agisse d'art visuel sur des sites comme deviantART, l'art vidéo sur YouTube, l'art musical sur YouTube ou iTunes, ou l'art physique, tel que l'affichage et la vente d'objets artisanaux sur Craigslist. Les artistes choisissent de mettre en ligne leur art de sorte qu'ils aient des critiques sur leur travail, ils ont ainsi la satisfaction de savoir que d'autres peuvent découvrir et apprécier leur travail. Avec cette nouvelle génération du web social, les étudiants passent plus de temps en utilisant des outils sociaux comme les ordinateurs, jeux vidéo, caméras vidéo et les téléphones cellulaires. Ces outils permettent à l'art de partager facilement, et aident à la discussion.

Le crowdsourcing[modifier | modifier le code]

Le Crowdsourcing est également utilisé dans le cadre du web, en particulier ces dernières années, à l'aube du web sémantique et du Web 2.0.

Le terme crowdsourcing est un néologisme sémantiquement calqué sur l'outsourcing. La traduction littérale de crowdsourcing est « approvisionnement par la foule, ou par un grand nombre [de personnes] », mais l'expression ne reflète pas vraiment le sens anglo-saxon du terme ; « Impartition à grande échelle » ou encore « externalisation distribuée à grande échelle » sont d'autres traductions plus précises. Pour le journaliste économiste Henk van Ess, en septembre 2010, le crowdsourcing consiste à canaliser les besoins ou désirs d'experts pour résoudre un problème et ensuite partager librement la réponse avec tout le monde. Google et Wikipédia sont pour H. Van Ess les plus gros utilisateurs de crowdsourcing.

Il existe de nombreuses formes, outils, buts et stratégies de crowdsourcing. Le travail peut être collaboratif ou au contraire s'effectuer purement en parallèle. Dans une approche économique, il peut s'agir de remplir une tâche au moindre coût faisant appel à des réseaux spécialisés ou au grand public. Certaines démarches de sciences participatives et sciences citoyennes l'utilisent, pour acquérir un plus grand nombre de données, à des échelles géographiques qui seraient autrement inaccessibles à des chercheurs (par exemple dans le domaine de l'astronomie ou des sciences environnementales).

Le développement d'applications mobiles[modifier | modifier le code]

La plupart des applications mobiles récentes, et même les applications web, proposent des kits de développement d'applications pour les développeurs. Les développeurs peuvent créer leurs applications et les partager avec les utilisateurs par l'intermédiaire d'un « marché des applications ». Les utilisateurs de ces applications peuvent partager leurs expériences en laissant des commentaires, ce qui permet aux autres utilisateurs de voir leurs commentaires et ainsi avoir un aperçu de ce à quoi ils peuvent s'attendre en utilisant ces applications. Un système de notation est également proposé en complément des commentaires.

Les applications mobiles sociales sont construites en utilisant diverses API. Ces API permettent l'interconnexion de données en une seule base de donnée sociale que ce soit sur Facebook, Twitter, ou un compte Google, créant ainsi une véritable connexion de données. Ces applications ajoutent ensuite l'expérience utilisateur à l'application elle-même. Les exemples incluent TweetDeck et Blogger (service).

Des projets de logiciels communautaires[modifier | modifier le code]

Grâce à l'utilisation du Web social, nombre de développeurs de logiciels ont choisi de participer à des projets communautaires des logiciels libres. Les évolutions du système d'exploitation GNU/Linux sont des parfaits exemples de l'efficacité et de l'efficience de ce genre de collaboration.

Du web social à la vie réelle[modifier | modifier le code]

Le web social a changé la manière dont les individus peuvent partager des informations personnelles, se rencontrer, faire leurs courses ou rechercher du travail. On partage désormais ses préférences, ses opinions et ses activités avec des groupes d'amis que l'on n'aurait parfois jamais rencontrés sans le web social[2].

Un bon nombre de sites utilisent l'interaction sociale en ligne en vue d'une interaction dans la vie réelle. Des relations interindividuelles sont formées via Internet et peuvent devenir plus personnelles qu'à travers les autres formes de communication[2].

Le web social facilite les mises en relation dans la vie réelle : les rencontres sur Internet peuvent être effectuées par le biais des sites de rencontres ou ailleurs, de manière moins formelle : certains sites permettent de trouver des partenaires pour faire des sorties (OVS), faire du sport (RencontreSportive.com, WidiWici[3]) ou pour organiser des tournois entre gamers (GamersBand[4]). D'autres sites offrent la possibilité d'organiser des rencontres dans un but d'apprentissage linguistique (en) (LanguageForExchange, Busuu...). Quelques sites sont également spécialisés dans les échanges de services avec son voisinage (Voisineo). D'autres permettent d'organiser des rencontres thématiques où les inscrits échangent des réflexions ou des exépriences sur un sujet donné (Barcamp, First Tuesday (en), Meetup.com [5]). Le site DreamShake se propose quant à lui de réunir des personnes dans l'aide à la réalisation de projets personnels.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Bouquillion, Jacob T.Matthews, Le web collaboratif - Mutations des industries de la culture et de la communication, Presses universitaires de Grenoble, 2010

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Social web » en anglais
  2. a et b Won Kim, « On social Websites », Information Systems, vol. 35,‎ 2010, p. 215–236 (DOI 10.1016/j.is.2009.08.003, lire en ligne)
  3. L'Internaute, Le réseau social des sportifs, 23 février 2011
  4. Comment ça marche, CommentCaMarche.net Gamersband : le réseau social des gamers, 5 juillet 2012
  5. L'Express, La Fuck Up Night des entrepreneurs, comme si vous y étiez, 14 mars 2014

Voir aussi[modifier | modifier le code]