Vulpin des champs

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Alopecurus myosuroides


Le Vulpin des champs (Alopecurus myosuroides Huds.) est une plante herbacée annuelle de la famille des poacées, très commune, que l'on rencontre au bords des chemins, dans les champs et dans les friches. C'est une plante rudérale et une mauvaise herbe des champs cultivés, aussi cultivée comme plante fourragère.

Considéré comme mauvaise herbe dans les champs cultivés (mais non dans les prairies), il est une des cibles des désherbants chimiques auxquels il commence localement à s'adapter en développant des souches résistantes[1].

Dénominations[modifier | modifier le code]

Le nom générique Alopecurus signifie « queue de renard ». L'épithète spécifique myosuroides signifie « en forme de queue de souris ». Ces désignations font référence à la forme de l'inflorescence allongée, fine et cylindrique.

Noms vernaculaires : vulpin des champs, queue-de-renard-des-champs, queue-de-rat, trompe-bonhomme, faux blé

Description[modifier | modifier le code]

Épis

C'est une herbe à tiges dressées, souvent couchées à la base puis redressés, de 30 à 60 cm de haut. Les feuilles sont vertes, avec un limbe assez large, relativement court, terminé en pointe aiguë. Cette plante ressemble étonnamment aux plants de céréales avant la floraison, d'où le nom vernaculaire de « trompe-bonhomme. Elle présente des inflorescences en panicules spiciforme, allongés, de 10 à 12 cm de long, de forme cylindrique effilée aux deux extrémités. Les rameaux comptent un ou deux épillets uniflores et sont appliqués de façon serrée les uns sur les autres. Les fleurs sont vertes, tirant souvent sur le violacé. Elle fleurit du printemps à l'été (entre avril et août). La semence est constituée d'un caryopse entourée de deux glumes courtement ciliées et coalescentes jusqu'à mi-hauteur. La glumelle inférieure est munie d'une arête longue et flexueuse. Les fleurs sont protogynes.

Distribution[modifier | modifier le code]

Cette espèce est originaire des régions tempérées de l'ancien monde : Europe, y compris les îles Britanniques, Afrique du Nord, Asie occidentale et centrale (de la Turquie à l'Afghanistan), et sous-continent indien.

Elle s'est naturalisée dans tous les continents, notamment en Amérique du Nord où elle est considérée comme une plante envahissante. Elle est présente surtout en plaine.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le vulpin des champs est une plante fourragère cultivée dans les prairies naturelles et artificielles. Cette plante est cependant moins appréciée que le vulpin des prés.

C'est aussi une mauvaise herbe envahissante dans les cultures d'hiver, notamment de céréales. Cette plante se reproduit essentiellement par les graines, très abondantes, et qui arrivent à maturité largement avant celles des céréales. Ayant une capacité à germer très rapidement (faible durée d'inhibition), cette espèce peut infester rapidement les semis de céréales d'automne.

Miellat dû à une attaque d'ergot du seigle

Place dans l'agriculture[modifier | modifier le code]

Le vulpin des champs est une monocotylédone allogame dont la pollinisation est réalisée à partir du vent (plante anémophile). C'est une adventice pour de nombreuses cultures, en particulier chez les céréales. La dissémination des graines se fait de manière barochore et chaque pied peut produire jusqu'à 3000 graines. On retrouve le vulpin principalement dans les céréales d'hiver, sa germination se faisant essentiellement en automne.

L'utilisation intensive d'herbicides depuis les années 1940 a favorisé l'apparition de populations contenant des individus résistants, faisant de cette adventice un problème non négligeable pour les agriculteurs aujourd'hui[2].

Il contribue également à amplifier les attaques d'ergot du seigle sur les céréales en servant de plante relais : sa floraison plus précoce que celle des céréales permet une contamination primaire par les ascospores de Claviceps purpurea et la formation de miellat chargé de conidies. Ce miellat est transmis aux cultures par les insectes, les frottements entre épis ou la pluie et provoque une contamination secondaire.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) François Henriet & Pierre-Yves Maréchal, Lack-grass Resistance to Herbicides : Three Years of Monitoring in Belgium, Communications in Agricultural and Applied Biological Sciences, 19 mai 2009 (Résumé
  2. (en)C. Délye, « Weed resistance to acetyl coenzyme A carboxylase inhibitors: an update », Weed science, 2005.[réf. incomplète]

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