Ugolin della Gherardesca

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Auguste Rodin, le comte Ugolin, Musée d'Orsay, Paris
Comte Ugolino représenté dans la Divine Comédie par Jan van der Straet en 1537.

Ugolin della Gherardesca ou Hugolin della Gherardesca (en italien, Ugolino della Gherardesca) (né v. 1220 à Pise - mort en 1289 dans la même ville), comte de Donoratico, était un militaire et homme politique italien du Moyen Âge, qui fut tyran de Pise au XIIIe siècle. Il descendait d'une noble famille d'origine lombarde : les Della Gherardesca.

Il est connu et passé à la postérité pour avoir servi de modèle au héros damné de la Divine Comédie de Dante, condamné à mourir de faim après avoir mangé ses propres enfants.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ugolin, ou Hugolin, a été placé par Dante dans le dernier cercle de son Enfer, dans une zone où sont punis des damnés, emprisonnés dans de la glace, qui ont trahi leur patrie ou leurs compagnons.

Le comte Ugolino della Gherardesca est sans doute l'un des tyrans les plus cruels qui aient sévi dans l'Italie du XIIIe siècle. Il a d'abord trahi la cause des Gibelins en abandonnant volontairement la position stratégique qu'il devait défendre, faisant perdre à la ville de Pise, sa patrie, une importante bataille navale ; cela ne l'empêche pas de prendre ensuite le pouvoir, grâce soit à la ruse, soit à la menace, et d'exterminer tous ceux qui osent s'opposer à sa puissance.

Il gouverne par la terreur, jusqu'à ce qu'une conspiration, dirigée par l'archevêque de la ville, Ruggeri Ubaldini, le fasse tomber aux mains de celui-ci. L'archevêque fait alors enfermer Ugolin et quatre de ses descendants mâles dans une tour : il leur fait distribuer d'abord une nourriture insuffisante, avant de les laisser purement et simplement mourir de faim.

La légende dit qu'Ugolin, ayant été le dernier à survivre, aurait mangé le corps des enfants morts près de lui. Il s'agit en fait d'une interprétation sans doute erronée de ce vers de Dante : « Poscia, piú che 'l dolor, poté 'l digiuno » (« Puis, la faim fut encore plus forte que la douleur » ou « Et puis ce que la douleur ne put, la faim le put ») qui semble indiquer que la faim plus que la douleur a causé la mort d'Ugolin. L'anthropophagie d'Ugolin n'est pas attestée par les contemporains[1].

Dante imagine que Ruggeri et Ugolin sont figés dans la glace l'un près de l'autre. Le châtiment de l'archévêque est d'être dévoré sans cesse par celui qu'il a fait mourir de faim. La tragédie allemande Ugolino de Heinrich Wilhelm von Gerstenberg (1737-1823) annonce en 1767 la « révolution littéraire » du Sturm und Drang[2].

Représentations picturales[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Carpeaux[modifier | modifier le code]

La figure d'Ugolin constitue le dernier envoi de Jean-Baptiste Carpeaux en tant que pensionnaire à la villa Médicis à Rome. Il y représente le héros entouré de ses enfants. Un premier modèle voit le jour en 1860, un plâtre en 1862, un bronze en 1863. Une version en marbre est éditée en 1867[3].

Auguste Rodin[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paget Toynbee. A Dictionary of Proper Names and Notable Matters in the Works of Dante. Revised by Charles S. Singleton. Oxford, Clarendon Press, 1968, p. 226.
  2. Heinrich Wilhelm von Gerstenberg, Ugolino (1767), traduction et présentation de François Genton, Grenoble, ELLUG, 1998.
  3. Joseph W, Ugolin, Dossier de l'art n°220, juillet-août 2014, p 34-37


Article connexe[modifier | modifier le code]