Tok pisin

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Tok pisin
Parlée en Papouasie-Nouvelle-Guinée
Nombre de locuteurs environ 2 millions, dont 500 000 natifs
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle de Drapeau de la Papouasie-Nouvelle-Guinée Papouasie-Nouvelle-Guinée
Codes de langue
ISO 639-2 tpi
ISO 639-3 tpi
IETF tpi

Le tok pisin, ou néo-mélanésien, est un créole à base lexicale anglaise qui compte environ deux millions de locuteurs, dont à peu près 500 000 natifs. Il est très proche du bichelamar du Vanuatu et du pijin des îles Salomon.

Le mot tok pisin vient de tok, signifiant « parole » (anglais talk), et pisin, signifiant « pidgin » (mot lui-même venu de l'anglais business). C'est l'une des langues officielles de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (avec l'anglais et le hiri motu) et la langue la plus parlée parmi les 700 à 850 ─ selon les estimations ─ recensées dans ce territoire. Le tok pisin est utilisé par les médias et le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée, toutefois moins que l'anglais. Certaines écoles primaires enseignent en tok pisin.

Principaux traits grammaticaux[modifier | modifier le code]

La grammaire du tok pisin présente des points communs avec les autres grammaires de type pidgin et créole, mais elle présente aussi des particularités remarquables, dont voici quelques-unes. Pour la plupart des verbes, un suffixe, -im, indique la transitivité. Ainsi, kamap (de l'anglais come up) signifie « arriver, se produire », alors que kamapim (issu vraisemblablement de l'anglais come up him) signifie « créer, provoquer, causer (qqch) ».

Quand ils sont antéposés, beaucoup d'adjectifs présentent quant à eux un suffixe -pela (issu vraisemblablement de l'anglais fellow). Par exemple, wanpela yangpela meri signifie « une jeune femme », ou encore : narapela bikpela haus, « un autre grand bâtiment ».

Le temps est indiqué par des particules : bai (issu de by and by) pour le futur, bin (issu de been) ou encore pinis (issu de finish) pour le passé. Le temps est rarement marqué si le contexte permet de comprendre sans ambiguïté à quel moment se déroule l'action.

Les noms et adjectifs ne portent pas les marques du pluriel, mais celui peut-être indiqué par les pronoms ou par le marqueur pluriel ol.

Le système des pronoms indique la personne, le nombre, et pour le pronom nous, l'inclusion ou l'exclusion (c'est-à-dire le fait que l'interlocuteur est inclus ou non dans ce « nous »).

1re pers. exclusive 1re pers. inclusive 2e pers. 3 pers.
Singulier

mi
moi

--

yu
toi

em
lui, elle

Duel

mitupela
moi et lui (ou elle)

yumitupela
toi et moi

yutupela
vous deux

tupela
eux deux

Pluriel

mipela
moi et eux

yumi
vous autres et moi

yupela
vous autres

ol
eux (ou elles)

Les redoublements sont fréquents. Ils peuvent avoir plusieurs fonctions :

  • indiquer le pluriel : kainkain « différentes sortes de » ;
  • marquer un intensif, un itératif : toktok « parole, discussion, langue » ;
  • éviter une homonymie : sip « bateau » ~ sipsip « mouton », etc.

Il n'y a que trois prépositions à part entière : wantaim, rarement utilisée, qui signifie « avec », bilong, pour la possession ou le destinataire (« de », « pour »), et long, qui exprime tout le reste. Néanmoins, de nombreuses prépositions dérivées des deux dernières sont construites sous forme de locutions, telles que long namel bilong ou namel long, « au milieu de », antap long, « sur », ananit long, « sous, en bas de », etc.

Lexique[modifier | modifier le code]

Le lexique du tok pisin est composé pour les 5/6 d'anglais et pour le reste de termes mélanésiens, portugais et allemands. En effet, la partie nord de Papouasie-Nouvelle-Guinée a été sous gouvernement allemand jusqu'en 1919. Voici quelques exemples de mots :

  • bagarap, « break down » (de l'anglais bugger up) ;
  • balus, « aeroplane » (d'un mot local signifiant pigeon) ;
  • kisim, « recevoir, prendre » (de l'anglais catch him, ou peut-être kiss him) ;
  • meri, « femme » (de l'anglais Mary, ou peut-être d'un mot mélanésien) ;
  • pikinini, « enfant » (du portugais pequeninho, « tout petit ») ;
  • rausim, « jeter, faire sortir, effacer » (de l'allemand raus + suffixe -im) ;
  • sapos, « si » (de l'anglais suppose) ;
  • save, « savoir, pouvoir » (du portugais saber).

De nombreux mots sont formés par composition lexicale :

  • mausgras, « barbe, moustache » (de mouth + grass) ;
  • pikinini i dring susu yet, « bébé » (littéralement « un enfant qui tête encore »).

La langue des villes et des médias, cependant, est de plus en plus marquée par l'anglais. Pour exemple, voici une phrase entendue sur Radio Australia : « Mr. Bush ibin tokaut tu long ol wok bung bilong despela tupela kantri bilong pait agensim terrorism na controllim proliferation of weapons of mass destruction » (dont la partie graissée est un mélange de tok pisin et d'anglais).

L'orthographe est fluctuante et les variations dialectales étant importantes, un même mot peut donc se prononcer et s'écrire de plusieurs façon différentes. Par exemple :

  • « de » : bilong, blong, blo ;
  • « plus tard » : bai, baimbai, baembae, etc. ;
  • « aider » : halivim, halvim, helvim, helpim, etc.

Néanmoins, ces variations ne posent pas de grandes difficultés de compréhension.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francis Mihalic, The Jacaranda Dictionary and Grammar of Melanesian Pidgin, Milton, Queensland, The Jacaranda Press, 1971
  • John J. Murphy, The Book of Pidgin English, Bathurst, New South Wales, Robert Brown, 6ème édition, 1985
  • Geoff P. Smith, Growing Up With Tok Pisin: Contact, Creolization, and Change in Papua New Guinea's National Language, London, Battlebridge Publications, 2002, ISBN 1-903292-06-9
  • Tom Dutton, Dicks Thomas, A New Course in Tok Pisin (New Guinea Pidgin), Canberra, Australian National University, 1985, ISBN 0-85883-341-7
  • S.A. Wurm, P. Mühlhäusler (eds), Handbook of Tok Pisin (New Guinea Pidgin), Canberra, Australian National University, 1985, ISBN 0-85883-321-2.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]